Le café du cirque… #2

Un total dégoût…
Chers « tousses » qui me lisez, je vais vous avouer que peu à peu j’ai fait le tour de quasi toutes les voitures, certaines qui m’enchantaient et me faisaient rêver, me désenchantent et cauchemardent mes nuits… 
A vrai dire et dire vrai, l’automobile en moi aurait tendance à s’étioler, pourtant grâce à mes anciens magazines Chromes & Flammes, j’en ai conduit des milliers… et j’en ai aussi construit…
La première raison vient des taxes et des tracasseries administratives qui augmentent chaque année qui passe.
Cet ensemble en sus des contraintes et amendes de toutes sortes, dissuadent peu à peu de rouler dans des automobiles sportives.
J’ai d’ailleurs acheté une Smart « for Two » en 1999 pour me déplacer en ville et au delà…
Pourtant la Smart est l’exact opposé de la voiture plaisir, c’est une voiture qui procure une jouissance, non pas en la  »pilotant », mais quand, compte tenu de son minuscule gabarit, on parvient à la garer à moins de 50 mètres de l’endroit ou on voulait aller… !!! 
La seconde raison, ce sont les gens… .
Au fil du temps, les gens semblent s’intéresser de moins en moins aux automobiles. 
Ce phénomène est même caricatural dans certains pays comme la Belgique, alors qu’il est quasi inexistant en Angleterre et aux Etats-Unis…
Ce qui démontrerait que c’est la conséquence des politiques menées dans les Etats Européens… 
Je vais ici m’attarder sur la Qvale Mangusta qui ; « symbolise au mieux les voitures haut de gamme de très petites séries« …
En réalité, cette Qvale est un « sacré bazar »…   
Qvale Mangusta, la bombe funèbre…
Un peu d’histoire officielle avant de pêter les plombs… 
Qvale, l’importateur américain de DeTomaso et autres marques similaires, voyant Alejandro DeTomaso malade et quasi mort, a eu l’idée de lui racheter ses affaires pour bien moins qu’elles valaient…
La DeTomaso Biguà qui devait relancer les affaires d’Alejandro De Tomaso, est donc devenue la Qvale Mangusta, destinée à relancer les affaires de la famille Qvale…
Un prêté pour un rendu, mais en réalité une affaire de dupes et d’escrocs… 
Tous pourris… et pas que la voiture… 
Un design soit disant de Marcello Gandini, mais en réalité de Carlo Gaino de Synthesis Design, un châssis dessiné par un ingénieur de F1 (Enrique Scalabroni de Vaccari & Bosi), un moteur de Cobra nouvelle génération (soi-disant le même bloc que la nouvelle GT-40 mais c’est faux)… et le résultat était censé détrôner les plus grandes marques… 
La chanson est connue, elle change de refrain à chaque fois, la fin est souvent la même… 

Alors que les communiqués de presse claironnaient une production annuelle de 600 voitures pour les 10 ans à venir, seulement 271 ont été construites. 
Avant d’essuier une dégelée monumentale, Mister Qvale a approché les gens de MG pour leur proposer de racheter cette affaire… et ils ont marché, disons qu’ils sont tombés dans le panneau…
Ils ont payé et ont reçu les machines, l’outillage, les plans, et tout le toutim necessaire pour se suicider…
Les gens de MG ont changé la carrosserie, ont fait de cette Mangusta un bazar « Tunné » sous forme de coupé sportif qu’ils ont positionné à plus de 100.000 euros pour que les gnous automobiles puissent faire : AHHHHHHHHH !!!! selon le même procédé que Ferrari avec sa F-40 qui ne coutait même pas le quart à fabriquer de son prix de vente….
Prendre les gens pour des cons est un art subtil, surtout lorsqu’on leur prend en même temps un max de pognon et qu’ils affichent un sourire béat…
La Qvale Mangusta est donc devenue une véritable rareté, une voiture de collection moderne, un engin totalement déjanté au design unique, in-copié et in-copiable… 
L’engin idéal pour quelques nababs Fitzgéraldiens déjantés et fortunés qui se moquent de l’opinion des autres…

La Qvale est une véritable « Shit-car »…
La finition générale est abominable, les plastiques intérieurs (et il y en a beaucoup) fondent au soleil, les cuirs déteignent, les tapis se décollent et s’avèrent mal assemblés, les poutrelles en fer de l’intérieur des portes rouillent empêchant le fonctionnement des fenêtres électriques (qui ne descendent jamais jusqu’en bas), aucun panneau de carrosserie n’est aligné (certains ajustements font plus de 2cms, certains décrochements ont près de 3 cm !!!), le fameux « Roto-top » digne d’un Robocop saoul ne marche pas, sauf si on déconnecte une des deux vis sans fin électriques (non synchronisables) qui actionnent le bazar… et comme cette ingénierie de « premier plan » se trouve dans une sorte de bac plastique que l’eau qui s’écoule vient remplir en attente de se déverser sur les tapis de sol…, les moteurs électriques des vérins, noyés, finissent par court-circuiter… le « Roto Top » restant alors coincé…
Et il se coince souvent à mi-course, empêchant de replacer le toit….
L’accès aux vérins nécessite de casser le panneau arrière après avoir déchiré les garnitures intérieures et la banquette pour forer un trou destiné à accéder aux vérins (les ingénieurs n’ont pas imaginé qu’ils pouvaient tomber en panne et n’ont rien prévu pour y accéder puisqu’à la construction, la carrosserie « descend » sur le châssis ou est positionné le faux châssis et le fameux bac à eau de pluie…
Tout ce toutim est franchement énervant et complexe mais « possible » lorsque le « Roto top » est en panne en position « décapoté »…
Mais en position « capoté » (toit en place), cette opération devient quasi impossible puisque les sièges (conducteur/passager) ne basculent pas, ni ne peuvent être avancés suffisamment !
L’emploi d’un nain contorsionniste et garagiste (ce n’est pas religieux) est alors indispensable pour se faufiler à l’arrière et tenter d’accéder aux vérins…
Toute cette aventure m’est arrivée…, j’y ai passé une journée complète à réparer !
Le « truc » fut de « dégoupiller » la fixation d’un des vérins au « Roto top » en le faisant fonctionner avec un seul, tout en priant Saint-Antoine de Padoue…
Comme le panneau supérieur de toit (pas du tout étanche), se désolidarise du T-top du « Roto top » (je pleure de rire) et se range dans le coffre (trop petit, on pète les joints à chaque fois) qui de ce fait devient inutilisable…, j’avais imaginé modifier ce système en reconstruisant une capote souple, ce qui aurait été plus pratique, plus esthétique et plus sécurisant…
Avant d’aller plus loin (dans ma narration), je signale que les vitres électriques sont du même style, les ferrailles à l’intérieur des portes, réalisées en tubes carrés, en fer non traité, sont livrés déjà rouillés et semi-pourris dans la voiture neuve…, un système qui finit par se bloquer et qui est irréparable…, sauf à reconstruire les ferrailles qui ne sont accessibles qu’en cassant la porte par l’intérieur…
J’ajoute que le coté « bricoleur du dimanche » de cette construction débile s’étend aux tapis, souvent réalisés en plusieurs petits bouts assez mal ajustés les uns aux autres, démontrant un souci de récupération du moindre centimètre carré découpé ailleurs !
Croyez-moi ou non, cet engin est la pire « merde » que j’ai jamais eu ! 

Et cela dans un grondement volcanique qui met le feu aux sorties d’échappement, mais c’est plus qu’un bruit, c’est… un moment ! 
Quand on tourne la clé de contact de la Qvale, les oreilles vont direct sur  « Def Con 5 » !
On a aussitôt le même regard que Michael Caine dans le vieux film « Zoulou » quand tous les guerriers apparaissent à l’horizon (on sait qu’on va bientôt mourir)… 
Et tandis que l’esprit se remet de cette avalanche de conneries, le moteur est occupé à créer son propre petit trou noir en aspirant  tout ce qui n’est pas solidement attaché dans un rayon de 20 mètres… essence comprise !!!
Oui, bof…
Trop technique ?
Je sais, oui, bof…, je rétablis certaines vérités, le tout avec l’humour déjanté qui me caractérise…
Sachez quand même que j’ai dû faire un max de frais et de modifications pour tenter (plus ou moins bien ou mal) de corriger les défauts inhérents à cette voiture…
J’ai dû faire reprendre la totalité de la carrosserie, remettre les panneaux en ligne, corriger les différences de niveaux et les jointures, arranger le système « Roto top » (digne d’un Robocop de pacotille) en le faisant fonctionner avec une seule des 2 vis sans fin électriques, rendre étanche les compartiments (l’eau du toit « Roto top » coulait à flot derrière les sièges dans un compartiment non étanche, ce qui noie les moteurs électriques et les relais), dérouiller ou refabriquer toutes les traverses internes, reprendre une grande partie du circuit électrique et repeindre totalement la voiture (mauvaise qualité de peinture).
Cela a permis d’ajouter des « stripes » façon Shelby destinés à affiner le look général tout en lui donnant un cachet sportif, et dans la foulée on a souligné le bas de caisse en « zigzag » avec un décor destiné à attirer les yeux vers des gimmicks pour les détourner de certaines abérrations du design….
Le coût fut heureusement raisonnable grâce au savoir-faire amical de mon carrossier… 
Mais un an après toute cette « re-fabrication », il a fallu refaçonner tout l’avant, les phares intégrés étaient rouillés, pas étanches, les plexis indémontables (ne fusse que pour être nettoyés) et donc il a fallu de nouveau repeindre la totalité de la voiture…
Le coût final fut grandiose…
Mais bon, il faut avouer que le look final  n’était pas mal du tout…

Un moteur Ford V-8 4.601cc Ford GT Cobra Hi-Po de 320 cv à 6000 qui n’a aucune puissance en dessous de 3.000 t/m.
Le résultat me rendait toutefois totalement dubitatif, malgré le moteur V-8 32 soupapes badgé Shelby Cobra !
Avec un tel niveau « d’ingénierie », son rapport poids/puissance aurait du être équivalent à la majorité de ses congénères automobiles, Ferrari, Porsche et Lamborghini, ce qui lui aurait permi des performances ébouriffantes : les gens de Qvale annonçant sans rire des performances époustouflantes ; « un peu plus de 5 secondes au 0 à 100km/h et 285km/h en vitesse de pointe » !!!
Jamais quiconque n’y est arrivé, moi non plus…
La transmission se fait aux roues arrière via une boîte 5 rapports et des jantes de 18’’ entourées de Pirelli P-Zero en 235/45 à l’avant et 265/35 à l’arrière, le tout sur des jantes Antera, dont le système de valve de gonflage unique au monde oblige à avoir un diplôme en aéronautique et les embouts adéquats sous peine de rester en rade, pneus et moral à plat !!!
Mais grâce à l’aileron arrière et autres artifices, en ce compris les « Shelby-Racing-Stripes » (qui ont fait leur apparition sur les mythiques Cobra 427s/c), la Qvale Mangusta devenue grâce à mes modifications-améliorations : « GTR »…, donne l’impression d’y parvenir…

Solitaire de pacotille est un terme qui sied comme un gant à cette Qvale Mangusta « GTR ».
Comme un faux diamant monté sur une bague en métal brillant, elle est un bijou de pure pacotille, qui, s’il ne brille pas de sa discrétion, n’en reste pas moins très désirable.
Si, contre toute logique, cet engin déjanté a été dévoilé pour la première fois à Venise, c’est tout simplement parce qu’il fallait marquer les esprits.
Une idée de génie récompensée par l’Award Italien de la publicité automobile !  
Les prospectus Qvale furent laudatifs…; « La fièvre monte, l’envie de pousser sur le bouton du démarreur vous tenaille de plus en plus fort. Stop. Prenez encore le temps d’apprécier la qualité des cuirs ( 6 peaux ont été nécessaires pour habiller entièrement le cocon, ciel de toit compris). Les sièges avant à multi réglages électriques sont très confortables. Votre passagère a les jambes d’Adriana Karembeu ? Aucun souci. Vous-même jouez dans une équipe de basket ? Aucun problème : la Qvale Mangusta GTR a été taillée pour vos gabarits« .
Telles étaient les arguments de vente d’un des prospectus publicitaire de Qvale…
La réalité est toute autre… 
« C’est à ce moment précis que vous n’aurez de cesse de vous émerveiller devant la force de la mécanique (elle lui fait atteindre 100 km/h en 5,2 s à peine), de s’ébaudir de la douceur de la transmission et de vanter la puissance du freinage via des quadruple pistons Brembo. Jusqu’au moment où, perdu dans vos rêves, vous vous écarterez du bon chemin en pensant au prix ridicule de l’engin… »  Voilà encore une partie des arguments de Qvale…
Seulement 271 voitures ont été fabriquées, dont une seule modifié façon version GTR… qui fait le « bonheur » actuel de quelqu’un d’autre que moi… !
Piting !!!!!!!!!
Je jouis, là !!!!
Ce fut pour moi un mauvais achat que cette Qvale. 
Non seulement elle m’a coûté trop cher pour ce qu’elle était vraiment, mais la multitude de soucis causés, m’a amené à y dépenser une véritable fortune en frais de réparation, en modifications diverses y compris une re-peinture complète incluant un nouveau design de la face avant.
Malgré tous mes efforts, strictement personne n’en a voulu durant des années et des années… et si elle a finalement été vendue, ce fut sur le fil du rasoir, si pas sur le fil de l’épée… et au terme de presque une année de discussions à n’en plus finir !…
Durant ces deux années, elle a été annoncée dans des dizaines de magazines, dont Sport Car Market (USA) et Sport Auto (France)… sans AUCUN appel téléphonique en retour !
Pas un seul !
Rien !!
Nada !!!
Ce n’est que peu avant la programmation de mon suicide, qu’un seul acquéreur s’est manifesté… et encore… il a fallu l’année suivante, complète, en palabres interminables, pour ébaucher une finalité constituant en l’échange de la Qvale contre une Corvette Roadster 1963…
Les ennuis suscités par cette abomination ne se sont pas arrêtés là !
L’acquéreur n’a pas pu l’immatriculer à Monaco parce qu’il lui manquait la séquence des factures depuis l’usine et l’importateur allemand qui n’existaient plus.
Il a été ensuite interdit de séjour à Monaco pour avoir présenté de faux documents d’immatriculation qu’il avait confectionné pour compléter la séquence d’achat (entre l’usine et le concessionnaire allemand)…
Il est alors remonté vivre à Londres ou il a tenté de re-re-vendre la Qvale à Londres, sans succès…
Il a finalement expédié la voiture en Yougoslavie (son pays d’origine) pour l’y immatriculer, mais la mafia locale s’en est emparée pour de sombres motifs…
La dernière fois qu’on l’a vue, c’était en Bosnie Herzégovine, elle avait été  remise à grands frais dans sa configuration originale avec les phares sous plexi et repeinte en jaune…, elle était pilotée par un amiral de boîte de nuit abondamment décoré de l’ordre des portiers, accompagné par une beauté slave quasi nue…

Elle a été gravement accidentée quelques jours plus tard, l’amiral n’a sexuellement pas pu éviter un nid de poules de luxe et a dérapé sur une flaque de Vodka.
Il est mort d’une hémorragie, on n’a retrouvé la machoire de la beauté slave qu’au printemps suivant avec le pénis de l’amiral, en décomposition entre ses molaires…
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