Les Protocoles, la suite…
Chapitre 08…
Dictatucratie, l’organisation impériale du monde !

Les attentats terroristes de New-York, Madrid, Londres, ne seraient-ils qu’une vaste manipulation, une stratégie de la peur ?« A qui profite le crime ? »Pas aux terroristes qu’on nous montre.Ils y perdent leur vie, leur image, leurs valeurs et toute sympathie de l’opinion publique internationale.Le crime profite aux Etats, à nos Etats qui sont de moins en moins démocratiques et de plus en plus des Etats policiers.C’est ma version d’une histoire, qui comme toutes les histoires comporte trois versions, la mienne, la vôtre et la vérité…
La lutte antiterroriste a permis l’installation de techniques d’exception à tous les stades de la procédure pénale, de celui de l’enquête à celui du jugement.
Elle procède ainsi à une remise en cause des mécanismes constitutionnels de protection de la vie privée.
L’incrimination propre au terrorisme met en place un délit spécifiquement politique : l’intention d’exercer une pression indue sur un gouvernement ou une organisation internationale.
Elle permet de s’attaquer préventivement à tout processus de recomposition de classe..
Il s’opère ainsi une suspension du droit, mais celle-ci est inscrite dans le droit et fait partie d’un nouvel ordre juridique. Nous assistons à la fin du double système juridique, Etat de droit à l’intérieur et violence pure à l’extérieur, qui avait caractérisé jusqu’à présent le système juridique occidental.
L’organisation impériale ne connaît pas d’extérieur, la violence pure est réinsérée en son intérieur et fait partie de l’ordre de droit.
Ainsi, l’Etat d’exception comme forme de gouvernement de l’Empire mondial en formation sous la houlette Américaine et la vassalité des Etats du monde, apparaît surtout comme une phase de transition, un outil dans la mise en place d’une forme plus stable : la dictature, que je nomme DICTATUCRATIE.
La fin de la séparation formelle des pouvoirs, ainsi que les prérogatives judiciaires que s’octroient l’exécutif, sont là pour témoigner que ce processus est bien en marche.Les attentats du 11 septembre 2001 ont été l’occasion d’une formidable accélération des transformations des codes pénaux et des codes de procédure pénale des pays occidentaux. Dans les mois et parfois les jours qui ont suivi, les gouvernements ont pris des mesures restreignant les libertés publiques et privées.
On peut parler d’une véritable mutation, puisque c’est l’existence même de chaque Etat de droit qui a été ainsi remise en cause.
Ces lois s’inscrivent dans la tendance qui consacre la primauté de la procédure sur la loi, ici il s’agit de la domination de la procédure d’exception.
La mutation est si significative qu’elle conduit à un bouleversement de la norme, les dérogations deviennent la règle.
La procédure d’exception se substitue à la Constitution comme forme d’organisation du politique.

UNE MUTATION DU DROIT PENAL…
Les législations antiterroristes, qu’elles soient anciennes ou récentes, ont pour objet de légitimer des procédures pénales dérogatoires à tous les niveaux du processus pénal, du niveau de l’enquête à celui du jugement.
Il s’agit de techniques spéciales de recherche telles que la mise sous écoute, l’interception du courrier ou de l’installation de boîtes noires permettant de lire et d’enregistrer l’ensemble des é-mails.
L’ensemble de ces mesures peut se mettre en place en l’absence d’infraction.
L’incrimination terroriste justifie également des mesures exceptionnelles de détention préventive ou d’emprisonnement administratif, parfois de simples témoins, comme aux Etats-Unis.
Elle impose des règles particulières en matière de communication de l’accusé avec son avocat, ainsi que la mise en place de juridictions d’exception.
En Espagne, une personne poursuivie sur base de la loi antiterroriste n’a pas le choix de son avocat.
En Allemagne, différentes dérogations ont été établies en matière de perquisition et de visite domiciliaire, en matière de contrôle d’identité, d’arrestation et de détention préventive.
Au stade du jugement, des règles modifient les juridictions compétentes et restreignent les droits de la défense.
Ainsi, l’avocat de cette partie est exclu de la participation à une procédure, lorsque « des circonstances portent à croire » que le défenseur commettra un acte destiné à faire échouer l’instruction.
Cette procédure a également légalisé la violation du secret de la correspondance entre l’avocat et son client. Du point de vue de ses effets sur les procédures pénales, les nouvelles lois antiterroristes s’inscrivent dans la continuité de ces législations plus anciennes.
Cependant, elles en élargissent le cadre.
Elles ne visent pas uniquement à suspendre les libertés fondamentales de certaines catégories de la population, mais elles concernent l’ensemble de celle-ci.
Elles procèdent à la fois à un contrôle généralisé des individus et s’attaquent préventivement à tout processus de recomposition de classe en criminalisant les mouvements sociaux.

Une manifestation du pouvoir impérial…
Une caractéristique importante des dernières lois antiterroristes réside dans le fait qu’elles ne résultent plus, comme les législations précédentes, d’initiatives nationales relativement indépendantes les unes des autres, mais qu’elles sont promues par des institutions internationales telles le G8, le Conseil de l’Europe ou l’Union européenne.
Cela a pour effet de généraliser ce type de lois à l’ensemble des Etats, même à ceux d’entre eux qui n’ont jamais été confrontés à une menace terroriste.
Les dernières législations anticipent les actes terroristes.
Elles sont une réponse des Etats nationaux à leurs obligations internationales, c’est à dire essentiellement aux demandes américaines.
La place occupée par les Etats-Unis dans ce processus est d’ailleurs une spécificité de la situation actuelle.
La lutte antiterroriste est constitutive de leur direction impériale.
En ce qui concerne l’interception légale des communications, les textes les plus récents répondent étroitement aux spécifications réclamées, depuis de nombreuses années, par le FBI.
En matière de criminalité informatique, cette police fédérale américaine a également la possibilité d’organiser directement les polices de la plupart des autres Etats.
La capacité dont disposent les Etats-Unis d’influencer étroitement le contenu des textes légaux des autres Etats, concernant la lutte antiterroriste, confirme leur rôle d’avant garde dans la modernisation du pouvoir au niveau mondial.
Cependant, les mesures antiterroristes dévoilent autre aspect du rôle joué par les Etats-Unis, celui de la domination directe d’une superpuissance sur les autres Etats.
Le premier élément de ce rapport consiste dans la capacité légale de privilégier la nationalité américaine, en accordant à celle-ci des droits dont ne disposent plus les autres nationalités !
Cela se manifeste notamment par le traitement différencié exercé par les législations américaines entre les nationaux et les résidents de nationalité étrangère.
En matière de terrorisme et de criminalité organisée, les tribunaux américains se donnent également une compétence universelle, ainsi que des droits extraterritoriaux.

L’USA Patriot Act : Une suspension du droit pour les étrangers…
Aux Etats-Unis, la loi antiterroriste, l’USA Patriot Act du 26 Octobre 2001, autorise le ministre de la Justice à faire procéder à l’arrestation et à maintenir en détention tout étranger suspecté de mettre en danger la sécurité nationale.
Ces mesures furent étendues par le Military Order du 13 novembre qui permet de soumettre les non citoyens américains, suspects d’activités terroristes, à des juridictions spéciales et de les maintenir en détention illimitée.
Ces deux mesures créent des zones de non droit.
Elles suspendent ou suppriment le statut juridique de ces personnes.
Celles-ci sont totalement dans les mains du pouvoir exécutif et échappent à tout contrôle judiciaire.
De même, les prisonniers, capturés en Afghanistan et parqués à Guantanamo, ne peuvent disposer du statut de prisonnier de guerre, tel qu’il est défini par la Convention de Genève.
Cette suspension du droit est exercée à l’intérieur du territoire des Etats Unis mais aussi à l’extérieur, puisque la détention est d’abord précédée d’une capture, effectuée comme une opération de police, en l’absence de toute déclaration de guerre.
Destinées à supprimer tout mécanisme de protection aux étrangers arrêtés, ces mesures procèdent à une suspension du droit des Etats-Unis pour les non américains.
Parallèlement, ce mécanisme discriminatoire se double d’une suspension du droit international, qui privilégie les citoyens des USA.
Elle a pour objet de protéger de toute poursuite, devant le Tribunal pénal international de La Haye, les ressortissants américains, engagés dans des missions de « maintien de la paix » exercées dans le cadre de l’ONU.
La suspension du droit est l’expression d’un pur rapport de forces.
Elle est la représentation juridique de l’exercice de la violence pure.
Cependant, elle se double, par son insertion dans la loi américaine, dans la reconnaissance opérée par les Nations Unies ou à travers la signature d’accords d’extradition, d’une fonction d’hégémonie, d’une reconnaissance par les autres gouvernements du statut particulier que s’accordent les Etats-Unis vis à vis du droit international.

PATRIOT II : Une suspension du droit généralisée…
Non contente des procédures d’exception déjà en cours, l’administration Bush a élaboré un nouveau projet de loi antiterroriste, le Domestic Security Enhacement Act, qui accentue les dérives de l’USA Patriot Act.
Ce nouveau texte est déjà connu sous le nom de Patriot II.
Construit dans la continuité de la première loi, il complète les mesures dérogatoires au droit commun prises à l’égard des non citoyens et renforce les pouvoirs de l’exécutif au détriment du pouvoir judiciaire.
Ce projet constitue une avancée importante dans la mise en place d’un Etat d’exception.
Il généralise le système de suspension du droit à l’ensemble des américains qui se verraient accusés de collaborer à des organisations désignées comme terroristes.
La procédure dérogatoire à la loi devient la norme.
Il sera plus facile pour le gouvernement de mettre en place une surveillance exploratoire sur les américains et de procéder légalement, sans contrôle judiciaire, à des captures de leurs messages téléphoniques et informatiques.
Il suffit d’appliquer aux nationaux les dispositions prévues pour lutter contre un pouvoir étranger.
Il s’agira ainsi d’inclure ces actions dans un vague projet de surveillance et d’acquisition de renseignements sur des « agents d’une puissance étrangère ».
Nous touchons ici à l’originalité du nouveau projet par rapport à la loi antiterroriste existante : pouvoir traiter des citoyens américains selon les procédures dérogatoires, jusqu’ici réservées aux étrangers, l’élément ultime de ce processus étant le retrait de la citoyenneté.
Cette loi enlève la nationalité à un ressortissant américain qui fournirait une aide à une organisation, désignée comme terroriste par le ministre de la Justice.
Cette disposition marque une rupture avec les mesures antérieures qui distinguaient nettement les procédures réservées aux étrangers de celles applicables aux nationaux.
Cela a pour effet que les citoyens américains ne seront plus traités selon la loi, aussi restrictive qu’elle soit du point de vue des libertés individuelles, mais selon le bon vouloir de l’administration.
Formellement, cette loi distingue encore les nationaux des étrangers.
Cependant, dans les faits, la protection légale, réservée aux citoyens américains, peut leur être enlevée sur simple décision administrative.
Pour les promoteurs du projet, c’est la personne soupçonnée qui manifesterait son intention d’abandonner sa nationalité par son soutient à un groupe désigné comme terroriste.
On estime ainsi « que son intention peut être présumée à partir de sa conduite », même si cette personne n’a jamais exercé cette demande, ni fait part de cette intention.

Union Européenne = Dictatucratie !
Le 6 décembre 2001, les ministres européens de la Justice et de l’Intérieur ont adopté une Décision-cadre destinée à harmoniser les législations des Etats membres en ce qui concerne la définition de l’acte terroriste.
L’incrimination présente un caractère directement politique.
Il résulte de l’intention de l’auteur.
L’infraction est considérée comme terroriste quand elle a pour but de détruire les structures politiques, économiques ou sociales d’un pays ou quand elle a pour objectif de le déstabiliser gravement !
Les notions de déstabilisation et de destruction des structures économiques ou politiques d’un pays permettent d’attaquer de front les mouvements sociaux.
C’est avec ces arguments que, début des années 80, Margaret Thatcher tenta d’appliquer la loi antiterroriste en vigueur à la grève des mineurs.
L’infraction est également définie comme terroriste lorsqu’elle a pour but de contraindre indûment des pouvoirs publics ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque.
Comme tout mouvement social a pour effet d’intimider une partie plus ou moins importante de la population et a pour but de contraindre le pouvoir à poser certains actes ou à ne pas les poser, la marge d’application et d’interprétation de ce texte est très large.
Les termes grave ou indûment n’apportent aucune précision objective pour qualifier l’acte.
C’est le pouvoir lui-même qui détermine, si les pressions subies sont normales ou non.
Dans son ensemble, la catégorie de terrorisme est construite de la sorte que ce sont les gouvernements qui désignent ce qui est terroriste et qui ne l’est pas.

L’anticipation d’une nouvelle Guerre Sociale.
Dans un tel contexte, des manifestations, occupations ou captures de lieux publics, d’infrastructures et de transports collectifs, effectuées dans l’intention de faire pression sur un gouvernement, pour qu’il prenne des mesures de protection sociale ou qu’il ne procède pas au démantèlement de celles-ci, pourraient être assimilées à des actions terroristes.
De telles actions qui contesteraient directement les politiques d’organisations internationales pourraient aussi connaître le même sort.
Le projet d’Accord Général sur le Commerce des Services( AGCS), ayant pour objet d’éliminer les mesures gouvernementales qui empêchent la libéralisation totale des services, est un exemple de démantèlement systématique de toute régulation étatique.
Un mouvement de revendication musclé luttant pour un maintien de services publics ou pour imposer une réglementation de certains secteurs pourrait ainsi être considéré comme terroristeCes réformes pénales correspondent à une seconde phase dans la mise en place d’une structure de pouvoir intégrée au niveau mondial, l’Empire.
La première étape consistait en l’organisation politique du marché mondial, en la mise en place de la libéralisation des échanges de marchandises et de capitaux.
La gestion de la force de travail restait, à ce niveau, du ressort des Etats nationaux.
Les négociations sur la libéralisation des investissements ou sur l’Accord Général sur le Commerce des Services entament un second processus, celui de la globalisation du commandement sur les conditions de reproduction de la force de travail.
La mutation de sa composition organique passe d’abord par le démantèlement de sa composition politique.

La fin d’un double système juridique…
L’USA Patriot Act est encore basé sur l’existence d’un double système juridique, d’une part, une protection de la loi, même si elle est de plus en plus restreinte, pour les nationaux et d’autre part, une suspension du droit pour les étrangers.
C’est ce double ordre juridique qui tend à disparaître avec la nouvelle loi « Patriot II ».
Celle-ci permet au pouvoir exécutif en retirant leur nationalité aux citoyens américains de les transférer du système de protection légale à un ordre vide de droit.
La lutte antiterroriste marque ainsi une rupture dans le mode occidental d’organisation du politique, fondé traditionnellement sur un double système qui prend la forme de l’Etat de droit à l’intérieur de la société et qui utilise la violence pure à l’extérieur.
Patriot II, représente la mise en place juridique de l’Etat d’exception, l’inscription du non droit dans le droit.Dans un article publié dans le journal Le Monde, Giorgio Agamben faisait reposer l’exercice du pouvoir en occident sur l’articulation de deux systèmes relativement séparés, l’ordre juridique et la violence pure : « Le système politique de l’Occident semble être une machine double, fondée sur la dialectique entre deux éléments hétérogènes et, en quelque manière antithétiques : le droit et la violence pure. Tant que ces éléments restent séparés, leur dialectique peut fonctionner, mais quand l’Etat d’exception devient la règle, alors le système politique se transforme en système de mort ».
C’est exactement le processus qui se construit sous nos yeux, l’exception devient la règle impériale.
La règle, qui inscrit l’exception dans le droit, se construit en fonction d’elle.
Il y a bien un double mouvement, une suspension du droit et une mutation du droit pénal.
Si le processus de suspension du droit est d’avantage mis en avant aux USA, il est également visible dans les pays européens à travers la mise en place des procédures d’exception.
Actuellement, la consolidation de la structure impériale nécessite que les restrictions apportées aux droits fondamentaux soient placées dans le droit pénal.
Le bouleversement de ce dernier indique donc que nous assistons à la fin du double système, du droit et de la violence pure.
En fait, cette double structure recouvrait l’organisation d’une société nationale qui applique le droit à ce qu’elle considère comme son intérieur et qui abroge celui-ci vis à vis de son extérieur.
L’Empire, comme forme d’organisation mondiale du pouvoir, ne connaît pas d’extérieur, tout mouvement, toute action politique et guerrière lui est interne.
La dichotomie, intérieur et extérieur, état de droit et non droit, enregistrée au niveau de l’Etat national, n’a plus de sens.

La place spécifique des USA…
Les Etats-Unis occupent une place particulière dans la structure impériale puisque le rapport de domination qu’ils exercent s’exprime également comme pouvoir d’une nation particulière sur le reste du monde, qui, bien que considéré comme leur jardin, reste pour eux un extérieur.
La différence de traitement entre nationaux et étrangers, la suspension du droit pour ces derniers, est là pour témoigner de la singularité américaine dans l’univers impérial.
Comme tout Etat national, les Etats-Unis instaurent un double système juridique, un Etat de droit pour les nationaux et un Etat vide de droit pour les étrangers.
Classiquement, comme pour les autres nations, la distinction entre les deux ordres juridiques s’articule sur la frontière.
Cependant, pour l’Etat américain, la frontière n’est pas une donnée géographique.
La primauté de la nationalité américaine et la dualisation de l’ordre juridique ne s’opèrent pas sur un territoire déterminé, mais dans le monde entier.
Il s’agit, non seulement, de permettre aux ressortissants américains d’échapper aux tribunaux internationaux, c’est à dire aux juridictions communes, mais aussi de faire reconnaître, par les autres Etats, le droit des autorités américaines de juger les ressortissants de ces pays par des juridictions d’exception, spécialement créées à cet effet.
Les derniers accords d’extradition signés avec l’Union européenne sont une reconnaissance par cette dernière du privilège américain de décider de la dérogation au droit commun et de construire le nouvel ordre juridique mondial à partir de celle-ci.
Ces accords conduisent à une intégration matérielle des appareils judiciaires européens dans le système de suspension du droit, mis en place par les Etas-Unis.
Les pays européens acceptent ainsi de remettre, dans les conditions imposées par les USA, leurs propres ressortissants, désignés comme terroristes par les autorités américaines.
Dans l’élaboration de cet ordre juridique, les Etats-Unis ont le rôle moteur, ce sont eux qui décident de l’exception et qui, en fonction de celle-ci, transforment la norme, notamment le droit pénal et ses procédures d’exécution.
Il s’agit bien d’une réinsertion de la violence pure dans l’ordre juridique international, d’un acte constitutif de leur direction impériale.

Etat d’exception…
La lutte antiterroriste opère une restructuration du pouvoir en renforçant la suprématie du pouvoir exécutif.
Par le développement de lois cadres, appliquées par des arrêtés et des circulaires ministérielles ou de simple listes, établies par le ministre de la Justice (liste des organisations désignées comme terroristes), l’exécutif exerce pleinement la fonction législative et instrumentalise étroitement l’appareil judiciaire
Ces dispositions sont caractéristiques d’un Etat d’exception.
Considérée comme un fait purement politique, la notion d’Etat d’exception n’est pas facile à cerner juridiquement.
Elle se trouve, tel que l’exprime Carl Schmitt, dans une franche ambiguë et incertaine, à l’intersection du juridique et du politique.
Traditionnellement, la mise en place d’un Etat d’exception répond à la nécessité, évoquée par le pouvoir, de maintenir l’ordre public, suite à une situation exceptionnelle, due à un contexte de guerre civile.
La lutte antiterroriste est également présentée comme une guerre civile mondiale, une lutte de longue haleine contre un ennemi constamment redéfini.
Cette situation diffère cependant du contexte habituel.
Il ne s’agit pas pour le pouvoir de faire face à des troubles existants, mais de démanteler une menace virtuelle.
L’action est préventive.
Le discours développé par le pouvoir s’avère paradoxal.
Il s’agit de mesures justifiées par l’urgence, mais qui s’inscrivent dans une guerre de longue durée.
L’état d’urgence devient permanent.
Il est considéré comme une nouvelle forme de régime politique, ayant pour vocation la défense de la démocratie et des droits de l’Homme.
Autrement dit, le citoyen doit être prêt, pendant une longue période, à renoncer à ses libertés concrètes afin de maintenir un ordre démocratique autoproclamé et abstrait.
Le fait que la plupart de ces actes prennent la forme de la loi indique bien que le pouvoir s’engage sur le long terme.
Pour cela, il recherche une nouvelle légitimité et veut ainsi que les populations consentent au démantèlement de leurs garanties constitutionnelles.L’ordre impérial du monde, cet ordre qui nous est imposé peu à peu, fonde la souveraineté, non pas sur la capacité d’imposer une norme, mais sur la décision libérée de toute obligation normative.
Plutôt que la norme, c’est l’exception, là où la décision se sépare de la norme juridique, qui révèle le mieux l’autorité de l’Etat.
Est souverain celui qui décide d’une situation exceptionnelle.
La souveraineté de l’Etat ne consiste plus dans le monopole de la coercition ou de la domination, mais dans le monopole de la décision.
Alors que cette définition apparaissait réductrice pour caractériser l’Etat nation, elle est particulièrement adaptée à la structure impériale qui circonscrit la politique à partir du « critère ami-ennemi ».
Une telle approche conduit à privilégier la politique extérieure, au détriment du gouvernement interne.
Cette conception s’avère ainsi incapable de rendre compte du caractère organique de la souveraineté de l’Etat nation, de l’interdépendance existant entre la souveraineté interne et externe, ainsi que de l’articulation des différentes institutions et niveaux de pouvoirs.
Suite à la désarticulation de l’Etat nation et à l’intégration de cette structure dans une forme de pouvoir impériale, son analyse présente un nouvel intérêt. La décision concernant l’exception s’inscrit dans un ordre juridique.
La situation exceptionnelle n’est pas le chaos.
Si l’Etat suspend le droit, c’est au nom de sa conservation.
Dans cette perspective, la décision sur l’exception est avant tout décision sur les conditions d’application de la norme.
Il faut qu’une situation normale soit créée, et celui-là est souverain qui décide définitivement si cette situation normale existe réellement.
Dans l’Empire, le pouvoir exécutif des Etats-Unis joue le rôle de l’Etat dominant, de l’Etat souverain, de l’Etat qui dirige l’ordre mondial, l’ordre nouveau, la nouvelle dictature, la dictatucratie, l’inscription de l’exception dans un ordre juridique, mais un ordre vide de droits concrets.Le contexte de la lutte antiterroriste remet à l’ordre du jour la problématique de l’Etat de droit mutant en Etat dictatucratique.
Cette forme de gouvernement s’inscrit aussi dans la durée.
Ces dispositions produisent également un nouvel ordre juridique, dans lequel les procédures dérogatoires occupent une place centrale, où l’exception devient la norme.
Si la lutte antiterroriste entraîne une suspension du droit et produit un nouvel ordre juridique, elle produit, en même temps, matériellement et formellement, l’ennemi à combattre.
L’adaptation de l’ordre de droit ne vise pas, comme dans l’Etat de siège, à s’attaquer à une cause extérieure au système, mais à un élément produit par celui-ci.
Nous assistons à une inversion du rapport entre les moyens et les objectifs.
L’ennemi désigné, l’organisation terroriste, devient l’outil de la transformation du système juridique et par la-même légitimise la transformation de l’Etat de droit en Etat policier.

DICTATURE et DICTATUCRATIE…
Le justitium romain, permet de distinguer l’Etat d’exception de la dictature.
Le dictateur était un magistrat particulier, dont les pouvoirs étendus lui étaient donnés par une loi spécifique, conforme à l’ordre constitutionnel.
Dans l’Etat d’exception, l’extension des pouvoirs, dont disposent les magistrats, résulte simplement de la suspension des lois, qui limitaient leurs prérogatives.
L’Etat d’exception n’est donc pas une dictature…mais un espace vide de droit, une zone d’anomie où toutes les déterminations juridiques, et avant tout la distinction même entre public et privé, sont désactivées.
Les formes modernes de dérogation au droit font bien partie de l’Etat d’exception.
Pourtant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que les choses ne sont pas définitivement arrêtées. Nous assistons, partout dans le monde, à une instrumentalisation de l’appareil judiciaire par le pouvoir exécutif.
Quant à la lutte antiterroriste, elle permet de poursuivre toute personne soupçonnée de faire partie d’une liste d’organisations, établie par le ministre de la Justice ou simplement par un policier.
L’exemple le plus explicite de ce processus de confusion des pouvoirs se situe aux Etats-Unis, où le président s’est attribué le pouvoir de désigner les magistrats, siégeant dans les tribunaux militaires d’exception.
La concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif, dont ceux normalement dévolus à l’appareil judiciaire, fait du président un magistrat faisant fonction, dont des pouvoirs étendus lui sont donnés par des lois, arrêtés et décrets spécifiques.En France, la loi Perben élargit les pouvoirs de la police et modifie les procédures d’enquête en augmentant les possibilités de garde à vue, de perquisition et d’écoutes en cas de « criminalité organisée ».
Il est mis en place une recherche préliminaire, grâce à laquelle les policiers pourront mettre en œuvre des techniques spéciales de recherches, sans que la personne concernée en ait connaissance.
Cette loi met aussi en avant une procédure, de « plaider coupable », baptisée « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ».
Aux Etats-Unis, ce système est devenu très commun.
Il s’agit d’obtenir une réduction des chefs d’accusation par une requalification des faits (par exemple une qualification d’assassinat transformée en homicide involontaire) en échange d’un aveu de culpabilité.
Ce procédé renforce considérablement la domination de la procédure sur la loi.
Elle instaure formellement une espèce de contrat entre deux parties inégales et met en place une négociation qui s’oppose au principe de légalité.
La promotion du plaider coupable se double d’une autre procédure installée en 1999 : la composition pénale, à travers laquelle l’auteur du délit peut échapper aux poursuites.
Réservée au départ à des délits dont la peine maximale d’emprisonnement est inférieure à trois ans, cette loi porte le seuil à cinq ans.
Ce qui a pour effet d’inclure des délits tels que le trafic d’influence, l’abus de biens sociaux et l’abus de confiance.
Ces infractions, liées à la criminalité financière, peuvent être l’objet d’une négociation qui permettrait à l’auteur des faits d’échapper au jugement
Ainsi, est mise en place une justice à géométrie variable, d’une part une présomption de culpabilité pour ceux qui seront présentés comme tels par l’appareil policier et d’autre part, la possibilité d’échapper au jugement pour les auteurs de délits économiques et financiers.
Ce privilège est inscrit juridiquement.
Il fait partie de l’ordre de droit.
A travers cette loi, le ministre de la Justice s’introduit dans le code pénal.
Il revendique un pouvoir d’intervention dans les dossiers individuels et inscrit ainsi la fin de la séparation formelle des pouvoirs.
Le garde des Sceaux se présente comme un magistrat disposant de prérogatives extraordinaires qui lui sont données par la loi.
A travers l’élargissement des prérogatives du procureur et de la police, ce sont deux institutions, liées au pouvoir exécutif, qui remplissent les fonctions attribuées normalement au pouvoir strictement judiciaire, juges de fond et juges d’instruction.
Ces procédures d’exception procèdent à une suspension effective des libertés fondamentales et modifient l’ordre de droit.
Ces dispositions, contenues dans des lois et arrêtés promus par l’exécutif, s’inscrivent dans un nouvel ordre juridique, celui de la « dictature constituante ».Cette voie représente aussi l’horizon de la politique impériale, celui d’une forme de gouvernement garantissant les conditions politiques et militaires d’une gestion globale de la force de travail, celle mise en place à travers les négociations sur l’investissement au niveau de l’OMC ou sur la privatisation des services publics.
Dans une telle perspective, l’Etat d’exception apparaît comme une phase de transition destinée à « libérer » la force de travail de ses acquis sociaux.
Pour cela, il s’agit de suspendre ses droits politiques concrets.
Ce processus réalisé, la dictature correspondrait à un nouvel ordre juridique, celui de droits abstraits, celui d’une force de travail universelle, défaite de ses particularités historiques et politiques, obtenues dans le cadre des Etats nationaux
L’essentiel dans les lois antiterroristes actuelles n’est pas, comme dans les législations plus anciennes, d’exclure les mouvements de luttes du politique et de les traiter selon le droit pénal.
C’est au contraire le caractère politique qui est attribué à l’auteur de l’acte, son intention de déstabiliser le pouvoir, qui permet de le criminaliser.
Ces lois ne mettent pas en place un ordre vide de droit.
Le droit pénal devient un acte constituant, divisant le politique en deux camps, celui du bien et celui du mal.
La confusion du champ du politique avec celui du pénal, permet au pouvoir exécutif d’exercer une fonction de magistrat, chargé de punir toute opposition, non reconnue par le pouvoir.
L’installation de telle ou telle forme de gouvernement ne dépend pas d’une cohérence formelle au niveau de l’écriture du droit, mais des rapports de forces immédiats, des capacités de résistance des populations.
Dans l’Etat d’exception, il est toujours formellement fait référence à un possible retour à la forme de l’Etat de droit.
Cette perspective ne fait pas partie des plans concoctés par le pouvoir.Quoique moutons, peureux de perdre ce que vous avez ou ce que vous rêvez d’avoir, il est temps que vous commenciez à réagir politiquement en osant dire « NON » à toutes les lois qui suppriment peu à peu toutes les libertés fondamentales qui forment la démocratie.
Il est sans doute déjà trop tard…
Pour exemple, vous lirez dans le prochain chapitre, ce que nous allons vivre en Belgique pour avoir publié « Les Protocoles de Sion »

Ouvertement, en pleine rue, voici divers affichages dans quelques pays du nord de l’europe, ce qui démontre que certaines parties de la population en ont assez des intoxications officielles qui mènent nos démocraties vers la dictatucratie…

Les stratégies et les techniques des Maitres du Monde pour la manipulation de l’opinion publique et de la société…

1  La stratégie de la diversion…
Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Distraire l’attention du public, mener le public loin des véritables problèmes sociaux, captiver le public par des sujets sans importance réelle, garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser » (extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

2  Créer des problèmes, puis offrir des solutions…
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution« . On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine (Paris novembre 2005), ou organiser des attentats sanglants (New-York, Madrid, Londres), afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux… (l’augmentation des prix du gaz et du pétrole enrichit les Etats, les spéculateurs et les producteurs, tout en créant une fausse crise économique amplifiée par des « attentats terroristes » organisés par les Etats eux-mêmes… Le public est  »endormi » par les promesses sécuritaires qui ne servent qu’à consolider les Etats et à domestiquer le public qui est rendu, de surcroit, dépendant des « aides » des Etats à « leur » peuple…).

3  La stratégie du dégradé…
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé« , sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, mesures sécuritaires diverses, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

4  La stratégie du différé…
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire« , en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5  S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge…
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro (« Les jours euro« ). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, des réponses et des réactions aussi dénuées de sens critique que celles d’une personne de 12 ans. »  (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

6  Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion…
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… (La destruction des tours du World Trade Center à New-York avec l’impact mondial médiatique immédiat a créé une émotion rendant possible l’invasion de deux pays qui n’avaient rien à y voir. Les « attentats terroristes » de Madrid et Londres ont relancé l’impact émotionnel et permettent actuellement de faire voter des lois restreignant les libertés individuelles au nom du terrorisme…)

7  Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise…
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »)

8  Remplacer la révolte par la culpabilité…
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !… De ce fait les Etats restent en place et les mêmes classes politiques restent au pouvoir, et ce malgré tous les scandales que certains dévoilent. (En Belgique, par exemple, c’est le parti Socialiste au centre de multiples scandales financiers depuis de nombreuses années qui est sur le point de faire voter des lois restreignant drastiquement les libertés individuelles, le Stalinisme n’est pas mort…)

9  Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes…
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Depuis le 9/11 on nous a fait croire que nous étions en guerre, qu’on était attaqué de toute part, qu’il fallait défendre les valeurs démocratiques de l’Occident, les valeurs Chrétiennes, nos modes de vie…
On nous a menti via un plan diabolique destiné à semer la peur.

Le terrorisme planétaire tel qu’on nous l’explique n’existe pas.
Ce qui est réel par contre, c’est la mise en place d’un Nouvel Ordre Mondial, une Dictatucratie planétaire qui peu à peu nous prive de nos plus élémentaires libertés.
Savonarole redevient à la mode.
L’Eglise se mélange à l’Etat, la foi à la politique et les enfants au pêché originel.
Pire, on nous envoie des signes…
En l’an de grâce 1494, au premier jour du mois de novembre, un immense faucon plongea sur la Piazza Signoria, à Florence.
Celui-ci se jeta contre la porte du Palazzo Vecchio et tomba raide mort.
Immédiatement, le frère Girolamo Savonarole prédit une catastrophe.
Bien que les habitants se précipitèrent pour défendre les murs de leur cité, Florence fut visitée par la peste et conquise par le roi de France, Charles VIII.
Du haut de sa chaire, dans sa cathédrale que les ennemis avaient souillée d’excréments, Savonarole tonnait que l’Italie avait été livrée aux proxénètes, aux sodomites et aux banquiers. L’Italie serait condamnée à croupir pour l’éternité dans les trappes de l’enfer…
Remplacez le faucon mort par un cygne mort dans la région de Fife en Ecosse et atteint de la grippe aviaire…
Aujourd’hui, on nous annonce des fléaux et des ennemis aussi puissants.
Des terroristes « par milliers » nous menacent de tous côtés.
Les agents gouvernementaux disposant d’un blanc-seing (une sorte de permis de tuer la démocratie) parcourent les rues, attrapant les Musulmans et imposant des consignes contre le comportement anti-social sur les impies.
Les gouvernements se cachent des prétendus assassins.
Des demandes émanent des églises pour installer des écoles confessionnelles.
On s’étonne à peine qu’un cygne de la région de Fife ait réduit la BBC et à sa suite toute la presse mondiale « Libre » à une hystérie bafouillante.
Le cygne est le signe que les Musulmans nous attaquent via nos bestioles à plumes en leur inoculant la grippe aviaire… !
Pour peu, c’est à dire si ce cygne eut été à Londres ou à New-York plutot que dans un coin perdu d’Ecosse, on avait le prétexte d’atomiser la totalité des pays Arabes… et tant pis pour les dommages collatéraux !
Contraint et forcé ce sont quelques Israéliens courageux qui firent un lobbying intense pour calmer ce jeu qui les aurait atomisés aussi…
Le monde a ainsi évité le pire du pire…
Comme quoi tout tient à rien…, mais ce n’est que partie remise !
Un historien vaut une douzaine de philosophes.
Des quatre livres sur Savonarole, celui de Lauro Martines, « Scourge and Fire » [Fléau et Feu], est le meilleur.
Martines ancre fermement Savonarole dans la Florence du 15ème siècle, puis le propulse ensuite avec force devant nos yeux.
Le « petit moine » arriva de Ferrara en 1490 et trouva une ville aussi riche que toute autre en Europe bouffie d’orgueil par les Médicis et par une église corrompue (Florence sortait d’une guerre ruineuse avec Pise).
Mais elle était glorifiée par Michel-Ange, Filippo Lippi et Botticelli.
La Renaissance éblouissante y défiait la superstition médiévale.
La piété et la licence étaient en compétition constante.
Savonarole, un ascète doté d’un don certain pour les sermons, proposa une voie pour échapper à ce désarroi.
Dieu lui avait assuré que le capitalisme, la luxure et la tyrannie polluaient l’humanité.
Chaque semaine il faisait partir une procession de son monastère de San Marco et avertissait les habitants de la cité que la dépravation les menait tout droit en enfer.
Lorsque l’armée de Charles entra finalement dans la ville, Savonarole clama que c’était « le fléau de Dieu ».
Il expédia dans toute la ville 4.000 soldats adolescents, des « petits anges » tout vêtus de blanc, pour battre les prostituées, les femmes non voilées et quiconque était richement vêtu.
Pendant huit ans, Savonarole domina Florence.
Lorenzo de Médicis étant mort et sa famille partie en exil, le moine put contribuer à façonner une nouvelle république.
Il mit en garde contre le règne de la populace et exigea des Florentins qu’ils élisent à leur grand conseil des hommes bons.
Ce conseil incarnait la justice et la loi envoyée par Dieu…, qui a placé la ville sous sa providence spéciale.
Ceux qui se battaient contre le conseil « se battaient contre le Christ ».
Florence devait non seulement faire un « feu de joie des vanités » mais elle devait aussi être une communauté chrétienne modèle.
Le moine réservait ses critiques les plus accablantes à Rome et à ses papes et cardinaux corrompus.
Alexandre VI ne méritait rien d’autre que le mépris.
Rome était la « ville aux 10.000 putains », aux rues inondées de « blasphémateurs et de sodomites » et où « les riches buvaient le sang des pauvres ».
Savonarole refusa la calotte de cardinal en disant que c’était « le chapeau rouge du sang ».
Il ne pouvait résister à faire de bons mots.
On était bien loin du langage diplomatique !
Il ne fallut pas longtemps à Rome pour concocter une coalition avec les Florentins dissidents afin de déclarer Savonarole coupable d’hérésie et pire encore.
On murmura même qu’il était hermaphrodite.
En 1498, le moine fut arrêté, pendu et brûlé sur la piazza.
À l’époque, Botticelli, ardent partisan de Savonarole, peignait sa Nativité Mystique (que l’on peut voir désormais à la National Gallery de Londres).
Martines nous prévient qu’il ne faut pas prendre les fantômes de l’histoire pour « en faire des monstres ».
Pourtant cela ne l’empêche pas d’en tirer des morales.
Savonarole avait à la fois merveilleusement raison et merveilleusement tort.
En échouant dans sa tentative de réformer l’Eglise romaine, il assura son schisme et précipita ainsi la Réforme Luthérienne.
Martines dépeint Savonarole comme étant aimable, miséricordieux et modéré.
Celui-ci pratiquait la politique florentine avec adresse et gagna le soutien de citoyens, d’artistes et d’écrivains de premier plan.
Mais c’est comme orateur et comme pamphlétaire qu’il sortait avec férocité du lot (Il était véritablement le chroniqueur des chroniqueurs)…
Dans la cathédrale de Florence, tandis que Savonarole pestait, un jeune homme, assis dans le fond, fond prenait des notes.
Il s’appelait Niccolo Machiavelli, le grand maître de la pensée politique depuis Aristote.
Il ne s’intéressait pas à un moine qui prétendait converser avec Dieu, ce n’était pas son affaire, mais il était intrigué par le pouvoir de Savonarole à influencer la masse, « parce que sa vie, sa doctrine et les sujets qu’il développait suffisaient pour qu’ils aient foi en lui », et même, foi en ses prophéties et en ses damnations.
Quel intérêt pour un dirigeant d’être aimé s’il peut aussi être craint ?
Pour Machiavel, l’erreur de Savonarole fut de rendre la crainte réaliste, seulement dans l’au-delà.
Il cherchait à mystifier la cité-état comme étant la création de Dieu sur terre et rien de plus fort que sa rhétorique ne pouvait la gouverner.
Lorsque la cité affronta la guerre, la faillite, la peste et la « dissension », il devint inutile de réclamer la suppression du velours, des rubans et de la sodomie.
Savonarole savait que la république devait être bien ordonnée, mais il mélangeait la politique avec la religion et l’erreur de jugement avec le pêché.
Pour Machiavel, perdre la tête à la poursuite d’une cause politique n’était pas un martyre, c’était de la négligence.
En regardant Savonarole se balancer au gibet, il a dû secouer la tête de désespoir qu’un si grand homme pouvait s’être trompé à ce point pour penser que la piété dépassait le pouvoir.
La première tâche de ceux qui recherchent, avec noblesse, un Etat moral est de le commander. Quoi d’autre ?
Machiavel reste le grand cadeau de Savonarole à la civilisation.
Savonarole vivait à une époque où le fondamentalisme religieux et l’infaillibilité du Livre pénétraient chaque recoin de la vie publique et de la vie privée.
La croyance médiévale en la superstition, aux miracles et en la magie était encore vivante. Affirmer leur suprématie sur la politique, comme Savonarole le faisait dans ses sermons, et ils auraient leur revanche.
Ce n’étaient pas les somptuaires et les putains qui eurent la peau de Savonarole en 1498, ce furent les piques et les bûchers de Mère l’Eglise.
Martines s’adresse à ses lecteurs avec férocité.
Savonarole était accusé de « terroriser » Florence et c’est ainsi qu’il provoqua en retour une tyrannie égale, opposée.
Mais la même interaction des fondamentalismes peut se voir aujourd’hui, polluant le régime politique le plus sophistiqué de l’histoire, la démocratie occidentale.
Les gouvernements occidentaux « défendent » toujours une confession et se rendent à l’étranger pour combattre, au nom de Dieu, des « valeurs étrangères ».
Les Etats se drapent dans la mystique.
Comme Martines le dit : « quelque chose dans les pirouettes de langage rappelle des suppositions a priori, même le transcendantal ».
Nous laissons docilement les ministres prétendre, comme si cela venait d’en haut, qu’eux seuls savent ce qui est sûr et bon pour nous.
Nous devrions leur jeter des blocs de ciment à la tête.
Voilà pourquoi je frissonne à la terminologie de la nouvelle politique qui prétend que nous sommes attaqués dans nos valeurs, nos croyances et notre mode de vie occidental…
Les grands discours des divers gouvernements rejettent tout discours politique au profit de valeurs, d’une foi, d’une croyance, d’engagements, de croisades et de convictions peu explicites.
Ces mots creux qui servent à vous faire vous sentir bien ont été utilisés à travers l’histoire comme des panneaux publicitaires qui jalonnent la route de l’intolérance et de l’extrémisme.
Ils devraient être bannis, non pas par quelque décret minable du Ministère de l’Intérieur, mais par la force du raisonnement…
C’est un peu pour cela que les gouvernements Européens désarment ceux qui ont des armes, sous prétexte de sécurité ils préservent la leur pour empécher une vague de fond revendicatrice, un sursaut démocratique, une révolution…
La France ayant été le pays le plus longtemps et le plus profondément stalinisé, la décompression, du même coup, a accentué l’hostilité à tout ce qui, de près ou de loin, peut rappeler cet âge du philosoviétisme ou procommunisme de naguère, y compris le marxisme le plus ouvert.
Cet attachement, même distancié, à la cause révolutionnaire est cultivé certainement comme un point d’orgueil, une fidélité de fierté, une réaction à l’air du temps, mais en France et en ce moment, tout passe mal.
Conjoncture intellectuelle et idéologique des plus défavorable en effet, celle de l’amalgame entre recul de la critique marxiste du capitalisme et effondrement de l’Union soviétique.
Un amalgame bien utile au Nouvel Ordre néolibéral Mondial pour invalider toute croyance en la possibilité d’une organisation sociale qui se fonde sur le bonheur du plus grand nombre décidé par eux-mêmes plutôt que sur la liberté individuelle de faire des profits et de s’accomplir dans la seule consommation.
C’est la raison pour laquelle, justement, dans notre pays où la parole publique la mieux autorisée et la plus bavarde semble celle de renégats communistes, maoïstes ou trotskistes, il nous a paru particulièrement urgent de cultiver comme un point d’orgueil, une fidélité de fierté, une réaction à l’air du temps.
Jean-Marie Colombani, alors directeur du Monde, expliquait à un interlocuteur africain que la destruction du World Trade Center, le 9/11 était un événement historique tandis que le génocide rwandais n’était qu’une guerre civile africaine.
Autrement dit, que le premier concernait l’histoire du monde et pas le second ; que l’un est une leçon d’histoire et l’autre un détail de l’histoire.
Au moins, c’est clair.
Déclinaison d’un réflexe du sujétion totale au puissant que le même patron de presse avait ramassé le lendemain des attentats dans la formule : Nous sommes tous américains.
Autrement dit, la douleur des dominants ne nous concerne pas au même titre que celle de dominés.
On ne porte que le deuil des maîtres et seule la mort des maîtres est inscrite dans les chroniques.
Voilà comment l’histoire avance en oubliant le plus grand nombre. On voit bien toute la difficulté de raconter l’histoire des oubliés de l’histoire.
Et notamment dans l’usage des sources non officielles, ignorées ou sous-utilisées, telles que récits d’esclaves, confessions de prisonniers, correspondance de soldats, journaux de femmes, biographies et autobiographies, auditions publiques et autres documents de la tradition orale, ainsi que les Pentagon Papers, rédaction de l’histoire du Vietnam par le département de la Défense, document confidentiel de 7.000 pages qui fut rendu public par deux employés scandalisés par leur expérience directe de la guerre et horrifiés par ce que l’Amérique faisait subir au peuple vietnamien.
Ils photocopièrent le document en juin 1971 avant d’en envoyer copie à quelques membres du Congrès et au New York Times.
Ce fut, vous l’imaginez, un tollé général.
Mais qui s’en souvient encore ?
Pourtant, ce fut pareil en Afghanistan…
Et si le peuple « libéré » d’Irak se révolte et tue ses « libérateurs », c’est parce que les forces « libres » américaines usent des mêmes méthodes (en pire) qu’au Vietnam…
Qu’attendre de bon et de bien d’un pays qui a utilisé deux bombes atomiques contre des villes (sans aucun objectif militaire) et s’apprète à faire de même en Iran ?
Ne tenir pour histoire que l’histoire du plus grand nombre, prendre acte du fait que seule la mémoire des défaites (souvent) et des victoires (rares) des dominés nous enseignent correctement le monde tel qu’il va.
Au contraire de la mémoire des États, qui n’est qu’une mémoire déformée selon les exigences idéologiques (ou les modes publicitaires), version aplatie d’un présent toujours renouvelé qui nie l’impact du passé sur le présent et le futur, rendre à l’histoire son potentiel de subversion, nous forçant à tirer les leçons du passé.
Pour croire qu’un autre monde est possible, ça aide bien de savoir que d’autres en ont rêvé avant, et que leur échec n’a rien d’inéluctable mais, au contraire, qu’il fut l’objet d’une mobilisation de tous les instants par ceux qui avaient des intérêts rien moins que théoriques à ce que rien ne change : des questions d’argent, de pouvoir, de confort dans un ordre social soutenu par les lois, la manipulation de l’opinion et la force physique. La synthèse que constitue l’histoire populaire américaine doit s’appuier sur les recherches hétérodoxes accomplies sur l’esclavage, sur la période révolutionnaire, sur la formation du capitalisme d’État qui a débouché sur une évolution de la dictature, sur l’expansion territoriale, que l’on connaît sous le nom poétique de conquête de l’Ouest mais qu’il convient de voir comme la première étape de l’impérialisme américain.
Une synthèse qui exprime clairement le point de vue, habituellement occulté, de l’opprimé, que l’histoire officielle traite en figurant : l’Indien, le Noir, le Chicano, le Portoricain, le simple soldat, le prisonnier politique, le gréviste, le sans-travail et la femme, des moins-que-rien dans un pays ou seul l’argent compte…
Et puisqu’il ne s’agit que de faire l’histoire du plus grand nombre, il faut le portrait des mouvements populaires et de leur mode d’action : grèves paysannes et ouvrières, boycottage par des locataires et des consommateurs, formes multiples de désobéissance civile (notamment dans l’armée), organisations de base, alternative au bipartisme démocrate-républicain, luttes syndicales, actions communautaires, etc. en ce compris inverser l’image d’une histoire tissées de figures héroïques et de hauts faits d’armes, de scènes édifiantes et de personnalités exemplaires.
Oui, si l’Etat Américain, si le Gouvernement Américain est devenu une dictature à semblant démocratique, la population pour la pluspart subit cette folie.

Dans « Les Protocoles de Sion », on explique clairement les méthodes utilisées par les Etats-Unis pour dominer le monde.
Les attentats « terroristes » du 9/11 contre les tours du World Trade Center ne furent en effet pas des attentats terroristes, mais un moyen de rallier la population mondiale autour du pivot du Nouvel Ordre Mondial destiné à gouverner le monde.
Les USA ont quasi toujours utilisé ce moyen pour aboutir à leurs fins (Hitler fit de même en faisant incendier le Reichtag)…

Voici un exemple lointain…
Pour la plupart d’entre-nous, parmi les événements les plus lyriques de l’histoire américaine en ses débuts de constitution territoriale figure sans doute le drame « héroïque » de la chute de Fort Alamo…
En 1836, après un soulèvement organisé avec le soutien des États-Unis, le Texas se sépare du Mexique avant d’être intégré à l’Union ; l’envoi d’un détachement sur la frontière sud du Texas provoque, au printemps 1846, l’incident militaire qui déclenche la guerre de conquête tant souhaitée par les élites américaines, leur permettant d’annexer la moitié du Mexique et d’acheter le Nouveau-Mexique et la Californie : Nous ne prenons rien par conquête, Dieu merci.
Mais pas d’héroïsme de Fort Alamo dans cette histoire-là, juste un prétexte pour soulever d’horreur la population et obtenir son aval pour voler la moitié du Mexique…
Soit dit en passant, les amateurs de western vont être déçus, la chose tant représentée à l’écran ne semble même pas avoir existé…
Sur la période et le territoire concerné, n’existe qu’une lutte des classes entre fermiers et propriétaires terriens une autre guerre civile.
Non que des shérifs n’aient jamais exercés au nom de la loi, pistolets à la ceinture ; et que des indiens aient scalpés de pauvres colons ; et que la cavalerie ; etc.
Mais tout cela n’est que la partie pittoresque pour l’accaparement d’un territoire suivant le même ordre depuis l’indépendance : celui de l’augmentation des richesses des plus riches. De la même manière, pour la période moderne, les passionnés de guerre des gangs resteront sur leur faim : le mot même de mafia est absent de la vraie réalité.
Non que toute organisation occulte gérant sur une base raciale ou ethnique les jeux, la prostitution, les trafics, le racket, etc. aient jamais existé, mais, encore une fois, il ne s’agit que de la surface du processus d’intégration violente des derniers arrivants dans un pays où le formalisme de la loi a toujours inscrit l’injustice sociale dans le quotidien du plus grand nombre.
Non que l’histoire ne soit pas haute en couleurs !
Elle se déroule au contraire dans le bruit et la fureur.
D’autres couleurs toutefois.
Moins de cartes postales.
Moins ou pas de Hollywood aussi…

Les gens ont tellement besoin de croire en des conneries que ce serait dommage de ne pas en profiter…
C’est ce que se sont dit les inventeurs de toutes les religions, les rois et empereurs…
C’est ce que se sont dit les gens de pouvoir et d’argent aux USA…
Hitler n’est pas mort pour rien…

Prenons trois héros martiaux du panthéon américain de la Seconde Guerre mondiale : MacArthur, Eisenhower et Patton.
Ils font leur première apparition dans l’histoire américaine au printemps et à l’été 1932, alors que la colère des vétérans de la Première Guerre mondiale, qui se retrouvent au chômage sans pouvoir nourrir leurs familles, est à l’origine de la marche de la Bonus Army sur Washington.
Les anciens combattants, brandissant les certificats gouvernementaux qui leur garantissaient des indemnités (ou bonus), réclament qu’on les leur verse sur-le-champ tant ils en ont désespérément besoin.
Seuls ou accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants ; au volant de vieilles voitures épuisées ; en passagers clandestins à bord des trains de marchandises ou en auto-stop, ils arrivent de partout à Washington.
Des mineurs de Virginie-Occidentale ; des tôliers de Columbus (Géorgie) ; des chômeurs polonais de Chicago.
Une famille – le mari, la femme et leur enfant de trois ans – met trois mois, passant d’un train de marchandises à l’autre, pour venir de Californie.
Chief Running Wolf, un Mescalero sans travail, arrive du Nouveau-Mexique en costume traditionnel, avec arc et flèches.
Ils sont plus de vingt mille à camper sur l’autre rive du Potomac, en face du Capitole, dans les marais de l’Anacostia où, comme l’écrivit John Dos Passos : les hommes couchaient dans des abris faits de vieux journaux, de boîtes de carton, d’emballages, de plaques de fer-blanc ou de toiles goudronnées, bref, toutes sortes de constructions mal fichues, d’abris contre la pluie fabriqués à partir de ce qu’ils trouvaient dans la décharge municipale.
Le décret destiné à autoriser le paiement des fameuses indemnités est voté par la Chambre puis rejeté par le Sénat.
Certains vétérans, découragés, lèvent le camp.
La plupart restent sur place, les uns occupent des bâtiments officiels, les autres demeurent dans les marais de l’Anacostia.
Finalement, le président Hoover ordonne à l’armée de les chasser.
Quatre escadrons de cavalerie, quatre compagnies d’infanterie, une batterie de mitrailleuses et six tanks se regroupent près de la Maison-Blanche.
Le général Douglas MacArthur est chargé de l’opération, secondé par le major Dwight Eisenhower.
Parmi les officiers, un certain George Patton.
Après avoir fait parader ses troupes le long de Pennsylvania Avenue, MacArthur utilise les gaz lacrymogènes pour expulser les vétérans des vieux bâtiments qu’ils occupaient avant d’y mettre le feu.
L’armée traverse ensuite le pont pour rejoindre Anacostia.
Des milliers d’anciens combattants s’enfuient avec femmes et enfants pour échapper aux bombes lacrymogènes.
Les soldats incendient quelques baraques ; tout le campement est bientôt la proie des flammes… De MacArthur et de Patton, on n’entendra plus parler, politiquement parlant, quoiqu’on les présentera au monde comme des héros pour leurs faits d’armes durant la dernière grande guerre !…
Quant à Eisenhower, devenu chef des armées durant la guerre, puis promu président des Etats-Unis d’Amérique, son retour est l’occasion d’évoquer le rejet de la demande de grâce pour les époux Rosenberg ; l’expédition de milliers de soldats au Liban, qu’il lance, en 1958, pour s’assurer que le gouvernement pro-américain en place ne serait pas renversé par une révolution et pour conserver une présence armée dans cette région riche en pétrole et pour aider à l’implantation d’Israël…
Puis, au printemps 1960, l’autorisation secrète qu’il donne à la CIA d’armer et d’entraîner des exilés cubains anticastristes au Guatemala en vue d’une future invasion de l’île, un programme que mena à bien (si l’on peut dire) John F.Kennedy…

Tous pourris…
Une vision d’ensemble de la politique intérieure et étrangère des États-Unis, du débarquement de Christophe Colomb en 1492 aux plus étranges élections de toute l’histoire du pays (Bush) et à la dernière intervention militaire américaine sous la bannière de la guerre au terrorisme, les exemples abondent qui éclairent singulièrement les engagements américains de ces dernières années dans des guerres humanitaires :

— Les États-Unis sont responsables d’un atroce génocide, celui des améridiens (les indiens) natifs d’Amérique du Nord, chassés, pourchassés, tués, massacrés, hommes, femmes, enfants…, les rares survivants étant parqués comme du bétail humain dans des réserves…

— Les États-Unis se sont opposés, au début du xixe siècle, à la révolution que les Haïtiens avaient déclenchée contre la France pour obtenir leur indépendance…

— Les États-Unis ont provoqué une guerre avec le Mexique à l’issue de laquelle ils se sont emparés de la moitié du territoire mexicain…

— Sous prétexte d’aider Cuba à se débarrasser de la tutelle espagnole, les États-Unis s’y installent en imposant une base militaire, leurs investissements financiers et un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays. (Dans le mouvement, les États-Unis se sont également approprié Hawaii, Porto Rico et Guam)…

— Les États-Unis ont mené une guerre sans merci aux Philippins… En février 1899, les Philippins se soulevèrent contre les États-Unis, qui ont mis trois ans pour venir à bout de cette révolte, engageant 70.000 soldats et subissant des milliers de pertes au combat. Voici les propos du Président des USA en janvier 1900 devant le Sénat : Monsieur le président du Sénat, Messieurs les Sénateurs, la franchise est maintenant de mise. Les Philippines sont à nous pour toujours. Et à quelques encablures des Philippines se trouvent les inépuisables marchés chinois. Nous ne nous retirerons pas de cette région. Nous ne renoncerons pas à jouer notre rôle dans la mission civilisatrice à l’égard du monde que Dieu lui-même a confié à notre race. Le Pacifique est notre océan. Vers où devons-nous nous tourner pour trouver des consommateurs à nos excédents ? La géographie répond à cette question. La Chine est notre client naturel. Les Philippines nous fournissent une base aux portes de tout l’Orient. Nulle terre en Amérique ne surpasse en fertilité les plaines et les vallées de Lusón. Le riz, le café, le sucre, la noix de coco, le chanvre et le tabac… Le bois des Philippines peut fournir le monde entier pour le siècle à venir. L’homme le mieux informé de l’île m’a dit que sur une soixantaine de kilomètres la chaîne montagneuse de Cebu était pratiquement une montagne de charbon. J’ai ici une pépite d’or trouvée telle quelle sur les rives d’une rivière des Philippines…

— Les États-Unis, après avoir créé un embargo qui a entrainé une guerre de survie, ont atomisé Hiroshima et Nagazaki sachant que ces villes étaient exclusivement peuplées de civils, en majorité femmes et enfants, tout cela après avoir « ouvert » le Japon au commerce américain à grand renfort de navires de guerre et de menaces. Ils ont également instauré la politique de la « porte ouverte » en Chine, de manière à s’assurer de bénéficier des mêmes opportunités que les autres puissances impérialistes dans l’exploitation des ressources chinoises.

— Toujours pour maintenir la « porte ouverte », les États-Unis ont envoyé des troupes à Pékin pour affirmer avec d’autres nations la suprématie occidentale sur la Chine. Ces troupes étaient sur place depuis bientôt trente ans quand les États-Unis s’engageaient dans la Seconde Guerre mondiale.

— Alors qu’ils exigeaient que le marché chinois soit totalement ouvert au commerce, les États-Unis insistaient en revanche pour que l’Amérique latine reste un marché fermé à tous sauf aux États-Unis, évidemment. En bref si la motivation officielle de l’entrée en guerre des États-Unis fut jamais le souci de défendre le principe de non-intervention dans les affaires d’autrui, l’histoire du pays permettait déjà de douter de leur compétence en ce domaine dès avant 1940…

Quelle autre intervention désintéressée trouvons-nous à la suite de l’indubitable Seconde Guerre mondiale ?

– Ni en Grèce en 1947 pour aider les Britanniques à contrôler une guérilla de gauche qui se développe contre la dictature de droite qu’ils y ont instaurée. – Ni en 1950 en Corée dans une guerre qui fit deux millions de morts.
– Ni en 1953 en Iran, où un coup d’État orchestré par la CIA installe le Chah.
– Ni en 1954 au Guatemala, où des mercenaires, entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua, renversent, avec l’aide de l’aviation américaine, le gouvernement le plus démocratique que le Guatemala ait jamais connu. – Ni en 1958 au Liban.
– Ni en 1961 à Cuba, où plus de mille exilés cubains, armés et entraînés par la CIA, débarquent dans la Baie des Cochons avec l’espoir de provoquer une rébellion contre le gouvernement castriste. – Ni entre 1961 et 1972 au Vietnam, et au Laos et Cambodge puis en Indonésie et en République dominicaine.– Ni dans les années 1970 et 1980, dans divers coins du Proche-Orient, au Chili puis Salvador et au Nicaragua et sur la minuscule île de la Grenade… J’en passe…

Puis nous voilà en 1991, quand les États-Unis volent au secours de la souveraineté du Koweït et déclarent la guerre à l’Irak, ce qui officiellement serait sans rapport avec le contrôle d’une partie des ressources pétrolières du Golfe ?
Et tout de suite en 1999, avec la première guerre « humanitaire officielle » des États-Unis : le bombardement en mars 1999, par l’OTAN, du Kosovo et de la Serbie. Demandons-nous encore une fois si la motivation officielle de l’entrée en guerre des États-Unis fut jamais le souci de défendre un quelconque principe moral, en ce compris l’arrivée des USA soi-disant pour libérer l’Europe du Nazisme, alors que c’était pour remplacer le nazisme : l’histoire du pays permet de douter de leur compétence en ce domaine… Quant à l’histoire intérieure, elle développe tout au long des siècles une variation sur le thème de la division des intérêts des dominés, du développement des fragmentations sociales dans un pays où les distinctions de classe recoupent celles des origines nationales, des races et des sexes.
Cet usage habile, par le pouvoir, de l’opposition des dominés, culmine avec le système du bipartisme, qui s’installe à la tête de l’État fédéral dès l’Indépendance… et la gestion des conflits par la nature double de l’État fédéral-national, qui prend chaque fois le partie des plus riches, y compris au mépris de la loi même.Prenons trois exemples.
Ce modèle de gestion de l’ordre social prend forme dès la période pré-révolutionnaire et fut appliqué dans la mise en place de la rhétorique indépendantiste.
Quel problèmes se posent alors aux élites américaines : mater les rébellions populaires ; détourner les paysans en mal de terre d’une alliance avec les Anglais ; canaliser la résistance aux impôts de la Couronne ; accorder aux ouvriers spécialisés et aux artisans des concessions économiques et des libertés politiques qui ne remettent pas en cause les structures de classe.

Ainsi, les terres confisquées aux propriétaires fidèles aux Anglais sont redistribuées de manière à fournir une double opportunité aux chefs révolutionnaires.
Autrement dit : S’enrichir, eux et leurs amis… et distribuer des lopins aux petits fermiers afin de s’assurer de leur soutien le plus large au nouveau régime politique.
Cette attitude va devenir une des principales caractéristiques de la nouvelle nation.
Une nation si extraordinairement riche qu’elle pouvait produire la classe dirigeante la plus fortunée qu’on a jamais vue tout en conservant assez de moyens pour satisfaire une petite bourgeoisie destinée à servir de digue entre les plus fortunés et les plus pauvres. Résumons ainsi la nature sociale de la Révolution dixit Georges Washington : Le fait que les milieux les plus humbles aient participé à la bataille ne doit pas masquer que cette bataille était globalement une lutte pour les fonctions et le pouvoir opposant les membres d’une même classe fortunée : les nouveaux contre les anciens.
Avant comme après, l’homme le plus riche d’Amérique était Georges Washington… et les conditions de vie des pauvres blancs sont restées quasiment inchangées.Le chef de l’armée d’indépendance résume cette situation : Des fermiers à qui leurs propriétaires avaient promis l’accession à la propriété, mais qui, enrôlés, ont découvert que leur solde n’était pas loin de 10 fois inférieure à celle des officiers qui ont assisté à l’enrichissement des fournisseurs officiels de l’armée, ont créé problèmes, vite matés par les baionnettes.
On voit là les prémisses d’une tradition américaine qui produit les fameux barons voleurs, ces rois de la banque et du rail qui ont refondé le capitalisme au cours du xixe siècle.
La banque Morgan, l’une de celles qui prêtent de l’or à l’État a été la banque typique des « barons voleurs »… : Pendant la guerre de Sécession, Morgan achète à un arsenal militaire 5.000 fusils à 3,5 dollars pièce, qu’il revend à un général 22 dollars chaque.
Ces fusils défectueux auraient arraché le pouce de tout soldat qui s’en serait servi.
Le fait est signalé dans un obscur rapport du Congrès, mais il se trouve un juge fédéral pour objecter que cet échange commercial s’appuyait sur un contrat juridiquement valide.
En fait, le fameux « peuple » dont il est question dans la Constitution (Nous, le peuple des États-Unis, expression dont les Américains sont redevables au très riche gouverneur Morris) ne comprend ni les Indiens, ni les Noirs, ni les femmes, ni même les serviteurs sous contrat… L’abolition de l’esclavage est une bonne illustration du contrôle d’un progrès social inévitable.
En 1860, quand le Sud produit un million de tonnes de coton par an, le nombre des esclaves atteint quatre millions.
Constamment en proie aux révoltes et aux conspirations, les États esclavagistes du Sud avaient développé un réseau d’outils de contrôle qui s’appuyait sur les lois, les tribunaux, les forces armées et le préjugé raciste des responsables politiques de la nation.
Seuls un soulèvement général des esclaves ou une guerre généralisée auraient pu abattre un système aussi solidement étayé.
Mais un tel soulèvement risquait de se révéler incontrôlable et de libérer des forces qui pourraient s’en prendre, au-delà de l’esclavage, au système d’enrichissement capitaliste le plus efficace du monde.
En cas de guerre généralisée, en revanche, ceux qui la conduiraient pourraient en maîtriser les conséquences.
Aussi est-ce Abraham Lincoln et non John Brown qui affranchit finalement les esclaves.
En 1859, John Brown fut pendu avec la complicité des autorités fédérales pour avoir tenté de faire, par un usage somme toute modéré de la violence, ce que Lincoln ferait quelques années plus tard après un déchaînement de violence généralisé.
L’abolition de l’esclavage se faisant sur ordre du gouvernement, sous la formidable pression, il est vrai, des Noirs, libres et esclaves et des Blancs abolitionnistes, elle pouvait être orchestrée de manière à ce que l’émancipation reste limitée.
Cette libération « venue du haut » ne pouvait dépasser les bornes fixées par les intérêts des groupes dominants.
Mais, portée par la dynamique de la guerre et la rhétorique de la croisade, elle pouvait être ramenée vers un cadre encore plus sûr.
Si l’abolition de l’esclavage entraîna, en effet, une reconstruction nationale sur les plans économique et politique, ce ne fut pas une reconstruction radicale mais une reconstruction sécurisante… et surtout rentable.Rapprochons-nous de la période contemporaine.
À la fin du XIXième siècle naît au Texas un rassemblement de fermiers qui aboutit à la formation d’un mouvement populaire qui débouche sur la formation d’un troisième parti qui…
Mais comment cela a-t-il commencé ?
Existait alors un système qui permettait aux fermiers d’emprunter aux fournisseurs leurs marchandises mais à un tel taux d’endettement que tout remboursement était souvent impossible…
90 % des fermiers du Sud étaient endettés.
C’est comme si les États-Unis avaient expérimenté chez eux le système de la dette du tiers-monde…

Deux histoires pour illustrer la situation :
– Un fermier blanc de Caroline du Sud achète entre 1887 et 1895 pour 2.681,02 dollars de produits à un fournisseur. Comme il ne peut lui rembourser que 687,31 dollars, il lui donne finalement sa terre.
– Entre 1884 et 1901, Matt Brown, un fermier noir de Black Hawk (Mississippi), s’approvisionne auprès du magasin Jones, s’endettant de plus en plus. Pour finir, son nom est mentionné une dernière fois dans le livre de comptes du fournisseur, en 1905, pour l’achat d’un cercueil.En 1886, après une série de révoltes contre ce système, des fermiers blancs se réunissent pour fonder la première Farmers Alliance.
Des centaines de milliers de fermiers forment des coopératives, achètent du matériel en gros pour obtenir des prix plus bas, mettent leur coton en commun et le vendent via les coopératives.
En 1892, des porte-parole de l’Alliance visitent 43 États et s’adressent à près de 2 millions de familles.
Il s’agit déjà alors de la plus importante tentative d’organisation menée par un groupe de citoyens américains du xixe siècle.
Le mouvement dépasse 400.000 membres ; les expériences se développent : un système monétaire parallèle, des garanties coopératives agricoles pour assurer les fermiers contre la perte de leur récolte, etc.
Ce projet ne pouvant être repris par aucun des deux principaux partis, les Alliances créent le parti du Peuple (ou parti populiste), qui obtient bientôt des membres au Congrès, un gouverneur en Géorgie et au Texas, etc.
Mais trois problèmes majeurs se présentent : le maintien de la politique aux mains des caciques habituels (qui ne furent jamais mis en danger) ; la question raciale (un blocage constant malgré le caractère unique de l’expérience populiste du rapprochement des races notamment dans le Sud) ; l’alliance fermiers-travailleurs (qui n’aboutit jamais malgré la prédominance de la question économique).
Après de sérieux échecs sur ces points, le piège du suffrage électoral se referme sur les Populistes : rallié au parti démocrate aux élections présidentielles de 1896, le Populisme finit par se perdre dans les méandres de la politique démocrate.
Si les démocrates l’emportent, le Populisme est absorbé.
Si les démocrates perdent, il se désintègre.
Comme lors de la plupart des périodes électorales américaines, il faut raffermir le système après des années de contestation et de révolte.

Lorsqu’un mouvement de masse relativement menaçant se développe, le système bipartisan est prêt à envoyer une de ses colonnes (une fois les démocrates, une fois les républicains) pour le circonvenir et en extirper toute vitalité.
Et, toujours le même outil pour noyer le ressentiment de classe sous un flot de slogans d’unité nationale…
L’acte suprême de patriotisme restant la guerre, deux ans après l’élection de McKinley à la présidence, les États-Unis déclarent la guerre à l’Espagne.
En 1897, Theodore Roosevelt avait écrit à un ami : Entre nous, j’accueillerais avec plaisir n’importe quelle guerre tant il me semble que ce pays en a besoin. Mais si la guerre et le chauvinisme peuvent différer la colère de classe inspirée par les dures réalités de la vie quotidienne, elles ne peuvent la faire disparaître complètement.

À l’orée du XXième siècle, cette colère éclate de nouveau.
Emma Goldman, militante anarchiste et féministe, s’adresse ainsi à la foule au cours d’un rassemblement organisé quelques années après la guerre hispano-américaine : Comme nos cœurs se soulevaient d’indignation devant ces cruels Espagnols !  Mais lorsque la fumée fut dissipée, que les morts eurent été enterrés et qu’il revint au peuple de supporter le coût de cette guerre par la hausse des prix des produits de première nécessité et des loyers – c’est-à-dire quand nous sommes sortis de notre ivresse patriotique –, il nous est soudainement apparu que la cause de la guerre hispano-américaine était le prix du sucre et que les vies, le sang et l’argent du peuple américain avaient servi à protéger les intérêts des capitalistes américains.

Pareil que la guerre en Irak…, dans quelques années on lira la même chose !
Les États-Unis allaient bientôt connaître le défi socialiste.
Il était temps que le pays se lance dans la Première Guerre mondiale…
Et la demande de certains Lobbying Juifs désireux que les Etats-Unis d’Amérique entrent en guerre aux cotés des Britaniques contre les Allemands en échange de leur céder la Palestine, tombera au mieux…, les Américains et les Anglais croyant qu’il n’y avait pas de pétrole en Palestine…
Dès qu’ils se sont aperçu que Gaza regorgeait de gaz, ils ont organisé un génocide puis fermé les yeux sur son application par Israël…
Le temps de tout pomper, on tire la paix en longueur…  Finalement, qu’est-ce que dessine ce long parcours historique ?
La permanence de la résistance des petites gens ; l’adaptabilité des techniques de contrôle social ; l’incertitude et la nécessité du combat dans un système où les jeux ne sont jamais faits.
En fait, quand on rend compte de la vie du plus grand nombre, l’histoire n’est plus qu’une histoire de révolte, de résistance, d’avancées libératrices et de répressions.
On voit s’opérer l’affrontement de deux constantes, irréductibles et antagonistes : d’une part, l’inépuisable capacité de résistance d’hommes et de femmes en apparence impuissants et résolus de leur sort ; de l’autre, les ressources infinies d’un système de contrôle, le plus ingénieux système de contrôle de l’histoire du monde : le capitalisme. Comprenant cela, la fausse opposition, sur fond de nationalisme, entre pro- et anti-américanisme, cette opposition qui fait couler tant d’encre de presse réactionnaire, du Monde au Figaro, prend une tout autre signification.
L’américanisme et l’antiaméricanisme ne sont plus que, d’un côté, l’admiration de la mise au pas d’un peuple par le capitalisme d’État et, de l’autre, le refus de cette gestion et de ses valeurs !Il est facile de comprendre qu’avec une telle présentation et un tel propos, il ne sera pas facile de se voir acclamer dans les lieux officiels de l’idéologie officielle, qui n’a aucun intérêt à faire savoir que l’histoire du monde n’a pas toujours été celle du seul monde possible que l’on nous fait !

IL Y A UN SIÈCLE, L’ÉTAT AMÉRICAIN ÉTAIT (DÉJÀ) LA PROVIDENCE DES RICHES !
Les nombreux scandales financiers de ces derniers mois aux Etats-Unis ont rappelé à certains Américains la période de la fin du XIXième siècle marquée par la dictature économique et sociale des barons voleurs (J.P. Morgan, Rockefeller, Ford, etc.)
A l’époque, la présidence, le Congrès, la Cour suprême et les deux principaux partis, tous étroitement liés aux trusts industriels et financiers, avaient dû sévir pour sauver la réputation du système et garantir sa stabilité.
En  cette période, le capitalisme ne cessait d’avoir recours à l’Etat, en particulier pour réprimer les soulèvements sociaux. Dans les manuels d’histoire américains, on trouve peu de traces des conflits de classes du XIXième siècle.
Les périodes qui précèdent et suivent la guerre de Sécession (1860-1865) ne sont abordées que sous l’angle des questions politiques, électorales ou raciales.
Même lorsqu’ils traitent des rapports sociaux et de l’économie, ces manuels se concentrent sur la fonction présidentielle et perpétuent ainsi la traditionnelle focalisation sur les héroïques dirigeants, aux dépens des luttes populaires.

Alexis de Tocqueville s’est déclaré étonné par l’égalité presque complète des conditions chez les Américains.
Son ami Beaumont rappelle qu’il n’était pas fameux en calcul.
A Philadelphie, on comptait en moyenne cinquante-cinq familles ouvrières par immeuble et le plus souvent une seule pièce par famille, sans collecte des ordures, sans toilettes, sans aération et sans point d’eau.
L’eau courante pompée dans la Schuylkill River était exclusivement destinée aux demeures des riches.
A New York, on pouvait voir des êtres misérables dormir à même le pavé.
Dans les taudis, il n’existait aucun système d’évacuation des eaux usées, qui, après s’être répandues dans les arrière-cours et les ruelles, s’écoulaient dans les caves où logeaient les plus pauvres parmi les pauvres.
La ville connut une épidémie de typhoïde en 1837 et une épidémie de typhus en 1842.
Lors de l’épidémie de choléra qui frappa Philadelphie en 1832, les riches désertèrent la ville, mais les pauvres y moururent en grand nombre.

Dans tous les secteurs industriels, des hommes d’affaires astucieux et efficaces bâtissaient des empires, se débarrassaient de la concurrence, maintenaient des prix élevés et des salaires bas, profitaient du soutien financier des pouvoirs publics.

C’est d’abord aux industriels que l’Etat dispensa sa providence.
Au tournant du XXe siècle, American Telephone and Telegraph détenait le monopole du réseau téléphonique national et International Harvester détenait 85 % du marché du matériel agricole.
Dans tous les secteurs, les ressources étaient de plus en plus concentrées et contrôlées.
Les banques possédaient des intérêts dans de si nombreux trusts qu’elles purent promouvoir un réseau de grands patrons simultanément membres des directoires des autres entreprises.
Selon un rapport sénatorial du début du XXe siècle, Morgan, au sommet de sa gloire, siégeait dans quarante-huit conseils d’administration, Rockefeller dans trente-sept.Prétendument neutre, l’Etat servait les intérêts des plus riches, réprimait la révolte des plus défavorisés et adoptait des politiques destinées à garantir la stabilité du système.
Quand le démocrate Grover Cleveland se présenta à la présidence en 1884, on pensait qu’à l’inverse du Parti républicain, dont le candidat défendait les riches, il s’opposerait aux pouvoirs des monopoles et des grandes entreprises.
Mais quand Cleveland fut élu, un des grands patrons de l’époque lui télégraphia qu’il avait le sentiment que les intérêts de l’élite des milieux d’affaires seraient, avec lui, entre de bonnes mains.
Il ne se trompait pas.
Cleveland lui-même avait tenu à rassurer les industriels : Aussi longtemps que je serai président, aucune mesure administrative ne portera tort aux intérêts des milieux d’affaires. Le transfert de l’exécutif d’un parti à un autre ne signifie pas de sérieux bouleversements.

La campagne avait ressemblé aux autres : même volonté de dissimuler les ressemblances fondamentales entre les deux partis en insistant sur la personnalité des candidats, les ragots et autres broutilles.
Henry Adams, observateur impitoyable de son époque, écrivit à l’un de ses amis que la vie politique était encore plus drôle qu’on ne saurait le dire. Le plus amusant, c’est que personne ne traite des vrais problèmes. La presse s’est lancée dans un débat hilarant pour savoir si M. Cleveland a un fils illégitime et plus d’une maîtresse.En 1887, alors que le Trésor américain était en excédent, Cleveland opposa son veto à un décret qui prévoyait d’octroyer 100.000 dollars aux fermiers du Texas victimes de la sécheresse. En de telles occasions, déclara-t-il, l’aide fédérale encourage l’attente d’un soutien gouvernemental paternel et nuit à la vigueur du caractère national.
La même année, Cleveland utilisa cet excédent en or pour payer 28 dollars au-dessus de leur valeur des obligations détenues par des individus qui, eux, n’étaient pas dans le besoin.Le républicain Benjamin Harrison succéda à Cleveland entre 1889 et 1893.
Il fut décrit en ces termes par The Politicos, étude pittoresque des années qui suivirent la guerre de Sécession : Harrison avait la particularité unique d’avoir servi les compagnies ferroviaires en qualité tant d’avocat que de soldat. Après avoir organisé et commandé un détachement de soldats pendant la grève de 1877, il avait poursuivi les grévistes devant la justice fédérale.
Votée en 1890, la loi Sherman antitrust était censée protéger les échanges et le commerce contre les concentrations illégales et interdire la constitution de toute alliance ou coalition destinée à porter atteinte aux échanges entre les Etats ou au commerce international.
Le rédacteur de la loi expliqua : Certes, il y avait aussi des monopoles autrefois, mais jamais de la taille des géants actuels. Vous devez entendre la voix des adversaires ou vous aurez le socialisme, le communisme, le nihilisme.
Quand Cleveland fut réélu président en 1892, le grand magnat Andrew Carnegie, alors en Europe, reçut cette lettre du directeur général de ses aciéries : Je suis désolé pour le président Harrison, mais je ne vois pas en quoi nos intérêts pourraient être affectés par ce changement d’administration.

Drapée dans la robe noire et austère de la justice, la Cour suprême servait, elle aussi, l’élite dirigeante.
Pouvait-elle en être indépendante, elle dont les membres, souvent d’anciens hommes de loi issus des plus hautes sphères de la société, étaient nommés par le président et confirmés par le Sénat ?
En 1893, l’un d’eux, le juge David J. Brewer, déclara à l’Association du barreau de l’Etat de New York : C’est une loi constante que la richesse de l’ensemble de la communauté réside entre les mains du petit nombre.  La grande majorité des hommes sont incapables de supporter ce sacrifice permanent qui seul permet d’accumuler les richesses. Ainsi, demain comme hier – à moins que la nature humaine ne soit profondément remodelée -, la richesse de la nation demeurera entre les mains de quelques élus tandis que la masse des autres subviendra à ses besoins par son labeur quotidien.

En 1895, la Cour suprême estima que la loi Sherman n’interdisait pas un monopole dans les raffineries de sucre dès lors qu’il s’exerçait dans le domaine de la production, pas dans celui du commerce.
En revanche, la loi permit de réprimer les grèves touchant plusieurs Etats à la fois, car, là, il s’agissait d’une entrave au commerce.
Une timide tentative parlementaire destinée à augmenter l’imposition des hauts revenus fut jugée inconstitutionnelle.
En 1895, un banquier new-yorkais portait ce toast à la Cour suprême : Je vous salue, gardiens du dollar, défenseurs de la propriété privée, ennemis des spoliations, garants de la République.

Dans les années 1880-1890, les immigrants venus d’Europe affluèrent.
Entre eux, la concurrence économique était acharnée.
Importés par les compagnies ferroviaires pour exécuter les travaux les plus ingrats en échange d’un salaire de misère, les immigrants chinois représentaient près du dixième de la population californienne en 1880.
Ils furent l’objet de violences ininterrompues.
Le romancier Bret Harte rédigea l’épitaphe d’un nommé Wan Lee : Il est mort, très chers amis. Mort. Lapidé dans les rues de San Francisco, en l’an de grâce 1869, par une foule d’adolescents et d’écoliers chrétiens.
A Rock Spring (Wyoming), des Blancs attaquèrent cinq cents mineurs chinois au cours de l’été 1885, massacrant de sang-froid vingt-huit d’entre eux.

Bien que groupusculaire et déchiré par les disputes internes, le Socialist Labor Party, fondé en 1887, contribua à la syndicalisation des travailleurs étrangers.
A New York, les socialistes juifs publiaient un journal.
A Chicago, les révolutionnaires allemands, en collaboration avec certains Américains radicaux, fondaient des clubs réclamant la révolution sociale.
En 1883, un congrès anarchiste se tint à Pittsburgh.
Son manifeste affirmait : Toutes les lois sont dirigées contre les travailleurs. Même l’école ne sert qu’à cultiver chez les rejetons des riches les capacités nécessaires au maintien de leur domination de classe. Les enfants des pauvres reçoivent à peine un enseignement élémentaire et formel, principalement destiné à promouvoir les préjugés, l’arrogance et la servilité, bref, la plus complète insensibilité. L’Eglise cherche avant tout à transformer les individus en parfaits imbéciles et à les détourner de la quête du paradis sur terre en échange d’une imaginaire félicité céleste. De son côté, la presse capitaliste entretient la confusion des esprits en ce qui concerne la vie politique. Les travailleurs ne doivent donc attendre aucune aide des agents capitalistes dans leur lutte contre le système en place. Jamais aucune classe privilégiée n’a abdiqué volontairement sa tyrannie.
Ce manifeste, qui exigeait également des droits égaux pour tous sans distinctions de sexe ou de race, reprenait le Manifeste du parti communiste : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Tous ces groupes révolutionnaires entre lesquels existaient bien des divergences de doctrine furent souvent contraints de s’entendre lors des très nombreux conflits du travail des années 1880.Au début de l’années 1886, Texas & Pacific Railroad licencia un responsable de l’assemblée locale des Chevaliers du travail.
Une grève s’ensuivit, qui s’étendit bientôt à tout le sud-ouest des Etats-Unis, limitant sérieusement le trafic ferroviaire jusqu’à Saint Louis et Kansas City.
Neuf jeunes gens, recrutés à La Nouvelle-Orléans pour assurer le maintien de l’ordre et la protection des biens de la compagnie, refusèrent de poursuivre leur mission.
Ils déclarèrent : En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons accepter de travailler pour ôter son pain de la bouche à autrui, y compris si ce même pain devait nous être refusé.
Arrêtés à la demande de la compagnie ferroviaire pour abus de confiance, ils furent condamnés à trois mois d’emprisonnement.
Les grévistes se lancèrent alors dans le sabotage.
Une dépêche en provenance d’Atchison (Kansas) annonçait : Au matin, les surveillants de la rotonde du Missouri Pacific Railroad se sont fait surprendre par une quarantaine d’hommes masqués. Les gardes ont ensuite été réunis dans la réserve par un petit groupe d’hommes armés de pistolets, tandis que les autres endommageaient gravement douze locomotives garées dans les hangars.En avril 1886, une bataille rangée entre policiers et grévistes éclata dans les quartiers est de Saint Louis, faisant sept morts parmi les manifestants.
En guise de représailles, les grévistes incendièrent les entrepôts de la compagnie ferroviaire Louisville & Nashville.
Le gouverneur décréta la loi martiale et dépêcha sur place sept cents soldats de la garde nationale.
Soumis aux arrestations massives, à la violence des shérifs et de leurs adjoints, abandonnés par les travailleurs plus qualifiés et mieux payés des confréries de cheminots (Railroad Brotherhoods), les grévistes ne purent pas tenir plus longtemps.
Ils renoncèrent après quelques mois de lutte.
Nombre d’entre eux figurèrent sur des listes noires !

Le 1er mai 1886, l’American Federation of Labor (AFL), fondée cinq ans auparavant, appela à la grève nationale partout où la journée de huit heures avait été refusée.
A Chicago, au Haymarket, un détachement de policiers s’avança pour ordonner aux orateurs de faire cesser la réunion.
L’orateur répliqua que c’était presque fait.
C’est alors qu’une bombe explosa au milieu des policiers, faisant soixante-six blessés dont sept allaient décéder.
La police répliqua en tirant sur la foule, faisant à son tour plusieurs morts et quelque deux cents blessés.
Huit responsables anarchistes de Chicago furent arrêtés.
Seul un d’entre eux était présent au Haymarket ce soir-là.
Le jury les jugea coupables et les condamna à mort.
Des manifestations eurent lieu en France, aux Pays-Bas, en Russie, en Italie et en Espagne.
A Londres, George Bernard Shaw, William Moriss et Pierre Kropotkine participèrent à un rassemblement de protestation.
Shaw avait réagi ainsi au rejet de l’appel par la Cour suprême de l’Illinois : Si le monde doit absolument perdre huit de ses habitants, il serait bon qu’il s’agisse des huit juges de la Cour suprême de l’Illinois.Un an après le procès, quatre des anarchistes condamnés – Albert Parsons (imprimeur), August Spies (tapissier), Adolph Fischer et George Engel – furent pendus.
Louis Lingg, un jeune charpentier de vingt et un ans, se suicidait dans sa cellule avec un bâton de dynamite.
Les trois autres restèrent en prison avant d’être graciés.
Dans tout le pays, on organisa chaque année des manifestations à la mémoire des martyrs du Haymarket.
Beaucoup plus tard, en 1968, un groupe de jeunes radicaux fit sauter le monument de Chicago dédié aux policiers tués en 1886.

Vivent les valeurs de l’Amérique…, les valeurs pour lesquelles on envoie des jeunes hommes et jeunes femmes se faire tuer ou estropier en Afghanistan, en Irak…, des valeurs pour lesquelles ont été votées les lois liberticides du Patriot Act et créés les camps d’internement FEMA en attente des millions de martyrs, citoyens américains, qui finiront par se révolter…

Comment peut-on attirer du monde autour d’une idée si on n’a pas d’idée ?

Les gens confrontés à ce souci disent : « Il faut faire quelque chose« …
Oui mais quoi ?
Le comble de la folie c’est quand, à force de vouloir faire « quelque chose » pour que « ça change« , sans savoir ni comprendre, les gens font n’importe quoi, puis dépriment, avant de se retrancher dans « quelque chose » qui pense pour eux !
Regardez, par exemple, « les marches blanches« …
Des dizaines voire une centaine de milliers de gens, travestis en blanc, qui allaient marcher (en rond) pour « que ça change« …
La seule idée était qu’il fallait que « ça change« , mais sans savoir quoi ni comment…
Résultat, tout est encore pire qu’avant…, les politiciens ont récupérés le n’importe quoi et les « quelques-choses » en un renforcement de l’appareil policier…
Les gens n’ont rien eu d’autre que d’être mieux surveillés et réprimés… mais la pédophilie existe toujours… il y a toujours autant de disparitions d’enfants…
Regardez le monde…
Des millions de gens hurlent que le terrorisme doit cesser parce qu’on leur dit qu’il y a de méchants terroristes qui vont tout faire sauter jusque dans leur salon IKéa ou Total Confort Carrefour…
Quelques pétards, deux tours qui étaient programmées à être détruites… et le monde part en guerre contre le terrorisme…, la belle affaire !
Résultat, les polices renforcées, des lois sécuritaires liberticides… et nos sociétés en route vers un Nouvel Ordre Mondial despotique, une société totalitaire qui reprend « le meilleur » du Nazisme…
A chaque fois que les gens doutent, on sort quelques photos de loqueteux avec des pétoires d’un autre âge à qui on fait dire sur une bande son non-syncronisée (et non syncronisable) : « Mort à l’occident, on va tous vous exploser, chiens d’occidentaux« …
Plutôt que rire d’une aussi mauvaise comédie, les gens ont peur parce que les médias aux bottes des gouvernements entretiennent la peur du grand n’importe quoi…
La grande route vers un nouveau Nazisme qui ne dit pas son nom, ou les droits sont bafoués, ou une Ministre de la justice qui n’a que la répression en tête veut qu’on jette les enfants de 12 ans en prison et que c’est normal…
Et que font les gens…?
Rien !
Ils restent là, bélant ce qu’on leur dit de bèler…
En finale, on leur fait les poches, aux gens, les banques leur prennent tout et plus encore, après que des vedettes de la chansonnettes leur ont pris des montagnes en concerts de la paix qui ne va que dans leurs banques situées dans des paradis fiscaux…
Les gens continuent de béler…
Rien ne va plus, mais on continue de nous faire croire en plein « de choses« , oui mais quoi ?
Des « mauvaises choses« … et revoilà quelques arabes en guenilles qu’on nous montre en vidéos, en Télé de propagande, qu’on titre de terroristes qui vont détruire le monde… qu’il faut détruire, éradiquer, avant qu’ils n’éradiquent nos sociétés…, et on les bombarde, hommes, femmes enfants, brûlés, déchiquetés, écrasés…
Et nous, on bouffe de la merde en réveillon et en cotillons en traitant les images montrées en boucle de « sales arabes« …
L’Europe est tellement minable que ses demandes de cessation du massacre ne sont pas même écoutées, Israël faisant comme un doigt d’honneur au reste du monde, impuissant, mais qui s’en f….
Souvenez-vous de l’après-réveillon des gueules de bois…
On en était à 500 morts et 2.000 blessés graves à Gaza, sans vrais soins possibles, hommes femmes, enfants… qu’on qualifiait toujours de terroristes…
On attendait la fin, la solution finale en chars lourds et bulldozer pour écraser toutes les maisons et ensevelir ces gens sous les gravats de l’indifférence…

Voilà…
Les gens voulaient que « ça bouge« … que « ça change« …, les gens voulaient qu’on fasse « quelque chose« …
Comme d’habitude on a fait n’importe quoi…
Oui mais quoi ?
Circulez, y a rien eu à voir, mais personne n’a oublié d’acheter le gâteau pour « la fête des rois« , pour avoir la « fêve » et devenir le roi des abrutis…
Faut que « ça change« …
Faut faire « quelque chose« …
Non ?
Oui, mais quoi ?