The California Kid…
Lorsque l’automobile mène à une esthétique de vie, à une philosophie épicurienne, ce n’est plus un way of life, c’est de l’utopie…
Lorsque le bestiau s’affiche à 100.000 euros la passe, ce n’est plus de l’utopie, ça devrait être sanctifié, Papalisé, sacralisé ! 
Lorsqu’on se rend compte que la nécessité peut amener de saines réflexions, on prend conscience qu’on n’est, aux yeux du monde, que la force de travail que l’on vend aux uns afin de rapporter aux autres de quoi financer la retraite de nos anciens.
On se met alors, myotatiquement, puisque c’est un code dans notre société, à se poser quantités de questions inutiles.
À cet instant plusieurs solutions s’offrent à l’esprit en illumination….
Et dans ce choix, une vraie réflexion s’impose, pourquoi pas une philosophie ?
Et voilà qu’on songe à passer un dangereux Rubicon, celui du matérialisme existentiel… 
À notre époque on nous vend plusieurs choses dans une automobile quelconque, du confort, de l’espace, de l’économie parfois, mais rarement l’essentiel, il ne se fabrique plus, le caractère : « Montre moi ta voiture, je te dirai qui tu es« .
Regardez autour de vous, bien peu nombreuses sont les automobiles qui ont du caractère, du charme, une personnalité affirmée.
Je me passerai des lieux communs sur l’espace utilisable et les rangements, une voiture n’est pas faite pour ranger mais pour rouler.
La plus belle hypocrisie reste celle des nouveaux 4×4 : ils ne sont absolument pas de véritables tout-terrain, ils ne servent qu’à assouvir le besoin de signe extérieur de richesse et de sécurité de certains nantis.
Soit, mais la sécurité publique en l’occurrence a fait un joli pas en arrière, puisque ces véhicules protègent leurs propriétaires en assurant l’absorption du choc par l’autre véhicule.
Cette mode tue.
Le 4×4 moderne sert aussi à ses propriétaires de bouclier, en dehors des situations d’accident, ils peuvent injurier n’importe qui à l’abri de leur bunker, assouvissant les besoins cathartiques de tout être humain (aussi peu le soient-ils).
Enfin ces chars assument le rôle de bouquet mystère des accidents de la route, de la pollution et de tout le malheur du monde.
Bref les voitures modernes sont à l’automobile ce que la production en matière de beurre est à la matière grasse d’avant guerre, les moins chères en sont la margarine les autres sont pasteurisées et n’auront pas le goût que l’on leur connaissait auparavant. 
Avec le Hot-Rod qui illustre cet article, on entre dans ce cercle vicieux, cette caste qui refuse la modernité en tant que progrès.
Dans la matière automobile, la modernité a apporté le confort, qualité mièvre et molle ainsi que la sécurité, mais n’est-il pas plus noble de préfèrer mourir en Hot-Rod en étant abattu d’un coup de fusil à pompe sur la Highway 66, que de rouler papy en Alfa Roméo coupé 1966 dans le col du Lotaret et s’écraser en contrebas…, ou se rendre hémiplégique en roulant en Clio entre Meudon et Jouy-en-Josas ?
Bref voilà la doctrine : rouler classe !
Tu ne rêves pas, lecteur assidu…, dans une époque toute vouée à l’efficacité si ce n’est à la performance, une fraction d’irréductibles se plaisent à continuer de penser leur mode de vie comme cool, stylé (dans une esthétique qui leur est propre), et surtout, surtout détaché (voire décalé).
Cette doctrine pour être efficace doit s’appliquer à toute chose.
J’ai dans cette recherche trouvé un appui à mes penchants, un moyen pour soutenir ce défi à la modernité comme qualité première.
Trêves de teasing, ces sages se reconnaissent sous le nom de Hot-Rodders.
Le Hot-Rodder n’est pas sectaire, on retrouve par essence au sein de cette caste, énormément d’amateurs du style Américain, gros V-8 glougloutonants, vestes à franges, bottes et jambes arquées…, mais l’éclectisme prime, évidemment.
Sans risquer de me tromper, un Hot-Rod ne peut être ni basiquement utile, ni fadement performant.
Ainsi certains sont exclusifs, pionniers, emplis de caractères forts, mais largement pas toutes, et bien souvent, pas les plus neuves ni les plus cotées.
Bref c’est avant tout de « style » que l’on parle. 
Je ne vous saoulerais pas plus de mon tout nouvel enthousiasme pour ce concept, mais lorsque je discourre de Hot-Rod’s, de way of life, je suis optimiste.
Car à y regarder de plus près, cela ne représente pas un investissement matériel immense.
On trouve bon nombre de ces petits bijoux à des prix assez attractifs, aux USA mais aussi en Angleterre, environ le prix d’une 207 de base neuve.
Et avec cet investissement, on roule cool, style Kalifornia-Kid… ou American Grafitti…
Il faut néanmoins pouvoir de temps en temps mettre un peu les mains dedans, une sorte de cérémonie qui remplacera avantageusement la messe du dimanche matin.
Imaginez vous.
La belle Bethsabée vous attends, fiévreuse après le coup de fil qu’elle vient de recevoir de vous.
Du bord de sa fenêtre elle vous guette.
Elle vous attend et au lieu de vous voir sortir péniblement d’une vulgaire Fiat Punto, engoncé dans un tee-shirt trop grand et un short trop court, des chaussures de randonnée et un bob Ricard (mais non je ne force pas le trait), elle voit s’approcher un Hot-Rod de bonne facture, duquel sort avec grâce un pur Yankee portant, tel l’ancien John Travolta… veste de cuir, santiag’s en chaschlick mercerisé et un indispensable couvre-chef cow-boydont je vous laisse le choix de la forme…
Voilà c’est la nuance entre un Hot-Rodder et quelqu’autre Homo peu ou prou Erectus.
Bref, si tous les « ceusses » plus ou moins dynamiques, se donnaient le mot pour rouler dans des caisses qui font plaisir, s’ils adoptaient un tant soit peu de style…, non seulement on se ferait moins chier mais surtout on se marrerait vachement plus.
Il faut aussi penser à la valeur d’exemple que ce genre de changement sociétal pourrait occasionner, optimisme, ouverture du chakra, plénitude du Karma, avalanche d’endorphines dans le cortex, bonheur.
Je vois déjà arriver des esprits chagrins pour me dire que ça coûte cher en carburant… et c’est vrai, mais ça peut être compensé en diminuant drastiquement vos dépenses inutiles.
Et que ceux qui ne fument pas, ne boivent pas et ne se sentent pas un tant soit peu épicuriens se rassurent. 
Ah le voilà le deuxième rideau d’empêcheurs de carburer en rond, ils vont me dire que ça pollue… et c’est pas faux, sauf que bon nombre de ces bagnoles sont soit inconfortables, soit bruyantes, soit elles vous grillent les arpions (on a les pieds contre le moulin là-dedans), et que par conséquent on passe pas des plombes dedans par plaisir.
Enfin un peu quand même, mais bon hein, si c’est pour lutter contre la guerre dans le monde !
Sans rire, il me semble qu’écologiquement parlant il est plus propre de rouler dans une vieille bagnole que de dépenser de l’énergie à en fabriquer une neuve.
J’attends ces atrophiés du cortex, on peut se défier dans la grand-rue, il y a trop d’un écologiste à écraser, j’en ai déjà mangé au goûter de ceux-là….
D’un point de vue purement philosophique, n’est-il pas beau de vouloir à tout prix insérer dans la fonction purement utilitaire qu’est celle de se transporter, une touche de classe, au moins de charme, voire, soyons fous, de charisme.
Cette démarche est tellement utile, tellement indispensable qu’elle devrait être obligatoire, et surtout élargie à tous les domaines de la vie.
Nous sommes si nombreux à être les sujets d’une existence qui défile trop vite à nos yeux.
Dans un cadre qui ne nous sied même pas vraiment, je ne vois qu’un remède, recentrons notre existence, redonnons-lui du goût.
Je suis faible je viens d’atteindre l’illumination, ne me sauvez pas d’un si doux endoctrinement, je suis faible mais je…
C’est bon !
Brûlons la vie par les deux bouts, mais avec coolitude…

The California Kid est un film TV sorti en 1974 dont les vedettes sont Martin Sheene, Vic Morrow, Nick Nolte, Michelle Phillips, Gary Morgan, Joe Estevez et Janit Baldwin.
Le scénario est typiquement « teenagers » de cette époque : L’histoire se déroule en 1958 et implique la ville, de Clarksburg en Californie ou un shérif dérangé pousse par l’arrière les voitures hors du commun (les Hot-Rods) dans un ravin lorsque leurs conducteurs se rendent coupable d’un excès de vitesse… 
Peu après qu’un jeune marin (joué par Joe Estevez) en retour de permission au volant de son Hot-Rod  est tué par le shérif, son frère plus âgé (California Kid incarné par Martin Sheen) arrive en ville, certain que son frère n’était pas la mort un accident, il fait donc sa propre enquète.
Durant sa quète, le jeune frère ( Gary Morgan) du garagiste de la ville ( Nick Nolte) est également tué et son amie (Janit Baldwin) est grièvement blessée par le shérif.
California Kid va alors venger tout le monde en poussant le shérif fou dans son propre piège de vitesse…
California Kid conduit un coupé Ford 1934 décoré des flammes typiques des Hot-Rod’s.
Ce véhicule a été imaginé et créé par Peter Chapouris.
Suite à ce film, les Ford ’34 vont devenir très populaires dans le monde du Hot-Rodding.
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