Will.i.am’s Car…

Une VW Beetle de 900.000 $…
On vit une époque absurde : l’homme moderne a désappris d’être heureux en cause de sa manie illimitée de la consommation, de sa fixation névrosée sur le statut et la possession ainsi que son incapacité maladive à voir la poésie dans le quotidien…, divers aspects de la vie moderne qui compliquent les accomplissements…, mais si on réalise qu’on vit une époque absurde, il est possible de prendre plaisir à cette absurdité.

Je vais prendre en exemple l’étrange automobile de William James Adams Junior, plus connu sous son nom de scène de « Will.i.am »…, un DJ, musicien, auteur-compositeur, rappeur, chanteur, producteur et acteur américain né le 15 mars 1975 à Los Angeles en Californie, qui a parfois utilisé « Zuper Blahq » comme second nom de scène..
C’est l’un des membres fondateurs du groupe The Black Eyed Peas…, il est aussi le producteur du groupe et, entre autres, de Fergie dans son album solo The Dutchess… et de Cheryl Cole, c’est aussi un artiste solo : il a participé à de nombreux projets et affiche quatre albums solo à son actif…, sa carrière l’a conduit également vers des fonctions plus imprévues, tel que directeur de la création pour le fabricant de semi-conducteurs Intel !

Dans mes divers périples, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec lui, de sa vision du monde, de sa carrière et de sa voiture :

– A voir votre carrière, je me dis que tout n’est pas exclusivement négatif chez vous qui démontrez qu’on peut accueillir le quotidien avec enthousiasme en modifiant sa perspective du monde en profondeur.

– La plupart des gens ne voient rien, ils passent leur temps à dormir, s’ils pouvaient mieux percevoir les choses, ils apprécieraient davantage la vie, car nous avons besoin d’expériences pour avoir le sentiment d’avoir vraiment vécu. On peut suivre la route du « quoi » : voyager, chercher l’aventure, se jeter dans le sexe ou la drogue…, ou on peut suivre la route du « comment » qui implique qu’on part de quelque chose d’assez limité à première vue pour essayer d’en retirer davantage.

– Il est toutefois plus facile de vivre sans amour que de vivre sans habitudes…, Marcel Proust a dit quelque chose de ce genre…, il est impossible de vivre sans habitudes…, dès que nous faisons quelque chose, nous éprouvons la tentation d’en faire une habitude.

– Ce n’est pas une bonne idée qu’à eu ce Proust que je ne connais pas, vous lui direz de ma part, car il n’y a rien de pire que d’endormir la perception, on ne voit plus les choses devenues trop habituelles, les habitudes sont fatales, sauf au travail, là elles sont utiles…, si le travail devient une habitude, on peut penser à des choses qui nous intéressent vraiment.

– Le travail n’est pas tout à fait négatif, il permet de gagner de l’argent pour, entre autres choses, pouvoir se faire construire une voiture sur mesure, comme la votre !

– Il faut trouver un équilibre et ne faut pas croire la propagande et le lavage de cerveau des managers qui prétendent qu’il faut consacrer chaque minute de la journée au travail…, les longues heures passées aujourd’hui à s’abrutir de travail sont une tendance récente, au Moyen Âge en Europe, les gens ne travaillaient que quelques mois par an… et même au dix-neuvième siècle les gens ne travaillaient pas autant que maintenant. Avec de grandes richesses viennent de grandes responsabilités !

– Mais peut-être pas, à en juger par votre dernière voiture personnalisée.

– Ce n’est pas grave combien d’argent on lance dans un projet si on en a les moyens… et j’ai les moyens !

– Vous donnez des informations assez contradictoires,  j’ai lu dans un journal de Los Angeles que le chroniqueur de la rubrique People comparait votre voiture à du pâté de chien très cher, parce que vous prétendez qu’elle est une œuvre d’art de 900.000 dollars, alors qu’en réalité c’est un Kustom-Car reconstruit sur base d’une Volkswagen Beetle de 1958, hachée et piratée plus que le nez de Michael Jackson…

– Waouwww, mec, c’est du délire. Ma voiture a été entièrement construite sur mesure par Austin Weiss dans son garage situé à Stuart, en Floride et ensuite fignolée par West Coast Customs en Californie. Tous les deux se sont précipités pour en mettre un max de mes dollars dans leurs portefeuilles.

– Mon enquête m’a révélé que vous ne saviez pas vraiment ce que vous vouliez quand vous leur avez confié le projet. Au début, vous avez dit à Austin Weiss de créer un Speedster Socal qui était censé être motorisé par un flat six Porsche bi-turbo positionné à l’arrière. Ensuite, environ six semaines après la fin de la construction, vous avez changé d’avis, voulant quelque chose de futuriste et fou avec un moteur V8 LS3 Chevy-Corvette suralimenté positionné à l’avant. Vous vouliez que cette voiture ressemble à une Morgan Aéro8 avec une calandre de Bentley et des portes-suicide.

– En 2010, j’ai dit à Austin Weiss que j’avais besoin de la voiture pour un show à la mi-temps du Super Bowl 2011 avec mon groupe Black Eyed Peas… et Austin m’a répondu qu’il lui faudrait encore six mois pour terminer la voiture parce qu’il lui restait beaucoup de choses à faire. Je lui ai répondu que les mecs de West Coast Customs m’avaient dit qu’ils pouvaient terminer la voiture en six semaines pour 100.000 dollars… Austin Weiss m’a dit que c’étaient des branleurs et des menteurs…, il m’a tellement baratiné que je lui ai dit « OK »… et alors il m’a fait un devis de 400.000 dollars…, en finale il n’a pas su la terminer et ne voulait pas remettre la voiture à un carrossier concurrent ! J’ai répondu que je paierais ce qu’il en coûtait, mais que je voulais que la voiture soit terminée pour le Super Bowl. Six semaines se sont passées et la voiture n’était toujours pas prête ! Je suis allé en Floride avec des amis, j’ai pris la voiture de force et l’ai fait déposer chez West Coast Customs qui m’ont alors prétendu, en voyant l’auto, qu’ils auraient pu faire le travail du début à la fin en huit mois pour beaucoup moins cher.

– West Coast Customs a eu l’avantage sur Austin Weiss que la voiture était presque terminée…, de plus, au moment où ils ont eu physiquement la voiture, vous saviez enfin ce que vous vouliez…

– Ils m’ont également dit qu’ils pouvaient mettre 25 personnes au travail pour la terminer dans le temps imparti. Eh bien, vous pouvez deviner ce qui s’est passé ensuite, la voiture était là pour quelques mois, puis encore quelques mois de plus que quelques mois de plus… et en fin de compte, ils ont passé deux ans parce que beaucoup de travail était nécessaire. Ce ne fut pas du tout comme on voit ces gens à la télévision ou on a l’impression qu’il ne leur faut que 8 jouirs pour réaliser un engin de fou… La voiture n’a donc pas été au Super Bowl !

– Scott de West Coast Customs m’a dit que la voiture était en quelque sorte terminée pour le Super Bowl, mais que vous avez décidé en dernière minute de changer complètement l’intérieur et les freins, vous vouliez jeter les Wilwood pour des Brembo….

– Ouaissss, mec, bon, cool… Dans l’ensemble la voiture m’a coûté 900.000 dollars…

– C’est dingue, ça représente 2 1/2 Lamborghini Aventador…, l’argent vous est monté à la tête et a affecté votre vision. C’est vraiment jeter son argent dans les poubelles, ce qui explique l’article dont je vous parlais… Votre voiture précédente était une DeLorean personnalisée pour laquelle vous avez dépensé 700.000 dollars…, la célèbre voiture de la saga des films « Retour vers le futur » n’est pourtant qu’une fausse voiture de sport en plastique recouverte de panneaux en acier inoxydable et motorisée par un 6 cylindres Renault… Elle vaut à peine 15.000 dollars en état concours et vous l’avez fait transformée en quelque chose qui ressemble à un croisement entre une vieille Maserati des années ’80 et un Kit-car-Tuné démodé.

– À un moment donné on me l’a volée, mais elle a malheureusement été retrouvée…

– Peut-être que les voleurs ont réalisé leur erreur en l’examinant plus en détail. C’était vraiment une laideur !

– Ils l’ont abandonné dans la rue avec une note disant : « Retour au propriétaire, Will.I.am est un crétin, sa DeLorean est une Shit-car »… C’était pas sympa !

– De vous la rendre, ou d’avoir écrit ça ?

– Ahahahahah ! Désolé pour cet escroc qu’était DeLorean, mais il est mort ! La raison pour laquelle je voulais une DeLorean personnalisée, c’était parce que j’essayais de créer quelque chose d’une manière similaire à la façon dont je crèe de la musique : une boucle de batterie ici, un riff de guitare là, un bruit de synthé ailleurs sur un vocal. Je me suis demandé pourquoi je ne pouvais pas faire la même chose avec une voiture. Après la DeLorean, j’ai choisi une VW Beetle… parce que j’aime la VW Beetle, c’est pas plus.

– Peut-être que vous devriez simplement vous en tenir à la musique.

– Le concessionnaire Rolls-Royce d’où j’habite a enregistré ma commande pour un Pick-Up 4X4 sur base Phantom, la transformation m’a été annoncée pour 350.000 dollars en plus du prix de la Phantom neuve, ce sera une bonne affaire en comparaison de ma VW, mais ils ne veulent pas échanger avec elle, alors que ma VW a coûté beaucoup plus !

– Mais là encore sans doute allez-vous faire réaliser des transformations jusqu’à 1 million de dollars pour faire paraître cette Phantom transformée en Pick-Up 4X4, un peu plus pire ?

– Ouaisssss mec, pas mal vu ! Je me souviens d’où je viens : j’avais un voisin qui s’est fait tirer dessus, en plein visage. Mes amis prenaient de la drogue, allaient en prison, en sortaient, en mouraient. Et j’avais seulement 17 ans. Je me souviendrai toujours de mes amis Alan, Adam et René, qui avaient 15 ans. René s’est fait tuer par la police, Adam par un gangster… Mais au fur et à mesure de la vie, j’ai avancé en voulant apprendre des Éthiopiens, des Chinois, des Français, des Algériens, des Tunisiens, etc. De tous, tu peux apprendre quelque chose pour surmonter les obstacles. Car si tu n’apprends pas, tu ne sauras pas comment t’en sortir. Plus tu restes obtus, plus tu te fermes de portes…

– J’ai lu qu’avec Taboo et Apl, vous aviez décidé de remonter votre groupe The Black Eyed Peas qui mélangerait des mixes de danses et chant…

– En parallèle des six albums du groupe, on a sorti quatre albums solos : Lost Change, Must B 21, Songs About Girls qui n’a pas connu une très grande renommée médiatique…, on était influencé par des rythmes hip-hop et rap, funk, jazz, electro, house…

– Vous êtes un artiste phare de la musique américaine et internationale.

– Ouaisss, cool mec, j’ai également interprété et coécrit la B.O. du film Madagascar : I Like to Move it. Enfin, j’ai travaillé avec U2 sur le titre I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight sorti en 2009. En mai 2010, j’ai repéré les 2NE1 à Los Angeles et ont est allé à Londres afin d’enregistrer leur album international que j’ai produit moi-même. J’ai ensuite collaboré sur deux titres de l’album One Love de David Guetta, en retour le DJ français a produit et composé I Gotta Feeling et Rock That Body présent sur l’album The E.N.D.

– Depuis le 25 janvier 2011, vous vous êtes baptisé : Directeur de la création innovante (Director of creative innovation) chez Intel… Etrange ! Que connaissez-vous en microprocesseurs ?

– L’annonce de cette collaboration entre le géant du microprocesseur et moi-même a été officialisée lors d’une conférence à Los Angeles. En mars 2013, j’ai sorti un nouvel album : Willpower. Je ne te dirais rien d’autre là-dessus mec ! 

– Vous prêtez souvent votre voix a des personnages comme Moto-Moto dans Madagascar 2 et aussi Pedro le paroare huppé dans les films Rio 1 et Rio 2. De décembre 2012 à février 2013, vous avez été un des trois parrains de la saison 9 de Star Academy en France, diffusée sur NRJ 12 au côté de Enrique Iglesias et de M. Pokora. Et en avril 2013, vous avez été accusé d’avoir plagié plusieurs titres sur votre album Willpower dont « Epic » de Sandro Silva & Quintino pour le tire « Bang Bang » et le titre « Rebound » de Arty & Mat Zo pour son duo avec Chris Brown intitulé Let’s Go5…

– Ouaisssss, mec, on dit ça, on dit ça…, mais je suis aussi le producteur de la chanteuse pop Britney Spears pour son album BritneyJean.

– En plus d’avoir enregistré quelques chansons avec Michael Jackson pour un nouvel album, des chansons qui ne verront finalement jamais le jour, suite au décès du chanteur…, le 11 février 2008 est sorti Thriller 25, la réédition du 25e anniversaire de l’album du roi de la pop…

– Thriller 1982, sur lequel avec Fergie ont a réédité des titres comme Billie Jean, Beat It ou Wanna Be Startin’ Somethin’.., j’ai personnellement mixé une version totalement différente de P.Y.T. (Pretty Young Thing) qui était en fait basée sur la early demo de Jackson, et j’ai remplacé Paul McCartney dans le nouveau The Girl is Mine6.

– En 2008, vous avez participé activement à l’élection de Barack Obama en composant les chansons « Yes We Can » et « We are the ones ».

– J’avais un feu qui brûlait en moi, je voulais partager avec le monde ma passion pour l’Amérique. Et à cette époque, en 2007, l’Amérique était très mal représentée. Quand je voyageais, quand je venais en France, les gens n’estimaient plus et ne respectaient plus l’Amérique comme ils le faisaient avant, quand Bill Clinton était président. George W Bush a vraiment mal représenté l’Amérique. Je voulais changer le regard des autres sur l’Amérique, et quand j’ai entendu le discours d’Obama, j’ai été inspiré. Je me suis dit : « Wahou, ce gars est incroyable. C’est l’Amérique que j’ai connu, que je connais »… Ce sont les types comme Obama qui m’ont permis de sortir du ghetto, d’intégrer les bonnes écoles. Ce n’est pas lui personnellement qui me l’a permis, mais les gens qui comme lui ont mis ces programmes en route, les ont fait vivre. « Yes we can » a été ma contribution pour l’Amérique. Parce que des gens se sont battus pour notre liberté : Martin Luther King, John Fitzerald Kennedy… Ces leaders sont des versions différentes d’un même projet. Le même combat, la même passion du changement.

– « Yes we can » a été posté sur Internet, et à l’époque, on ne connaissait pas encore le pouvoir des réseaux sociaux.

– Et ça a permis à beaucoup de monde de lever le doute et de se dire : « Oui, nous le pouvons »… Cela a donné de l’espoir. Au lendemain de l’élection à la présidence des États-Unis du sénateur de l’Illinois, j’ai publié une nouvelle chanson : « It’s a New Day », un clip centré autour des images du triomphe de Barack Obama à Grant Park, Chicago, le 4 novembre 2008 au soir, et où apparaissent tous les membres des Black Eyed Peas (Fergie, Taboo, Apl.de.ap), ainsi que, notamment, Olivia Wilde, Kanye West, Quincy Jones, Kevin Bacon ou encore Joe Biden et le président des États-Unis Barack Obama.

– Vous êtes le cofondateur du site « Dipdive.com », un site dédié à vos convictions politiques mais aussi humanitaires (whitebandaction.org).

– Je milite en effet contre la pauvreté dans le monde, je compose et interprète au côté de Angelique Kidjo In my Name afin de promouvoir cette lutte. Je fais maintenant partie du jury de The Voice UK au côté notamment de Jessie J.

– Votre voiture extravaguante ne plaide pas vos causes, elle fait tâche de par son coté blingbling, c’est comme une claque envers les pauvres !

– C’est parce que tu es européen, mec, aux States on pense différent !

– Pas sur…, et votre voiture est assez vulgaire dans son style…, de plus, dépenser 900.000 dollars pour arriver à ce piètre résultat, qui plus est, sur une base VW Beetle, c’est du gâchis…

– Tu vois ça comme ça, c’est ton droit, mec, moi j’ai pas le temps de m’en faire, je suis en plein dans une nouvelle recherche de sonorités nouvelles, un mélange expérimental entre le Hip-hop et la Dance, je viens d’être séduit par le son de « Love Is Gone » lors d’une soirée passée au Pacha d’Ibiza. J’ai proposé à David Guetta de composer deux chansons sur le prochain album des Black Eyed Peas : « I Gotta Feeling » et « Rock That Body ». David Guetta a accepté de se rendre aux États-Unis pour travailler dans les studios Universal Interscope à Los Angeles, où il a rencontré d’autres artistes américains comme Pharell Williams, Busta Rhymes ou P.Diddy. Après cette collaboration, j’ai continué à contribuer à la renommée internationale de David Guetta : je l’ai recommandé auprès d’autres artistes américains tels Akon qui, à son tour, a sollicité David dans les studios.

– L’engrenage est lancé, dans son dernier album « Nothing but the Beat », David Guetta a collaboré une nouvelle fois avec vous pour le titre « Nothing Really Matters ».

– I Gotta Feeling, produit par David Guetta et Fred Rister pour l’album des Black Eyed Peas, s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires la semaine de sa sortie aux États-Unis.

– J’ai lu quelque part que ce disque est devenu le plus grand succès single du groupe et est rentré dans le livre des records.

– Exact ! Les Black Eyed Peas ont fait un aller-retour en jet privé jusqu’à Ibiza, pour fêter le succès du titre avec David. Le titre « Gettin’ Over You » est entré directement à la première place des ventes au Royaume-Uni le 6 juin 2010. Alors, ce qu’on peut penser de mon automobile-jouet, je m’en moque totalement et si elle est vulgaire à tes yeux, mec, c’est ton problème, elle vient de me servir dans un clip avec Justin Bieber et elle s’est donc payée les doigts dans le nez…, rien d’autre à dire, mec…

La vulgarité est par définition ce qui caractérise le langage et le comportement du bas peuple aux yeux de ceux qui estiment ne pas en faire partie…, le vulgaire est fortement réprouvé par les bien-pensants, contrairement au grégaire, dont le comportement de masse ne choque pas…, ce qui veut dire plus simplement qu’on ne peut trouver ce caractère ou ce défaut que chez le bas peuple, celui qui n’a malheureusement pas pu bénéficier d’une éducation civile ou culturelle adéquate lui permettant d’accéder au savoir-vivre et au raffinement…
Mais quand on jette un petit coup d’œil autour de nous, on constate très vite que cette définition est désormais devenue un ramassis d’âneries…, de toute évidence, la vulgarité a non seulement atteint les plus hautes sphères mais elle est devenu tendance…, du coup, elle est entrée dans la normalité des choses, elle est même devenue une façon d’être, une attitude caractéristique de ceux qui croient avoir tout compris.

Du bling bling, des paillettes, des dessins sur les vêtements jusqu’aux jouets pour enfants, ne vous croyez pas à l’abri, la vulgarité est partout, elle est ajoutée et mijotée à toutes les sauces en prenant des airs glamour…, il est impossible de passer à côté, on la voit et c’est justement le résultat escompté…
Je vais essayer de démêler tout ça en décortiquant quelques exemples de vie quotidienne qui nous montrent par A + B que la vulgarité a changé de visage, qu’elle est devenue une façon de vivre acceptée, pire encore, originale et sympathique…, dans l’ordre :

– Les « new riches » : ceux-là ont découvert comment gagner de l’argent mais n’ont jamais été préparés à bien le gérer. Ils prennent exemple sur leurs prédécesseurs, ce qui mène à un effet boule de neige qui s’aggrave de jour en jour : il faut qu’on les remarque et ils font tout pour que ça arrive, ils copient les extravagances des stars et se couvrent de toutes les marques de luxe possibles et imaginables, même si c’est immonde. On les voit et on les entend aussi… ils parlent fort, mangent bruyamment et rient la bouche pleine sinon grande ouverte… Ils ont leur fan-club hypocrite qui déroule le tapis rouge et les invite dans les endroits hype… ils se « bizzzent », se « kisssent »… se font construire des autos, des avions et/ou des bateaux personnalisés…, se font charcuter de la tête au pied par les plus grands chirurgiens esthétiques et enfin, ils pensent quand c’est nécessaire, donc très peu.

– Les « aristocrates » : ceux d’aujourd’hui n’ont ni château ni maître d’hôtel mais un héritage, de l’argent et un carnet d’adresses des plus envié par leurs semblables. Ceux-là sont nés avec une cuillère en argent coincée dans la bouche. Ils sont innocents, les pauvres, ils ne savent pas ce qui se passe dans la vraie vie de ce bas monde, ils avancent à vue parmi les leurs et n’ont aucun souci, sauf peut-être quelques choix cornéliens : quelles fringues acheter ou quelles voitures s’offrir… Ils utilisent leur temps et leur argent à inventer des concepts improbables et à rassembler leurs semblables dans des ambiances qu’ils qualifient d’originales… Ensembles, ils s’amusent avec classe, se pelotent avec beaucoup de respect et font ce qui suit avec les égards dus à leur rang. Mais le plus important, c’est de viser juste et de tirer… le gros lot de préférence.

– Les « lourds » : c’est ainsi qu’on appelle les vrais importants : « c’est du lourd » ! Ce sont les personnes qui ont réussi en usant l’huile de coude, ceux qui ont sué sang et eau pour y arriver et qui par fierté étalent leur réussite dans les endroits où il faut être vu. Ce sont des business man, des hommes ou des femmes qui en ont et qui le font savoir. Ils ne connaissent pas la vulgarité mais ils ont juste la plus grosse voiture, le plus gros modèle de chez Rolex et la carte à faire succomber la première « new riche » qui passe. Ils pensent qu’ils ont le droit d’exhiber tout ça car c’est normal, ils le méritent… !

– Les « descendants d’aristocrate ou de bonne famille » : mais malheureusement déchus. Ceux-là ont gardé le gène car il peut encore servir. Ils sont toujours bien coiffés, ont les yeux clairs et des époux ou épouses bien sous tous les angles, un tas d’affaires en cours puisqu’ils ont hérité de tellement de choses (surtout des problèmes, mais chut, ça ne se dit pas). On les trouve un peu partout, ils se faufilent là où leur nom pourrait encore servir un tant soit peu de laissez-passer, ils rient de leurs propres blagues, s’écoutent parler et se sentent à leur aise parmi les grands, les leaders d’opinion… Ils servent en quelque sorte à donner une bonne image aux « lourds » !

– Les « ambitieux sans foi ni loi » : ceux-là, ils ont ramé pour faire de hautes études et ils ont toute la rage nécessaire pour que ça se sache ! Fraîchement débarqués dans un monde inconnu où ils ont l’intention de rester, ils visent très haut et feront tout pour écarter les obstacles, tout ça en douceur car il ne faut surtout pas qu’on les voient venir. Ils sont malins et sauront jouer sur tous les tableaux, ils n’hésitent pas à tout écrabouiller pour prendre la place qui leur revient, en pratiquant les fausses camaraderies et les coups fumants pour mieux se caser au soleil. Car ces places-là, ils auront été les chercher à la sueur de leur front, sans foi ni loi et que le meilleur gagne !

Tous…, sont des gens qu’on voit passer en voiture ou avec lesquels on travaille…, il nous arrive même de les côtoyer et de leur parler car ils sont partout et deviennent de plus en plus nombreux…
Leur vulgarité n’est pas que dans le paraître, elle est encore plus sournoise : elle commence à se prendre des droits qu’elle n’a pas et à se légitimer ostensiblement…, mais quoi vous dire d’autre sinon qu’il faut de tout pour faire un monde et que Coco Chanel a dit : « Le luxe, ce n’est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité »…