Il n’y a plus (pour l’instant) que des des caramels mous à se mettre sous les dents question bagnoles…, plus rien, ou presque, que des trucs commerciaux créés pour faire les poches des irréductibles encore vivants.
J’en venais quelques jours avant que je n’écrive le présent texte, à me demander sérieusement si l’émérite mercenaire des causes perdues que je suisse de temps à autre, n’allait finalement pas franchir un point de non retour vers une sorte de douce folie, une situation maudite qui aurait raison de mes dernières neurones non encore contaminées…

– Passe chez moi ce soir, je crois que j’en tiens un gros… m’a dit 5 minutes plus tard, mon journaleux de sévices préféré, au téléphone.
– Ah bon, et qu’est ce que c’est ?
– Un Hot-Rod Russe encore plus dingue que ceux que tu as publié !
– Tu l’as choppé où ?
– Je ne peux pas le dire mais c’est énorme…
– C’est quoi en gros ?
– Non, pas maintenant, à ce soir…
Tuuut…tuuut…tuuut…

Alors que, arrivé dans son salon, je me laissais tomber sur son canapé de récupération, le sourire de Max (assis sur un tabouret et coiffé d’un casque de mobylette sans visière orné d’écouteurs de walkman modèle Philips 1983)…, m’en a dit tout de suite plus long que tous les screnshots du monde…
Le bougre était content, fier même de lui…, il savait qu’il tenait quelque chose de gros, de tellement gros même, qu’il avait mis les petits plats dans les grands pour m’aider à encaisser : il avait fait des crêpes ( j’ai d’ailleurs découvert ce soir là une fantastique marmelade d’oranges…, décidemment ce fut une bien belle soirée).
Sans plus attendre, voici le résumé narratif de tout ce qu’il a raconté…
Après un petit quart-d’heure de papotes sans intérêt, tandis que je commençais à préparer ma troisième crêpe, je suis resté bouche bée devant la vidéo que Max faisait défiler sur l’écran de son ordinateur,  c’était incroyable, une scène particulièrement, qui ferait passer Rocky IV pour Raging Bull : on y voyait un Hot-Rodder Russe présenter son engin…, une sorte d’OVNI militaire extrapolé de la cabine d’un camion militaire, les portes ornées de l’étoile rouge…

Il aurait fallu m’accrocher des boules de plâtre aux pieds pour m’empècher d’enchaîner des sauts de bonheur délirant, que même un vieux cabri des alpes complètement défoncé à la colle ne pourrait égaler…
Ce qui était incroyable dans cette vidéo, c’est qu’elle commençait fort…, très fort même, mais qu’elle n’arrêtait jamais de monter en intensité.
C’est bien simple, à la fin, je me demandais sincèrement si Max n’avait pas mis de la drogue dans la pâte à crêpe tant j’avais l’impression d’halluciner !
Ouais, c’était trop bon ! Sérieux…, dans cette vidéo on assistait aussi à la visite d’une concentration de Hot-Rods-Russes, qui, pour passer le temps de manière grotesque, s’étaient engagés dans différentes épreuves : des courses…, mais aussi des cascades, des dérapages, des sauts, des « klaxonnââââdes », de la baise publique en ce compris un concours de la plus forte érection durant une fellation (publique)… et de l’alcool !

Mais ce n’est pas tout…, entre ces épreuves, il y avait une histoire, parfois incompréhensible mais surtout débile mettant en vedette un certain Vladimir Poutinovsky, casse-cou en voiture…, le genre de dingue qui téléphone au volant tout en se curant le nez et en changeant de station de radio.
Il se balladait donc… et le hasard fait qu’il croise une bande de Hot-Rodder’s.
A ce moment précis, il se dit « tiens, je veux me faire un Hot-Rod avec le vieux camion militaire de pépé qui l’avait converti en transport de charbon »…, et 8 minutes après (l’art de l’ellipse est fascinante), il se retrouve dans le club des Hot-Rodder’s Moscovites pour une compétition rude et âpre contre les Etats-Unis.
Car Vladimir Poutinovsky est un patriote !

C’est dans cette grande compétition entre les USA et la Russie, que j’ai pu voir dans la vidéo la première originalité : une compétition de Hot-Rods-stock-cars… qui n’était, en réalité, qu’une grande succession d’épreuves débiles dans lesquelles on cassait allégrement des voitures et des motos, comme moi je casserais des assiettes en débarrassant la table lors d’une fin de banquet. Là, on voyait pointer le talent certain des Hot-Rodders Russes à se singulariser des Hot-Rodders Américains, dans des épreuves d’une ineptie profonde…
Entre autres exemples : une course où des idiots devaient faire des « 8 » sur du sable…, la traversée d’un mur en Rat-Rod…, la traversée d’un mur en flammes en rat-Rod accidenté (le même)…, la traversée d’une caravane en Rat-Rod très accidenté (toujours le même)…, la traversée d’une caravane en flammes en Rat-Rod terriblement accidenté (Encore le même)…, la traversée d’un mur de glace en Rat-Rod réduit à l’état d’épave (Si, si, c’est encore et toujours lui)… et… la traversée d’un mur de glace en flammes (scène finale de la destruction de l’épave du Rat-Rod, dans une explosion dantesque ou j’ai cru voir des parties du corps du conducteur) !
Et j’en passe.

Que d’imagination, croyez-moi ! Je ne sais pas pourquoi ces types-là affichaient une telle envie de casser leurs voitures, mais si c’était pour voir des gens conduire aussi mal, j’ai dit à Max : « Autant aller en Italie, dans les rues de Rome, là où le code de la route sert de presse-livre et, accessoirement, de dessous de plat ».
Mais je m’égare.
Là où la vidéo de Max faisait TRES fort, c’était dans la façon de filmer ces « épreuves » :, c’était purement le visionnage typique d’une épreuve sportive en direct, comme si Max avait enregistré une compétition de Hot-Rod’s-stock-car à la télé Russe et qu’on la regardait sur Eurosport : que du « journalisme » filmé de loin, il n’y avait pas de musique et on avait droit à 20 ralentis par cm² de tôle froissée. C’était très beau pour les cascades mais pour l’histoire, ça faisait un peu creux…, je veux dire : Et les Hot-Rodders Américains…, ils font quoi…, c’est qui les méchants ?


J’ai senti l’arnaque poindre car, en gros, Max me faisait assister à une sorte de tournoi, aussi incompréhensible que burlesque, sur lequel un type racontait sa vie en disant des trucs du genre : « Et ben là, c’est quand je suis monté dans mon Hot-Rod… Ha, ha ! Autant vous dire qu’il avait 4 roues et un sacré volant »…
Au final, c’est comme si je vous passais un match de foot de juillet 1998 et que je disais, par-dessus le son, sur la bande : « Ben vous voyez, ici c’est quand on tire le corner et que je marque de la tête le premier but du match… Ha là là, quelle sensation ! Je vous garantis que c’est une chose formidable »…
Arnaque donc, sauf que c’était si mal fait que ça en devenait risible…, surtout que la vidéo enchaînait les « épreuves » sans expliquer le pourquoi du comment, parfois même sans le son ou sans une explication.
Mais, ce n’est pas tout, car Max avait quand même voulu installer une petite histoire… et…
Oubliez ce que vous venez de lire jusqu’à maintenant, car ça devient sérieux et vous risquez d’avoir un vrai choc !
Car avec l’engin vedette de cette vidéo, que je vous narre en voix OFF, alors qu’il est ici illustré en photos virtuelles, on touche quelque chose du doigt : une matière incroyable que l’on n’aurait pas cru possible…
Et c’est le moment que je choisis, pour vous présenter le camion qui a servi de base au Hot-Rod militaire de cette histoire idiote…

A ce stade, je suis certain que vous êtes sciés par tant de bêtise en non-sens, une science mystérieuse, non dénuée d’un sens de l’humour inconscient… Vous allez me dire en réponse : « Ouais on n’est plus à ça près avec toi, Quelqu’un…, mais comment, dans ce marasme de stupidités débiles, ton article tient-il la cadence sur la route de la connerie totale et quelle note il faut lui donner ? »… Vous êtes vraiment des obsédés, ma parole ! Je ne spolierai pas ma conscience en répondant à ces questions.
Si je mets à part le postulat initial qui consiste à vous présenter un Hot-Rod militaire Russe, venez-en surtout à rigoler devant le coté complètement ridicule de l’engin et passez un bon moment. Les fanas de Hot-Rod’s seront sûrement contents… et c’est vrai que ce n’est pas à regarder au premier degré !
J’insiste (lourdement) quand même sur la forme (plus que sur le fond, il faut le reconnaître) d’une bétise roulable, virtuellement croquante, plutôt navrante mais amusante.
Il faut savoir concilier les genres, après tout… En conclusion, un article qui place la barre de la folie à des hauteurs insoupçonnées…
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