Vous ne pouvez pas savoir ce à quoi on pense, alors qu’on est là, à attendre, dans un show, qu’un amateur éclairé se manifeste, pour causer (ce qui est déjà mieux que rien)…
J’en étais là en ce premier jour du show Collection Car qui se déroulait au Flanders Expo les 21 et 22 février 2008…
Quelles peuvent-être les motivations de ces gens qui bravent les tempètes et les remarques acerbes de leurs épouses acâriatres, pour venir s’agglutiner dans des shows de voitures anciennes…, pour s’affairer autours d’amas de tôles plus ou moins reconnaissables, mangés par la rouille, autour de diverses vieilles automobiles que d’autres jetteraient à la ferraille sans le moindre pincement au coeur, persuadés qu’il n’y a rien d’autre à faire d’elles, ignorant parfaitement qu’il pourait y avoir là : “de l’or” ?
Qu’y a-t-il de “beau” dans ces automobiles, dans ces moteurs industriels, sur lesquels certains ne tarissent pas d’éloges ?

Oui, ce sont des interrogations personnelles, assorties d’un début de réponse.
Comment comprendre la beauté d’une dynamo, d’un alternateur et/ou d’une pompe à huile ?
L’esthétique des vieilles machines n’est pas étrangère à leur technique.
Certes, la technique compte bien au nombre des vecteurs de ma réflexion profonde et angoissée.
Belle, même moche, la voiture l’est parce qu’elle présente quelques contre-performances notoires : on admire sa lenteur ou sa consommation, son système de freinage défaillant ou encore la présence d’un très moderne démarreur qui prouve combien les constructeurs ont toujours été des grands innovateurs dans les nouveautés inventées souvent par d’autres…
Mais si cette technique est remarquable, ce n’est pas essentiellement pour elle même, mais parce que le restaurateur d’automobile peut ainsi intervenir sur elle, parce qu’il peut refaire, en parfaite conformité avec l’origine ou gratifiée de quelques “bidouilles”.
Très vite une évidence s’impose : il ne faut pas trop, ou pas seulement, chercher sous le capot ce que les automobiles anciennes ont d’esthétique.

Cette “nostalgie” du “temps du bonheur insouciant” entraîne quiconque vient flirter avec le monde de l’automobile ancienne, à collectionner d’abord des images, des magazines, des livres… 
Ce qui est beau, c’est la possibilité, pour tout amateur et/ou collectionneur, d’investir en elle une histoire personnelle et familiale, une façon de renouer avec une activité abandonnée depuis longtemps, associée à un temps de bonheur insouciant, que ceux qui s’y adonnent semblent éprouver une plus grande nostalgie du temps résolu et mettre à la recherche de celui-ci une détermination plus méthodique !
La place des photographies qui accompagnent sans cesse les voitures dans toutes les publications, depuis les ronces jusqu’aux murailles du château devant lesquelles un journaliste les immortalise, est importante. 
Les photographies d’automobiles anciennes ne fonctionnent pas seulement comme des images, mais aussi comme des objets, qui plus est, des objets-gigognes : la voiture, la photo de la voiture, mais aussi le journal où se trouve la photo de la voiture.

Acheter des pièces, puis une voiture, ou l’inverse… et à quel prix surtout, comment évaluer le prix du travail de restauration…, autant de questions que chacun ne sait qu’effleurer.
La question de l’argent, dans ce monde de collectionneurs, n’est pas purement anecdotique.
Mais manifestement elles sont absolument centrales dans la construction de la valeur, économique et symbolique, car les deux sont indissociablement liées à ces engins.
Le terme de “sémiophores” est idéal pour qualifier ces engins qui ne sont que des objets sans utilité véritable qui représentent l’invisible….
Les sémiophores traduisent le type de rapport qu’une société décide d’entretenir avec le temps.
Ils rendent visible un certain ordre du temps dans lequel le présent ne peut pas se détacher du passé.
La conversion esthétique de ces objets tient évidemment à ce qu’ils sont des “sémiophores” autour desquels se cristallise un intense discours sur-égocentrique : son savoir, sa sociabilité, sa constitution d’un patrimoine pour le moins singulier, à la fois éminemment personnel, mais aussi collectif.
Collectionneur, n’est-ce pas le mot commun pour désigner celui qui associe plusieurs objets semblables, en un ensemble qui est sorti du monde de l’utilitaire, dont la valeur première est d’exister ?
Le collectionneur, c’est celui qui va acheter des automobiles, les garder précieusement, les bichonner…
Et puis, surtout, le collectionneur, c’est celui qui y voit l’argent mis dedans…., celui qui spécule, qui achète des belles voitures, qui les garde en se disant : ‘Dans quelques années,elles auront pris de la valeur et je ferai un beau paquet de pognon’…

Il y a d’abord une opposition essentielle, un axe autour duquel s’organise leur univers.
Ces “mécaniciens de l’inutile” brossent une sorte de typologie de leur propre monde, par cercles successifs, mais forcément concentriques, en fonction du nombre et du style de véhicules possédés, du rapport qu’ils sont supposés entretenir avec ceux-ci.
Dans les collectionneurs, il y a ceux qui font du négoce, qui font du fric pour le fric, ils achètent et quand ça monte bien, ils vendent, c’est une façon de voir, les voitures, ils s’en foutent, ce qui compte, c’est : ‘combien ?’…
Mais il y a des collectionneurs qui ne fonctionnent qu’aux coups de coeur.
Deux groupes donc, l’un dont les motivations sont clairement financières voire spéculatives… et un autre qui marche au coup de coeur, aux motivations pour le moins floues mais qui sont fondées sur “la passion”, “le goût”, notions floues !
Il y a des collectionneurs de Porsche, parce qu’ils sont Porsche, parce qu’ils aiment la mécanique Porsche. Des fois ça peut être aussi une histoire de frime…, les collectionneurs-frimeurs, ça existe.
Il y a les collectionneurs tunés, ceux qui ont de la tune, qui foutent un fric terrible dans des chiottes de troisième classe en espérant récupérer un bidet en or massif….
Il y a les collectionneurs pour qui tout est toujours trop cher…

Le monde des collectionneurs suit les expositions pour être épaté, émerveillé par la reconstitution de bagnoles, pour pouvoir papoter de tout et rien avec des gens qui font de ces trucs… qu’ils en restent complètement sur leur cul…, genre : des poubelles, des épaves complètes refaites à neuf…
Ca coûte très cher les bagnoles pourraves, ça c’est certain…, mais ils n’ont pas les moyens d’acheter des voitures en bon état…, cercle vicieux… et quand il y a du vice, il y a de l’enculade pas loin…
Les collectionneurs pour qui tout est toujours trop cher sont sidérés et s’imaginent qu’ils vont réussir la même chose, eux-mêmes !
Il y a aussi des collectionneurs de voitures de grande valeur…, des bagnoles qui représentent des sommes astronomiques, l’équivalent d’une belle villa.
Ca existe.

Mais les amours de ces “spécialistes” ne sont pas nécessairement exclusives.
Sans aller sur les gros, gros, gros collectionneurs, il existe des collectionneurs spécialisés dans certains types de voitures ou de marques : les Peugeotistes, les Citroënistes, les Amoureux de la 203.
Le collectionneur ne se définit pas seulement par le type d’engins possédés mais aussi par une série d’activités.
Il ne suffit pas d’accumuler les voitures pour être collectionneur, il faut aussi participer aux expositions, en tant qu’exposant mais aussi en tant que visiteur, se rendre aux bourses d’échanges, participer aux rallyes, aux promenades et autres balades…, mais cela ne suffit pas…
Je connais en effet un garagiste à la retraite, très âgé, propriétaire, d’une importante collection…, mais tous les autres collectionneurs sont sceptiques : “Oui,le papy, oui, il paraît qu’il a une chouette collection, mais c’est pas ça, parce que ce type, on les jamais vues ses voitures…, il sortait jamais avec…, il faisait pas les rallyes…, rien, c’est pas ça, c’est égoïste de faire comme ça”…

Il ne suffitdonc pas d’accumuler des engins au fond d’un garage, il faut aussi “les faire servir”…, ce qui ne serait pas sans incidences sur la taille de la collection…
Autour de cette collection, une sorte de silence, voire de mystère, est soigneusement entretenu.
Je trouve qu’avoir beaucoup de voitures, c’est de la connerie, parce que tu peux pas toutes les faire rouler. Tu comprends bien que si tu as cinquante voitures, que tu fais que quinze rallyes dans l’année et déjà, ça en fait des rallyes, t’en as trente-cinq qui dorment au garage sans jamais rien en faire. Parce que, le but, c’est pas de garder ça sous clé. Et non, c’est pas des pièces de musée quand même. Non, une voiture, c’est fait pour rouler. Qu’elle ait deux ans ou cinquante ans. Sinon, à quoi ça sert ? Sans compter qu’il te faut de la place pour mettre tout ça. Non, même sans ça, je crois que l’idéal, c’est quatre ou cinq. Là, tu peux t’en servir, rouler, t’en occuper comme il faut”…, m’a dit un ami collectionneur…
Tous sont d’accord : “Si c’est pour laisser les bagnoles au garage, alors là, c’est pas la peine”…
Voilà l’ambiance…

En attente, j’avoue me réfugier sur mon ordinateur, le seul endroit de ma vie assez ralenti et abêti pour que je me relaxe honnêtement.
J’en viens à rêver de ne faire commerce qu’en espèces et gratte dur pour les autres, obligés de recompter chaque cents d’euro négocié en pure perte… à moins de jouer chaque semaine à l’Euro-Millions en espérant gagner le gros-lot.
Cela me prend une paire d’heures, ou je reste insensible à la souffrance existentielle des autres…
Enfin, pas tant insensible qu’assez abruti pour remettre de l’huile dans mes rouages et survivre à une autre semaine de labeur.
Il n’y a pas une âme ici qui ait quelque chose à cirer de l’internet ou de la politique en général ? 

La fiction est que nous soyons tous des individus et que nous ne fassions pas partie d’un destin humain commun, que nous soyons séparés les uns des autres.
Ce n’est peut-être pas une vision très noble, mais je vais écrire ceci : si je dois mourir dans une maison de soins, ce que je refuse de faire, je voudrais mourir dans une, avec l’odeur de mes œufs en train de frire.
Que nous fassions nos choix d’une pensée solitaire, non influencés par la machinerie de l’État marchand, non influencés quand nous sommes dans les îles des grandes surfaces ou dans l’isoloir.
Chaque moment éveillé dans notre société renforce ces illusions au point que le citoyen-consommateur est convaincu de la fiction la plus importante de toutes : que le capitalisme est l’ordre progressiste naturel du monde.

Ainsi, nous regardons le développement de la stratégie politique.
Comme toutes les grandes fictions, elle fournit des moments de respiration comique, typiquement par l’ironie.
Il faut rire.
Même être conscient du processus n’aide guère.
Que pouvons nous faire personnellement qui ferait la moindre différence ?
La gentillesse et la générosité font plus qu’aider les gens matériellement ; elles constituent aussi une réfutation de ce que les gens battus s’attendent à recevoir de leur prochain.
C’est l’expérience, non la parole ou la stratégie qui change les cœurs et les esprits.
Nous ne sommes pas définitivement câblés pour la cupidité et l’égocentrisme.
 
Regardons autour de nous les cultures qui sont tellement moins égocentriques…, s’occuper de soi d’abord est simplement un message programmé pour nous convaincre que nous sommes seuls, déconnectés, et que c’est chacun pour soi.
En mettant le pied hors de l’obscurité du monde, sur la chaussée, le soleil de février m’a labouré le visage comme une Buick en dérapage incontrolé.
Les voitures flottent, comme suspendues…
Un fantôme me crie : Journaaaaaaux ! Journaaaaaux !
Et de lire les gros titres qui annoncent que tout va mal…, j’ai envie de manger des gauffres…
Il est près de minuit et mon chat qui dors sous mon bureau, émet un gargouilli inquiétant, comme s’il poursuivait des lapins imaginaires dans son rêve.
Je suis étendu sur mon lit, juste inspirant et expirant… et je me sens si libre que j’ai ri tout haut une paire de fois ce soir, une chose que je n’avais jamais fait de ma vie.
Du moins pas en regardant le plafond.
Demain je ne m’inquiéterai pas de perdre mon cul dans le marché déclinant de l’automobile de collection, je vais prendre mon temps et faire la grasse-matinée…
Pour plus tard, je ne m’engorgerai plus nerveusement devant mon ordinateur pendant des heures, ni ne m’éveillerai avec les crimes de l’empire courant comme un ruban de machine à additionner dans ma tête, annoté avec toutes les façons dont j’ai contribué à ces crimes en participant au style de vie qui est le mien….
Se barrer du goulag doré… et se dire qu’au moins on a cessé de faire partie du système, ou du moins autant qu’on peut sans vivre à poil dans une grotte himalayenne en grillant des insectes sur un feu de bouse…
Piting !
Une idée sortie du néant…
Hier j’écrivais sur les sémiophores de l’inutile… et ce l’était, totalement !
Aujourd’hui, simplification, j’écris sur l’inutile.
C’est que, ce dimanche, au même show que la veille, le grand machin sans nom qui m’étreignait, s’est avéré n’être qu’une assourdissante fatigue, brûlant mon atmosphère personnelle, tandis que les feux de l’enfer me prenaient aux entrailles.
Les violets, les ocres, les rouges, jaunes, bleus, verts et autres des automobiles extraordinaires affalées sur tapis et béton de ce show, me présentaient leurs fantômes.
Les libidos à deux pattes m’inventaient mille mensonges pour s’assouvir.
Ce n’était pourtant pas la fin.

Une histoire qui se voulait dans la veine « roman historique » mais qui en réalité traitait davantage de science-fiction que d’Histoire.
Il y a quelque temps de cela, j’avais lu une histoire d’un auteur un peu farfelu.
Il était question, autant que je m’en souvienne aujourd’hui, d’une personne qui retrouvait dans les papiers d’un de ses ancêtres un genre de chronique qui décrivait la Terre comme si elle allait être, dans un avenir assez  proche, entièrement recouverte de bitume, de goudron, de béton et de ciment.
On se rendait compte au bout d’un moment que le narrateur ne comprenait pas ce qu’il lisait lui-même, ne comprenait pas quand il était question d’arbres, d’oiseaux ou de nourritures variées…
Il n’ingérait en effet que de la soupe de plancton…, ou quelque chose du genre…
La Terre à son époque était donc bien entièrement bitumée, goudronnée, bétonnée, cimentée, corsetée…
Je ne sais pas ce qu’a voulu dire cet auteur…
Peut-être une vague fable aux relents écologiques pour nous mettre en garde contre les effets de la technique moderne et néanmoins bétonneuse.
Je ne sais pas…, mais ce que je sais, c’est que ça ne peut être qu’un fieffé aveugle, sans doute légèrement imbécile aussi, qui n’a rien compris à rien.
Les nappes de béton, aujourd’hui, déversées à l’envi dans nos campagnes, ne servent qu’à nous faire mieux voir et connaître cette nature dans laquelle nous ne voulons plus vivre.
Ca c’est positif…
Vous ne me croyez pas ?
Si, si, je vois d’ici les sceptiques lever les sourcils et faire la moue.
Vous voulez une preuve de ce que j’avance ?
Un exemple ?
Ou deux exemples ?

Des autos entourées, pour certaines, de plantes en pots…
Regardez la photo ci-dessus…, tout ces gens qui vont et viennent en tous sens…, ils le font sur du béton… et pour voir quoi ?
Second exemple : Essayez, pour voir, d’emprunter l’autoroute entre Clermont-Ferrand (en France) et Brive (en France itou).
Vous en avez pour deux ou trois cents kilomètres sans traverser une seule ville, sans apercevoir un village, sans même croiser une route.
Il y a bien une aire, déserte en général, quelques kilomètres après Clermont…, puis, après, plus rien.
Pas une voiture, pas une station service…
Vous vous demandez parfois si vous n’êtes pas un spectre au volant de la voiture-fantôme qui hante, c’est bien connu, les autoroutes de notre siècle.
Les autoroutes aujourd’hui, ont comme principale fonction de nous montrer, fût-ce en passant, que la nature existe.
Bien sûr, nos dirigeants cupides et mal intentionnés ne nous le disent pas.
Ils prétendent, et on le croit…, qu’il est important de construire des autoroutes pour aller plus vite d’une ville à une autre, pour transporter marchandises et gens, pour donner du travail aux ouvriers du génie civil…et toutes autres sortes de bétises qu’on veut bien avaler.
Ils savent pourtant très bien qu’ils donnent l’ordre de dérouler ces tapis de béton, de bitume, de ciment et de goudron pour le seul plaisir de contempler la campagne, les arbres et les landes.
Ils savent très bien que sans ces rubans gris, les hommes, privés de la contemplation fugitive de la forêt des origines, mourraient en masse et ne pourraient donc emprunter leurs autoroutes du désert.
Ils le savent, mais ils ne le disent pas.

Je suppose que ça fait souvent ça quand on laisse le couvercle du cercueil fermé trop longtemps… 
L’air m’étouffe un peu…
Au lieu de respirer dans une paillotte au bord de la plage, au sein des mêmes crétins qui peuplent les bars à vin souterrains de l’hiver, je traine mes guêtres dans ce show…
J’y tombe de haut.
Dans ma chute, je me suis tué…, coup de poignard dans le dos.
Un genre d’arme orientale, suffisamment longue pour que la lame transperce le coeur.
Ce coeur à la con…, j’arrive pas à m’en débarrasser.
J’ai pas fini de me vider de mon sang.
De profundis, j’écris l’Histoire (avec un grand « H » comme Humour…
D’ici quelques temps…, j’aurais fini.
J’irais alors frapper chez Saint Pierre…
Quoique…, les limbes, c’est flou, c’est gris, c’est finalement pas pour moi.
Mais chez Belzébuth, il fait trop chaud.
C’est pas mon truc non plus.
On me donnera peut être des ailes en échange de ce cœur ? 
Pour survoler mon univers…, de plein pied (sic !).
Bienvenue !
Ouais….
Mais là, soudain, enfin, une idée surgit du néant, oui…, là, dans ce show, au milieu des gnous, des beaufs, des zombies… des plantes et des palmiers en pots !
J’ai pris note dans ma tête…, une idée d’histoire à écrire, c’est comme une histoire tout court…

J’y ai vu non des grilles-pain motorisés, mais des écrans de télévision…
C’est la vue des calandres des Jeep’s…
On était en pleine crise, la connerie battait son plein, personne ne savait plus imaginer de stupidités pires que celles de la veille…, c’est alors qu’au journal télévisé de « NOM1 » (NouvelOrdreMondial1, une chaine attachée aux cerveaux des beaufs du monde entier), le présentateur a annoncé la nouvelle dans la rubrique des faits divers… et personne n’y a accordé une grande attention : « Une voiture a percuté un véhicule de police banalisé, stationné sur le bas-côté. Les deux agents, ainsi que le conducteur ont été tués sur le coup. L’enquête est en cours et n’a pas encore permis de déterminer pourquoi le chauffard a perdu le contrôle de son véhicule, mais il apparaît déjà qu’il roulait trop vite, comme le montre la violence du choc« .
Un accident similaire se produisit au bout d’une semaine.
Deux Représentants des forces de l’ordre y trouvèrent la mort, ainsi que le conducteur de la voiture folle.
Quelques jours plus tard, ce fut trois agents de la force publique qui furent mortellement fauchés, et le pilote du véhicule lancé contre le leur décéda dans les minutes qui suivirent l’arrivée des secours sur les lieux du drame.
Loi des séries ou simple hasard, le gouvernement réagit promptement face à cette hécatombe.
De nouvelles règlementations furent rapidement votées, et les contrôles multipliés.
Déjà que le secteur automobile ne tournait plus, que plus rien ne se vendait et que les big-three américaines (les 3 grands constructeurs automobiles américains) avaient sombrés, entrainant la moitié de la population planétaire dans le chomage…, ces nouvelles règlementations, entendez par là : nouvelles amendes et taxes, nouveaux moyens de répression… furent comme un déclic dans la population mondiale !
Afin de juguler les excès de vitesse… et en attendant la livraison d’une prochaine vague de radars automatiques déjà sur les chaînes de fabrication, des centaines de milliers d’autres, plus petits, mais embarqués à bord de véhicules banalisés, furent mis en activité.
Lors du quatrième incident, la photo prise par l’appareil juste avant le choc laissa les enquêteurs perplexes.
Le conducteur de la voiture folle, parfaitement visible, avait les yeux exorbités d’excitation, il regardait fixement l’objectif et souriait largement.
Il n’avait pas mis sa ceinture de sécurité et il fonçait à plus de cent quatre-vingts kilomètres/heure.
Il fut tué dans l’accident, ainsi que les trois prévôts qui périrent brûlés vifs dans l’incendie qui suivit.
Le lendemain, une lettre parvint à la gendarmerie Franchouillarde dont dépendaient les trois victimes de la veille.
Elle avait été postée par le chauffard avant son geste, il y annonçait son intention d’en finir avec la vie… et il affirmait vouloir entraîner avec lui dans la mort le plus de flics possible.
Le même jour, un policier qui faisait la circulation au milieu d’un carrefour fut fauché par une voiture qui acheva sa course contre un mur.
Le conducteur survécut au choc et déclara qu’il avait fait exprès de viser l’agent.
Il fut ravi d’apprendre qu’il avait succombé, il regrettait de s’en être lui-même tiré, mais il se montra décidé à recommencer quand l’occasion se présenterait, c’est-à-dire dès qu’il serait sorti de prison.
L’inquiétude remplaça la perplexité dans l’esprit des forces publiques.
Un vent de folie semblait souffler sur les usagers de la route, qui étaient brusquement envahis d’instincts suicidaires et meurtriers tout à la fois… et qui les poussaient à tourner leur violence contre les policiers, gendarmes et autres uniformes qui jalonnaient les voies de circulation partout dans le monde.
Créant un néologisme nippo-anglais, la presse les surnomma « les kamicars« , et il ne s’écoula plus un jour sans une dizaine de suicides à la voiture bélier.

Seule la Russie prétendit que tout allait bien sur son territoire… et seule la Chine ne réagit même pas, restant muette sur ce qui se passait à l’intérieur de ses frontières.
De Grande–Bretagne à la France, d’Italie à la Belgique, des États–Unis au Zimbabwe, d’Inde au Paraguay…, de partout parvenaient des nouvelles tout aussi alarmantes.
Des policiers en surnombres, partout…, auraient été nécessaires pour tenter de prévenir ces débordements sanglants, mais rares étaient ceux qui acceptaient d’arpenter les routes… et aucun ne le faisait en tenue règlementaire, beaucoup trop voyante… et qui les désignait comme victimes potentielles.
Même les gendarmes, tout à leur discipline militaire, et fortement soumis aux contraintes de leur hiérarchie, ne quittaient leurs casernes qu’en civil, armés et en groupes d’au moins trois hommes.
Malgré ces précautions, les attentats se poursuivirent, comme une folle rébellion contre toute forme d’autorité établie.
Des agents, repérés, furent agressés et assassinés jusque dans leur domicile.
L’armée fut appelée en renfort, mais elle fut rapidement débordée, ni ses armes, ni ses méthodes de combat ne convenant à une guérilla contre un adversaire qui était partout à la fois et qui était décidé à mourir lui aussi.
Les forces de l’ordre prirent l’habitude de tirer sans sommations dès qu’une voiture roulait vers elles, visant le conducteur à travers le pare-brise.
Mais même quand il était atteint mortellement, l’élan de la voiture était généralement suffisant pour provoquer des dégâts, parfois lourds lorsque le véhicule était chargé d’explosifs.
Bien sûr, les civils touchés furent nombreux, mais nul ne semblait y accorder la moindre importance.

Faisant feu par la vitre latérale ou ayant ôté leur pare-brise pour plus de commodité, ils ne se contentèrent plus de foncer sur leurs victimes, mais ils tentèrent de les canarder avant de les écraser contre un obstacle.
Les kamicars s’armèrent à leur tour.
Un peu partout dans le monde, on vit les rues et les routes sillonnées par des véhicules blindés de différentes armées et par des voitures de série équipées de plaques de métal fixées sur la carrosserie afin de les transformer en bunkers ambulants à l’existence éphémère, puisqu’elles finissaient très vite leur parcours contre un mur ou dans un ravin, à moins qu’elles ne fussent abattues avant par un tir de roquette bien ajusté.
Le découragement généralisé des populations de la Terre entière face à la crise planétaire et aux conditions de vie de plus en plus difficile, face à la pollution, face à l’exploitation, face aux dictatures…, ne connaissait pas de relâche ni de limites.
Même la Russie et la Chine durent reconnaître les troubles qui se déroulaient sur leurs territoires et leur incapacité à les maîtriser.
Partout, les gouvernements autorisèrent l’utilisation de l’aviation pour mater les insurrections, mais devant une foison de groupuscules répartis sur des milliers de kilomètres carrés et se gaussant des frontières, les chasseurs suréquipés furent totalement impuissants.
Petit à petit, des agents de police tout d’abord, puis des gendarmes et des militaires désertèrent, la plupart rejoignant les kamicars.
Puis ils furent de plus en plus nombreux à tourner leurs tanks, chars et autres engins blindés contre leur propre camp, faisant des ravages avant qu’on puisse les faire exploser, parfois avec l’appui nécessaire de l’aviation.
Mais bientôt, même les pilotes transformèrent leurs appareils en bombes volantes et se jetèrent eux aussi sur les postes de commandement, les ministères et les quartiers généraux de leurs états-majors, lorsque ceux-ci n’étaient pas tout simplement laissés à l’abandon par des cadres dépassés et découragés.
Nicolas Sarkozy, parlant au nom du Nouvel Ordre Mondial réunifié dont il était le co-président à vie tenta d’arréter cette gigantesque déglingue en ordonnant, enfin, la supression des taxes et amendes en tous genres qui étaient la base et la cause de la situation…
Un grand moment de télévision ou il reconnu, enfin, que c’étaient les taxes et les impoôts, les amendes et le climat inquisitorial fiscal… qui étaient la cause première de la grande déglingue du marché automobile…
Mais il était trop tard…
Un dictateur finit par appuyer sur un bouton rouge, tirant des missiles à tête nucléaire sur son propre pays, déclenchant une riposte automatique contre un agresseur inexistant, mais qui avait pourtant été désigné à l’avance… et dont les équipements réagirent à leur tour en lâchant le feu atomique contre un autre hypothétique ennemi.
Par effet boule de neige, la quasi-totalité de la planète fut ravagée, y compris les insurgés, les kamicars, les uniformes et tout ce qui restait encore.
Le silence enfin revenu, les dernières fumerolles dissipées, un paysage de désolation et de fin du monde apparut.

Ils firent quelques pas, constatèrent que presque plus rien ne vivait à cause de la folie des hommes… et partirent tout de même à la recherche de quelque chose à manger.
Ayant miraculeusement survécu, un couple de singes sortit d’une sorte de terrier qui les avait protégés, quelque part où s’était autrefois étendue une forêt luxuriante.
À la tombée de la nuit, le mâle se rapprocha de la guenon et se frotta avec insistance contre son arrière-train vivement coloré.
Le regardant avec tristesse, elle lui dit : « Tu veux vraiment remettre ça ? Tu as vu où ça a mené le monde, la première fois« …
Ouaisssss !
L’histoire est finie, le Collection Car show 2009 de Gand/Flanders Expo aussi…, la crise : non !
Les Jeep’s sont rentrées au bercail, moi aussi, merci de vous en être inquiétés…
@ pluche !
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