Ted Vernon – South Beach Classics – Croc, Cash & Crash…

Si vous pouvez capter et regarder « The Discovery Channel », vous êtes sûrement « tombé » en apoplexie, au moins une fois, face à ce qui semble être un reportage-variétés à suites multiples ou Ted et Robin Vernon sont les vedettes typiquement américaines d’une œuvre aussi folle et jouissive que l’était « Desesperate Housewife »…, version commerce d’automobiles délirantes.

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En cette période de crise planétaire ou on accommoder nos restes… et ou les banquiers, diplomates, hommes d’affaires et hommes d’États (femmes comprises) se félicitent d’avancées picrocholines dans des textes abscons (qui mènent le monde à la ruine et à une troisième guerre mondiale nucléaire)…, regarder la désinvolture de ces deux crétins-vedettes du commerce basique (acheter pas cher, vendre très très cher)…, leur style de vie… et surtout la « qualité » des clients, souvent pathétiques, presque toujours débilitants (vous verrez avec amusement la vidéo en fin d’article à défaut de regarder « Discovery Channel » ), est un moment de plaisirs vomitifs bienvenus…

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Le commerce des anciennes voitures d’occasion, appelées « voitures de collection » pour donner une sorte de panache aux escroqueries les plus viles, n’est pas considéré comme l’activité idéale dans laquelle monsieur tout le monde se lan­cerait…
L’expression « se ranger des voitures », résume parfaitement cela !

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Les soi-disant « valeurs auto­mobiles » sur les marchés mon­diaux sont fausses, les hausses comme les baisses, tout n’existe que sur l’exploitation des vanités quand il s’agit de vous vendre, et sur l’exploitation de la détresse humaine lorsqu’il s’agit de vous acheter…, un système tellement basiquement crapuleux, qu’il a un effet particulièrement néfaste sur la vie des gens ET sur la gestion d’une saine économie…, les prix en effet, tantôt glissent dans une dégringolade spectaculaire,… tantôt atteignent des sommets de plus-values délirantes, compa­rables aux montagnes russes des dif­férentes bourses du monde en­tier…

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Pour Ted Vernon, que je vais vous présenter, tout ce remue ménage n’a pas grande importance, car Ted Vernon est une légende à part dans l’escroquerie interplanétaire des automobiles dites « de collection », tout en étant le propriétaire (très locace) de « Ted Vernon Speciality Auto­mobile », devenu « South Beach Classics », en abrégé « SOBE Classics »… à Miami.

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Pour les lecteurs qui considè­rent la Floride du Sud comme une combinaison de clinquant, de prestige et de gangsters (la série télévisée américaine Miami Vice y fut pour beau­coup), les bâtiments de Ted Vernon, qui étaient à ses débuts d’un rose bonbon extraordinaire avant de devenir blanc et noir… et qui abritent « la collection » (tout est à vendre)d’une rare débilité (sic !) de Ted…, alimenteront leurs convictions et considérations…, car la vue de cet amoncellement de bagnoles souvent d’un kitch et d’une pitrerie toute américaine, peut parfois blesser l’œil pour rappeler qu’acheter et revendre des voitures n’a pas qu’un côté prestigieux et glorieux…

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Flanqué d’une voie d’eau puante (un égout à ciel ouvert) et d’une route de chemin de fer, de l’autre côté d’une route à côté d’un supermarché déglin­gué (sic !), le 471 North East 79th Street ou il était installé, n’avait certainement pas le prestige de Sunrise Boulevard à Fort Lauderdale, où se trouvent divers garages bien connus pour leurs prix stupéfiants (le double-sens est voulu)…, Ted a donc fait les frais d’une installation pas loin de l’Interstate 95 a un crachat de l’Arcola Lake Park, histoire d’avoir une adresse moins crade…

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Ramené au seul contexte spécial de la voiture automobile où l’aspect exté­rieur du bâtiment est très im­portant pour attirer le client…, le chiffre d’affaires de Ted est hors de proportion avec l’état primitif de ses locaux… !
Le succès de « Ted Vernon Speciality Automobiles » devenu « South Beach Classics », était dû à deux choses ou plutôt deux personnes : Ted lui-même et sa compagne Robin…, mais ils se sont séparés avec fracas il y a quelques semaines…, le fond de cette histoire de requins étant les 15 millions de US$ « d’économies » engrangés par Ted Vernon avec ses business, dont elle voulait une grosse part.

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Il faut aussi dire/écrire que la belle d’avant, mince et blonde est devenue une grosse dame/dinde bouffie et que Ted (toujours à cause de son patrimoine) a plus qu’une belle à fourrer (et oui, c’est imagé à dessein), de sorte qu’il a commencé par la secouer, puis à lui donner des tapettes, avant de quasiment lui balancer quelques gnons…, surement que d’autres points sont à éclaircir…, mais il vous suffit de tapoter « Robin Vernon » sur un moteur de recherche pour en savoir plus…

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Ted Vernon, incarne le « rêve américain » dans toute son horreur…, né et élevé à Brooklyn, New York, Ted quitta la maison fami­liale le jour ou il s’est rendu compte qu’il n’arriverait pas à terminer ses études basiques.
Il a interrompu sa fuite quand il a atteint l’Ohio…, l’endroit ne valait rien selon lui… et au bout d’un moment il retourna vers la côte Est.
Temporairement domicilié à New York (selon lui c’était une erreur supplémentaire), il finit par déménager à Philadelphie (un endroit plaisant), puis alla traîner en Virginie (qui ne vaut rien)… et finalement échoua en Floride où il a élu domicile définitivement (il se considère maintenant comme un natif de la Floride !).
Évitant la notion d’une salle d’exposition ostentatoire dans un des meilleurs quartiers de la ville, Ted a commencé à opérer à vif au départ d’un entrepôt assez minable qui jouxtait quelque chose qui ressemblait à un chantier de démolition…, avant d’aller s’installer dans un hangar présentant un peu mieux…

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– Ted, dans quelles conditions vous êtes-vous lancé dans le commerce automobile ?
– Je crois que c’est à cause du dommage à mon crâne, causé pendant ma carrière de boxeur-pugiliste pendant cinq ans ! J’ai gagné 21 combats sur les 22 que j’ai livré entre 1977 et 1982. Le problème était qu’à chaque fois je devais encaisser des coups. Comme j’ai toujours aimé les voitures, j’ai finalement décidé d’en vivre plutôt que d’en dépendre. Mais avant d’y arriver ce furent galères sur galères, entre autres en travaillant pour mon père… Un jour je me suis éveillé en me sentant malheu­reux. Je n’aimais pas le travail que je faisais : travailler pour mon père qui s’occupait d’une affaire immobilière et gérait en même temps un restaurant appelé Wolfies, fameux pour ses délicatesses. Son principal employé était un escroc et mon père était volé comme dans un bois. Après m’être assuré jusqu’à quel point mon père avait été volé, j’ai en­traîné cet employé dans une petite pièce et lui ai dit : « vous êtes un voleur et je n’aime pas les voleurs. Vous me connaissez depuis tout un temps et vous savez que je suis violent ! Donc, voici ce que je vais faire : si vous touchez encore aux recettes, si vous faites encore des entourloupettes ou faites encore autre chose que simplement passer les commandes, ce que vous êtes sensé faire, je vous arra­che la tête. Je vous le dis une fois et ne le dirai qu’une fois »… A cette suite il fut très gentil avec moi et honnête envers mon père. Plus tard nous avons cédé l’af­faire à un prix intéressant. J’avais tout d’abord l’intention de commencer l’exploitation d’un autre restaurant avec mon père, mais, quoique je l’aimais beaucoup, je n’aimais pas travailler avec lui. C’est alors qu’est intervenue une charmante personne qui m’aidait à chasser ma solitude et qui, voyant que je me sen­tais malheureux me demanda ce qui pouvait me rendre heu­reux. Je lui répondis me faire branler et sucer, mais entre-deux jouissances et baises, j’aime les voitures ! Elle m’a dit que la solution était toute simple et qu’il me suffisait de me lancer dans le commer­ce automobile. Je me suis donc lancé la tête la première dans ce commerce nouveau pour moi avec elle… C’était Monika, ma première compagne ! J’avais tout à apprendre et j’ai réellement tout appris sur le tas et c’est probablement parce que je n’ai jamais travaillé pour un big-boss de l’automobile que je ne me laisse jamais tromper par mes clients ! J’ai acheté un Truck avec une remorque capable de trans­porter sept voitures et quoique je n’avais jamais conduit un tel engin, je me suis débrouillé, achetant et vendant des véhi­cules, utilisant le Truck comme salle d’exposition ambulante. Le chiffre d’affaires allant tou­jours en s’améliorant…

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Ted, veut faire croire que malgré son apparence de boxeur, c’est un sensible… et si ses nuits avec Monika (sa première épouse) étaient sans cesse troublées par les hurlements de clients insatisfaits, eux même troublés par les hurlements de Monika durant des séances de Sado-Masochisme…, après avoir pompé toutes les économies de Monika, il a changé de femme : Robin ancienne starlette de séries B, C et D… et ses nuits d’une seconde vie avec Robin n’ont plus été troublées par ses cauchemars de clients insatisfaits, en cause d’abord de son tour de main sexuel…, ensuite en cause du savoir-faire commercial de Robin !
Ted étant tout ce que vous vouliez sauf l’archétype du ven­deur de voitures d’occasion timide et sensible, son succès commercial est dû en grande partie à sa personnalité extravertie, ainsi qu’au coup de pouce financier de sa première femme Monika… suivi une vingtaine d’années plus tard par le savoir-faire très sexy de sa nouvelle compagne Robin, qui a la langue bien pendue, qui avait un physique approprié… et ne passait pas ina­perçue.
Ancien lutteur et participant régulier à des œuvres de cha­rité à son profit, en dehors de ses participations à des ventes aux enchères truquées et à ses discussions épiques avec des propriétaires d’automobiles qui cherchent à les thésauriser rapidement (c’est la crise)…, Ted couramment, vient en aide à certains marchands de peu d’envergure en rachetant leur stock à des prix écrasés…

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« Ted Vernon and the Bulldogs », un orchestre spécialisé dans le bon vieux rock’and’roll depuis 30 ans…, est aussi un de ses hobby chéris, ce qui caricature bien cet homme qui a un cœur et des biceps grands comme ça !
Mais en dehors de cet aspect purement professionnel, Ted se donne énormément de mal pour paraître réellement être un brave homme (sic !)… et dans cette fonction charismatique très couleur locale des dimanches…, il y a une association qui lui tient particulièrement à cœur, la « Seagull School », qui est une institution locale à l’intention des enfants handicapés tant physiques que mentaux…, il n’aime toutefois pas qu’on attire l’attention sur son rôle dans le rassemblement de fonds pour les œuvres charita­bles, car en réalité il ne verse strictement rien…, il préfère que l’on dise qu’il trouve un plaisir immense en aidant les enfants qui sont moins bien lotis que les siens…

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Il y a une vingtaine d’années, son rôle comme premier chanteur du groupe a dû passer au second plan à cause d’autres occupations qui sont venues s’y ajouter, comme par exemple l’industrie du cinéma…
– Vers le milieu des années ’80 j’ai été contacté pour jouer dans un film d’horreur. Comme tout le monde le serait à ma place, j’étais flatté mais six mois plus tard rien n’avait encore bougé. J’ai donc con­tacté le zigoto qui devait écrire le scénario et appris qu’il n’avait pas l’argent nécessaire pour lancer l’affaire. Je lui ai demandé combien il faudrait pour assurer les fonds néces­saires et je fus d’accord pour les lui avancer. Le film fut alors tourné, mais alors le type essaya de m’arnaquer. Vous connaissez mon caractère… A la fin mon in­vestissement me fut remboursé, même avec intérêts, mais d’autres types ne furent pas aussi heureux. En réalité je suis le seul à avoir reçu mon argent en retour. Plus tard j’ai acheté sa société cinématographique ! J’ai donc un studio à North Miami et je fais occasionnellement des films. Je joue aussi dans les productions d’autres, car je suis un véritable caractère et mon aspect et ma réputation sont largement connu. Pensez donc, dans les films j’ai été trucidé quatre fois ! Pas de scènes d’amour, malheureusement, quoique, dans le dernier film une fille avec des seins immenses m’a poignar­dé ! Je crois que ce sont là les aléas de l’industrie cinémato­graphique. J’ai co-produit avec Universal les séries : « Le Village des Dam­nés », « Le Jour des Triffids » et un autre titre pour lequel je suis entré en négociation dans la propriété de feu John Windham… Ma société « Ted Vernon Speciality Cars lnc », était, à l’origine, enregistrée sous le nom de « The Ted Vernon Collection », mais il y avait confusion et beaucoup de gens pensaient avoir à faire avec un collecteur de dettes ou un collecteur d’abonnements pour un club de baseball. Un changement de dénomi­nation était donc nécessaire, mais j’ai conservé mon nom dans l’intitulé car je suis quand même l’attraction principale. C’est un principe dont je ne peux pas dévier !

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Le jour où j’ai eu cet entretien avec Ted, il a vendu une Rolls-Royce…, ce n’est pas si mal en une journée en pleine crise mondiale !
Le succès de sa société est dû également à un facteur très im­portant : les transactions à répétition (les clients forcément mécontents reviennent après avoir vainement tenté de revendre les automobiles achetées très cheères à Ted Vernon à d’autres idiots… et en finale reviennent chez Ted qui leur rachète au tiers du prix payé)…
Les Custom-cars sont une autre source primordiale d’intérêt pour ce flamboyant entre­preneur.
Il s’approvisionne souvent auprès de Roly Fernandez qui n’est pas un inconnu dans le milieu du Hot-Rodding américain.

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« Big Daddy » Don Garlits, l’ancienne étoile américaine du quarter mile, était un de ses meilleurs fournisseurs de Dragsters, lorsque Ted en vendait encore…, une part d’activité qui a peu à peu cédé la place aux voitures de luxe étranges, telle la fausse Bugatti « Royale » rouge et noire qu’il tente de vendre 2.200.000 US$…
Dans la collection de Ted, il y en a pour tous les goûts, que ce soient des voitures de sport au bout du rouleau, des limousines pseudo- luxueuses, des Kit-Cars bricolés, des fausses Classiques, des Custom’s bidouillés, des Van’s d’une autre époque, et des Rod’s déglingués.
Il y a même une MG 1100 !
– Elle a été achetée dans une vente aux enchères par un nouveau vendeur que j’avais engagé et qui dans son ignorance pensait avoir acheté une MGB ! 

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Actuellement Ted s’occupe personnellement de la plupart des achats, car il a viré sa compagne Robin.
– C’était la reine des salopes, mais elle savait vendre de la merde aux tocards, je l’aimais ! Avant, ce travail était l’oeuvre de Joe Murto, un ancien footballeur (football améri­cain) des Dolphins de Miami et qui a abandonné son job chez moi quand il est entré en compétition pour la Fédération Mondiale de Lutte.

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Faisant passer entre ses mains 200 à 500 voitures quasi épaves, Ted Vernon réalise un chiffre d’affaires dantesque qui est atteint simplement en achetant au meilleur prix possible et en vendant au meilleur prix possible !
Cette philoso­phie a donné de beaux dividendes à Ted Vernon, ainsi qu’à son ex-femme Monika (née en Autriche, ancienne coiffeuse, plus son fils et sa fille), remplacée par Robin, qui a été virée et ruinée.
Ted vit dans le luxe d’une spacieuse résidence située sur le Intercoastal Waterway dans un lotissement gardé le long de Golden Beach…., sa vie ou plutôt son style de vie… est quelque chose de spé­cial…
– Je suis non fumeur, je mange bien et sainement, je m’adon­ne au fitness et je fais beau­coup de chichi !

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Original comme l’est cet oiseau, après mure réflexion, ce pour­rait être une bonne idée de marketing de changer le nom de la société en « The Ted Vernon Experience », après tout, celui qui rencontre Ted est frappé par son bavardage qui peut parfois sembler quelque peu insultant !
Il y a aussi un tas de chats et de chiens qui n’ont jamais eu une vie si agréable que depuis qu’ils ont été adoptés par Ted Vernon…, tout comme un certain perro­quet qui a tendance à se tenir perché en position tête en bas.

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Pour clôturer, les visiteurs qui se rendent dans le « Sunshine­-State » et qui désirent acquérir une voiture d’un genre spécial, ne peuvent rien faire de pire que de se rendre chez Ted, d’engager la conversation avec lui en échangeant quelques aimables insultes, ils emporteront ainsi un inoubliable souvenir d’une inoubliable rencontre…, qui restera à tout jamais invendable…

http://dsc.discovery.com/tv/south-beach-classics/