L’Amérique est politiquement transsexuelle…, elle peut se suffire à elle-même… et à force de s’allonger le pénis grâce à des manipulations génétiques et génitales pour jouir des autres en jouant avec leurs couilles (traduisez : en leur volant leurs ressources énergétiques), elle sera bientôt prète à se sodomiser elle-même…, telle est l’introduction anal…ytique de ce texticule en forme de résumé cul par dessus tête…
J’entre illico-presto bien profond dans le vif du sujet, ça va chier gicler :
Le long hurlement des antiques sirènes d’alerte aérienne se fait entendre au-dessus des toits de la cité, me tirant de mon paisible repos…
Voilées par ce son lugubre, des dizaines de voix paniquées tentent de s’exprimer non loin de mes fenêtres, la plupart pour pousser des cris apeurés ou lancer quelques propos incompréhensibles.
Me redressant péniblement pour aller jeter un oeil à la rue voisine, j’aperçois des dizaines de personnes plus ou moins vêtues courant dans une même direction, fuyant quelque innommable danger.

Là, une voiture surchargée klaxonne pour se frayer un chemin dans la foule de plus en plus compacte, bientôt prise d’assaut par des dizaines de badauds en quête d’un véhicule pour les emmener en sécurité.
Ici, un père de famille tire sa compagne par le bras, son fils serré contre sa poitrine…
Ma curiosité attisée par ce curieux exode, je me dépêche donc de quitter mon douillet logis afin d’élucider ce mystère, ne prenant que le temps de me saisir de ma veste de baroudeur et d’une bouteille de Pina Colada achetée deux heures auparavant chez l’épicier du coin de la rue….
Sur les grandes avenues, des milliers de gens se pressent, abandonnant leurs véhicules à sec sans se retourner, pressés qu’ils sont de fuir le danger !

Je décide alors de m’engager à contresens, croisant divers individus qui me crient de ne pas aller dans cette direction, que cela n’est que folie et que je cours à ma perte !
Dans ce capharnaüm, il m’est difficile de trouver quelqu’un (d’autre) qui accepte de m’informer de ce qu’il se passe… et encore, ce n’est qu’un employé du fisc suant et paniqué qui me lâche, tout en réajustant sa cravate : “Elle arrive ! Elle est là !“, pointant d’un doigt tremblant le sens opposé à celui de sa course.
Bah, qu’importe !

Et je comprends alors en voyant les affiches : Green Lantern, Fast & Furious 5, Captain America, The Expendables 2, Thor…
Remontant des axes de plus en plus déserts où quantité d’effets personnels ont été abandonnés dans la cohue, je finis par arriver à la tête de pont de l’invasion ennemie : le cinéma local.
Le monde croule sous les étrons cinématographiques.
Toute fuite semble vaine : ils sont traduits dans toutes les langues, projetés dans toutes les salles… et nul ne peut théoriquement y échapper, toute résistance étant déclarée vaine, voire futile.

Dans l’un des quartiers déserts alentours, un hurlement résonne : “Ils vont même ressortir un X-Men !“.
Devant le cinéma, les genoux écorchés, une étudiante vêtue aux couleurs de ce lieu maudit, qui devait vendre des chocolats glacés aux entractes, reste à sangloter au milieu de tous les programmes abandonnés par les gens dans leur exode.
La jeune fille lève alors les yeux et s’apprète à hurler de désespoir, quand elle voit ma bouteille de Pina Colada passer devant son visage.
– Tenez, ça vous fera du bien.
– Mais…, il n’y a plus rien à faire !
– Non. Il faut se battre. Je vais m’en occuper : dites moi dans quelle salle est diffusé “Captain America” ?
– Mais c’est une merde !
– Justement, il faut sauver le monde et détruire le film.
– Salle…, euhhhhhh, salle 8… Oh mon dieu !… Comment a t-on pu en arriver là ?

– Allez-vous en, Anne-Lise. Je dois y aller seul, au péril de ma vie, il le faut !.
Je plonge mon regard dans le creux de ses seins dans ses yeux noisette, non sans avoir auparavant consulté le badge d’employée qui orne son sweat.
– Mais… je ne peux pas ! Je n’ai nulle part où aller ! Et puis c’est qui ce type qui vous suit en jouant de la trompette ?
– C’est Guy, mon ami d’infortune. Il joue de la musique patriotique dans les moments d’héroïsme. Comme maintenant par exemple.
– Mais c’est ridicule !
– Je me mets dans l’ambiance. Quant à vous, ne perdez pas de temps : allez vous mettre en sécurité !

– Je voudrais bien, mais où ?
Elle semble terrorisée, elle tremble comme une feuille…
– Allez à cet endroit, je ne connais pas plus sûr ! Dès que j’en ai fini avec cette production qui n’aurait jamais dû voir le jour, je vous y rejoindrai et nous ferons l’amour….
Je lui tends un papier sur lequel j’ai griffonné mon adresse et un plan menant à ma chambre.
Elle s’en saisit avant de se relever en me jetant un dernier regard d’espoir mêlé d’admiration.
Elle voit à mes yeux que les paroles sont inutiles et m’embrasse goulument avant de partir vers mon chez moi…
Lorsqu’elle a disparu au coin de la rue, je me tourne en direction de l’obscure salle 8… et j’y vais…

Il faut se rendre à l’évidence : rien n’est plus difficile à réussir qu’un film de super-héros.
Les succès, artistiques ou commerciaux, des Batman, et plus récemment des X-Men et autres Spider-Man  nous l’on fait oublier : avant que la technique, par ses bonds de géant, ne permette enfin de donner une vie crédible aux surhommes de papier, les super-héros risquaient beaucoup plus de ressembler à L’Homme-puma qu’au Superman de Christopher Reeve et ce ratage notoire en est une bonne illustration.
Il convient de rappeler que ce film n’a servi qu’à rappeler de façon cinglante que ce n’est pas parce qu’un super-héros a eu du succès à l’écran que n’importe qui peut réussir la même sauce.
Je rappelle tout de même que le matériau de départ n’était pas le plus aisé à traiter car Captain America est l’un des héros de comic-book qui prête le plus le flanc au ridicule, aussi bien par son costume (littéralement impossible à recréer en trois dimensions) que par son concept de base (très pompier et donc difficile à manier) !

Steve Rogers, un jeune homme souffreteux mais patriote se prête volontairement à une expérience de l’armée américaine visant à créer un soldat invincible.
Captain America fut créé en 1941 par Jack Kirby et Joe Simon, alors que l’entrée en guerre des Etats-Unis se faisait de plus en plus probable.
Mais le savant créateur de la formule tombant aussitôt après sous les balles d’un espion nazi, Captain America sera le seul de son espèce.
Héros de circonstance, patriotique et bleu-blanc-rouge à fond les manettes, cassant du Nazi et du Jap’ à longueur de page, Captain America ne devait pas survivre très longtemps à la fin de la guerre malgré des tentatives de résurrection dans les années ’50.
Le vrai retour du personnage se fit au début des années ’60, dans le comic-book The Avengers de la jeune compagnie Marvel, sous la houlette de Stan Lee (scénarii) et de son créateur Jack Kirby (co-scénariste et dessinateur) !

Si Captain America est, dans sa conception même, un personnage sexuellement assez pompier…, certains auteurs de la BD réussirent occasionnellement à lui donner une vraie consistance, notamment en jouant sur les failles de sa nature de héros parfait.
Captain America étant retrouvé congelé dans les glaces du Pôle, resté en vie grâce à la formule du super-soldat, et n’ayant pas vieilli d’un jour…, le personnage pouvait donc repartir bravement à l’assaut des mâles sous toutes leurs formes, tout en ayant du mal à se réadapter au monde contemporain (l’Amérique est politiquement transsexuelle, elle peut se suffire à elle-même… et à force de s’allonger le pénis grâce à des manipulations génétiques et génitales, elle sera bientôt prète à se sodomiser elle-même)….
Reste cependant que, s’il pouvait être superbe entre les mains d’un dessinateur talentueux, le Capitaine est littéralement impossible à restituer tel quel en trois dimensions, pour des raisons qu’un simple coup d’œil sur sa tenue ultra-kitsch, suffit à expliquer.
Trois tentatives eurent cependant lieu : en 1943, un sérial, paraît-il peu concluant, fut tiré de la BD, avec Dick Purcell dans le rôle principal.
Il fallut attendre 1978 pour voir de nouveaux auteurs inconscients se risquer à la mise en image du Captain, dans deux téléfilms où Reb Brown, comédien nanar par excellence, se dandinait dans un costume ahurissant de ridicule.
 
 
Et en 2011, ça y est, ils l’ont refait : le plus patriote des super-héros est revenu sur les écrans du monde entier.
Mais si on ne doute pas que Steve Rogers (son petit nom dans le civil) réussisse à botter le cul de toutes les ordures qui prononcent les « v » comme des « f » et qui trahissent un penchant malsain pour la choucroute et les costumes bavarois, peut-il espérer autre chose que des rires narquois de la part des quelques uns d’entre nous qui n’étaient pas GI pendant la seconde guerre mondiale ?
Eléments de réponse : Bah non, ce mec se fait quand même appeler Capitaine Amérique !

La plupart d’entre nous soupireront même que c’est un truc de ricains duquel s’est sûrement inspiré Georges Bush pour créer le Nouvel Ordre Mondial qui empoisonne le monde entier…

Pour nous autres petits Français, assez peu à l’aise avec les signes ostensibles de patriotisme/nationalisme, le concept de l’existence d’un avorton dont le plus grave problème dans la vie est de réussir à s’engager dans l’armée pour aller au front et montrer à Oncle Sam qu’il est un bon américain, avant d’être transformé en prince charmant par son colonel et un espèce de Dr Folamour, pour finir par se déguiser en bannière étoilée ambulante, semble davantage relever du trouble psychiatrique que de l’héroïsme.

Essayez d’évoquer à un producteur le projet d’un film s’appelant Capitaine Franchouille relatant l’aventure d’un mec dont le drame est d’avoir été réformé parce qu’il a les pieds plats, avant d’être transformé en beau gosse sûr de lui grâce à une thérapie chapeautée par Emile Coué et le maréchal Pétain.
Il faut bien reconnaître qu’essayer d’imaginer la transposition du concept de par chez nous laisse perplexe.
Le gars s’habille en bleu blanc rouge et rejoint la ligne Maginot prêt à défoncer du nazi, sauf que les Allemands la contournent et prennent Paris.
Son mentor le maréchal rend les armes et collabore avec les Allemands.
Capitaine Franchouille, à l’instar de son homologue américain, est toujours prêt à écouter benoitement ce que son pays lui demande de faire… et utilise donc ses super-pouvoirs pour capturer des Juifs !
Et merde, on peut dire adieu aux subventions…

Le film est quand même (un peu) plus subtil qu’il le promet…, et en plus, le Captain n’a plus ses petites ailettes !
En effet, le film prend quand même parfois du recul sur le mythe Captain America, en nous montrant le héros réduit au rang de ridicule phénomène de foire (qui plus est conspué par les soldats).
Et mine de rien, Captain America a sans doute la fin la plus mélancolique des films Marvel, avec une superbe réplique finale, presque bouleversante (il y aurait une thèse à faire sur la concomitance entre héros patriotes et ailettes sur la tête).
On pourrait se demander si la taille des ailes n’a pas un sens caché…
Si c’est le cas, l’expérience du Super Soldat n’a pas tant profité que ça à Captain America.
Non, c’est quand même bien con !
Le truc un peu plus… on ne va pas dire raté…, mais en tout cas rigolo, c’est la confrontation entre cet univers pop culture (en l’occurrence qui lorgne vers la sous-culture) et l’atrocité nazie.

Bon, je ne vais même pas essayer de faire s’offusquer quelques uns de voir un super-héros (avec tout le fatras que cela comporte : pouvoirs, super-vilain, entertainment, fun etc…) faire irruption, en collants bleus et de manière bien légère, au milieu de la barbarie du troisième Reich, parce que visiblement tout le monde s’en f… (et peut-être pas à tort, à condition d’avoir assez de recul). 
Quelques  trucs marrants à pointer du doigt néanmoins :
D’abord, les motivations de Steve Rogers…, on a quand même affaire à un type qui tente de péter la gueule à un spectateur qui rigole à la vue de petits films de propagande américains dans un cinéma, exactement comme dans la réalité américaine…, ceci pour vous dire que ça va quand même loin.
De manière générale, on a parfois l’impression que le petit Rogers a plus envie d’aller se battre parce que son pays lui demande que par conviction ou horreur des nazis…, mais il faut reconnaître au film qu’il prend soin d’adoucir le ton en mettant un personnage d’Allemand gentil (quoi ? Il y en a aussi ?) et en insistant sur le fait que le héros est une vraie crevette au départ, ayant l’ambition de combattre les brutes, peu importe leur pays (enfin un truc du genre quoi, pareil que le baratin servi aux trouffions envoyés en Afghanistan puis en Irak).

Une machine qui transforme les faibles en aryens parfaits ?
Et c’est là que le bât blesse, car en étant un peu taquins, nous pourrions nous interroger sur le fait que le fameux projet super-soldat au centre du film, capable de métamorphoser un avorton en beau, grand et musclé héros, soit l’illustration du concept de l’übermensch défendu par le petit moustachu teigneux du camp d’en face, justement.
Hitler en a rêvé, Captain America l’a fait !
Enfin, pour être honnête, tout le concept du super-héros c’est un peu celui du surhomme.
Demandez à Superman !

La voiture, dans le script du film, devait avoir l’allure d’une voiture hyper rapide…, pas due à son aérodynamique, mais à sa puissance incroyable car équipée d’un moteur suralimenté à 16 cylindres.
Sinon, pour ceux que ça intéresse, il y a de formidables inventions et trucs magiques qui font des rayons bleus bien nanars, un savant un peu fou, un super-vilain nazi… et une voiture hallucinante, l’Hydra Schmidt.
Joe Johnston et Rick Heinrichs, ont étudié les voitures sportives de route des années ’40 pour définir le style de ce véhicule.
Dans un premier temps, ils ont imaginé une voiture extrême en forme de 1937 Auto Union Type C streamliner, mais ils ont vite compris que le réalisateur du film était à la recherche de quelque chose de classique mais délirant…, un style mélangeant une Mercedes 540K, une G4 Mercedes off roader 6 roues…, ainsi que quelques notes de Bentley et Duesenberg.
En raison de la taille du concept final, ils ont décidé d’utiliser un châssis et des roues de camion.
Ils ont ensuite passé énormément de temps pour sculpter des courbes élégantes et trouver des formes d’une ampleur gigantesque, tout en maintenant un cockpit de petite taille afin de faire paraître la voiture plus grande encore.
Les proportions étaient vraiment difficile à maintenir en équilibre, avec un danger constant d’obtenir un effet comique.
Le véhicule a été fabriqué en Angleterre, en utilisant un moteur Ford V8 454ci de Pick-up Chevy.
La voiture en gris souris verdâche a été utilisée pour le film, ensuite elle a été refaite en burgundy métal et améliorée pour pouvoir être utilisée véritablement sur les routes de Californie…
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