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Un bon Plan (de la Tour) 2018 ?…

Il eut mieux valu en causer avant que l’évènement se passe et soit passé, sauf qu’il est difficile de chroniquer « quelque chose » qui n’a pas encore eu lieu…
Depuis 6 ans, le Plan de la Tour, charmante bourgade située près de Sainte-Maxime dans le Golfe de Saint-Tropez, se tourne vers le passé… afin que la foule des beaux jours, puisse venir contempler plusieurs centaines d’engins qui sentent bons la nostalgie mécanique…
Le sourire aux lèvres, mon Samsung Galaxy à la main droite et mon fidèle Blacky en laisse à celle de gauche, j’ai déambulé dans les rues qui semblaient d’un autre âge..

Le 6ième festival auto rétro s’est déroulé le dimanche 29 avril 2018 de 9h A 18h, et comme toutes les autres fois, la cité plantourianne a brillé de tous les chromes des voitures (et motos) anciennes.
Toute la journée le Village provençal y était consacré et pour cette occasion toutes les rues et places disponibles étaient réservées à l’exposition des voitures de 1902 à 1980…
Dans le tohu-bohu général, mon Blacky a décidé d’aboyer son bonheur au passage de chaque animal quadrupède (désolé encore), enfin, soit…, c’est la vie…, j’ai pour ma part décidé de publier un petit commentaire assorti de diverses photos de tout.

Il y a deux ans j’étais venu en Hot-Rod bleu enflammé, les gens venaient faire leur petit commentaire pour dire des choses aussi inutiles qu’importantes, mais pas trop.., c’était sympa…, mais cette année, pas de Hot-Rod, une Jeep à fait l’affaire… et, le temps passant avec un peu de nostalgie, a emporté avec lui toutes les notes que je n’ai pas écrites…
Au lieu de faire une introspection rétrospective, j’aimerai re-saluer mon modeste et aimable public, dont la qualité est aussi proverbiale que publique…, merci à vous, donc, qui venez régulièrement vous abîmer les rétines sur mes écritures plutôt que dans les mag’s intellectuellement défavorisés…, mon gros ego apprécie.

Mais, fi des jets de fleurs…, après tout, y a bien des gens qui jouent au Curling, qui collectionnent des majorettes vivantes ou qui travaillent dans un Ministère…
Quand à moi, je me dis tout de même que tant d’années de procrastination, de billevesées et de jeux de mots, c’est beaucoup et qu’il serait peut-être temps de passer à autre chose, non ?
Pas pour souffler, bronzer au soleil du sud, me remettre au travail, et rouler au hasard…, non, juste comme ça, pour voir, et éventuellement pour me rouler par terre en poussant de petits feulements comme mon Cocker Blacky lorsqu’il a (enfin) découvert la différence entre l’utile et l’inutile !

Pour « faire du journalisme » sans tomber par trop dans le « journaleussime »…, j’ai une approche différente car avec mon âge qui devient canonique, je nage dans « le vécu » depuis mes 20 ans… et comme je vais avoir 69 printemps mi-mai de cette année 2018…, j’affiche donc presque 50 ans d’écritures…, dont presque 40 ans de « Chromes & Flammes » et dérivés…
Au départ j’étais rêveur enthousiaste… au fur-et-à-mesure du temps passant, au plus je pouvais en acheter (enfin) quelques-unes (je cause des bagnoles quoique avec « les femmes »… ce fut parfois pire), au plus la stupéfaction s’emparait de moi…
Il m’aura fallu plusieurs années pour me rendre compte des réalités…

Ma grande différence d’avec les journalistes, essayeurs, essayeuses, testeurs, testeuses, de « choses » automobiles, (c’est plus épique avec les « journaleux » dont le pendant féminin sont « les putes de la désinformation et de la lobotomisation »)…, c’est que « les f… bagnoles », je les achetais, je roulais avec elles, me rendant compte « sur le tas », « en réel »…, de ce qu’elle valaient vraiment et combien elles (me) coutaient en argent et en emmerdes…, en ce compris les affres de leur revente que ce soit en gré-à-gré ou en enchères… sans oublier les suites fiscales incessantes, les taxes diverses, les arnaques, les pannes, les dessous de tout, autos et gens qui les fabriquent et les vendent, les réparent…
Bref, j’ai pu connaître la vie du gigantesque panier de crabes qu’est l’univers de l’automobile… et maintenant que je n’en ai réellement plus rien à f…, ET que j’ai la liberté (couteuse elle aussi) d’avoir mon site-web…, je m’épanche…, je raconte… et je me marre… quoique je suis un tantinet dégouté…, le miracle est que j’ai développé un certain non-sens de l’humour…, ça aide…

Donc, après avoir écrit une chronique « gentillette » emplie de bonté et de considérations diverses, incluant une forme de béatitude quasi religieuse en sympathie des hères errants au milieu des vapeurs de rêves…, à la fin d’une nuit réparatrice, croyant comprendre les secrets de l’univers…, soudain, divers vécu de ce dimanche sont venus me hanter…, ma conscience susurrant au reste de mon cerveau que j’avais écrit des conneries gentilles, mais que j’avais vécu d’autres choses infiniment plus drôles à la frontière entre l’idiotie et la misère…, j’ai donc complété la chronique…
Sur la route entre St-Trop et Le Plan de la Tour, c’était comme durant les abominables rallyes, surtout celui du Var, j’ai croisé une douzaine de fous-furieux doublant sur lignes blanches, plein pot et phares en appel « tire-toi-de-là-espèce-de-connard »… j’ai été dépassé par tout autant de crétins pressés…

Arrivant au lieu de l’exposition, aucune place disponible, à devoir tourner en rond dans une nasse…, mais, oh joie !, avisant un endroit calme et quasi désert, protégé par deux grotesques en habits rouge qui gesticulaient, je me suis fait « engueuler » comme un damné qui ose forcer un passage interdit…, j’ai alors brandit ma Sainte-Carte-de-Presse comme un curé son crucifix…, qui théoriquement lève les barrières les plus hermétiques…
Gesticulant de plus belle, le chef des deux gardiens du temple a entrouvert la barrière en m’invitant à aller plus haut et plus loin…, ce n’est que parce que j’avais envie de « couvrir » l’évènement que j’ai suivi son signe « d’aller plus loin me faire foutre »

Un début comme ça, c’est toujours engageant et palpitant…, que soit… me voilà me dirigeant vers l’inconnu, au hasard, « shootant » quelques autos avec mon Samsung Galaxy…, tandis que mon brave Blacky tirait sur la laisse pour aller renifler le cul des chiennes…
Rien à dire d’autre que, finalement, ce n’était pas plus con que le parking d’un Carrefour-Géant, sauf que les bagnoles étaient « de collection », c’est à dire « anciennes »…, avec divers gags déposés en affichettes sur divers pare-brise…

J’ai relevé le plus gag pour un vieux Mercedes « G » de 1981, repeint il y a dix ans, affiché au prix stupéfiant de 250.000 euros…, puis une « UNIC » aux allures de Bugatti Aérolithe, manifestement hors de (toutes) proportions (deux fois trop haute), mais assez bien finie, un engin assez démentiel, mais sympathique, qui osait une certaine différence dans le genre « Excalibur & con »… (voyez les 3 photos car l’effort (vain) était louable)…
J’ai relevé également un pannonceau grotesque sur une Mercedes Coupé « bateau » construite bien évidement « à la chaine » il y a un demi siècle d’espérances en un retour du troisième Reich…, le dit « écriteau » indiquant de manière solennelle que l’engin avait été « construit à-la-main » pour justifier (pour tenter de justifier) une valeur stratosphérique hallucinante, le genre que les retraités à bout de souffle de leurs finances, pleurent leur retraite rabotée de plus en plus et voient en la voiture héritée de Tante-Berthe, la solution à leurs problèmes… ainsi que la possibilité d’acheter une ile !

Il y en a d’autres…, c’est à mon sens le coté le plus amusant de ce type d’exhibition…, je pense aux « américanités » venues des tréfonds du pays ou furent exterminés les Amérindiens, cette terre oubliée du haut débit, cette dorsale touffue coincée entre l’Atlantique, le pays des Caribous, le Pacifique et le pays des Mexicanos, là où, au beau milieu de cette contrée farouche et ou on danse en Groupe affublés de vestes à franges…, fleurissent les pick-ups agrémentés d’autocollants expressifs proclamant qu’on a voté John McCain alors qu’il est cryogénisé dans la cave d’Hillary Clinton depuis que Donald Trump a été élu…
Oui, là, dans ce terroir plus enclavé qu’un bar à bière à Téhéran et ne produisant statistiquement que des filles-mères, des militaires et des cas de cirrhoses foudroyantes…, sévissent les plus fameux Keuplous que le monde ait jamais compté…, un « glomérat » de frères Duke du crankbait, de Franck & Jesse James du Rock Vibe…, de Groucho & Chico de la Mepps N°2…, dont les ceintures abdominales ont été vaincues définitivement par la consommation régulière de Corrs, de Budweiser et de McDo… et retenues tant bien que mal par un t-shirt « Lee suroundered. I did not »

Gare toutefois aux pieds-tendres en costards 3 pièces Smalto qui oseraient venir les défier sur leurs terres, en s’affichant avec outrecuidance en Rolls-Royce Silver Shadow pré-démodée…, la lippe molle et dédaigneuse, engoncés dans leurs waders Versace, boudinés dans leur gilet multipoches Gucci et secouant, avec une nonchalance chorégraphiée de citadin au pas traînant de gandin mollasson, leur nouille, façon Karl Lagerfeld !!!
Oui, il est des lieux où la conscience keuploute parle plus haut qu’ailleurs…, surtout les douces soirées du sud quand, en vacances-congés-payés, devant la caravane, on boit sans façon entre cousins unis par les liens sacrés du mariage consanguin, un ou deux cruchons de gnôle-maison tout en humant les effluves du barbecue en train de carboniser ce qu’on a écrasé pour le dîner !!!

Notez que strictement rien ne se vend, dans ces foires et shows, mais les beaufs ahuris de voir ces stupidités et croire en ce que ces gens ont affichés…, une fois rentrés chez eux, s’ils ont aussi une vieillerie dans un garage… se mettent à la rédaction d’un panneau tout aussi grotesquement stupide, y ajoutant une couche de gras… ce qui engendre des Dauphine’s à 40.000 euros, des MarzouchoÏ-V14 « capotables » à 500.000 euros « échanges possibles »… et autres joyeusetés qui tuent le milieu des amateurs de voitures anciennes plus surement que les pesticides de Monsanto détruisent les ruches à miel…
Sillonner ce type de foire se résume à croiser le chemin de familles entières de Bidochons grassouillets cherchant à grapinner du mulet sous les ordres d’un patriarche rougeaud ayant établi son QG sous un parasol Pastis 51…, faut aimer flirter avec la dystrophisation subite… et le folklore local quant à lui est hors-jeu…

S’aventurer en dehors de ce havre de paix, c’est risquer de rencontrer des hordes d’adolescents alcoolisés, bravant en toute ingénuité le coma éthylique et la leptospirose en imposant le spectacle désolant de leur coupe de cheveux digne de footballeurs colombiens évoluant en D2 chypriote…
Je ne parle volontairement pas des valeureux héros de la classe ouvrière qui s’extasient devant des 4L pourraves, qui, d’une claquette martiale, le bas de survêtement scintillant, le crâne bien rasé pour qu’on ne doute pas un seul instant de leur sensibilité électorale, promènent Kaiser, le rottweiler familial, charmant animal de 65 kilos veillant sur ses maîtres d’une mâchoire prognathe, suintante de bave…

Le début d’après-midi m’a été rappelé par mon ventre criant famine… et j’ai alors vécu l’enfer de découvrir une table de restaurant…, comme c’était la fête du petit commerce local, restaurateurs en tête, on pouvait croire (espérer) en une amabilité « commerçante »…, que nenni…
Avisant une table vide mais remplie de restes divers sur une nappe en papier dégueulasse, on s’est installé et on a attendu Sainte-Anne…

Croyez-moi sur parole, on attendrait encore ce lundi matin ou je peaufine ma chronique…, quoique j’ai cru benoitement que le canard annoncé au prix d’un kilo de Foie-Gras, devait encore être égorgé et déplumé avant de passer dans la même casserole qui m’était destinée…
N’ayant rien reçu, rien consommé, on s’est levé et on est parti…

C’est non seulement dégueu de « recevoir » les clients comme des cochons payants, mais pire aussi d’essayer de les passer à la casserole…, résultat, j’ai mis tous les restos du bled dans le même panier et on est parti en même temps qu’une fine pluie se mettait à tomber…
On s’est récupéré sur le parking (pas loin de l’endroit gardé par les deux gardes-chiourmes décrits précédement) ou une brave Madame vendait des crustacés, huitres et bulots pour un prix fort démocratique en comparaison des tarifs du village…

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Après ça, on a « dégusté » en écoutant un bonimenteur sympa qui jouait à être saoul en posant des questions débiles donnant droit à des gadgets de pacotille, puis on est rentré « at-home » en riant…
Voilà, en soirée j’ai tapoté un texte « courtois« … et en me réveillant ce lundi matin, j’ai eu envie de compléter par des inserts qui l’étaient moins…
@ plus…

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