Rétromobile 2017 : Du rêve à la réalité…

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Rétromobile a fermé ses portes, les lampions se sont éteints, les halls de la porte de Versailles à Paris se sont vidés de leurs trésors, certains se frottent les mains, d’autres ont le sourire un peu jauni…
Et pour cause !

Par Marcel PIROTTE

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Revenons sur la vente aux enchères organisée par Artcurial au sein de Rétromobile.
Selon ses dirigeants, le marteau est tombé cette année à de multiples reprises, adjugeant ainsi de nombreux lots à leurs nouveaux propriétaires… et ce pour un montant total de 32 millions d’euros, soit une progression de 33 % par rapport à 2016.
En reprenant mes archives, je constate que l’année dernière, Artcurial avait vendu à Paris pour 55 millions d’euros !
De deux choses l’une, soit je ne sais plus compter ou alors on veut une nouvelle fois nous entuber et ce n’est pas la première fois que l’on manipule les chiffres.
En réalité, le « bazar » est en chute de 42 %…
Cette année, il n’y avait pas de réjouissances collectivement partagées avec le FISC Français…, comparé aux années précédentes où « Bercy » avait flairé de bonnes affaires de frais de successions (les collections Baillon et Bardinon), qu’il fallait absolument régler…, je ne peux m’empêcher de penser que l’administration des impôts avait bien évidemment tuyauté à la fois les dirigeants de Rétromobile, la maison de vente aux enchères Artcurial mais également ceux qui devaient s’acquitter de sommes bien souvent astronomiques…
Du coup, tout le monde était content, les caisses de l’Etat se remplissaient, il restait quelques « possibilités » nébuleuses possibles, Artcurial voyait son chiffre d’affaires grimper en flèche, ses dirigeants se frottant les mains tout comme d’ailleurs les héritiers enfin débarrassés de cette corvée vraiment déplaisante… sans que questions soient posées ou vont les « zautos » et d’où vient l’argent…, par téléphone…
Sans oublier Rétromobile qui pouvait faire sa pub pour des machines exceptionnelles, d’où un nombre de visiteurs en progression, c’était de bonne guerre, mais tout n’a qu’un temps…

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Cette année, pas de successions à régler, pas de sommes folles dépensées, (une Ferrari Spider Scaglietti de 1957 avait dépassé 32 millions l’année dernière), une autre Ferrari spider Scaglietti encore plus ancienne (de 1948) a curieusement et seulement été adjugée un peu moins de trois millions d’euros avec les frais…
Bizarre, comme c’est étrange…, il n’est en effet pas bon de trop « tirer sur les ficelles »…
Cette « misère », comparée à 2016 fait bien entendu pleurer dans les chaumières…, parait-il qu’une certaine Alfa Roméo 8C bleue qui était calculée pour atteindre 30 millions comme par miracle, en copie des résultats des deux années précédentes, est restée terrée… de crainte d’être saisie !
Certes, tout montant astronomique est toujours un miracle bon à prendre…, mais on est loin des sommes parfois délirantes dépensées pour acquérir (et là vous allez m’en vouloir), un  vulgaire «  tas de ferraille » l’esthétique de la rouille…tout de même…

En 2017, la star des ventes était un prototype, la Dino Berlinetta Spéciale 1965 carrossée par Pininfarina, une bêtise unique exposée au salon de Paris de 1965.
On n’en attendait pas loin de huit millions d’Euros, elle a été adjugée à un peu plus de la moitié, soit 4.390.400 €…, un montant que l’on ne trouve pas sous le sabot d’un cheval fut-il cabré…, mais sans doute un placement, qui sait ?
Certains spécialistes n’hésitent cependant pas à se mouiller et à évoquer l’argent sale…
Ahhhhhhh !
Les montages financiers « que les meilleurs comptables et fiscalistes ont bien du mal à démêler », se démêlent de plus en plus, le « système » a fait son temps, il est mis en sourdine… du coup les prix chutent…
2017 marque un coup d’arrêt dans ces tripotages à outrance, faisant aussi comprendre que cette bulle « spéculative » mais aussi de « blanchiment » de la voiture ancienne peut à tout moment exploser à la figure de tous ces « collectionneurs » devenus bien souvent des spéculateurs et arnaqueurs sans le moindre scrupule…, qui se f… de la chose automobile comme de leur première chemise.
Ceci dit/écrit, ne boudons pas notre plaisir, Rétromobile 2017 était un bon cru acidulé…, plus de 118.000 visiteurs ont déambulé à travers les trois halls, au beau milieu de plus de 500 véhicules de toutes natures à 2, 3, 4 et même 6 roues, sans oublier quelques chenilles.
Presque tous les passionnés en ont eu pour leur argent…, le salon Rétromobile étant un marchand de rêves, mais également une belle machine (pompe) à fric.
Et ça continue depuis plus de 40 ans, cette exposition étant sans doute la plus courue de la planète, la classe, le chic, l’originalité, tous ces ingrédients font recette… et même si l’exposition d’Essen en Allemagne tient le haut du pavé avec ses 12 halls remplis d’ancêtres, je ne vous dis pas le temps passé à déambuler au milieu de ces milliers de véhicules mais aussi de ces vendeurs de choucroute, c’est plutôt du genre « Uber alles » bien dans la tradition allemande, le rouleau compresseur écrase tout sur son passage.

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A Paris, les « meilleurs » vendeurs de la planète, les collectionneurs les plus « avisés », les restaurateurs « de talent » côtoient ceux qui font de l’automobile ancienne un job à plein temps…, qu’ils soient artistes, vendeurs de miniatures ou de livres sans oublier les constructeurs automobiles de plus en plus nombreux à avoir érigé des ateliers de restauration (Mercedes, Porsche, Jaguar Land Rover, Ferrari, Maserati, Aston Martin…) sans oublier certains préparateurs de renom comme Brabus ou bien des carrossiers comme Touring…, tous ont compris qu’il y avait moyen de gagner des sommes folles sur le dos des gnous…
En quelques années, le marché de la voiture ancienne a littéralement explosé, engrangeant d’incroyables plus-values.
Un exemple : il y a dix ans, une Mercedes 300 SL Gull Wing à portes « papillon », s’échangeait contre 300.000 €…, en 2017, pas moyen d’en trouver une en bon état à moins de 1,5 millions d’Euros… et je ne vous parle pas des copies, en fait des versions trafiquées et refaites à la perfection, certifiées conformes, elles viennent ainsi s’ajouter aux 3258 versions d’origine, coupé et roadster.
Mais ces charlatans n’en n’ont rien à battre, le fric, il n’y a que cela qui compte…
Ne parlons pas non plus de ces Porsche 356 du début des années ’50, des Coccinelle’s finalement un peu trafiquées par Porsche, mais qui en l’espace de quelques années ont vu leur valeur grimper en flèche.

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En déambulant à travers ce grand livre d’histoire automobile, j’ai bien évidemment apprécié certaines initiatives prises par les organisateurs…, comme par exemple celle d’avoir regroupé bon nombre de voitures mythiques du groupe B, celles qui ont fait la joie des amateurs de rallyes dans les années 80.
Et de redécouvrir avec passion toutes ces Audi Quattro, Lancia Delta S4, Ford RS 200, Peugeot 205 turbo 16  ou bien des Citroën BX 4TC sans oublier cette étonnante MG Metro 6R4.

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Quelle époque bénie.
A ce propos, j’ai aussi croisé dans les allées ce sympathique Jean Ragnotti, pilote de rallyes mais surtout négociateur en virages, il n’a pas changé, toujours aussi avenant.
Lui et Renault, c’est déjà une très longue histoire d’amour mais à Paris, il se séparait de sa R5 turbo de compétition, elle a été vendue un peu plus de 320.000 € avec en prime un fameux pédigrée.

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Que serait la France sans ses motos et le constructeur Delage ?
Bravo en tous cas pour cette initiative d’avoir pu rassembler la presque totalité des marques de motos françaises, cela a dû ravir les amateurs de deux roues.
Quant à Delage, autre marque de prestige à la française mais également constructeur de voitures de compétition, les organisateurs ont pu rassembler  les six monoplaces produites dans les années vingt.
En 1927, elles ont remporté tous les grands prix de la saison ainsi que le titre !
Louis Delage, un ingénieur français de génie avait vu juste…, avec son 1500 cm3, suralimenté, 8 cylindres en ligne à double arbre à cames en tête, ce bloc sophistiqué développait jusqu’à 168 chevaux à 7.620 tr/min…, avec en prime une voiture aussi légère et surtout très basse, cette monoplace ne pouvait que s’imposer.

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Quant à ce mélange des genres, cette rencontre sur un stand entre Bugatti et Bentley, je ne sais pas si les passionnés ont vraiment apprécié.
Sans doute ceux qui s’intéressent à la période de l’avant guerre, mais de toute manière, il y avait du beau linge… et surtout des machines assez exceptionnelles finalement bien mises en évidence.

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Autre rétrospective plutôt originale, celle des F1, quatre roues motrices ou à six roues.
L’espace Richard Mille permettait en effet de revoir des formules un assez extraordinaires, pas comme les autres : quatre roues motrices ou à six roues.
C’est au début des années soixante que Harry Ferguson, le magnat des tracteurs anglais mais également le fabricant de la fameuse berline de sport Ferguson FF quatre roues motrices, très (trop sans doute) à l’avance sur son époque, imposa cette technologie de la traction intégrale avec notamment une victoire de la P99 en 1961 (la seule avec une quatre roues motrices), pilotée par Stirling Moss sur le circuit d’Oulton Park.
Plus tard, on vit apparaitre des F1 à six roues, quatre petites à l’avant ou bien à l’arrière avec notamment le constructeur anglais March qui va tester cette formule en 1977.
Mais ni la traction intégrale ni la multiplication des roues ne vont s’imposer en F1.
Dommage, c’était plutôt spectaculaire et assez inédit.

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En revanche, on nous annonçait l’exposition Ferrari comme étant le sommet de Rétromobile 2017.
Bof !
C’était à mon avis tout simplement décevant, indigne en tous cas d’une marque aussi prestigieuse que celle du Cheval cabré qui depuis 70 ans fait rêver avec ses cabrioles.
Il suffit pas en effet d’aligner et de réunir une bonne dizaine de voitures, certes assez exceptionnelles, sur du béton, au milieu de nulle part… et surtout sur un stand qui ne s’y prêtait vraiment pas, au milieu de colonnes, pour espérer déclencher la passion.
Et c’est justement cela qui manquait, la passion !
En outre, un peu de chaleur aussi, une présentation à la mesure de l’évènement, un manque d’infos, une documentation qui aurait entretenu la flamme et pourquoi ne pas y ajouter des portraits faits par des artistes, bref, c’était plutôt raté.
Les organisateurs de Rétromobile nous ont habitués à beaucoup mieux…

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D’un autre côté, la venue des constructeurs n’est pas passée inaperçue.
Rien n’était trop beau pour essayer d’amadouer les passionnés qui ne jurent que par leur marque favorite.
A ce petit jeu-là, les fabricants français sont passés maîtres dans l’art de la communication…, avec une mention tout à fait spéciale pour Renault qui, en prime, s’était fendu d’une farde de presse finalement bien faite et complète…, de quoi ainsi découvrir sur ce stand au losange… deux thèmes assez chers à Renault : la formidable histoire du moteur turbo mais également celle du design à travers les âges… et de redécouvrir avec plaisir le dernier concept-car en date, « Trézor » avec sa partie supérieure qui se soulève afin de mieux accéder à l’habitacle… mais également un concept car de 1990, une certaine « Laguna ».
Rien à voir cependant avec la berline du même nom, mais ce prototype sans pare-brise avec des portes en élytre et deux places à ciel ouvert, annonçait en fait la future Renault Sport spider de 1995.
J’ai encore le souvenir de deux jours passés à son volant sur les routes sinueuses de Normandie, un grand moment d’automobile.

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Et puisque nous ne sommes pas loin de Dieppe, la nouvelle Alpine vision dont le modèle définitif devrait être dévoilé au salon de Genève en mars prochain, côtoyait avec beaucoup d’aplomb ses illustres aïeules, à savoir les A 106 et surtout A110.
Je suis impatient de la découvrir.

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Au sein du groupe PSA, il n’y avait pas une marque à l’honneur mais bien trois.
Peugeot avec « l’Aventure Peugeot » qui avait amené de nombreux modèles dot une 203 Darl’mat très performante… mais également Citroën qui mettait en avant ces modèles «  commerciaux » dont la 2CV fourgonnette, mais surtout les modèles TUB d’avant-guerre ainsi que le fameux fourgon H qui lui a succédé.
Avec sa carrosserie en tôle ondulée, sa traction avant et surtout une charge utile de 1200 kg, ce véhicule préféré des artisans fut fabriqué jusqu’en 1981 à raison de près de 500.000 exemplaires.
Dans les films, on l’a beaucoup vu, comme « panier à salade » auprès de la police, mais également dans une série télévisée bien connue, Louis La Brocante.

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DS, c’est une nouvelle marque qui puise son ADN dans ses modèles des années cinquante et soixante.
Il faut en effet beaucoup d’imagination pour voir dans ses DS3, DS4 et DS5, une certaine filiation avec les vraies DS, d’autant qu’il ne suffit pas d’y apposer le sigle DS pour transformer une Citroën en modèle « Premium ».
Petits conseils aux dirigeants de cette nouvelle marque qui n’arrête pas de perdre de l’argent : Commencez par éliminer les bruits de roulement et de moteur, soignez l’équipement ainsi qu’une présentation originale de la planche de bord et de l’habitacle, peaufinez ce  « klonk » à la fermeture des portières et prévoyez enfin des mécaniques nobles et de prestige…, là alors, vous pourrez reparler d’une vraie gamme DS mais pas avant.
Sinon, c’est du temps et de l’argent perdu…, c’est peut-être assez dur mais tellement vrai, d’autant que je suis un inconditionnel des anciennes DS mais aussi d’une certaine SM…

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Chez Mercedes, que du beau monde et surtout du beau linge…, comme un cabriolet 540K de toute beauté, une 300 SL Panamericana… mais également une machine que j’ai pu essayer au début des années ’70 sur la piste d’essais de Mercedes à Stuttgart : la C111 à quatre rotors ou l’avènement du moteur rotatif Wankel chez Mercedes.
4000 cm3, 350 chevaux, 300 km/h en pointe, des montées en régime hallucinantes dans un bruit strident, on tutoyait 8000 tr/min… cette C 111 arborant une carrosserie en fibre de verre ainsi que des portes « papillon », ne fut jamais commercialisée…, Mercedes ayant une confiance « limitée » dans le moteur Wankel, il avait vu juste.

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Autre constructeur allemand présent à Paris: Porsche qui nous faisait découvrir son département « Classic » mais qui nous rappelait à notre bon souvenir avec une certaine 928, née en 1977 à l’occasion du salon de Genève.
Quarante ans plus tard, on redécouvre ainsi cette Porsche 928 récompensée par le titre européen de « voiture de l’année 1978 ».
Conçue en pleine crise du pétrole du début des années ’70, commercialisée à partir de 1977, cette machine de sport de grand tourisme s’éloignait totalement de la conception d’une 911, c’était un peu « le monde à l’envers » du moins chez Porsche avec moteur avant, V8, transmission rejetée à l’arrière via un système Transaxle, cette 928 était sans doute trop parfaite.
Quel super équilibre mais peu de sensations, ce n’était pas une 911 mais quelle efficacité…, de 240 chevaux, le V8 va être poussé à 350 en 1991 avec une cylindrée de 5,4 l.
Une 928 « break de chasse » transformée et allongée de 25 cm avait été offerte à Ferry Porsche pour ses 75 ans en 1984, c’était la vedette du stand.

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Excellente initiative de la part du constructeur FCA, Fiat Chrysler Automobiles qui a enfin  regroupé toutes ses marques italiennes et ses voitures de légende sous la bannière de « FCA Heritage ».
Tout en regrettant la disparition au catalogue d’un marque aussi réputée que Lancia , le passé est pourtant bel et bien présent tout comme chez Alfa ou bien chez Fiat qui nous a rappelé les déclinaisons faites autour de la 500 des années cinquante…, avec notamment la Fiat Gamine réalisée au milieu des années soixante.
D’où cette interprétation faite par Vignale, un adorable et minuscule spider deux places du genre « gamine » mais qui conservait toute les caractéristiques de la mini italienne à l’exception d’une plate-forme renforcée…, entre 1967 et 1971, cette version très recherchée aujourd’hui a seulement été produite à 400 exemplaires, son prix de l’époque, 7.000 francs français.
Chez Abarth, on a beaucoup travaillé sur des voitures des records avec notamment la monoplace 1000 Monoposto, conçue en 1960 par Carlo Abarth, Fiat, Pininfarina et l’école polytechnique de Turin.
Avec un châssis tubulaire ainsi qu’une signature aérodynamique très poussée et entraînée par un bloc 1000 cm3 bialbero, cette monoplace a établi plusieurs records sur le circuit de Monza…, dont celui d’avoir tourné durant 72 h à la moyenne record de plus de 186 km/h.

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D’autres constructeurs étaient également présents…, comme Maserati qui n’avait pas fait un effort « surhumain » en présentant seulement deux voitures, une 3500 GT ainsi qu’une monoplace 420 M Eldorado, vues à de très nombreuses reprises alors  le constructeur ippon Honda traçait un parallèle entre sa NSX actuelle hybride et sa première version des années ’90 à moteur V6, une machine exceptionnelle pour l’époque, bien plus solide et fiable qu’une Ferrari mais malheureusement trop chère et méconnue.

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En provenance du Royaume Uni, mais appartenant au groupe indien Tata, le groupe Jaguar/Land Rover mettait en avant son programme de rénovation de voitures anciennes avec un label de qualité et surtout un catalogue de pièces originelles, au nombre de 30.000.
Une Range Rover « reborn »  de 1970  était la vedette du stand.
De l’autre côté du Channel, profitez de la baisse de la livre Sterling pour visiter ce fameux musée Beaulieu de l’automobile situé dans le sud de l’Angleterre…, une expérience unique…, il faut au moins une fois dans sa vie avoir vu les richesses accumulées par ce musée, pour comprendre qu’entre les Anglais et l’automobile, c’est une très grande passion. Fondé par le regretté lors Montagu, ce musée est unique au monde.
A Paris, il nous a délégué trois voitures GN équipées d’un moteur d’avion et destinées à battre des records de vitesse sur circuit, mais leur conduite n’était pas de tout repos.
En revanche, le Daimler TL 30 des années trente est nettement plus sage, un véhicule publicitaire conçu pour la brasserie anglaise Worthington afin de sillonner la campagne anglaise et délivrer le message suivant : « Sur les routes anglaises, c’est tout ce que quelqu’un a besoin ».
Une bonne bière, c’est évident…

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En parcourant cette exposition pas comme les autres, j’ai aussi eu quelques coups de cœur, je le concède, ça n’engage que moi mais j’ai aussi été surpris.
Cette Alfa 6C 3000 CM Disco volante Superflow IV Pininfarina découverte sur le stand d’un vendeur américain était à mon avis l’une des plus belles voitures de ce show…, ce modèle portant le numéro de châssis 00128 a tout d’abord commencé par une carrière sportive en 1953 en tant que coupé carrossé par Colli à qui l’on doit également le break Giulia des années soixante.
Ensuite, ce modèle à moteur six cylindres en ligne de 275 chevaux gavé par six carbus Weber a été retiré de la compétition et retransformé à quatre reprises par Pininfarina avant de terminer sa carrière comme prototype à Paris en 1960.
Avec son toit transparent et coulissant en plexiglas permettant de transformer ce coupé en spider, ce modèle qui a remporté le titre de best car on the show à Pebble Beach en 2013, a donné pas mal d’idées à Pininfarina dans la réalisation du futur spider Duetto, la partie arrière notamment.

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Les cabriolets, j’aime beaucoup, surtout ceux d’avant-guerre.
Quelle grâce, quelle distinction…, pas étonnant dès lors d’avoir été séduit par cette  Delahaye 135 MS cabriolet de 1939…, probablement le cabriolet français le plus beau de la fin des folles années.
Carrossé par Figoni et  Falaschi sous le numéro 727, ce cabriolet entrainé par un bloc de 3,5 l associé à une boîte quatre vitesse électromagnétique Cotal aura particulièrement bien vécu, passant de propriétaires les plus extravagants les uns que les autres…, comme Rubirosa chargé d’affaires de la République Dominicaine qui épousa Danièle Darieux tout en ayant eu des aventures sentimentales avec Rita Hayworth, Kim Novak, Marylin Monroe et même Evita Perón (avouez qu’il avait bon goût dans le choix de ses maitresses mais aussi de ses voitures).
Au cinéma, cette Delahaye a même véhiculé Michèle Morgan et Jean Maris en 1985 dans le film « château de verre » de René Clément ( 1950 ) alors que bien avant, la « môme Moineau » remportait le troisième prix d’élégance au bois de Boulogne, c’était en 1939.
A Paris, ce cabrio a trouvé un nouvel acquéreur à raison de 1.200.000 €, les vendeurs en espéraient beaucoup plus…

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Toujours dans ce même registre, une Cadillac V16 de 1931.a bien évidemment retenu mon attention.
Ce superbe cabriolet carrossé par le spécialiste anglais Lancefield de Londres est un exemplaire unique…, il sublime à merveille toute la splendeur des années trente pour cette américaine de prestige animée par un bloc V16 de 7,4 l livrant quelque 185 chevaux…, de quoi lui autoriser une vitesse de pointe de 160 km/h pour un silence de marche tout aussi impressionnant.
Les estimations les plus folles en termes de ventes lui assuraient de belles rentrées d’euros (de 600.000 à 900.000 €), malheureusement, le V16 n’a pas fait recette (c’est relatif), ce cabrio très élégant a changé de propriétaire pour un peu plus de 500.000 €…

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Je ne peux résister à ce que j’appelle de l’argent carrément « jeté par les fenêtres ».
J’ai bien du mal à comprendre la connerie humaine…, comme ce cabriolet DS 19 de 1965…, une épave  prétendue sortie de grange (expression favorite destinée à souvent tromper l’acheteur)… mais qui a semble-t-il véritablement dormi dans une grange durant 45 ans,  abandonnée à son triste sort par son troisième propriétaire qui comptait la restaurer.
Ce cabriolet DS 19  de 83 chevaux carrossé par Chapron avec tout de même 80.000 km au compteur, devrait sans doute retrouver une seconde vie.
Son nouveau propriétaire qui soit dit en passant n’est pas un génie « en affaires » a finalement déboursé plus de 100.000 € pour l’acquérir !
Incroyable mais vrai !
C’est sans compter sur au minimum 200.000 € supplémentaires pour le remettre en parfait état et ce A à Z… soit au bas mot 300.000 €.
Au rayon des petites annonces d’occasion « sérieuses », on trouve une flopée de DS 19 cabriolet en excellent état pour 150.000 € et il y a encore moyen de discuter.
Plus c… que ça, tu meur …

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Terminons cependant par une note nettement plus amusante et surtout porteuse d’espoir.
Et elle nous vient du rocker Johnny Hallyday qui se séparait en effet de sa Cadillac 62 cabriolet, mais également de son Harley Davidson Springer…, non pas pour renflouer sa trésorerie, mais bien au profit d’une bonne œuvre à savoir « La bonne étoile », une association parrainée par son épouse Laetitia et venant en aide aux enfants orphelins, malades ou abandonnés au Vietnam.
550.000 Euros ont ainsi été récoltés : 280.000 pour la moto, 270.000 pour la Cadillac.
Bravo et merci Johnny pour ce beau geste, il fallait le faire…, en agissant de la sorte, « tu » as probablement mis le feu aux enchères tout en te grandissant.
D’autres vedettes ne peuvent en dire autant…