DOMINUS VOBISCUM...
 

DOMINUS VOBISCUM...


L’imagination aide à l'écriture...

Tout le reste d'une existence n’est que fatigues et déceptions. 

Ce voyage d'écriture est entièrement réel dans l'imaginaire.

La vie, la mort..., la mort, la vie..., en imaginaire folie.

C’est une histoire, qui, pour être comprise, il suffit de fermer les yeux.

Ah !

En route d'écriture, ça me fait un effet, il s’est passé tant de choses depuis tout ce temps...
Si je n'étais pas tellement contraint, obligé pour gagner ma vie, qui est pourtant gratuite la vie, alors qu'il y faut toujours rembourser mille choses, dire mille merci, mille bravos, mille merdes aussi..., si je n'étais pas obligé aussi contraint de gagner celles des autres..., en double-sens, bien entendu..., quoiqu'il n'y a pas grand monde qui entende, qui comprenne encore moins, même pas en pour cent, que dire des pour mille..., nada, rien, schnoll, zéro !...

Bref..., si je n'étais pas contraint de devoir survivre dans ce monde d'abrutis, de contraintes imbéciles..., si, si, croyez moi, la moitié du monde est imbécile et prend l'autre pour de même, ce qui fait deux mêmes entités similaires qui se croient complémentaires alors qu'elles sont antagonistes ! Ying et Yang, blanc et noir ! C'est qu'il y a aussi du racisme là-dessous, dessus aussi, jusqu'à atomiser les autres au mépris de l'humanité, pour pouvoir bouffer des hamburgers patriotiques...!


Parce que bouffer du hamburger, des hot-dogs et autres grossisseries..., c'est le rêve "amé-requin"..., la liberté de gémir, la supériorité du divin, que c'est inscrit sur les dollars, comme une preuve totalitaire de l'abêtissement général... : la beaufferie !, la veulerie !, la mensongerie !, la crapulerie aussi, mais toujours à la gloire de dieu, un des dieux, du moment... qui n'est pas là pour affirmer le contraire..., qui n'a jamais été là pour dire tout et son contraire..., qui n'a jamais existé..., qui a été inventé..., au nom de dieu, dans son nuage, bien calculé, qui voit rien..., parfait pour ceux qui finissent tous par y croire..., dévots comme pire que pape..., toutes les religions sont faites par des malins pour régenter..., que c'est la plaie du monde, les religions, les religieux et religiosités, toutes entrainant des malfaisances, des guerres, des saloperies, qui font croire à des balivernes rendant l'homme plus imbécile encore, jusqu'à ce que tous croient que ceux qui n'y croient pas le sont aussi..., sauf qu'il leur faut les génocider...

Quand il y en a un qui vous dit : "que dieu vous garde"..., méfiez-vous, nom de dieu..., c'en est un..., de plus grande imbécilité encore…

Le genre qui va tout vous prendre, le gras, le lard..., l'art aussi vu qu'il sent le gras..., les enfants en chair à canon, pour n'importe quel motif, n'importe quelle guerre, pour pouvoir défendre les valeurs démocratiK d'un nouveau nazisme à reculons..., qui prétend le contraire..., que le nazisme doit être interdit..., qui est un état policier..., que la torture est bannie..., qui a ouvert Guantanamo et compagnie..., qui fouille rafle, épie, Big-Brother contre Grand-Satan...

Un match pathétique...!

Tous regardent en hurlant, comme à Munich mais avec d'autres drapeaux..., les valeurs du hamburger et du soda coca..., les valeurs atomiques..., souvenez vous d'Hiroshima et Nagasaki en pensant à l'Iran, c'est dans pas longtemps la diète, la misère et la mort, affreuse, tout rongé, purulant, la peau en lambeau, les dents qui tombent, les espoirs aussi...

Tu t'en souviendras, dis, Popu, que j'écrivais ce qu'on nommait délires, le droit génocidaire de Gaza que tu approuves, les lois liberticides que tu acceptes, tous unis contre le grand Satan..., mais confond pas, Popu, le Grand Satan c'est pas qui tu crois, c'est toi...

C'est dans ta poche qu'on vient tout prendre... et c'est ta vie qu'on te vole...

Tu as voté la restriction des libertés pour avoir le droit de te taire, c'est à dire plus le droit de parler, ni d'écrire, le glaive de l'injustice..., au moins Adolphe ne cachait pas son horreur !

Nous... on en est à croire tout et son contraire, on nous dit qu'il faut tuer les miteux, les blacks, les jaunes, les barbus... on y va, on tue on assassine, c'est pour protéger nos valeurs qu'on dit... et toi t'y crois, dur comme croix de fer..., enfin... les valeurs de l'Amérique, hamburgers et Coca sodas, crédits à tous les étages, comme avant : le gaz...!

Vous imaginez-vous partir en guerre, vous tous, les Popus ? Perdre un bras ? Une jambe ? Un œil ? Les deux peut-être ? La raison que vous avez déjà perdue depuis votre lobotomisation éducative ?... En guerre contre les mécréants, les autres, ceusses qui pensent pas comme nous ?

Enfin, comme vous, quoique vous n'en savez rien de ce qu'ils pensent..., les terroristes de la nouvelle vague, comme avant les Yé-yés...?

Au nom de dieu, partir en guerre pour défendre le droit de bouffer des hamburgers..., la noble affaire, ce n'est que cela...

Toutes les armées, surtout l'américaine, en Iraq, en Afghanistan, tuent pillent, violent... au nom du saint hamburger, la valeur américaine, la liberté d'être esclave, une gloire revendiquée... ! Y a même des hamburgers Kasher, plus sournois encore, prêt à atomiser la terre entière, l'Iran pour commencer..., au mépris de la vie humaine, qu'importe les millions d'atomisés puisqu'ils sont autres, qu'ils osent critiquer les valeurs du hamburger...

Alors, toi Popu, pauvre couillon, qui croit à toutes les balivernes, qu'on te fait croire à Ben Laden, et que t'y crois dur comme croix de fer première classe..., devenu nazi sans même t'en rendre compte, qui connait même pas l'histoire, que le foot et sportives affaires, bêtises et futilités, même les gratteux de guitare et les chanteurs qui beuglent pour les pauvres en leur faisant les poches, des concerts en faveur de n'importe quoi du moment qu'ils gagnent des brouettes d'or...

Popu, pauvre con !

Toi et tes semblables, dis-toi bien que c'est de même façon que d'autres humains ont porté Hitler au pouvoir !
Donc, j'écrivais que si.... je n'étais pas tellement contraint de gagner du pèze, des pépètes, de l'or, de l'argent, pour ne fusse que vivre..., je vous le dis tout de suite, je supprimerais tout.
Je ne laisserais pas passer, plus une ligne.
Tout est mal pris, il y a trop de malfaisances.

Regardez un peu le nombre des morts, des haines autour..., ces perfidies..., le genre de cloaque que ça donne..., ces monstres...
Ah ! il faut être aveugle et sourd !
Vous me direz : mais ce n’est pas un voyage d’écritures agréables tout ça !
Vos crimes, là que vous en crevez, c’est rien à faire, c’est votre malédiction vous-même...vos pataquès ! 
La justice vous arquinque ? Nana rien à faire, foutre, que plaignez-vous ?
Sous la hache, je l’hurle ! C’est le compte entre moi et le reste du monde !
Au tout profond..., pas racontable...
On est en pétard de Mystique !
Quelle histoire !

Si je n’étais pas tellement contraint, obligé pour gagner ma vie, je vous le dis tout de suite, je supprimerais tout, je le réécris..., je supprimerai aussi les Popus...
Je me suis débarrassé de la Chance... Un, deux, trois livres admirables à m’égorger ! Et que je geigne ! J’ai fait le don ! J’ai été charitable, voilà ! Le monde des intentions m’amuse... m’amusait..., il ne m’amuse plus. Si  j’étais  pas  tellement  astreint,  contraint,  je supprimerais tout...

Le seul livre vraiment méchant de tous mes livres c’est "
Quelqu'un contre le reste du monde... "..., je me comprends..., mais qui d'autre le peux ?
Tout va reprendre en saintes guerres, l'apocalypse ultime..., quand le saint-Hamburger Kasher va atomiser l'Iran, va falloir faire gaffe, on va tous être transformés en hamburgers, la grande folie, des hamburgers grillés ! Dix-mille degrés de bonheur !
Et après, nada, plus de pétrole, rien, pire que crise !


Faudra revenir aux bougies..., qu'est-ce que t'auras gagné, Popu, d'avoir accepté tant et tant, d'avoir cru aux grands mensonges ?
Un Sarabath !

Vous entendrez siffler d’en haut, de loin, des lieux sans noms, des mots, des ordres...Vous verrez un peu ces manèges !... Vous médirez en pensant à moi, en pensant à Quelqu'un..., à quelqu'un d'autre aussi, tous hamburgers pour défendre les valeurs des amé-requins...
Ah, n’allez pas croire que je joue ! Je ne joue plus, je suis même plus aimable.
Si j’étais pas là tout astreint, comme debout, le dos contre quelque chose..., je supprimerais tout...

Les gens ont l’air toujours d’être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c’est que, lorsqu’il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des cafés crème et des bières et du vin. C’est ainsi !
Siècle de vitesse ! qu’ils disent. Où ça ?
Grands changements qu’ils racontent. Comment ça ?
Rien n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout.
Et ça n’est pas nouveau non plus.

Des mots... et encore pas beaucoup, même parmi les mots, qui sont changés ! Deux ou trois par-ci, par-là, des petits... Bien fiers alors de faire sonner leurs vérités utiles, ils demeurent là assis, ravis, à regarder les dames. La race humaine, on l’appelle comme ça..., c’est seulement un grand ramassis de miteux,  chassieux,  puceux,  transis,  qui  ont  échoué  ici ou là, voire là-bas ou ailleurs, n'importe-ou, poursuivis par la faim, la peste des autres, les tumeurs à la mode, quelques bobos et le froid... ou alors le chaud, ça dépend des saisons..., venus vaincus des quatre coins du monde, à un moment donné, qui est pas gratuit ce moment..., ils ne peuvent plus aller plus loin à cause de la mer ou des ordures, ou du manque de pépètes, ou alors c'est qu'ils en ont trop, du moins en suffisance pour chasser ceusses qui n'en ont pas assez...


Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d’opinions.

Ou bien si tard, que ça n’en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève ! Héros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du roi misère. C’est lui qui nous possède !

Quand on est pas docile, il serre...

On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger... Pour des riens, il vous étrangle... C’est pas une vie...
On est tous assis sur une grande galère, on rame tous à tour de bras, personne peux pas venir me dire le contraire !... Assis sur des clous même à tirer tout nous autres ! Et qu’est-ce qu’on en a ? Rien ! Des coups de trique seulement, des misères, des bobards et puis des vacheries encore.

Il y a des soirs et des matins ou la joie fait soudain place à un vide absolu.
Moi, moi, moi, tournant, retournant, je me tourne, retourne en rond, passant en tête quantités de souvenirs et de choses non-faites.

Je m'efforce ensuite de survivre une nuit, un jour de plus avec un vide abyssal en moi.
Impossible de comprendre le pourquoi... et moins le comment, vous-mêmes ne le pourriez pas ! C'est quoi un comment ? C'est quoi un pourquoi ? Et pourquoi faire comment ?...
J'imagine quantités de réponses, mais quand elles virent au noir absolu de je ne sais quelles horreurs et futilités d'amour-propre, elles prennent alors le dessus, je déconnecte, je disjoncte...

Je me dis alors, comme pour hâter ma fin, qu'au moins il me reste encore une adresse.... mais qu'à l'échéance, ce seul lien encore existant, disparaitra aussi à jamais.
Et c'est là, la déchirure. Je suis ainsi fait, ayant si souvent eu à faire face aux adversités, aux misérabilismes, aux vacuités infâmes, aux bêtises..., sachant que la vie passe si vite, qu'elle est si instable, que tout est si fragile..., que je ne sais toujours ni me rendre compte ni admettre que le temps puisse casser quoique ce soit qui a mis tant de temps en lentes besognes de l'esprit et des corps, toutes ces créations perdues, tout ces instants de magie, tout ces bonheurs, ces insouciances... comme jetées dans un coin, au vent qui les dispersera... et tout ça pour quoi ?


Y a même pas d'autres choses... et quand bien même, sauf à d'autres dires et de non-dits, sauf à d'autres jeux, manqueront toujours les déraisons, palpitations, peurs et bonheurs...
Pour voler du bonheur, c'est à dire pour se complaire, pour jouir bêtement, l'esprit ne fait rien à l'affaire, si un vide est comblé il est vite oublié, mais pour remplir une bulle... et surtout pour la laisser remplie, pour qu'elle ne crève pas, dans tous les sens, il ne suffit pas de s'évader de la tête !...
Tu vois comme c'est vide, Popu...
Je t'écris avec humour de nos chaussettes sales et slips puants, avec les tours en ronds de nos ados, enfants même grands qui nous minent autant, parfois, qu'ils nous illuminent parce que c'est tout ce qui reste de notre ADN quand on disparaitra... et sans réponse de même humour, je risque de glisser, trébucher et tomber bien bas. J'ai mal de la vie..., c'est tout. Vraiment mal... et c'est pas tout.

Il y a quoi qui me manque ?

C'est en entier, c'est un tout, avec le temps qui passe, toutes les traces, avec les rires, les sourires. Le vide est plus grand encore quand il n'y a plus rien, c'est comme une fin de vie, c'est comme gommer une existence, nier ce qui nous a fait vibrer, ce qui nous a fait vivre, ce qui nous a aidé à vivre. Et c'est là, bien la question de l'existence, à quoi elle sert, pourquoi se battre, apprendre, lire, écrire, parler, dessiner, peindre... si c'est pour devancer la nature, si c'est pour ne pas exister plus loin dans l'esprit de quelques uns, alors, c'est nier l'existence, c'est nous nier nous-mêmes, c'est ne plus croire en nous ni aux étoiles, ni aux rêves et espoirs, c'est ne plus profiter du bonheur qui ne fait que passer et dont alors il ne restera plus de traces...

Et si..., et si... il n'y a même plus moyen de se laisser aller à se dire, qu'on est là pour vivre, pour survivre en se chantant du bonheur à tue-tête pour moins voir les malheurs, si on n'a plus de bulles, si ce n'est que pour se savoir bêtes au point d'accepter l'abattoir, je pense au fisc et aux contraintes bêtises, alors... quelle est la raison de se rendre malheureux ?
Me voilà nu, quasi effacé... et tout ça rien que pour des bêtises, pour de l'amour-propre, pour la jalousie d'autres et peut-être pires choses.

Le matin, j'aime lire, lire c'est découvrir, c'est pas grand chose, mais c'est tellement de bonheurs à lire les malheurs des autres qui en présagent d'autres, en ce compris les nôtres..., des moments en tire-bouchon qui amènent, non point des larmes de désespérance, mais des étincelles de bonheurs..., pouvoir discourir de petits riens, revoir d'anciens petits-riens, et aussi de grandes choses...
Maintenant, sans même de courses en magasins, sans plus de salades à préparer et de petits plats à tripoter, dis-moi ce qu'on y gagne, Popu... ?
On travaille ! qu’ils disent. C’est ça encore qu’est plus infect que tout le reste, le travail. On est en bas dans les cales à souffler de la gueule, puants, suintants des rouspignolles...

C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.
Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur délire, pour qu’ils s’arrêtent épuisés, enfin, ces monstres ?

Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ?

Des mois ? Des années ? Combien ? Peut-être jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ? Et puisque les événements prennent ce tour désespéré je me décide ici, à risquer le tout pour le tout, à tenter la dernière démarche, la suprême..., pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles.

Tout ce que je touche dans mon business est truqué, les bagnoles bien sur, mais pas que ça au vu de ma carcasse : sucre, confitures, chocolats et sodas, les photos aussi ; tout ce qu’on lit est de même fausse nature, truquages et mascarades.


Les traîtres eux-mêmes sont faux..., le délire de mentir et de croire s’attrape comme la gale.

La meilleure des choses à faire, n’est-ce pas, quand on est dans ce monde, c’est d’en sortir !

C'est-y pas l’attendrissement sur mon sort, la condition d'un miteux..., prétendu milliardaire, couillon de la vie, battu, transpirant de toujours ? 

Il n’y a que la vie qui compte.

Dans dix mille ans d’ici, je fais le pari que ma vie, si remarquable à mes yeux..., sera complètement oubliée... À peine si une douzaine d’érudits se chamailleront encore par-ci, par-là, à propos des dates de mes amours, de mon premier redressement fiscal, du début de ma lente agonie...

Proust, mi-revenant lui-même, s’est perdu avec une extraordinaire ténacité dans l’infini, la diluante futilité des rites et démarches d'amours qui s’entortillent autour des gens,  fantômes  de désirs,  partouzards indécis attendant toujours..., chercheurs sans entrain d’improbables Cythères, y compris glandeurs ! 


Si les gens sont méchants, c’est peut-être seulement parce qu’ils souffrent, mais le temps est long qui sépare le moment où ils ont cessé de souffrir de celui où ils deviennent un peu  meilleurs.

Par hasard, tous les huit ans ou presque, c’est le délai qu’il nous faut, huit années, pour se rendre compte, d’un seul coup d’œil, intrompable alors, comme l’instinct, des laideurs que son propre visage, même en son temps délicieux, s’est chargé.

On demeure comme hésitant, un instant... Il le faut bien dire, oui, à cette soigneuse et lente caricature burinée par les ans.

Accepter le temps, ce tableau. On peut dire pourtant, bien mieux, qu’on s’est reconnu, qu’on ne s’était pas trompé de chemin, qu’on a bien suivi la vraie route, sans s’être concerté avec soi-même, l’immanquable route... et voilà tout.


On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresses.

Tout se passe en efforts pour éloigner la vérité de ces lieux qui revient pleurer sans cesse sur tout le monde ; on a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, épais comme de l’encre, le ciel reste ce qu’il est là-bas, bien refermé dessus, comme une grande mare pour les fumées.

Ce qui est pire c’est qu’on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu’on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n’aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l’accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent…


Et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu’il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l’angoisse de ce lendemain, toujours plus précaire, plus sordide.

C’est l’âge aussi qui vient peut-être, le traître, et nous menace du pire.

On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà.

Toute la jeunesse est allée mourir déjà au bout du monde dans le silence de vérité.

Et où aller dehors, dès qu’on a plus en soi la somme suffisante de délire ?

La vérité, c’est une agonie qui n’en finit pas.

La vérité de ce monde c’est la mort.

Il faut choisir, mourir ou mentir.

Je n’ai jamais pu me tuer moi.

Alors, reste à se faire du cinéma...

Là ou les rêves montent dans la nuit pour aller s’embraser au mirage de la lumière qui bouge. Ce n’est pas tout à fait vivant ce qui se passe sur les écrans dans la tête…

Il reste dedans une grande place trouble, pour les rêves et pour les morts. Il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves pour traverser la vie qui vous attend dehors !

Contre l’abomination d’être nous-mêmes, il faut, avouons-le, c’est un devoir, tout essayer..., se soûler avec n’importe quoi, c'est mieux, que la masturbation..., se faire du cinéma.


Cette foutue énorme rage qui pousse la moitié des humains, aimants ou non, à envoyer l’autre moitié vers l’abattoir. Alors ça gêne dans les relations, forcément, une manie  comme  celle-là.  Pour  moi  qui  tire sur la corde pour me pendre...et qui ne tiens pas du tout à reprendre mon tour au cimetière, le ridicule de notre massacre m’apparait, clinquant, à chaque pas que je fais dans la vie.
Une roublardise immense s’étale partout. Cependant j’ai peu de chances d’y échapper, je n’ai aucune des relations indispensables pour m’en tirer. Je ne connais que des pauvres d'esprit, c’est-à-dire des gens dont la mort de vie n’intéresse personne, des gens vite bouleversés par les petits riens. Qui se gargarisent de nouvelles pas fraîches, des sportivités grassement commerciales, le genre inutile, stupide, comme la F1 et son cortège d'escrocs, ou pour Justine Hénin, la pire... Ils sont gras jusqu'à refuser à toucher un seul plat des repas, par appréhension d’un malheur qui arrive..., d’une maladie soudaine qui gagne leur imaginaire....

D’avoir goûté ponctuellement des Hamburgers patriotiques depuis le 11 septembre 2001..., leur ceinturon témoigne par un cran, du désastre mondial. Toujours est-il que depuis Obama, retourné comme une veste, faux-cul désillusionnant..., ils ne goûtent plus les Hamburgers que du bout des dents. Une angoisse dépérissante. En peu de temps ils ont plus peur des Hamburgers que des obus.
Le plus souvent à présent, par hygiène, la France demeure une espèce d’entité chevaleresque, aux contours peu définis dans l’espace et le temps, mais en ce moment dangereusement blessée par son président qui s'est comme tiré lui-même, sexuellement, une balle dans son fondement..., au plus intime, bien profond... et à cause de cela même... très excitante affaire.

Le Popu, le Franchouillard ultime, avec béret basque et baguette, plus litron de gros rouge, quand on lui parle de la liberté et qu'on l'oblige à croire sous peine de prison..., il pense irrésistiblement à ses tripes, alors forcément, il est beaucoup plus réservé pour ce qui concerne l’enthousiasme. Chacun sa terreur. Cependant, comme il est très complaisant au sexe, il écoute sans jamais entendre..., la masturbation rend sourd ! Mais question d’âme, c’est tout vibrant, tout rayonnant qu’il est le Popu, sublime, il voit le contraire de la raison, toujours..., mille raisons, toutes irréfutables, pour demeurer d’humeur exactement contraire, ne faisait que divaguer de bonheur et d’optimisme, comme tous les gens qui sont du bon côté de la vie, celui des privilèges, de la santé, de la sécurité et qui en ont encore pour longtemps à vivre.

L’âme franchouillarde, c’est la vanité et le plaisir du corps tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal. Le Franchouillard Popu, prend des deux poses, celle qui lui sert le plus agréablement dans le moment et voilà tout ! Tant qu’il peut choisir entre les deux, ça va... Mais moi, je ne peux plus choisir, mon jeu est fait ! Je suis dans la vérité jusqu’au trognon... et même que ma propre mort me suit pour ainsi dire pas à pas, j’ai bien du mal à penser à autre chose qu’à mon destin d’assassiné en sursis, que tout le monde d’ailleurs trouve pour moi tout à fait normal !... Une espèce d’agonie différée, lucide, bien portante, pendant laquelle il m'est impossible de comprendre autre chose que des vérités absolues...:   baiser,  mourir..., il m'est défendu d’entreprendre autre chose.

On ment avec rage au-delà de l’imaginaire, bien au-delà du ridicule et de l’absurde, dans les journaux, sur les affiches, à pied, en voiture. Tout le monde. C’est à qui ment plus énormément que l’autre. Tout ce qu’on touchait est truqué ! Vous souvenez-vous d’un seul nom d’un de ces soldats tués pendant une guerre ?... Avez-vous jamais cherché à en connaître un seul de ces noms ?... Non, n’est-ce pas ?... Vous n’avez jamais cherché ? Ils vous sont aussi anonymes, indifférents et plus inconnus que le dernier atome, que votre crotte du matin...

Voyez donc bien qu’ils sont morts pour rien ! Pour absolument rien du tout, ces crétins ! Je vous l’affirme ! La preuve est faite ! Il n’y a que la vie qui compte. Chaque matin emporte sa foule se faire comprimer dans les métros, dans les trams, dans les bus. On dirait à les voir tous s’enfuir vers on ne sait ou, qu’il leur est arrivé une catastrophe, que c’est leur pays qui brûle. Après chaque aurore, ça les prend, ils s’accrochent par grappes. Grande déroute. C’est pourtant qu’un patron qu’ils vont chercher, celui qui les sauve de crever de faim, ils ont énormément peur de le perdre, les lâches. Il leur fait transpirer pourtant sa pitance. Ils en puent pendant dix ans, vingt ans et davantage. Ce n’est pas donné. Et ils s’engueulent dans les métros, tramways et bus déjà bondés, un bon coup pour se faire la bouche... Comprimés comme des ordures qu’ils sont dans des caisses en fer qui les avalent tous et tout, détrempés, les robes découragées, les pieds sales comme des chaussettes, tout ça dégouline avec le billet de retour qui coûte autant à lui tout seul que deux petits pains. La lente angoisse du renvoi sans musique, toujours si près des retardataires quand le patron voudra réduire ses frais généraux. Crise à fleur de peau, de la dernière fois sans place, de tous les Intransigeant qu’il a fallu lire... des attentes à chercher du boulot... Ces mémoires vous étranglent un homme, tout enroulé qu’il puisse être.

La ville cache tant qu’elle peut ses foules dans ses longs égouts électriques. Ils ne reviendront à la surface que plus tard, trop tard pour vivre. Alors, quand ils seront dehors faudra pas se montrer. Un seul dimanche à les voir se distraire, ça suffirait pour vous enlever à toujours le goût de la rigolade. Autour du métro, près des bastions croustille, endémique, l’odeur des hamburguerres qui traînent, des relents d'enfants palestiniens mi-brûlés, mal cuits..., des révolutions qui avortent, des commerces en faillite. Ce sont des barbares à la manque, ces biffins pleins de litrons et de fatigue. Au lieu de balancer les tramways et bus et d’aller pisser dans l’octroi un bon coup. Plus de sang. Pas d’histoire !

Les études ça vous change, ça fait l’orgueil d’un homme. Il faut bien passer par là pour entrer dans le fond de la vie. Avant, on tourne autour seulement. On se prend pour un affranchi mais on bute dans des riens.
On rêve trop. On glisse sur tous les mots. Ça n’est pas ça. Ce n’est rien que des intentions, des apparences. Faut autre chose au résolu, c'est comme ça que je suis entré en business comme d'autres dans les ordres..., pour plus en recevoir !. 

Du temps ou je passais du temps en shows et froid..., ils avaient l’air si misérables à mendier une dernière remise sur des prix déjà pas trop gras..., si puants, la plupart de mes clients, si torves aussi, que je me suis toujours demandé..., toujours... où ils allaient les trouver les euros qu’il fallait me donner... et s’ils allaient pas me tuer en revanche. J’en avais tout de même bien besoin moi des euros. Quelle honte ! Je n’aurai jamais fini d’en rougir de leurs querelles vantardes, de leurs jurons incertains et débordants, après des discussions inutiles pour tenter d'acheter ce qui ne manquait pas à leur bonheur..., moment intense dans la vie des familles, des verres plein le nez, faut voir ! Gare aux faibles  alors !  Dès le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c’est le chien qui commence à souffrir, on lui écrase la patte d’un grand coup de talon. Ça lui apprendra à avoir faim en même temps que les hommes.

On rigole bien à le voir disparaître en piaulant comme un éventré. C’est le signal. Rien ne stimule les femmes éméchées comme la douleur des bêtes, on n’a pas toujours des taureaux sous la main. La discussion en repart vindicative, impérieuse comme un délire, c’est l’épouse qui mène, lançant au mâle une série d’appels aigus à la lutte contre l'ignoble vendeur....

Et après ça c’est la mêlée, l’écho tourne autour de l’ombre. Leurs enfants, dans l’horreur, glapissent. Ils découvrent tout ce qu’il y a dans papa et maman ! Ils attirent sur eux la foudre en gueulant et peinent à effectuer la grande découverte, celle qui consiste à se convaincre que le délire des uns ne fait pas du tout le bonheur des autres et que chacun ici-bas se trouve indisposé par les autres. Le délire, plus raisonné et plus froid que les autres, est en même temps le moins tolérable d’entre tous. Mais quand on a conquis quelques facilités pour subsister même assez chichement dans un certain endroit, à l’aide de certaines grimaces, il faut bien persévérer ou se résigner à crever comme un cobaye. Les habitudes s’attrapent plus vite que le courage et surtout l’habitude de bouffer.

Je suis comme arrivé au moment, à l’âge peut-être, où on sait bien ce qu’on perd à chaque heure qui passe. Mais je n’ai pas encore acquis la force de sagesse qu’il faudrait pour m’arrêter pile sur la route du temps...
Et puis d’abord si je m’arrêtais..., je ne saurais quoi faire non plus sans cette folie d’avancer qui me possède depuis toute ma jeunesse. Déjà j'en suis moins fier d’elle... de ma jeunesse, je n'ose pas encore l’avouer en public que ce n’est peut-être que cela la jeunesse : de l’entrain à vieillir. 

Je découvre dans tout mon passé ridicule tellement de ridicule, de tromperie, de crédulité que je pense m'arrêter tout net d’être jeune...., attendre que ma jeunesse se détache..., attendre qu’elle me dépasse..., la voir s’en aller, s’éloigner, regarder toute mes vanités, porter ma main droite dans le vide..., la voir repasser encore devant moi... et puis partir... être sûr qu’elle s’en est bien allée ma jeunesse...et tranquillement alors, de mon côté, bien à moi, repasser tout doucement de l’autre côté du temps pour regarder vraiment comment qu’ils sont les gens et les choses.

Autant pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c’est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s’en débarrasser de leur peine, sur l’autre, au moment de l’amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine... et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer. Et la vie les reprend, jusqu’à la prochaine où ils essayeront encore. Et puis à se vanter entre-temps qu’ils y sont arrivé à s’en débarrasser de leurs peines, mais tout le monde sait bien..., n’est-ce pas..., que ce n’est pas vrai du tout et que chacun la garde entièrement pour soi.

Comme on devient de plus en plus laid et répugnant à ce jeu-là en vieillissant, on ne peut même plus la dissimuler sa peine, sa faillite, on finit par en avoir plein la figure de cette sale grimace qui met des vingt ans, des trente ans et davantage à vous remonter enfin du ventre sur la face. C’est à cela que ça sert, à ça seulement, un homme, une  grimace, qu’il met toute une vie à se confectionner et encore qu’il n’arrive même pas toujours à la terminer tellement qu’elle est lourde et compliquée, la grimace qu’il faudrait faire pour exprimer toute sa vraie âme sans rien en perdre ! Les idées aussi finissent par avoir leur dimanche ; on est plus ahuri encore que d’habitude. On est là, vide. On en baverait.

On est content. On a rien à causer, parce qu’au fond il ne vous arrive plus rien, on est trop pauvre, on a peut-être dégoûté l’existence ? Ça serait régulier :

"Tu ne vois pas un truc, toi, Quelqu'un, que je pourrais faire, pour sortir de mon métier qui me crève ?... J’voudrais en sortir de mon business, comprends-tu ? J’en ai assez moi de me crever comme un mulet... J’veux aller me promener moi aussi... Tu ne connais pas des gens qu’auraient besoin d’un chauffeur, par hasard ?...  T’en connais pourtant du monde, toi, Quelqu'un ?"...

Je n’ose pas dissuader les gens qui me causent ainsi, leur insinuer qu’avec une tête d’assassin besogneux comme la leur personne ne leur confiera jamais son automobile extraordinaire, qu’ils conserveraient toujours un trop drôle d’air, sans en avoir l'air de rien...

"T’es pas encourageant en somme, Quelqu'un... J’en sortirai donc jamais à ton avis ?... C’est donc plus la peine même que j’essaye ?... En Amérique je n’allais pas assez vite... En Afrique, c’est la chaleur qui me crevait... Ici, je ne suis pas assez intelligent... Enfin partout il y a quelque chose que j’ai en plus ou en moins... Mais tout ça je m’en rends compte, c’est du bourre-mou ! Ah ! si  j’avais du pognon ! ... Tout le monde me trouverait bien gentil ici... et là-bas... Et partout... C’est-y pas vrai ce que je dis là ? Et toi-même, Quelqu'un ?"... 

Tout ce qu’on dit pour dissuader les gens dans ces cas-là c’est toujours bien insignifiant. Est-ce que la vie elle est gentille avec eux ? Pitié de qui et de quoi qu’ils auraient donc eux ? Pour quoi faire ? Des autres ? A-t-on jamais vu personne descendre en enfer pour remplacer un autre ? Jamais. On l’y voit l’y faire descendre.

C’est tout. Paradis qu’on leur dit. Et puis on fait jouer de la musique pour eux, tantôt ci tantôt là, d’une saison dans l’autre, elle clinque, elle moud tout ce qui faisait danser l’année d’avant les riches. C’est la musique à la mécanique qui tombe des chevaux de bois, des automobiles qui n’en sont pas, des montagnes pas russes du tout et du tréteau du lutteur qui n’a pas de biceps et qui ne vient pas de Marseille, de la femme qui n’a pas de barbe, du magicien qui est cocu, de l’orgue qui n’est pas en or, derrière le tir dont les veufs sont vides.

C’est la fête à tromper les gens du bout de la semaine. Et on va la boire la canette sans mousse ! Mais le garçon, lui, pue vraiment de l’haleine sous les faux bosquets. Et la monnaie qu’il rend contient des drôles de pièces, si drôles  qu’on  n’a  pas  encore  fini  de  les  examiner  des semaines et des semaines après et qu’on les refile avec bien de la peine et quand on fait la charité. C’est la fête quoi. Faut être amusant quand on peut, entre la faim et la prison... et prendre les choses comme elles viennent. Puisqu’on est assis, faut déjà pas se plaindre. C’est toujours ça de gagné. 

Les automobiles, faut quand même que je vous en cause, vu que c'est le sujet principal de ce site, mais pour en écrire quoi ? Y a même plus moyen d'en écrire en liberté depuis que les fiscards d'apocalypse sont partout dans l'Internet à la chasse aux petits bénéfices...
Moi, l'automobile, en général,... et même en particulier, je n'en pense plus grand chose, que ça devient trop compliqué, donc sournoiseries..., matière à entubages, factures à l'appui, c'est du cher à défaut de très cher, impayable... et nana plus de valeur après un bref lap-de-temps, que c'est toujours trop cher quand tu vends... et trop cher quand tu achètes, qu'y a pas de cadeaux à recevoir ni à donner, que les gens s'en font tout un cinéma de pacotille..., surtout des inventions récentes, à cause des espèces d’accidents qu’on n’arrête pas d’avoir là-dedans et des secousses épouvantables que ça vous donne dans la tête et aux tripes... que tout l'argent qu'on a s'en trouve disparu.... Il en vient sans cesse des ahuris et gueulailleurs pour se tamponner sauvagement et retomber tout le temps en vrac à se démolir la rate au fond des baquets. Et on ne peut pas les faire s’arrêter.

Jamais ils ne demandent grâce, jamais ils ne semblent être aussi heureux qu'enculés de toutes les manières. Certains en délirent. Faut presque les arracher à leurs catastrophes. On leur donnerait la mort en prime pour vingt euros qu’ils se précipiteraient sur le truc... Donc, ce que j'en pense, c'est pas grand chose, sauf à bien rire entre amis...
Un jour quand le mouvement du dedans rejoint celui du dehors et que toutes vos idées alors s’éparpillent et vont s’amuser enfin avec les étoiles, on entreprend des espèces d’expéditions dans sa tête pour avoir des nouvelles du passé... On se met à chercher, de neurones en neurones, les gens dont on a perdu les noms, les coutumes, les adresses... et dont les amabilités et même les sourires, après tant d’années de soucis, d’envies de nourriture, doivent être tournés comme des vieux fromages en de bien pénibles grimaces...
Les souvenirs eux-mêmes ont leur jeunesse... Ils tournent dès qu’on les laisse moisir en dégoûtants  fantômes tout suintants d’égoïsme, de vanités et de mensonges...  Ils pourrissent comme des pommes...

Les riches n’ont pas besoin de tuer eux-mêmes pour bouffer. Ils font travailler les gens. Ils ne font pas le mal eux-mêmes, les riches. Ils payent. On fait tout pour leur plaire et tout le monde est bien content. Pendant que leurs femmes sont belles, celles des pauvres sont vaines. C’est un résultat qui vient des siècles, toilettes mises à part. Belles mignonnes, bien nourries, bien lavées. Depuis qu’elle dure la vie n’est arrivée qu’à ça. Quant au reste, on a beau se donner du mal, on glisse, on dérape, on retombe dans l’alcool qui conserve les vivants et les morts, on n’arrive à rien. C’est bien prouvé.

Et depuis tant de siècles qu’on peut regarder nos animaux naître, peiner et crever devant nous sans qu’il leur soit arrivé à eux non plus jamais rien d’extraordinaire que de reprendre sans cesse la même insipide faillite où tant d’autres animaux l’avaient laissée... Nous aurions pourtant dû comprendre ce qui se passait.  Des vagues incessantes d’êtres inutiles viennent du fond des âges mourir tout le temps devant nous... et cependant on reste là, à espérer des choses... Même pas bon à penser la mort qu’on est.

Les femmes des riches biens nourris, bien menties, bien reposées elles, deviennent jolies. Ça c’est vrai. Après tout ça suffit peut-être. On ne sait pas. Ça serait au moins une raison pour exister.

Elles ne résistent  guère nos phrases au désastre de leur décor baveux.  C’est plus compliqué et plus  pénible que la défécation, notre effort mécanique de la conversation. Cette corolle de chair bouffie, la bouche, qui se convulse à siffler, aspire et se démène, pousse toutes espèces de sons visqueux à travers le barrage puant de la carie dentaire, quelle punition ! Voilà pourtant ce qu’on nous adjure de transposer en idéal. C’est difficile. Puisque nous sommes que des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. 

Amoureux ce n’est rien..., c’est  tenir ensemble qui est difficile. L’ordure, elle, ne cherche ni à durer, ni à croître. Ici, sur ce point, nous sommes bien plus malheureux que la merde, cet enragement à persévérer dans notre état constitue l’incroyable torture.

Décidément nous n’adorons rien de plus divin que notre odeur. Tout notre malheur vient de ce qu’il nous faut demeurer Jean, Pierre ou Gaston coûte que coûte pendant toutes sortes d’années.  Ce corps à nous, travesti de molécules agitées et banales, tout le temps se révolte contre cette farce atroce de durer. Elles veulent aller se perdre nos molécules, au plus vite, parmi l’univers ces mignonnes ! Elles souffrent d’être seulement nous..., cocus d’infini.

On éclaterait si on avait du courage, on faille seulement d’un jour à l’autre. Notre torture chérie est enfermée là, atomique, dans notre peau même, avec notre orgueil, ahuri par la nécessité, quand dans chacune de nos secondes, s’écrase un  désir  de mille autres choses et d’ailleurs...
Dans les maisons, rien de bon ! Dès qu’une porte se referme sur un homme, il commence à sentir tout de suite et tout ce qu’il emporte sent aussi. Il se démode sur place, corps et âme. Il pourrit. Quand ça vient d’aussi loin, si sûrement, on peut pas se tromper, ni résister.

C’est la manie des jeunes de mettre toute l’humanité dans un derrière, un seul, le sacré rêve, la rage d’amour. Ils apprennent plus tard, peut-être, que tout ça finit un jour ou l'autre. Pas de costume, pas de paillettes, pas de lumière, pas de sourire, pour donner des illusions, toutes les bêtises de l’espérance.
Ça les réveille, et ça les berce et ça les excite... la misère, une distraction. Alors tant pis pour celui qui chante des chansons d’amour !

C’est content facilement les jeunes, ils jouissent comme ils veulent d’abord c’est vrai ! Toute la jeunesse aboutit sur la plage glorieuse, au bord de l’eau, là où les femmes ont l’air d’être libres enfin, où elles sont si belles qu’elles n’ont même plus besoin du mensonge de nos rêves. Alors bien sûr, l’hiver de la vie une fois venu, ils ont du mal à rentrer, à se dire que c’est fini, à se l’avouer. Ils resteraient quand même, dans le froid, dans l’âge, espérer encore. Ça se comprend. Ils sont ignobles. Il faut n’en vouloir à personne. Jouir et bonheur avant tout. Et puis quand on commence à se cacher des autres, c’est signe qu’on a peur de s’amuser avec eux. C’est une maladie en soi. Il faudrait savoir pourquoi on s’entête à ne pas guérir de la solitude.

Entre  le  pénis  et  les mathématiques, il n’existe rien ! Rien ! C’est le vide !
À force de nous étirer, de nous sublimer, de nous tracasser l’entendement, de l’autre côté de l’intelligence, du côté infernal,  celui-là, du côté dont on ne revient pas !... D’ailleurs on dirait déjà qu’ils y sont enfermés  ces super malins, dans la cave aux damnés, à  force de se masturber la jugeote jour après nuit ! Parce qu’ils n’arrêtent même plus la nuit de se forniquer à longueur de rêves ces salauds-là !... C’est tout dire !... Et je te creuse ! Et je te la dilate la jugeote ! Et je te me la tyrannise !... Et ce n’est plus, autour d’eux, qu’une rabouillasse  dégueulasse de débris organiques, une marmelade de symptômes de délires en compote qui leur suintent et leur dégoulinent de partout...

On en a plein les mains de ce qui reste de l’esprit, on en est tout englué, grotesque, méprisant, puant. Quand voilà que tout se met à tourner..., je me cramponne. Tout tourne en bile. Les gens se mettent à avoir des drôles de mines. Ils me semblent devenus râpeux comme  des  citrons et plus malveillants encore qu’auparavant.

D’être grimpé trop haut sans doute, trop imprudemment tout en haut, je suis retombé devant la glace, à me regarder vieillir, passionnément. On ne compte plus ses dégoûts, ses fatigues quand ces jours merdeux arrivent accumulés entre le nez et les yeux, il y en a rien que là, pour des années de plusieurs hommes. Il y en a bien de trop pour un homme. On a beau dire et prétendre, le monde nous quitte bien avant qu’on s’en aille pour de bon... Les choses auxquelles on tenait le plus, on se décide un beau jour à en parler de moins en moins, avec effort quand il faut s’y mettre. On en a bien marre de s’écouter toujours causer... On abrège... On renonce... Ça dure depuis trente ans qu’on cause... On ne tient plus à avoir raison.

L’envie vous lâche de garder même la petite place qu’on s’était réservée parmi les plaisirs... On se dégoûte... Il suffit désormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu’on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l’intérêt trouver de nouvelles grimaces à exécuter devant les autres... Mais on n’a plus la force de changer son répertoire. On bredouille. On se cherche bien encore des trucs et des excuses pour rester là...

Mais la mort est là aussi elle, puante, à côté de vous, tout le temps. Demeurent seulement les menus chagrins, dont celui de n’avoir pas trouvé le temps, pendant qu’il vivait encore, d’aller voir le vieil oncle, dont la petite chanson s’est éteinte à jamais un soir. C’est tout ce qu’on conserve de la vie. Des petits regrets bien atroces, le reste on l’a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine. On n’est plus qu’un vieux réverbère à souvenirs au coin d’une rue où il ne passe déjà presque plus personne...Tant qu’à s’ennuyer, le moins fatigant, c’est encore de le faire avec des habitudes bien régulières.

Dans un ailleurs sans nous, on ne pourra plus rêvasser pendant des nuits et des jours, tapoter des mots d'espoirs et de folies... On a tous un penchant pour les fantômes. Peut-être pas tout à fait par notre faute.

La vie force à rester beaucoup trop souvent avec les fantômes, malades de nos désirs d’en savoir toujours davantage... Voilà tout...

Par là, tout seul... "Et puis je reviendrai", s'assure-t-on avec culot.

Non, on ne reviendra plus...

Et puis on ne sera plus ici et là non plus... Pas dupe. 


Un soir, un peu avant l’heure, ou dans la journée on sera déjà loin, croyant exactement devoir faire ce qu'on a bien envie de faire, alors que c'est n'importe quoi ! Alors que ce qui est important..., que c'est cela seulement ça qui compte..., c'est le bonheur... C’est peut-être ça qu’on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir une ombre avant de mourir.

Des années vont passer et puis des années encore... J’écrirai souvent à toutes les adresses dont je me souviendrai. Jamais je ne recevrai plus de réponse. C’est tout ce que je pourrai savoir.

Si par courage du désespoir existe encore GatsbyOnline, ou un Quelqu'un pseudonyme, un Patrice de foire, cul-terreux misérable ou prince d'un néant illusoire, patron petit, petite chose, autre gabarit, seul, vieux, perdu dans le vague..., voudrais-je encore écrire si on peut encore me lire, d’un endroit que je ne connais pas qu'on sache bien que je suis toujours là, même mort ! Restent les écrits, avant que le web disparaisse lui aussi, sans nul doute à cause des hamburgers patriotiques....

Tout de même, j’ai beau essayer de me perdre pour ne plus me retrouver devant ma vie, je la retrouve partout. Simplement, je reviens sur moi-même ! Mon trimbalage à moi, il est presque fini... Mais, trêve de balivernes..., vous pensiez, ravis, me voir réellement ainsi... ? A d’autres !... Le monde n'est pas encore refermé sur ma carcasse ! Comme à la fête !... Avoir du chagrin c’est pas tout, faut recommencer la musique, aller en chercher davantage du chagrin... C’est la jeunesse qu’on redemande comme ça, sans  avoir l’air... 


Pas gêné !... D’abord pour endurer  davantage !... Pour avoir encore une autre idée, même une seule idée, mais bien solide comme pour dérouiller les imbéciles. Plus grosse encore, une idée, que ma grosse tête, une belle idée, magnifique et bien commode... Combien il m’en faudrait à moi des vies pour que je m’en fasse ainsi une idée plus forte que tout au monde ? C’est impossible à dire ! Les miennes d’idées elles vadrouillent toujours dans ma tête..., avec plein d’espace entre, comme des petites bougies fières et clignoteuses à trembler toute la vie au milieu d’un abominable univers bien horrible..., le vôtre...
Si je n’étais pas là tout astreint, comme debout, le dos contre quelque chose..., je supprimerais tout... 
   

Notre vie est un voyage d'écritures dans l’hiver et dans la nuit, nous y cherchons notre passage, dans le ciel où rien ne luit... 

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