Rock-and-Roll attitude à Béthune…

Je sors de ma Jeep Grand-Chéro (elle l’est) avec laquelle je suis venu, ébloui par l’agressive lumière de l’été finissant… et, une fois mes yeux acclimatés, je vois la foule turbulente grouillant devant moi.
Un soleil plein, écrasant, darde ses durs rayons dans un ciel nu et profondément bleu.
Etouffé de chaleur, en nage déjà, j’y plonge… et me laisse emporter. Je croise cent visages à la minute, accablés de chaleur, leurs regards me traversent, semblent voir au delà…, me scrutant comme si je leur était familier…
Soudain, un cri : 
– C’est lui, Chromes&Flammes, ça fait un bail, c’est Quelqu’un, GatsbyOnline, ouaisss, il fait des photos, va tirer les caisses et nous avec… 

On se salue, tout va bien, c’est super, ouaissss, super, les articles dans GatsbyOnline sont super, beaucoup de contacts, merci, c’est tout plaisir…
C’est Cédric, de http://www.hot-rod.be/  le deuxième en partant de la droite, avec ses frères, organisateurs de la section Hot-Rods et voitures américaines de Béthune Rétro…
Je continue pour boucler mon reportage…
Mes pieds visent des espaces que d’autres s’approprient ; je tâtonne dans cette immense masse de chair en mouvement.
J’ai, pour eux, trop de consistance, je suffoque… et ils ne me lachent pas.
Un bonhomme me fixe, intrigué.
Je sens une crise de vertige poindre.
– Vous êtes l’éditeur de Chromes&Flammes, je vous reconnais, je lisais vos magazines il y a trente ans…
– Bonjour, qui êtes-vous ?
– Je suis Stéphane Saint-André, le Maire de Béthune…
– Vous voulez me dire quelque chose à destination des plus de 30 millions de visiteurs de GatsbyOnline ?
– Avec plaisir…
– Allez-y, ne vous génez pas…
– Je peux ?
– Oui, commencez…

– Guitares et cadillacs, bananes et drive-in font vibrer Béthune, du simple badaud au nostalgique des sixties, là, non ?
– OK ! Béthune Rétro est sans conteste l’événement majeur de la rentrée Béthunoise et l’un des festivals le plus emblématique de notre ville. Pendant 5 jours, les amoureux du Rock’n’Roll du nord de l’Europe convergent vers notre ville pour retrouver dans les rues et les bars l’ambiance de cette époque si passionnante. Concerts et expositions sont au programme, sans oublier le traditionnel défilé de voitures anciennes qui exporte un peu de ce festival dans les communes environnantes.
– Le coup d’envoi des festivités a déjà été donné par le lancement du festival off, qui a débuté cette année le jeudi 27 août, alors que Béthune Rétro va jouer les prolongations jusqu’au lundi 31, où les bradeux pourront profiter des derniers concerts organisés dans les bars. Pour ne pas surcharger ce week-end de rentrée, nous avons choisi cette année de ne pas organiser en même temps Béthune Rétro et les festivités de l’Artois libéré.
– C’est futé, ça, ainsi, les manifestations de rentrée seront mieux réparties entre les différentes fins de semaine, ce qui permettra au public, toujours nombreux, de pouvoir profiter pleinement de chacune d’entre elles.

– Je suis sur qu’encore une fois vous allez féliciter Odile Mortier, adjointe à l’animation, Hervé Loison, tous les bénévoles et les services de la ville de Béthune pour la réussite de ce festival, non ?
– Bien sur, parce que Béthune Rétro a toujours été organisé avec succès, nous n’avons pas réfléchi longtemps lorsqu’il a fallu prendre la décision d’allonger la durée de l’événement.
– Je tiens d’ores et déjà à les remercier pour tout le travail de préparation déjà effectué.
– Bon festival à vous !
Je trébuche…, quelqu’un d’autre vient de me pousser, je me relève et le vois s’esclaffer.

Je suis Hervé Loison, le programateur de Béthune Rétro.
– Votre visage ne m’est pas inconnu…
– Ahhhh ! Vous désirez, vous aussi, me causer dans l’oreille pour que votre voix atteigne les visiteurs de GatsbyOnline, je suppose ?
– Si c’est possible, oui !
– Allez-y…
Le Jazz à Montreux, la Country à Craponne, le Blues à Cahors et le Rock’n’Roll à Béthune !
– Je me doutais que vous commenceriez par dire ça…, vous pouvez être fier de jouer petit à petit dans la cour des grands !
– Surtout quand on annonce l’annulation de plusieurs Festivals pour cause de crise mondiale !
– Alors que c’est le moment ou jamais où les gens ont le plus besoin de se distraire, de s’évader.

– Et je tiens ici à remercier les bars au nom de tous ceux qui cherchent à se rafraichir… et pas que les idées…,  en effet, les bars ont encore reconduit les concerts cette année, ! 
– Oui, c’est possible à Béthune… et ce grâce à l’investissement de chacun.
– Personnellement je profite de cet instant magique pour remercier publiquement Monsieur le Maire et son équipe du service animation, pour leur investissement qui permet à plusieurs milliers de passionnés de venir des quatre coins de la France et d’Europe pour 5 jours de folie.
– Oui, car c’est vraiment 5 jours de Folie !!!!
En 7 ans, Béthune Rétro a grandi et a mûri avec l’aide de tous les intervenants enrichissant de plus en plus le programme. Le ‘Fifties Club’ offre maintenant 2 expositions et 2 concerts ! Le Club Hot Rod de Belgique expose encore plus de voitures sur la place du 73ème. Les visiteurs peuvent aussi admirer en musique tous les véhicules anciens stationnés au Stade Léo Lagrange. Il y a aussi un Drive-in Place Lamartine qui propose un des meilleurs films des frères Cohen.
– Ca fait beaucoup d’animations, j’en ai le tournis…

– On m’a dit qu’il y avait une grande nouveauté cette année !
– Ne ratez pas le concours d’élégance du dimanche, au kiosque jardin public, organisé grâce au club des jeunes amateurs de vieilles mécaniques.
– La grande nouveauté cette année, ce sont les deux jours sur la place du Beffroi avec les concerts très attendus de Dr Feelgood et Vic Laurens. Sans oublier l’interminable nuit dans tous les bars de la ville aux sons des guitares et des contrebasses des ‘bands’ venants de Belgique, Hollande, Angleterre, Allemagne et France !
– Vous avez aujourd’hui un programme très complet !
– Il aide à mieux orienter les gens dans la ville pour profiter de tous les concerts, tout en appréciant les belles voitures et les expositions.
– Si je vous recroise quelque part dans Béthune, sachez que je serai encore à votre écoute car c’est vous qui avez amélioré Béthune Rétro.
– Je tiens à vous remercier de votre fidélité. L’événement existe aussi grâce à vous. GatsbyOnline a en effet été très généreux en diffusant plusieurs informations et publicités en faveur de Béthune Rétro 2009. Je vous souhaite de passer un excellent moment qui restera très certainement gravé dans votre mémoire. Profitez ! Bon festival. ‘Let’s have a Party !…

J’avance de moins en moins vite.
Je me remets à marcher…
Je bute contre tous ces corps en mouvement, frénésie sans fin.
J’aimerai m’arrêter, mais je n’y arrive pas, ce serait pire.
Le soleil se multiple sur les vitres des voitures innombrables, m’aveugle… et je ne vois plus que des bribes de profils obscurs, toujours plus nombreux, passer fugitivement devant moi.
Ma tête brûle, mes membres m’envoient des messages de supplice que je ne comprends pas.
Les bâtiments alentours s’éloignent, rapetissent.
Je suis seul contre toute une foule grouillante.

Je hurle, mais je n’entends rien, les ombres se soudent, forment un mur que je ne pourrai franchir.
Je ne sais plus si je marche, je ne sens plus mes jambes, mes mains butent sur des masses souples qui se dérobent rapidement.
Béatitude.
Des lances transpercent mon corps, mes jambes sont de nouveau sensibles… et je sens le macadam dur et cuit par la chaleur contre ma peau.
Douleur.
J’existe à nouveau, je vois.
Où suis-je ?

Des silhouettes noires me plaquent au sol avec force.
Je me sens flotter au ras du sol, retenu par la voûte des corps penchés.
Ils s’affairent.
Suis je mort, enfin ?
Je le suppose, à la douleur des lames froides que l’on m’enfonce dans les bras…
– C’est bien lui le mec qui a osé critiqué le Rock-and-Roll ?
– Au secours !
– Faut le lyncher…
– Je n’ai écrit que la vérité, ce pianiste à-la-con de Jerry-Lee a tué sa femme à coup de hache et de marteau… : http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=271&cat=ataraxie
– Sacrilège !
– M’en f…., qu’il aille au diable !

Piting, c’est ce dingo de Christian Boppin, membre de l’ACCF, censeur dans un forum de Rock and Roll et surtout Président de l’association Boppin’n’ cruisin rock’n’roll…, un ouvrier électrotechnicien qui va vers les soixante ans et qui se la pète grââââve !
Je parviens à relever la tête.
Le rock and roll …, déjà tout petit il est tombé dedans, c’était au tout début des années ’60.
– On va te forcer à écouter Guy Blundell & the Stray Dogs à 13 heures sur la place du 73 ième…
– Non, pas ça…, au secours…, je ne supporte pas ce bruit…
Entre 2 coups de pinceau pour le cinéma, il roulait sa bosse avec le groupe « Les Misfits », un génie…
– Histoire de massacrer le chef-d’oeuvre de Marilyn Monroe d’appeler un groupe comme ça…, avec un vocal aux intonations de ce salopard de Jerry Lee !
– A l’école déjà, pendant la perme, il se nourrissait de sandwichs pour apprendre la musique et forger sa culture Rock’n’Roll.
– Qui peut me dire en quoi se nourrir de sandwichs peut contribuer à apprendre le Rock-and-Roll ?
– Quand on aime cette musique, c’est difficile de ne pas y revenir !
– Faudrait être plus qu’un gratteux, au moins connaître le solfège !
– Salaud !
– Salopard !

– L’histoire est en marche, piting !  Si Elvis a chanté à Tupelo, Guy Blundell chantera à Béthune…, la gloire !
– Guy Blundell s’est retrouvé propulsé sur une des plus grandes scènes du nord : le Gayant expo de Douai…, avec comme Band : The Stray Dogs : les aficionados du Rock N’Roll…, avec Dan à la guitare, Claire à la basse et Toine (un Teenager !) à la batterie.
– Il ne respecte rien, il continue de cracher sur le Rock-and-Roll… Faut le lyncher…
– Au secours…, Boppin at the High School, Hop !
Des anges m’envoient, miséricordieux, des rêves de pluie et de solitude ainsi que de la musique classique…
Béatitude.
– Y a pas que le Rock’N Roll, il y a aussi la musique country (autrefois « country and western »), un style de musique américain né dans les Appalaches au XVIIIe siècle et dans le pays profond, du Texas jusqu’en Virginie-Occidentale. Rythmique ou traînante, sentimentale ou émouvante, la country vient des musiques folkloriques celtes des immigrés anglo-saxons. Cette musique, avec le blues et le rhythm and blues noirs, a contribué une grande partie de la musique populaire contemporaine, notamment le rock.
– Je préfète Beethoven
– C’est qui ce Beethoven ? Un de tes potes ?
– Pouvez pas comprendre, les gars…
– Il nous insulte !
– La Country, c’est une musique raciste…
– Bien que la country ait été décriée par certains critiques français comme étant la musique préférée de l’Amérique conservatrice et blanche, elle est en réalité une musique dont les origines sont profondément mêlées : on n’a qu’à penser au yodel (si important par exemple dans la musique de Jimmy Rodgers), issu d’une petite communauté suisse-allemande des Appalaches, à l’utilisation de la mandoline (italienne), de la guitare hawaïenne, à des emprunts à des genres comme la polka ou le blues, on parle souvent d’ailleurs de la country comme du « blues des blancs »…
– C’est ce que disais, c’est raciste !

Une journée vivable, en somme.
Il aurait sûrement préféré une journée type, pleine d‘hypocrites rencontres, d’amis veules et bien trop lâches pour ne pas tenter d’être cools, pleine aussi des messages pré-copulatoires abscons et textoïdes de sa copine, cherchant l‘instant où, moite, béante et stupidement animale, elle engloutirait sa queue… et où il devrait conforter son rôle de mâle dominant, la limant alors sans retenue aucune, une main sur son sein gauche, l’autre main sur une photo de Dolly Parton…, cherchant l’envie dans des vices à peine dissimulés.
Mais bon, de même qu’on ne peut gagner au loto tous les jours, les journées potables se font rares.

Piting de piting, quel boucan… 
Aujourd’hui, il s’apprêtait à vivre le bonheur, avec des majuscules partout…
L’organisation pensait sûrement de bon ton de l’inviter pour lui envoyer une bonne tranche saignante d’amour réciproque à la gueule.
Il avait, comme il se doit, enfilé sa tenue de combat nécessaire pour rendre le truc encore plus interminable, l’usuel costume assorti de chaussures brillantes comme la rosée du matin, le tout trois tailles en dessous, histoire de prouver à toute la populasse présente à quel point l’histoire d’amour avec sa banque était intense.

Il m’a encore croisé… et je lui ai souhaité bien du courage, ce qu’il a pris au second degré bien sûr.
Il a trouvé le moyen de se montrer aux cérémonies officielles (et religieuses)…, souriant au point de manquer de s’ouvrir le visage jusqu’aux oreilles, ce qui n’aurait pas vraiment été de bon goût, en de pareilles circonstances.
Mais notre héros ne pouvait s’arrêter en si bon chemin, sentant sa verge grandir face au bonheur fluorescent du Rock-and-Roll qui suait par tous les pores de sa peau…
Je lui ai alors expliqué qu’il ne se rendrait compte de son erreur concernant Jerry-Lee qu’une fois passé 70 ans, alors qu’il verra ses chairs irrémédiablement attirées vers la tombe qui l’attend, car trop vieux pour refaire sa vie.

Idée qui eût son effet, car tout le monde y alla de sa participation joyeuse et guillerette, trouvant encore et toujours, dans des tours de force d’originalité, un prétexte de plus pour boire et s’embrasser.
Puis vint l’instant où, dans un délicieux élan d’amour et d’alcool, quelqu’un d’autre eu l’heureuse idée de porter un toast, prétendant boire à la santé du Béthune Rétro 2009.
Et, lorsque, finalement, tout le monde s’est rassit, repu d’effluves de sentiments roses fuchsia, je me suis levé pour porter un toast…
– Vive Béthune rétro 2010…
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