Koenigsegg, Ha-Karl et Brennivin..., la grande tradition Viking !
Koenigsegg, Ha-Karl et Brennivin..., la grande tradition Viking !


Maintenant que www.GatsbyOnline.com  affiche des des dizaines de millions de membres-visiteurs, les constructeurs se re-souviennent de moi, du temps de mes magazines Chromes&Flammes, Calandres et Auto-Folies, pour n'en citer que trois, et me pressent d'accepter quelques cadeaux et divers essais.
Je suis donc parti pour un petit voyage de presse-automobile...
Un de ces voyages comme seules quelques marques, dont les réalisations ne visent que la crème de la mousse du Cappuccino, savent en concocter.
Vol en première classe, champagne (8/10, généralement le champagne des compagnies aériennes est de bonne qualité) à l’œil durant le voyage, déjeuner de bonne tenue.
Transfert de l’aéroport à l’hôtel (un 5 étoiles sinon rien, la présence d’un "spa" est un indéniable plus pour la qualité de l'article) en navette privée et un planning pas trop chargé, mais pas trop vide non plus.
Bref, si organiser un voyage de presse demande talent et doigté, y participer demande certains efforts.



Cette fois la destination était plutôt attirante : le bout du monde (ça change de certaines destinations industrielles vues et revues…).
Le but (il en faut bien un) : tester une Koenigsegg. 
Cinq journaleux faisaient partie de "mon" voyage.
Je suis arrivé en fin de matinée à l’hôtel avec ces 5 journaleux hébétés, un très beau 5 étoiles, où le staff du constructeur nous a remis un très beau package comprenant un manteau en fourrure locale pour donner en cadeau à nos compagnes (où seule était brodé en petit et ton sur ton le nom de ladite marque), un parapluie (là aussi à l’effigie de la marque), un ordinateur portable contenant tout le nécessaire à la réalisation d'un reportage "positif" et le kit du parfait touriste (guide local, histoire du pays…).



Après un bref passage dans la chambre pour déposer mes affaires, je suis descendu au bar retrouver les 5 journaleux dans les grands salons de l’hôtel, pour nous entendre donner un petit briefing.
Un vaste circuit de 200 kilomètres avait été prévu dans les environs afin que nous puissions tester les 2 voitures d'essai...
Je n'ai rien dit à personne, mais mon choix était fait, je prendrais la grise et laisserais la rouge aux 5 journaleux...
Après remise du road book (le circuit en détail) nous nous sommes tous dirigés vers les voitures garées devant l’hôtel.



J'ai pris la grise, ils n'avaient qu'à se contenter de la rouge...
Pas de jaloux !
Et c’est parti pour 30 kilomètres, le temps, pour moi et un des 5 journaleux, de rejoindre un restaurant gastronomique ou nous attendait l'attachée de presse de Koenigsegg.
Première pause.
Bien méritée, quoique....
Je ne vous épargnerais pas le menu, un extraordinaire "Ha-Karl" servi spécialement pour les deux intrépides journalistes-essayeurs que nous étions, et cela dans le respect des traditions locales, à savoir le Thorrablot...



Puisque j'ai du le subir, inclus dans le programme d'essai..., je vous en livre ci-après la recette descriptive !
Thorrablot est une fête dans la grande tradition Viking du IX ième siècle.
En poussant la porte du restaurant, une drôle d'odeur m'a pris les bronches, mate, oppressante, aigrelette avec un fond ammoniaqué, mon collègue, épouvanté voulait continuer jusqu'à un bordel qu'on lui avait renseigné et situé un pneu plus loin.
Mais, je lui ai parlé de déontologie professionnelle, l'obligeant à subir l'épreuve jusqu'au bout, afin de remercier l'attachée de presse pour les cadeaux reçus.



De rudes gaillards et les serveuses habillées en filles de Thör, nous ont emmené en chantant des airs indéfinissables vers le buffet qui dégageait des effluves pestilentielles.
C'était le plat principal, le "Ha-Karl", du requin pourri dont l'odeur tient de celle du bac de chat.
"Il est mis en terre durant 4 mois" m'a précisée l'attachée de presse de Koenigsegg, "et les hommes de la région doivent pisser dessus chaque jour pour le garder tiède".
Le goût, car j'ai fait honneur au plat, est horrible, j'ai du boire plusieurs pichets de "Brennivin", pour faire passer cette impression de vomi.
Le "Brennivin" est une boisson typiquement locale à base de poisson séché, avec de la vodka et du gin parfumé au cumin, appelée "La mort noire"....
Après ces ripailles, j'ai du prendre le dessert, un pudding de foie de mouton et de poisson chat séché dans lequel marinent des testicules saurs, d'une consistance de ris de veau d'un goût argileux et sûret.
Autour de moi, les quelques rudes gaillards se sont mis à brailler en empoignant les filles de Thör..., tout en chantant : "Il fait si froid dehors que notre sperme va geler dans nos bourses...."
Je vous l'avoue, c'était dégueu...



L'attachée de presse de Koenigsegg m'a avoué : "Les traditions se perdent car mis-à-part les journalistes-essayeurs et quelques touristes égarés, plus personne d'ici ne veut plus manger ce plat national".
Alors, j'ai eu une idée à l'intention des femmes stressées et déprimées de ce site qui doivent subir les réceptions d'amis ou inviter des importuns voire la belle mère aux dîners de leur mari...
Faites "Thorrablot" pour eux, préparez du "Ha-Karl" et faites le manger en soignant et expliquant les détails suaves de préparation...
Vous aurez la paix, serez invitées dans les meilleurs restaurants pour que vous n'ayez l'audace de refaire la même chose ....
Bon appétit...



Après ce repas, seulement arrosé de 6 grands pichets de "Brennivin", je suis reparti sur les routes locales, suivi comme un chien fou mais affectueux, par le seul des 5 journaleux intrépides.
Décontracté, tranquille, avec pour seul but de pousser un peu la voiture, d’user l’asphalte.
En clair cela voulait dire que deux grands malades quasi ivres-morts, fonçaient à plus de 270 km/h dans la campagne.
Les limitations de vitesse ?
Quelles limitations de vitesse ?
Et vas-y que je double à droite, que je coupe les lignes blanches, que je ne respecte rien.



Au bout de 100 kilomètres, petite pause.
L'attachée de presse avait prévu une dégustation de produits locaux, et entre poissons et moutons on trouvait aussi du "Brennivin".
À discrétion.
Vingt minutes plus tard, on était repartis.
Plus motivés que jamais, plus irrespectueux que jamais, et ce qui devait arriver, arriva.
J'ai pris deux virages un peu trop serrés et j'ai frotté la carrosserie sur un mur.
Revenu à l’hôtel, l'attachée de presse ne s’inquiéta même pas des dégâts, trop occupée à discuter avec les 4 journaleux qui ralaient ferme de ne pas avoir pu essayer une des deux Koenigsegg..., journaleux, eux-mêmes occupés à prendre un apéritif au bar du l’hôtel.



Pas le temps de finir un n'ième verre de "Brennivin", que nous étions tous emmenés dans un restaurant très chic.
Et là ce fut l’effroi, je ne suis pas spécialement farouche en ce qui concerne l’alcool, mais là ça a dépassé tout ce que je pouvais imaginer.
Le "Brennivin" coula à flot, et plus encore même.
Boire n’a rien de dramatique, il suffit de fixer une limite, haute ou pas…, c’est le décalage d’alcoolémie entre les participants d’une soirée qui peut complètement ruiner l’ambiance.
Il faut vraiment prendre un soin particulier à ce que tout le monde soit bourré en même temps pour que la soirée soit réussie.
Bref je m’égare.



Je voulais en venir à l’alcool comme stimulant à l’écriture, à l’imagination et dans une certaine mesure (la mesure de sa résistance aux vapeurs de l’alcool) à l'inspiration.
En ce qui me concerne mes rapports avec la fée alcoolisée sont ambigus, certains élixirs me font plonger dans un état semi comateux avec zéro créativité à la clef, je pense aux alcools forts qui tapent plus qu’ils m’envoient en l’air..., par contre le Mojito soigne très bien mes pannes d’inspirations.
Et pour apprécier l’effet, pour une fois tout est question de modération.
Trois journaleux déclarèrent forfait, direction la chambre.
Les trois autres et moi pillèrent littéralement le bar, champagne, vodka, whisky…, les bouteilles défilant sur la table et sur la note de Koenigsegg, dont le staff ne se souciait pas une seule seconde, au contraire.



Vers 4h du matin, tout le monde était bien minable, l'attachée de presse, sémillante demoiselle le matin était devenue une barrique alcoolisée..., elle eut quand même la force de me sussurer : "je suisse po fatiguéeeee, on a qu’à alléééééé dans taaaaaa chambreeeee, je ne connais po"...
J’ai immédiatement accepté...
Arrivée dans mon antre provisoire, l'attachée de presse a fait le tour du lit.
Ne sachant pas quoi dire, à quoi m’en tenir, je lui ai proposé un dernier verre, un dernier verre comme on demande pour savoir si on couchera ensemble.
Elle a accepté en enlevant illico ce qui lui restait de vètements.
Un baiser alcoolisé et pétillant plus tard, elle se fit caline.
Je fermais les yeux et, laissant ma main glisser sur ses seins, sur son dos, sur ses fesses, elle m’explora en retour.
La nuit fut délicieuse.



Endormis l’un contre l’autre, le réveil de son portable sonna à 8h du matin !
A peine ai-je eu le temps de comprendre de quoi il s’agissait, qu’elle était hors du lit.
Pas de douche, pas de petit-déjeuner, à peine un baiser et elle s’était déjà envolée.
Moi, visage bouffi, mal de tête...
Tout le monde se retrouva pour le petit déjeuner, à 9h précises.
C’était le départ de la seconde partie de ce voyage de presse..., ordinaire pour les journaleux auto.
La plupart m'ont paru plus que leur âge, ventripotents, j'ai pensé qu'avec des essais comme celui-ci ils allaient probablement claquer avant la retraite.
Ça vous étonne ?
L'attachée de presse est arrivée à 9h30... et nous a fait un discours...



J'en ai retenu, grace au contenu de l'ordinateur reçu en cadeau, que lorsqu'en 1994 le projet Koenigsegg a été lancé, peu ont cru en sa réussite.
Lancer en effet une supercar qui doit devenir la référence du marché et la plus performante, était une gageure, que peu réussissent.
Regardez donc Bugatti et sa Veyron qui est toujours en phase de développement, même si on nous promet que les premiers essais clients approchent désormais à grands pas.
Derrière Bugatti, il y a un grand constructeur (le groupe VAG), mais Koenigsegg est seul.
S'était sans compter avec l'opiniâtreté et la passion qui anime son riche créateur.



Entre 1994 et 2000, la petite équipe va s'entourer de spécialistes dans leurs domaines respectifs pour mettre au point et élaborer une supercar s'inspirant de la technologie de la Formule 1 !
Comme pour toute production automobile, la presse auto a été invitée à tester la Koenigsegg.
Top Gear, réputé par le sérieux de la qualité de ses essais (qui est à la hauteur de son ton décalé !), a déclaré que la Koenigsegg était la voiture la plus rapide qu'ils aient pu essayer.
Peu après, la Koenigsegg a même inscrit son nom dans le Guiness Book comme la voiture de "route" la plus rapide du monde à ce jour avec 390 km/h !
Depuis 2004, un nouveau modèle encore plus performant (395 km/h) a vu le jour, baptisé Koenigsegg CCR.



Lorsque, comme Koenigsegg, on a pris comme objectif d'aller tutoyer les sommets en vitesse maximale et de l'homologuer sur route, la question du design se pose plus en terme d'efficacité aérodynamique que en beauté pure, forcément subjective.
C'est bien évidemment ce postulat qui a dicté la petite équipe de Koenigsegg dans l'élaboration du design.
Avec un Cx de 0,29, les techniciens de Koenigsegg ont réussi un véritable tour de force.
Pour y parvenir, l'auto possède des dessous totalement carénés et deux souffleries différentes ont été sollicitées.
Les aérodynamiciens ont essayé de gommer toute arête afin de favoriser les hautes vitesses.



La Koenigsegg surprend au premier abord par sa compacité, de trois-quart avant elle fait penser à la McLaren F1, mais de profil la ressemblance n'est plus de mise.
L'habitacle est très avancé vers l'avant de la voiture et il en résulte une ligne plutôt déséquilibrée et peu élégante.
Mais l'efficacité est bien réelle avec ses 390 km/h en pointe.
Ses grosses roues en 18 pouces avant et 20 pouces arrière participent à cette impression de compacité.
Comme sur la Ferrari Enzo, la F50 ou la Maserati MC12, la Koenigsegg CC 8S est découvrable avec un hard-top amovible de série.
L'habitacle est très étriqué mais bien fini.
L'équipement de série est correct mais sans plus étant donné le prix de la Koenigsegg aux environs de 370 000 euros.
Il reste en effet quelques options intolérables à ce niveau de prix comme le GPS, l'aide au stationnement, le téléphone…
L'exclusivité à un prix que Koenigsegg n'hésite pas à facturer au prix fort.
Heureusement, l'auto n'a pas été conçue pour permettre à son conducteur de téléphoner.



Toute la mécanique de la Koenigsegg a été conçue pour répondre au cahier des charges suivant : fiabilité, performances et légèreté.
A la différence d'autres fabricants de supercars comme Pagani avec sa Zonda et son moteur Mercedes-Benz, Koenigsegg a développé son propre V8 avec turbocompresseur.
D'une cylindrée de 4,7 litres, ce V8 turbo développe 655 ch à 6 800 tr/mn et 750 Nm de couple à 5 000 tr/mn.
Il ne pèse que 210 kilos car les matériaux légers et résistants le composent (aluminium, titanium et carbone).
Le bloc et la culasse sont fabriqués en Italie chez Teksid, le fournisseur de la Scuderia Ferrari en Formule 1 !
Toute la partie mobile est renforcée avec des pistons forgés, un vilebrequin et arbres à cames idoines.
Une distribution à quatre arbre à cames en tête (deux par rangée de cylindre) actionne 32 soupapes qui permet à ce V8 de monter haut dans les tours et explique les rendements obtenus à un régime moteur élevé.



Le système d'échappement a été conçu pour éviter au maximum les pertes de puissance.
Pour l'anecdote, même la pompe à huile a été placée le plus bas possible pour optimiser le centre de gravité.
C'est une boîte de vitesses à 6 rapports qui a été conçue spécifiquement par Cima pour Koenigsegg qui a été accouplée au V8.
La sixième vitesse a été calculée pour permettre les 400 km/h à 7300 tr/mn.
La Koenigsegg possède une structure semi monocoque en carbone sur laquelle le moteur est boulonné.
Mais si la Koenigsegg roule vite, elle autorise également de passer de 100 km/h à 0... en 32 mètres seulement.
Il faut reconnaître que les freins à disques ventilés sont largement dimensionnés et pincés par des étriers à 6 pistons avant et 4 pistons arrière, en alu.
Le résultat du travail de Koenigsegg est une supercar de1.175 kilos, affichant moins de 2 kilos/ch.
Excusez du peu !…



En reportage, on ne chôme pas : la moyenne des verres d'alcool ingurgités à écouter des conneries dépasse la douzaine.., on enchaîne, c'est dire si nous sommes sérieux et presque austères...
Bien entendu, lorsqu'on est vraiment sérieux, il faut l'être pour tout.
A la fin de ce briefing j'ai donc dit qu'il fallait aussi visiter les bars et clubs échangistes locaux : un louable effort pour connaître la culture locale et pour partager avec l'attachée de presse quelques plaisirs d'épiderme, entendre son souffle et son plaisir dans une langue étrangère.
Un programme qui m'amuse toujours.
Un "deal" a donc été trouvé..., je partirais avec l'attachée de presse et je laisserais tranquille les 5 journaleux avec la Koenigsegg rouge...
J'aime que les choses se passent et pourquoi pas vite...
Je me suis retrouvé à l'aéroport...
Le reportage était terminé !

    

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