Re-éditer Chromes&Flammes, c’est pire mieux qu’un sacerdoce…

Renouer avec le monde de la presse via le retour de Chromes&Flammes, c’est un grand bonheur d’écriture et d’aventures qui reviennent, mais c’est aussi tout un pan de mur qui me retombe à nouveau sur le dos…

Ca commence par des félicitations qui touchent au cœur, provenant d’un garagiste vendeur d’automobiles américaines qui écrit un chouette message sur ma page Facebook ; la conversation par émail qui va s’ensuivre va partir en dissertation « philousophique » :

– Super, Chromes&Flammes, de nouveau le meilleur magazine du monde va être en vente.

– Et oui… Mais uniquement en France pour re-débuter…
Comme tu as un garage de vente de voitures américaines, si une page de pub t’intéresse pour le prochain numéro, je te la fait à 3.500 euros plutôt que 5.000 mais si tu prends un contrat de 6 (le magazine sort tous les 2 mois), chaque pub te coutera 3.000 euros…

– Ce budget pour la pub n’est pas réaliste pour une petite entreprise comme la notre…, désolé…, mais combien pour 1/4 de page ?

– Inversons…
Combien peux-tu mettre pour une page de pub ?
Fait moi une offre…, si tu veux quelque chose de cool, une page c’est bien…, sur 1/4 de page on ne met pas grand chose… et ce qui compte ce sont les clients que ca va t’attirer venant de toute la France…

– Je sais pas, mais si je fais de la pub dans d’autres magazines c’est bien beaucoup mois cher.
Si tu cherches une américaine, j’en ai trois pour toi : 1°) Une Mustang Coupé de 1964, couleur Or métallisé, une préproduction, donc très très rare, moteur 260 cid, boite manuelle, dynamo, airco : 33.000 euros… 2°) Une Mustang Fastback 1965, couleur Or pareille que l’autre, très belle auto toujours immatriculée comme voiture urbaine : 44.000 euros… 3°) Une Corvette rouge C4 Cabrio de 30 ans, 1987, 19.500 euros , pas de grosses taxes, petite assurance, 4 nouveaux pneus, 4 nouveaux étriers de freins + flexibles, nouvelle ligne d’échappement, nouveaux roulements de roues, toutes huiles changées + filtres de moteur/boite/pont/freins, nouvelle batterie, graissage, nouvelles plaquettes de freins avant et arrière + contrôle technique OK avec Carpass et 1 ans de full garantie : 19.500 euros.

– Un deal partiel avec la Corvette peut se faire, 6 pages de pub pour 18.000 et 1.500 euros en cash ?

– Je viens juste de la vendre à l’instant à un client qui passait par hasard, désolé..

– Je n’ai plus envie de répondre, tu dois comprendre que c’est lassant, tes clients doivent aussi te dire que tes autos sont trop chères et que c’est moins cher ailleurs… Mais les autres magazines, ce n’est pas pareil que Chromes&Flammes… Tu l’as écrit toi même sur Facebook : « Chromes&Flammes, le meilleur magazine… blablabla »… Amicalement, on aura passé toi et moi toute une vie sans réaliser des affaires…, dommage !
Ceci écrit, les anciens C&F tiraient à 100.000 en Français et 500.000 toutes éditions par mois… là ou les autres moins chers grattaient à pas même 20.000 !
Maintenant les autres tirent entre 5 et 10.000 et C&F démarre à 35.000…, les autres sont donc moins chers parce qu’ils sont publiés à 3 ou 4 fois moins d’exemplaires, de plus le ton et le contenu des articles, c’est pas du tout pareil… Par comparaison, tu ne peux pas comparer une Mustang Coupé 6 cyl avec une Shelby GT500…

– Patrice , d’accord que la qualité se paye, comme tu l’écris , c’est pour cela que je suis depuis 40 ans dans le business des voitures américaines et que j’ai une grande clientèle fidèle. Il y a des acheteurs sur photos, des acheteurs pour le prix, et bien d’autres qui rêvent d’en acheter une pour ne finalement ne rien acquérir…, mais mes clients acheteurs achètent des voitures pour rouler et pour le service après vente et une garantie correcte.
Démarré en 1978/79 et mise en sprl en 1992, toujours le même nom et toujours le même n° de TVA, je pense que cela dit beaucoup sur le sérieux d’une société dans l’automobile.
J’ai une grande clientèle très fidèle et cela sans faire beaucoup de pub mais en faisant des affaires correctes.
Si c’est une vraie Shelby, je la vend comme une vraie, si ce sont de vrais papiers de Shelby avec une autre caisse, l’acheteur le sait, si c’est un clone, l’acheteur le sait…, je suis déjà allé voir des Shelby dans la région de Nice, mais c’étaient de vrais papiers sur une autre caisse… et le vendeur n’en connaissait rien…
Désolé qu’on n’a pas encore fait d’affaire, mais toi à Saint-Tropez et moi dans le Nord, donc difficile de faire des affaires sans se voir, par contre, de toute l’existence des Chroom & Flames, les Chromes & Flammes en Flamand/Néerlandais, j’ai acheté chaque magazine et en a fait une collection, donc je suis ton client d’un coté…, un abonné fidèle de la première heure…

– On a chacun un business à faire tourner, chacun ses frais, ses besoins, ses conneries…
Concernant le mien, de business, le nouveau Chromes&Flammes, c’est 35.000 exemplaires chaque deux mois de sortie (12 tonnes) réels (tout compris, maquettes, impression, transport) qui me coutent environ 36.000 €uros TVAC…
Je garde 500 exemplaires pour les promos, les amis, amies, relations diverses, recherches de pubs, faire valoir auprès des boutiquiers, etc…, je fais diffuser 34.500 exemplaires dans toute la France… et le diffuseur prend grosso-modo 50%… des 5€90 TVAC prix public.
Ca va rétribuer les libraires et kiosquier, le personnel qui réceptionne, envoie, trie, comptabilise, les entrepôts, les locaux administratifs, les employés, machines et autres, ainsi que les taxes et impôts…
Ca veut dire qu’il faut vendre 5€90 : 2 = 2€95 TVAC de 36.000 € TVAC = 12.203 exemplaires sur les 35.000 soit 34,87% du tirage…, alors qu’actuellement, selon les statistiques, un magazine qui tourne correctement vend 33%…
C’est dire que j’espère (alléluia Saigneur aie pitié de moi) atteindre 40% de vente sur 34.500 (13.800 ventes à 2€95 TVAC) soit 40.710 €uros TVAC… et d’avoir au moins 5 pages de pub à 3.500 (17.500 €uros) pour gagner des euros et payer comme d’autres éditeurs : charges sociales, impôts, assurances, habitation, autos, garages, charges d’épouse, frais de maîtresse(s) et tutti-quanti (CA 58.000 moins 36.000 de cout = 22.000 € chaque deux mois pour y arriver)…, alors qu’en réalité je ne sais pas à combien d’exemplaires Chromes&Flammes va réellement se vendre…, que je peine à obtenir des pages chez toi et d’autres… et que les annonceurs qui pourraient y trouver leur bonheur ne viennent pas parce que c’est moins cher de faire de la pub dans un magazine qui tire 10.000 exemplaires et n’en vend que 3.000…, une sorte d’escroquerie généralisée qui existe dans tous les segments de l’édition, c’est déprimant !
Et…, je ne cause pas (encore) de notre lot commun, celui de tous les artisans/commerçants/petits industriels et industrieux, c’est à dire de payer la TVA, les taxes, les impôts, les charges, surcharges et autres joyeusetés…, sans compter les amendes pour tout et n’importe quoi…
Dans ce grand foutoir, j’ai trois atouts qui me permettent de bien dormir, 1° je suis retraité et j’ai droit à tous les avantages du 3ième âge… 2° je dispose d’un stock d’environ 3.600 articles, textes et photos que j’ai écrit depuis des années ce qui peut nourrir 30 ans de nouveaux C&f… 3° J’ai déjà gagné dans le passé, suffisamment pour pouvoir m’asseoir et regarder les nuages……
Les éditeurs n’ayant pas « cette double chance » doivent en plus des couts et frais identiques à ceux indiqués ci-avant, payer des journalistes, des journaleux (moins chers) et photographes qui vont représenter au moins autant que la moitié du cout d’impression…, ainsi qu’un rédac’chef qui va demander un pont d’or si l’éditeur n’y « connasse » rien…

Interlude récréatif…

J’ai gardé en souvenir une partie du courriel final que m’avait envoyé un candidat Rédac-chef prétendument « titré » (de la « haute »), Strasbourgeois-cycliste souvent suralcoolisé, clone du Bobo Parigot type, snob à faire chier l’univers…, après que je lui ai dit que ses prétentions de me lui payer 8.000 euros mensuels plus charges et congés payés ainsi que les couts divers de voyages partouze dans le monde : budget mensuel 18.000 euros (alors que le magazine était bien explicité comme paraissant tous les deux mois)…, je le place ici, pour faire un « interlude récréatif »…

– Tu me refuses 18.000 euros mensuels, petite merde d’éditeur radin…

– Mon plan de fonctionnement pour le prévisionnel de Chromes&Flammes, ne permet pas de vous payer plus qu’un ministre, très cher, de plus, vos « extractions » nobiliaires restent floues et vous n’avez pas de particule à disposition pour votre nom qui ressemble à une marque d’apéritif…, la « quasi-noblesse » ne m’endort pas.… Pour en finir, je ne suis pas sensible à votre offre d’emploi, je ne vous ai rien demandé.

– Mes origines familiales ne sont pas quasi nobles, petit merdeux enrichi, elles sont nobles. Contrairement à vos allégations merdeuses, c’est vous qui êtes entré télépathiquement en « contact » avec moi en premier (et de façon merdeuse, consubstantielles à vos origines médiocres). Je vous ai dit que j’appréciais votre travail (ce qui est vrai et sincère…, vous eûtes une certaine réussite dans le domaine de la presse auto il y a 35 ans), mais je sais aussi que vous avez un côté « fumiste » et bricoleur… Ne me prenez pas pour un imbécile, mon petit De Bruyne, affairiste opportuniste, vous manquez profondément d’intelligence, et vous avez la fâcheuse tendance à prendre les autres pour des imbéciles. Vous êtes, effectivement un parvenu (à pas grand chose, en fait), mal entouré, comme tous les gens de votre espèce, confondant l’argent et la réussite personnelle (comme tous les gens de médiocre extraction)… Regardez votre site, il pullule de photos de « filles à camionneurs » et de références ordinaires, c’est la misère, l’univers de Chromes et Flammes…

– Je suis un tantinet choqué de vos fanfaronnades, surtout celle ou vous mettez en avant votre relation avec une jeunette post-pubère qui a un héritage en attente…

– Ma vie avec une trop jeune femme de moins de 18 ans alors que j’en ai presque 50, vous devriez y réfléchir, pauvre type, comment, dans l’esprit de Bruyne à gros cul dans sa Jeep Wrangler parce que fatigué de rouler en Bentley, espèce de pourri, un type dans la quarantaine comme moi, peut-il vivre avec une jeune-fille de bonne famille, belle, nantie d’une fortune et d’études supérieures, qui aime le Sado-masochisme en plus…, sans avoir les mêmes précieux « picaillons » que vous, qui permettent (à peine ) au pauvre crétin à gros cul que vous êtes de vivre avec des femmes médiocres, intéressées et incultes !

– La question n’est pas là, je me fiche que vous soyez amateur de Lolitas, mais je n’ai pas envie de vous supporter comme rédac-chef…

– Elle est là, la question…, gros couillon, essaies d’y réfléchir… ça ne pourra pas te faire du mal, gros plouc qui crache sur les 18.000 euros que je lui demande par mois. Mdr, c’est charges comprises. @+++ 🙂 »…

La récréation est terminée, je conclus…

L’alternative est de chercher des lecteurs plutôt que des annonceurs, car si on caresse les annonceurs en jouant les putes, les lecteurs diminuent… et si on écrit les réalités sur les bagnoles, alors les annonceurs ne viennent pas mais les lecteurs augmentent…, c’est la base de l’édition de magazines…

Tout ça, c’est à l’exemple des C&F tels que connus, mais certains éditeurs partent dans une troisième voie, celle du luxe… et poussent la qualité papier, cela augmente les couts d’impression, les frais, les charges de transport ainsi que le prix de vente… et du coup les lecteurs diminuent (d’autant que les maigres articles sont ampoulés puissance mille)…, ce type de magazine n’est bon que dans les salles d’attente des dentistes…, on l’y feuillette, car il n’y a rien que des conneries de putes à y lire, style : « des automobiles magnifiques, formidables, extraordinaires, qui n’ont jamais de panne et sont hyper confortable et ne tombent jamais en panne »

Les putes, ça a toujours existé, c’est un job assez simple… par contre ne pas être pute c’est moins d’argent facile qui rentre (appréciez le double sens)…, mais les gens deviennent de plus en plus putes car les temps sont durs à vivre et que tout coute de plus en plus cher alors que les merdias poussent à toujours plus de consommation, c’est l’effet infernal du consumérisme…

Dans le job des ventes de bagnoles d’occazzz’s, que je connais également très bien…., on considère que le bénéfice se fait à l’achat, au moins une auto coute, au plus il y a de chance qu’elle rapporte… et quand on joue sur de l’émotif comme les Mustang’s, alors c’est la route du Kif, les superprofits bonnards à 50% de marge… et si on y ajoute les « voitures casino » style Excalibur et autres qui ne valent rien à l’achat mais un max à la vente, alors c’est Jackpot, la culbute, on double ou on triple le montant d’achat, certains quadruplent…

L’édition de magazines ce n’est pas le même job que les vendeurs de bagnoles et d’épaves, quoique c’est complémentaire.., parfois, pour aider de part et d’autre, on réalise des échanges, complets ou partiels, pour mettre de l’huile dans les engrenages et du beurre dans les épinards (comme mon soubresaut concernant la Corvette Cabrio C4 rouge avec le garagiste qui trouvait mes tarifs trop chers)…

Voilà…, je connais le business en général, mais particulièrement  auto, aussi bien que le business magazine, j’ai même acheté/vendu des bagnoles en enchères et me suis rendu compte que c’est un des plus basiques moyens de blanchir un max de conneries à des gogos avides…

On ne va pas se prendre la tête, mais je pense avoir été clair…