Tim Cotterill Frogman Rocket II Trike… by Blastolène/Randy Grubb

Tim Cotterill « Frogman », sculpteur sur métal, maçon et paysagiste de profession, a toujours eu un faible pour les Trike’s, à tel point, qu’à la vue de mon Tricycle V12 publié dans Chromes&Flammes UK dans les années ’80, il va « triker » de même, dans sa ville natale de Knighton, Leicestershire au Royaume-Uni), en équipant son châssis « maison », d’un moteur six cylindres d’Honda CBX1000…, le Trike Rocket I était né !.

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C’était il y a plus de 35 ans !
Ensuite; Tim Cotterill migre du Royaume-Uni aux Etats-Unis.
Et pendant de nombreuses années, il va continuer de penser à ce que son prochain tricycle, le Rocket II, pourrait-être.
Enfin, en 2006, Tim Cotterill trouve qui serait capable de traduire son rêve en réalité : la société Blastolène Brothers (une association de deux déjantés : Randy Grubb et Michael Leeds), qui s’était fait un nom aux États-Unis pour la création de quelques voitures assez bizarres.

Malgré que Tim Cotterill n’était pas banquier, Blastolène Brothers a réussi à construire le rêve de Tim, le Rocket II, un tricycle totalement hors normes, d’un design à couper le souffle… et dont tout est fabriqué « à la main », en aluminium.
La transmission est automatique à trois rapports avant, plus une marche arrière.
Le moteur est un 7,0-litres Hemi V8, équipé d’une suralimentation (un compresseur) BDS 8-71, qui accroit la puissance jusqu’à 1.000 chevaux.
C’est un tricycle puissant et rapide qui peut naviguer à des vitesses hallucinantes (maxi : 260 km/h) en quelques secondes.
Avec un cavalier à bord (sic !), le Rocket II pèse un peu moins de 1.200 kilos.

On dirait que ce Trike Rocket II, est sorti des coursives inquiétantes et humides du Nostromo…, où, là encore, une entité cauchemardesque va déployer toute sa force.
La créature profane n’est plus extérieure à la chair, étrangère en tous points à l’organisme (même si, dans Alien, sa phase d’évolution se déclenche à l’intérieur d’un hôte subalterne), mais, à l’inverse, est une extention du corps de Tim Cotterill dans sa totalité, l’assimilant, le digèrant, le modifiant et le reproduisant !
Elle se sert de lui non plus comme laissé en pâture à sa descendance, mais comme un élément vital à sa survie.
Et si ce démon possède une indéniable aura érotique, il s’apparente davantage à un engin capable de combattre les grands fléaux de notre époque.

C’est une fantasmagorie qui prend vie dès que le V8 Hémicuda compressé rugit de plaisir, transmutant Tim Cotterfill jusqu’à la dantesque métamorphose délirante d’une créature multiforme et terrifiante, échappée d’un tableau de Bosch ou de Bacon…, évoquant les affres d’une nouvelle chair métallique !
L’admirable virtuosité de ce trike est de s’incarner principalement dans la suggestion de ce qui n’est pas visible, de ce qui n’est pas prévu, ce monstre osant tous les excès, magnifiant à l’extrême l’hallucination de son créateur.

D’une beauté faite d’aluminium, d’acier et de feu, ce Trike effraie, choque, mais fascine…, c’est une œuvre culte entremêlant peur viscérale et peur existentielle, dans une parfaite effervescence.
La « monstration » flamboyante de cette impitoyable machine, n’occulte en rien la paranoïa générale confrontant l’homme, non seulement à une chose surpuissante, mais aussi à lui-même, à cette folie intérieure qui bouleverse les toutes dernières certitudes.