Panther J72 : Essai routier…

J’ai eu le temps, un dimanche du temps passé, d’aller au lac enchanté… et j’ai pris quelques photos… destinées à illustrer l’essai routier de cette somptueuse et rarissime automobile extraordinaire…
Mais avant de vous laisser admirer ces photos, voici un gag…

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33 ans séparent ces photos !!!
La Panther rouge, était une J72 première série de 1975, plus étroite, ailes moins larges, pneus plus étroits, jantes à fixation centrale, tableau de bord avec les interrupteurs et instruments des XJ6 première série, boite manuelle 4 vitesses + overdrive, avec un train avant rigide de chez Jago (on le voit sur les photos N/B du reportage dans la section automobiles)…, dans les deux cas, le train arrière était celui d’une Jaguar XJ6 ou XJ12 (selon le moteur, 6 cyl ou V-12)… avec des freins à disques assistés aux 4 roues.

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La Panther bleue, est une J72 deuxième série de la fin des années ’80, surnommée « Broocklands« , nom d’un célèbre circuit de voitures de courses anglais…, ailes plus larges pour laisser la place à des pneus série 70 sur des jantes à fixation 5 boulons, tableau de bord avec l’instrumentation des XJ6 série III, train avant indépendant avec ressorts hélicoïdaux, boîte automatique 3 rapports, radiateur d’huile et direction assistée…

On a voulu refaire le même style de photo qu’il y a 33 ans, mais on n’a pas retrouvé le même champs du mois d’aout… et en plus, ça a foiré un pneu…, légèrement « flouxe »…
Pas grave…, c’est l’intention qui compte…
Bon…, je vais vous emmener faire une balade en Panther J72 vers le lac enchanté…

Pour conduire la Panther J72, la première chose à faire est de s’assurer qu’on en a bien la clé de contact en main, car la manœuvre d’entrée dans la voiture n’est pas aussi simple que celle d’une Smart, voire d’une Peugeot 206… et pour en sortir c’est la même chose mais à l’envers…, donc comme ce n’est pas de tout repos…, mieux vaut s’assurer qu’on a bien la clé de contact…, comme le disait un Lord Anglais de mes connaissances : « Chérie, j’espère que vous avez joui parce que ce n’est pas tous les jours que je vais me prêter à ces jeux et positions ridicules« …

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Pas de poignée extérieure, juste un levier du coté intérieur… et une fois que l’on a compris le maniement de l’objet, que le portillon est ouvert… il suffit de s’asseoir…
Une fois installé à bord (le souci vient avant-tout de la porte sans aucune longueur suffisante pour les jambes, qui doivent se frayer un passage avec le volant qui prend beaucoup de place…, ce qui est pire encore quand la Panther est capotée)…, il suffit d’engager la clef dans le barillet, de tourner la dite clef dans celui-ci… et le démarreur s’enclenche, faisant tourner le 6 cylindres à carburateurs…

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Une fois qu’il tourne…, il faut prendre son temps, bien laisser chauffer, en profiter pour regarder les compteurs, répondre aux questions des passants…, éventuellement lire son journal (car le bestiau ne chauffe pas vite)…, puis, le pied gauche appuyant à « donf » sur la pédale de gauche (les freins), il suffit de placer le sélecteur de la boîte automatique sur « D » (Drive), puis d’actionner très légèrement la pédale de droite (l’accélérateur), tout en relâchant la pédale de gauche (les freins)… et la Panther J72 s’ébroue…

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Avec de bonnes bougies et des vis-platinées bien réglées (c’est « à l’ancienne« ), ça démarre généralement au troisième tour de clé… (prévoir du « Start-Pilot » en hiver, avec la joie de devoir sortir, entrer, sortir, entrer, sortir de l’engin pour mettre un coup de spray dans l’entrée du filtre à air, puis revenir à toute vitese au volant pour mettre le moteur « en marche »)…
C’est simple, il n’y a que deux pédales…

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Nous en arrivons maintenant au chapitre suivant… : la route vers le lac enchanté…, l’engin roule, et son conducteur (moi) affiche le sourire carnassier et l’air général désabusé qui sied à tout conducteur de voitures anciennes ou ayant l’air anciennes…

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Vous remarquerez qu’aucun conducteur dans le monde, n’affiche un sourire autre que carnassier et l’air général désabusé au volant d’engins du même genre…, pire encore dans des berlinettes et coupés des années soixante sans air conditionné et utilisés en plein été…, c’est que ces gens ont en eux, une part non négligeable de masochisme larvé…

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Pour tourner à gauche, il faut tourner le volant vers la gauche…
Pour tourner à droite, il suffit de tourner le volant vers la droite…
Pour aller tout droit, il faut garder le cap, en corrigeant la trajectoire par la manoeuvre délicate du volant…
Si un obstacle survient…, il suffit d’appuyer sur la pédale de gauche… (les freins) !
C’est simple…

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Au cas ou vous tournez, selon l’explication donnée ci-dessus, il faut préalablement actionner la commande des clignoteurs…, vers le bas pour tourner à gauche, vers le haut pour tourner à droite…, le bazar, qui se nomme commutateur, revient tout seul entre les deux autres possibilités…
Si la nuit tombe, les phares doivent être allumés au moyen d’un gros bouton noir et rond que l’on tourne jusqu’au moment ou on est dans les bon « cran » ad-hoc…

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Il y a une radio K7 dans cette voiture, mais elle ne sert à rien dès qu’on roule, le bruit de l’échappement couvrant tout autre bruit…
Il y a aussi un chauffage, en fait un ventilateur à deux positions (On et OFF) qui actionne un ventilateur qui pulse l’air brûlant d’un mini radiateur placé sous le tableau de bord…, ce n’est pas d’une grande sophistication, mais les gens qui regardent, l’air béat, n’en savent rien…

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Le réservoir d’essence peut contenir 110 litres (ce qui crèe un choc lors d’un plein d’essence)… quand au lave-glace je n’en sais rien, et je m’en f…, sauf qu’il aide au « brossage » du pare-brise au moyen de trois petits essuies-glace.
La Panther émet un bruit rauque, plaisant sur les premiers 10 kilomètres, mais qui devient bruyant (alors que l’intensité ne change pas) au delà…

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Voilà…
J’espère que vous aurez eu le temps d’admirer le paysage.
Ce périple hallucinant nous a donc permis de nous rendre au lac enchanté…
Je suis enchanté que vous m’avez lu et regardé mes photos…
A plus…

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La Panther Westwinds Company fut fondée en 1972 par Robert Jankel près du circuit de Brooklands, dans le Surrey.
The Panther J72, the most important British sportscar since the E-Type Jaguar…
Son idée était de produire une voiture de sport faite “à la main”, entièrement en aluminium, utilisant un châssis et une mécanique moderne (Jaguar), sous les traits d’un roadster empruntant ses lignes aux Morgan et autres Allard.
Ce sera d’abord la « J72 », puis d’autres modèles « néo-classiques » suivront, les « DeVille » puis la « Lima » et la « Kallista ».
C’est agrémentée de cette tonitruante accroche que la Panther J72 (Panther par extrapolation de la marque Jaguar, J pour Jankel et 72 parce que c’est l’année de sa présentation au public), paradait effrontément en couverture de Car Magazine à l’automne 1972 ; « The Panther J72, the most important British sportscar since the E-Type Jaguar« .

Les prémices de la fin remontent à l’an de grâce 1980.
Près de 20 ans plus tard, seul les amateurs avisé se rappellent du parcours tumultueux de cet acte qui semblait destiné selon certains, à laisser une trace indélébile au panthéon virtuel des « automotive legends« .
Robert Jankel se voit contraint de fermer les portes de « Panther Westwinds », l’officine qu’il a crée 9 ans plus tôt.
L’attrait de la J72 , évocation flamboyante de la Jaguar SS100 et de la DeVille pastiche de la Bugatti Royale sur base Jaguar, ne survit qu’avec peine à l’essouflement terminal du mouvement du « glam-rock« .

C’est en la personne d’un industriel coréen nommé Young C Kim que se matérialisera l’inattendu mais passager salut de Panther.
La Panther J72 n’aura été construite qu’à environ 400 exemplaires.
Le cadre des ambitions du repreneur dépasse largement l’infime part de marché de la Kallista, roadster baroque d’inspiration thirties, qui demeure seul au catalogue.

Mais Young Kim, lassé des turpitudes liées à la complexité du projet cède 80% des actions Panther à un conglomérat industriel coréen nommé Ssangyong qui songe alors à se lancer sur le secteur automobile.
La presse britannique, éblouie par les ambitieuses perspectives que laissent entrevoir la création d’une vraie voiture de sport, la Panther Solo, se charge spontanément de propager la rumeur d’un renouveau de l’automobile Britannique…
Panther n’a pas les moyens d’attendre que la Solo trouve sa place sur le marché.
L’usine ferme ses portes a l’automne 1990 après avoir produit en tout et pour tout 16 Solo et continué bon-an, mal-an la fabrication des Kallista…

Sympathy for the (Panther) deVille…
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Une histoire de fou, la Panther J72…
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1985 Panther De Ville et demi…
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1977 Panther Six…
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