Traiter un indécis d'indécis le rend davantage indécis...
Traiter un indécis d'indécis le rend davantage indécis...
L'indécis est une personne qui, devant un choix, mettons à deux composantes pour simplifier, n'arrive pas à se décider.

Les deux possibilités de choix sont symbolisées par des feux A et B qui au départ sont tous deux allumés.
Il est tout à fait raisonnable d'examiner avec soin les avantages et les inconvénients de chaque alternative car s'il n'y avait pas incertitude la question du choix ne se poserait pas. 
Une personne décidée finit vite par appuyer sur l'un des deux boutons, ce qui éteint aussitôt le feu opposé .
Du coup les raisons qui militaient en faveur de ce dernier n'existent plus.
Seul brille le feu choisi et il n'y a plus de problème. 
L'indécis, lui, quand il appuie sur le bouton A voit au contraire son feu s'éteindre et le feu B briller du plus vif éclat, car toutes les raisons qui militaient en faveur du choix B apparaissent les meilleures et il regrette son premier choix. 
Alors il rectifie et appuie sur B.
Mais aussitôt c'est le feu A qui s'illumine car, cette fois, ce sont les raisons qui militaient en faveur du choix A qui étaient sûrement les meilleures.
Alors il appuie vite sur le feu A, lequel aussitôt s'éteint alors que le B se remet à briller de plus belle.
Les raisons qui militaient en sa faveur étaient décidément celles qui s'imposaient. 
Et il revient au choix B lequel éteint aussitôt le feu B.
Il n'en sort plus, perd un temps considérable et, lorsque de guerre lasse il se sera enfin décidé à fixer son choix, il ne cessera de se tourmenter sur les raisons qu'il avait de faire le choix opposé. 
Voilà un personnage bien malheureux.
Finalement le plus sage, tant pis si on se trompe, est de décider au mieux car ce seront les événements qui feront après coup que cette décision aura été bonne ou mauvaise.
Il est vrai qu'avoir à décider est plus pénible que de décider.


Suite à un n'ième indécis qui m'a téléphoné la semaine passée, m'affirmant vouloir m'acheter toutes mes voitures, alors que je n'arrètais pas de lui dire que je n'étais pas vendeur puisqu'il s'agissait de mes voitures de collection..., en finale il m'a dit qu'il allait me téléphoner le dimanche midi..., ce qu'il n'a évidemment pas fait.... et pour cause, c'était un agent du fisc en mission secrète..., je vais vous donner mes commentaires sur l'indécision qui débouche de plus en plus sur de l'impolitesse et un manque total de savoir-vivre, de la part de personnes s'affirmant extrèmement interessées (et bien plus) par l'achat d'une automobile ancienne dite "de collection"...
Ces faits se déroulent de plus en plus.
Ces comportements désagréables minent toute joie de vivre et tuent le milieu de l'automobile ancienne, toutefois, avec le temps passant, les collectionneurs ont de moins en moins envie de rester calme, poli et courtois devant des personnes qui estiment avoir tous les droits en ce compris celui d'emmerder copieusement les autres...
 
Ce qui est en cause, c'est de sciement déranger les gens, alors qu'aucune envie d'achat ou de simple envie"raisonnée" n'existe..., simplement le besoin maladif de passer son temps à "discutailler" et l'espoir de réaliser un essai (de plus ou moins longue durée) dans une ou plusieurs voitures extraordinaires, cloturant parfois, lorsqu'ils sont en famille, en demandant à poser devant la ou les voitures, chacun son tour, se prenant les uns-les autres en photos...!
  
Pour ma part, n'étant pas vendeur sauf pour obtenir autre chose quand je commence à m'en fatiguer, je "laisse courir" lorsque cette indécision cinématographique en multi-conneries grand-écran se déroule lors d'une exposition, parce que dans ces manifestations, les gens ne viennent pas nécessairement avec une volonté d'achat mais se laissent simplement entrainer dans un achat compulsif...
Mais lorsque c'est une sorte de fou qui me fait réellement perdre quasiment une journée après m'avoir raconté les pires bobards, alors que jusqu'à présent j'arrivais à rester calme, poli et courtois, je plante les gens sur place !

Tout a commencé il y a quelques années (en 1992), lorsqu'un client néerlandophone est venu pour une Corvette Big-Block cabriolet que je voulais vendre pour acquérir une autre voiture qui me plaisait d'avantage...
J'en "parle" parce que ce fut le premier à réagir ainsi...
Après deux heures à discutailler et tourner autour de la voiture, il me dit qu'il veut l'acheter à un prix convenu si l'essai est concluant.
Durant ces deux heures, il n'a pas arrèté de me demander si la voiture était munie d'un certificat de conformité, et je lui ai a chaque fois répondu "non" précisant que la Corvette était immatriculée "Ancètre" et que je n'avais aucune envie d'affronter la connerie des fonctionnaires du ministère des immatriculations...
Je lui demande donc : "Si l'essai est concluant, vous l'achetez telle quelle, avec l'immatriculation "Ancètre" et pas de certificat de conformité avec immatriculation normale ?, ne changez pas d'avis car je dois sortir au moins 6 voitures pour bouger la Corvette et en plus il pleut ce qui m'obligera à tout re-nettoyer"...
Et il me répond : "Oui"...
Nous voilà parti après que j'ai bougé les voitures et sorti la Corvette...
L'essai est plus que concluant...
De retour, je lui demande de signer un bon de commande et de me remettre un acompte, ce à quoi il me réponds : "Oui, mais, il me faut un conformité et une immatriculation normale..."
Je l'ai jeté dehors...
 
 Les voitures anciennes, dites "de collection", ne sont pas des voitures "de tous les jours", mon rôle premier et ma passion étant de chercher, débusquer, découvrir, déterrer, des voitures extraordinaires et de les collectionner.
Durant de longues années il me faut parfois rechercher les pièces rarissimes qui manquent..., superviser le sellier, le carrossier, le peintre...
Tout cela représente un investissement considérable, tant financier qu'en temps passé.
 
Le bonhomme qui a été le déclenchement de ce texte est Luxembourgeois, se prénomme Cristophe, m'a déjà fait le même "coup" que ce samedi...et qu'il m'a fait courir en tous sens pour en finale ne rien faire...
Re-belotte ce week-end...
Même topo...
J'aurais du me méfier, mais j'ai bon fond...
Il me téléphone milieu de semaine passée pour l'AMC Matador "X" qui appartient à un membre Hollandais du club "Les Automobiles Extraordinaires" et m'affirme vouloir acquérir cette rareté...
Dans la conversation il me dit être "AUSSI" interessé par une Corvette Big-block, par un Prowler et mon Pick-up'52...
Mazette...
Rendez-vous est pris malgré que ce soit l'attitude typique d'un fiscard qui va à la pêche aux moules...
Il arrive le samedi à midi dans une splendide BMW série 5 Touring version M5 V-10 (ce qui exclu l'aspect fiscard), et, à peine là, il n'a aucun regard pour le Pick-up'52...
Bizarre !
Je lui montre la Corvette, un seul propriétaire, importée neuve en angleterre en 1972, seulement 67.543 miles certifiés par les MOT (contrôle technique anglais), tous les documents en ordre, il y a même dans ma farde de 5kgs, des magazines anglais d'époque qui ont réalisés des reportages sur la voiture...
Durant 5 heures (de midi à 17 heures) il va tourner autour, monter dedans, se coucher dessus (et dedans), plonger dans le moteur, démonter le filtre à air du carburateur Holley quadruple corps, prendre note des numéros, les comparer avec son "Corvette Black book"....
La totale...
Pour l'essai je lui dit (et vous qui me lisez savez pourquoi en fonction de mon commentaire d'un peu plus haut) : "Donnez-moi un acompte, si l'essai n'est pas concluant, je vous le restitue aussitôt"...
Du coup..., pas d'essai...
A 17 heures, il s'en retourne à son Luxembourg en m'affirmant : "Demain, dimanche, à midi sans faute, je vous téléphone"...
Dimanche midi... rien ! Dimanche après-midi... Rien !
Je n'en entendrais jamais plus parler...
 
Show de Hoogstraten, Léopold s'y promène avec son épouse et m'accoste : "J'ai vu votre Brightweel GT-40 au show de Louvain, combien ?"
Je lui dit : "Elle n'est pas à vendre, je l'aime bien, une telle voiture, c'est rare"...
Il me rétorque : "Reprenez ma Buick 1950 et ma Corvette et je vous paie la différence"...
En tant que collectionneur, la possibilité d'un changement pour d'autres voitures qui m'apporteraient un flash au coeur, reste envisageable. 
Il me demande de préparer la Brightwell GT-40, de faire un entretien complet, de la passer au contrôle technique pour l'immatriculer à son nom... etc.etc.
Rendez-vous est pris pour livraison le mercredi en 15...
Je m'occupe de tout, cours comme un fou, partout...
Le dimanche soir suivant : "Allo, ne venez pas mercredi, je viens d'aller au show de voitures anciennes de La Louvière et là-bas, personne ne connait la Brightwell, donc je ne l'achète pas parce que je ne sais pas en connaître la valeur..." !!!
Point barre...
Je rétorque : "Vous savez ce qu'est une Gaylord ?"... "Non, c'est quoi ?"... "Et une Muntz, et une Kurtiss ?"... "Non, je connais pas, vous savez, moi, je connais ma Corvette et ma Buick, mais ce que vous me dites, non, je sais pas" !... "Ok, je vous laisse chercher"...
Voilà....
 
Et des histoires comme celles-là, pffffffff...
Il y a une forme de désespérance cachée au milieu des voitures anciennes, dites "de collection", certains soi-disant collectionneurs n'y connaissent rien, ils veulent simplement faire des affaires !
Ces gens, indécis et "difficiles", ont appris, souvent dès l'enfance, qu'en se montrant désagréables, ils mettaient les autres en position de faiblesse et ils comptent sur cette faiblesse pour obtenir ce qu'ils veulent, en l'occurence, exclusivement un prix le plus bas possible, sans tenir compte de la véritable valeur de la voiture, qu'ils ne convoitent qu'en fonction de "l'affaire" qu'ils veulent réaliser sur le dos du propriétaire...
Face à une personne indécise et "difficile", certains optent pour la passivité, parce que l'affrontement leur répugne et qu'ils préfèrent faire comme si de rien n'était.
Mais l'absence de réaction ne fait qu'encourager les personnes "difficiles" à recommencer envers leurs victimes pour les persécuter.
Pour ma part, j'exorcise en écrivant..., tout en essayant de ne pas exploser mon ordinateur...
 
Piting, bande de cons...

Les personnes indécises "difficiles", sont classées en sept types principaux.

 
1 - Les agressifs-hostiles :
Ce sont des butors qui se plaisent à malmener, rudoyer et intimider. Ils estiment que leurs victimes sont des êtres faibles qui méritent le traitement qu'ils leur réservent. Par conséquent, ils sont stimulés par les signes de faiblesse. On distingue trois sous-types à l'intérieur de ce groupe :
- Le Batailleur a besoin d'avoir raison et il ne reculera devant rien pour obtenir gain de cause. Arrogant, il ne se contentera pas d'attaquer la valeur de la voiture, il s'en prendra au vendeur personnellement. La tactique la plus importante en face d'un Batailleur, c'est la défense. Si on ne se défend pas, il prendra le vendeur pour quantité négligeable, il n'existera plus à ses yeux. Si le Batailleur vocifère (ou pleure), il faut lui laisser passer la crise et lui donne le temps de se calmer (il le fera). Ensuite, il faut reprendre la situation en main, au besoin en coupant la parole au Batailleur pour pouvoir parler, car il n'a pas l'habitude de céder la parole aux autres.
-
Le Sournois fait des insinuations, des remarques sous cape et des taquineries pour ébranler. Il n'est pas aussi facile à repérer que le Batailleur, mais son comportement peut être aussi destructeur. Le Sournois utilise habilement son comportement importun dans des circonstances où la victime-vendeur sera la moins encline à répliquer de peur de provoquer une émeute. Le Sournois, tout comme le Batailleur, a des idées très arrêtées et ne connait généralement strictement rien aux voitures anciennes, il veut simplement briller dans son cercle restreint en s'affichant avec une voiture que ses amis ne peuvent (ou n'osent) se payer. Dans un show, le Sournois tient volontiers des conciliables avec ses voisins, s'amusant à opiner de la tête tout en désignant un point précis de la voiture en murmurant : "C'est pas d'origine, ça...", ce qui est une méthode imparable pour que tout le monde durant dix ans emet des doutes quand à l'authenticité de la voiture ainsi désignée..
- Le soupe-au-lait se dit d'un adulte qui pique des crises. Ces crises sont remplies de colère et de rage qui semblent à peine contrôlables. Assez souvent, la crise se déclenche au beau milieu d'une conversation qui, au départ, était amicale et calme. Habituellement, le Soupe-au-lait est une personne qui se sent menacée ou qui a vu ses plans malmenés ou ses idées contrariées. Généralement une personne qui aime les Mercedes Pagode, qui n'aura jamais les moyens d'en acheter une, qui roule en 190 diesel, et prétend vouloir acheter une Cobra !
 
2 - Les grincheux :
Les Grincheux trouvent quelque chose à redire sur tout.
Et à travers leurs jérémiades, ils donnent à entendre habituellement que Quelqu'un (moi), doit faire quelque chose pour eux concernant la reprise de leur Lada Grand Sport...
Il peut être difficile de reconnaître un vrai Grincheux. Celui-ci sait poser les problèmes d'une manière si accusatrice qu'il est difficile de distinguer les vrais problèmes de ses griefs personnels, de plus, il est sans cesse sur la défensive.
 
3 - Les taciturnes :
Ces personnes réagissent par un mutisme total aux réponses données à leurs questions, style : "C'est quoi c'te bagnole con ?"... Ils restent hermétiques aux explications que je donne et, d'ailleurs, à toute situation qui n'est pas de leur goût. Lorsque j'insiste pour obtenir une réponse, au mieux elles marmonnent quelques mots, "ouaihhhhh" ou "boffff", mais plus souvent, elles ne desserrent pas les dents. Il est difficile de discerner un Taciturne d'une personne seulement réservée, bien que cette dernière n'esquive pas en général les questions directes comme le fait le premier. Lorsque j'ai affaire à un Taciturne, ce qui me gêne le plus est de ne pas savoir ce que signifie le silence ou le refus de répondre. Par conséquent, la meilleure tactique est de l'amener à parler. Pour y arriver, je pose des questions à développement auxquelles une réponse par "ouaihhhh" ou "boffffff" ne suffit pas. Une question comme : "Qu'en pensez-vous ?" est une bonne entrée en matière. Après les questions, j'invite le Taciturne à répondre en lui adressant un regard amical, sans parler. Pour éviter de faire moi-même les frais de la conservation, je suis direct et je lance quelque chose comme : "Puis-je savoir pourquoi vous n'avez rien dit ?" (une question à développement). Si cela ne donne toujours rien, après l'avoir invité de nouveau par un regard amical, je me prépare à entendre quelque chose comme : "Je continue ma visite, puis je reviens...", de la part d'un Taciturne particulièrement réfractaire.
 
4 - Les Super-sympas :
Une personne Super-sympa veut être aimée et acceptée de tout le monde et pour y arriver, elle est ouverte, sociable et se montre sous son meilleur jour. Cependant, le danger ici, c'est qu'elle est d'accord avec vous sur une chose et ensuite sera d'accord avec quelqu'un d'autre sur des idées contraires. De plus, elle se portera acquéreuse à n'importe quel prix, mais finira pas disparaitre.
 
5 - Les négatifs :
Les Négatifs ou les Rabat-joie sont souvent des personnes convaincues qu'une voiture autre que celle qu'ils possèdent ou ont possédés, ne vaut strictement rien... Le Négatif a le don de décourager tout le monde, il s'emploie à semer le défaitisme et l'impuissance. Au plus j'essaye de le convaincre d'un contraire et résoudre un de ses problèmes ou d'améliorer une situation déterminée, au plus il devient négatif. Le Négatif est persuadé que les autres (dont je fais partie), se moquent de lui ou qu'ils ne pensent qu'à leurs intérêts. Il finit par croire mordicus à ses propos négatifs.
Lorsque je fais face à un Négatif, je n'essaye pas de lui dire qu'il a tort d'être pessimiste...
 
6 - Les Je-sais-tout :
Les Je-sais-tout se croient supérieurs aux autres et le montrent en étant pompeux et condescendants. Il y a deux types de Je-sais-tout.
-
Le Bulldozer est généralement quelqu'un de très instruit dans son domaine mais qui ne connait strictement rien d'autre. Il est convaincu qu'il est maître de son destin, qu'il sait exactement ce qu'il doit acheter et que par conséquent, il n'a rien à faire des idées et des connaissances des autres, donc des miennes. F
ace à un Bulldozer, je lui fait examiner les voitures exposées sans mettre directement sa compétence en cause, afin qu’il ne se croit pas la cible d’une attaque personnelle...
- Le Frimeur, comme le Bulldozer, attend des autres respect et admiration pour les voitures qu'il possède et qui sont les seules à valoir quelque chose à ses yeux..., mais il jette seulement de la poudre aux yeux, il n'est pas du tout expert, souvent, il ne se rend pas compte qu'il discute de choses qu'il ne connaît pas bien.
De tous les gens "difficiles" décrits jusqu'ici, le Frimeur est celui qui m'occasionne le moins de soucis, sauf qu'il se vexe facilement si on lui dit que sa Ford Granada customizée est une voiture de Jacky que je ne peut échanger contre ma Cobra....
 
7 - Les indécis chroniques :
Les Indécis chroniques, au coeur de la population des indécis "difficiles", sont ceux qui tergiversent pour le seul plaisir de tergiverser. Cependant, comme ils remettent à plus tard leurs décisions, ce n'est pas toujours amusant à supporter. Face à un Indécis, j'essaye de l'aider à me dire pourquoi il trouve si difficile de prendre une décision (pour autant qu'il en prenne une). Il arrive souvent que l'Indécis chronique appuie intérieurement, et parfois ouvertement, tout ce que tout le monde dit autour de nous puisque certaines personnes se mèlent des conversations pour le seul plaisir de les faire capoter....
 
En conclusion, je n'écrirai rien de plus, me contentant de boire un Mojito bien frais et en vous invitant à faire de même, demain sera un autre jour...

www.GatsbyOnline.com