Wally ‘Better Place », le yacht pour « milliardaire responsable »…
Vivre le grand luxe au quotidien… à 45°…, un cauchemar !

Ahhhhh qu’il est beau, magnifique…, de le voir j’ai été comme touché par la main de Neptune…

De regarder d’autres voiliers, aussi…, j’ai retrouvé le bonheur enfantin…, à chaque fois que j’en croisais un, j’étais envouté…, même mon Blacky était gueule bée…, pas un aboiement…, bouche et gueule bée…, je ne sais pas, lui qui n’est qu’un chien…, mais moi, j’étais comme dans un magasin de jouets avec quelques centimes en poche… et je me suis mis à philosopher…

Si nous nous projèterions dans 500 ans ou dans 1.000 ans, je suis persuadé que les enfants s’étonneraient que les frontières aient existé un jour… et que des personnes étaient en position de dépenser des dizaines voire des centaines de millions d’euros pour construire des yachts indécents de luxe, quand d’autres mouraient de faim…

Les yachts à moteurs (ils sont le plus souvent équipés de plusieurs moteurs)… représentent « LE » point culminant de l’arrogance d’une oligarchie dorée, c’est l’acmé d’un mode de vie fondé sur une logique d’accumulation matérielle, érigé en modèle par la publicité et les merdias à grands coups de bling bling, de Rolexités, de Ferrailleries, Bugatteries, Porscheries, de jets supercyniques et de décoratisations dorées à l’or-dur.

C’est là que ma filou-zophie a été stoppée net par le proprio du Wally « Better Place » qui déjeunait chez Sénéquier et m’a dit que son yacht était « écolo »… que je n’avais qu’à y faire un tour sans m’incruster…
Je lui ai demandé pourquoi déjeuner « à terre » alors qu’il y a tout le confort à bord…, il m’a regardé avec un sourire qui en disait long…, le pauvre homme…

Voyez les photos et reniflez, vous constaterez que l’argent n’a pas d’odeur…

Le Wally ‘Better Place », le yacht pour « milliardaire responsable », rêveur et peu pressé (sic), vitesse limitée à 14 nœuds selon le vent (qui est gratuit), capacités multiples de contemplations illimitées…, possibilité toutefois de faire le dingue à 25 noeuds par grand vent, en pleine mer décjhainée…

Ahhhhhhh ! regarder l’océan, se laisser porter et doucement envelopper dans ses pensées, loin du monde et de ses ravages…, une alternative « responsable » quand on sait que la consommation d’un yacht « normal » (de 40 mètres et 6.000 chevaux) est de 1.2 tonne/heure en navigation et 40 litres/h à l’arrêt…

Mais cela peut aller bien plus loin…, élu « yacht de l’année 2011 », l’avant dernier bijou du milliardaire russe Roman Abramovich baptisé « L’Eclipse », avec une vitesse maximale de 25 nœuds, sirote six fois beaucoup plus que ça…, une gabegie énergétique en rapport avec son gigantisme : 162,5 mètres de long, lui interdisant même l’amarrage au « quai des milliardaires » d’Antibes !

Mais, il faut bien ça pour accueillir : un système de défense anti-missiles, un mini sous-marin trois places, une protection laser lâchant des éclairs vers les appareils des paparazzis, des cabines équipées de vitres pare-balles, une piscine transformable en boîte de nuit et une cheminée extérieure pour les nuits fraîches…

Le coût ? 800 millions de dollars…, en comparaison, le Wally « Better Place » à 35 millions d’euros, fait quasi « too-much », pas assez cher…, d’ailleurs, Abramovich ne vient pas « aux voiles »…

Pour peu j’allais décliner l’invitation…, je n’ai pas eu l’occasion de l’aborder comme un pirate, Abramovich, mais comme j’ai eu l’expérience de mer sur le voilier, à vivre à 45°, j’ai compris l’arnaque de la mer…

Mais une chose à la fois…, « avant d’aller en mer, on est à terre »…, voilà le genre d’expression du génie humain que nous pouvons constater tous les jours, Blacky et moi… et…à ce que nous avons vu…, Blacky voit tout tout comme moi (une phrase en triple sens)…, sachez qu’à St-Trop’, surtout « aux Voiles », il vaut mieux être un chien, qu’être itinérant, c’est dire…

Donc « à terre »…, du Bling-bling, du m’as-tu vu, des kilos de coke déversés sur les culs de putes à l’arrière des yachts, des bouteilles de champ’ à 10.000 alors qu’il y en a des pas dégueulasses à 30 euros au Leclerc du coin (pour ce genre d’usage, c’est déjà trop)…

Du glamour, du luxe, des fleuves de pognon toujours aussi indécent… et la plèbe qui se pame devant tout ce bordel…, pffffffffffff !

Wally, constructeur de yachts, lui, pense ce « mieux vivre » d’une toute autre manière…, en se f… totalement des pauvres, des cons, des cloches… et en ne se focalisant que sur les multimillionnaires (au minimum), il a métamorphosé le monde des bateaux de luxe… et le dernier navire de la société, le « Better Place », sous couvert d’être tout aussi novateur que ses prédécesseurs, s’avère totalement indécent… en plus d’être crétin…

Wally « Better Place », 35 millions d’euros de plaisirs et de conneries…
Je commence par le bof pour beauf…, le paraître…

L’histoire des Wally s’écrit au présent, mais est déjà entrée dans la légende de la voile…, une « success story » à l’italienne digne des meilleurs scenarii relatant les aventures des condottieres transalpins, de Gianni Agnelli à Enzo Ferrari (sic !).

La comparaison vient tout de suite à l’esprit…, forgée/lobotomisée par leur service presse « maison » roué aux techniques de la psychologie-manipulatrice : « Wally, c’est le copier-coller marin de la chronique de Ferrari »…

Si, si…, ils osent tout, ajoutant (sans rire) que c’est un modeste (gag !) entrepreneur, ayant des idées révolutionnaires (sic !) et vivant une réussite inégalée (re-sic !!) dans le créneau du très haut de gamme…

La légende, quasi mythique, indique dans les communiqués de presse, qu’au milieu des années ’80, Bassani, « modeste » fils d »industriels italiens influents…, décida d’acheter son premier grand yacht (ce qui n’est pas une décision que tout un chacun/chacune peut et sait prendre au saut du lit)…, mais il fut déçu par ce qu’il trouva sur le marché….

Marin fanatique qui avait fait des courses de bateaux toute sa vie ou presque, ce « modeste » play-boy déjà richissime…, ne voulait pas renoncer au plaisir et au bonheur apportés par la (richesse) vitesse…, mais il voulait aussi quelque chose de luxueux, permettant de naviguer avec un équipage réduit… et suffisamment sûr pour que ses jeunes enfants puissent monter à bord :

– « Il n’y avait rien de tel à l’époque, c’est pourquoi j’ai décidé de concevoir et de construire le bateau moi-même »…

Même si Bassani était influencé par quelques-uns des architectes navals les plus innovants de cette époque, son approche du design, alors comme maintenant, s’est davantage fondée sur les travaux des grands architectes « organiques » : Frank Lloyd Wright a été une inspiration, tout comme Gae Aulenti, l’architecte milanaise (une Dame) connue pour des bâtiments comme le Musée d’Orsay à Paris ou le Palazzo Grassi à Venise, ainsi que pour ses meubles et éclairages design.

Lors de la conception de ce premier yacht, Bassani a suivi deux principes directeurs :

– « Les nouvelles technologies devaient être utilisées pour dépasser les limites pratiques, et l’agencement devait être naturel et organique »…

Le Wallygator est né…, lancé en 1991, ce bateau dont le nom est tiré du personnage de dessin animé Hanna-Barbera préféré de ses enfants…, était le premier yacht de croisière léger et à haute performance que l’on pouvait diriger seul…, il avait été construit pour voguer l’après-midi et être au repos la nuit car :

– « La plupart des bateaux de croisière étaient confortables mais pas amusants du tout à gouverner : trop lents, trop compliqués »… Et les bateaux de course étaient amusants mais n’offraient aucun confort, tandis que le Wallygator était à la fois luxueux, rapide et spectaculaire »…

Son design était révolutionnaire…., oui… et en conséquence, se heurtait parfois au scepticisme…, mais même les caractéristiques les plus extravagantes en apparence comportent des avantages sur le plan pratique.

Prenez par exemple le pont « rangé » du Wallygator, une marque de fabrique pour toutes les créations Wally ultérieures, Basani explique sa vision de l’ordreet du beau :

– « Mes enfants étaient très jeunes. Le pont d’un bateau à voile peut être un endroit dangereux entre les bômes qui se balancent, les paquets de drisses emmêlées, les treuils et les bastaques, j’ai donc rangé tout cela, en cachant le bazar sous le pont. Terminés, les entrecroisements de haubanages. À la place, un système de boutons poussoirs pour des focs auto-tendus. Terminés, le bois et la toile. À la place, le tout premier mât en fibre de carbone sur un yacht de croisière »…

Aujourd’hui, le Wallygator est reconnu comme l’un des navires pionniers dans la navigation à voile entièrement assistée par moteur, un concept qui s’est propagé à des yachts faisant la moitié de sa taille.

Résultat : il a été nommé en 2011 l’un des 12 bateaux ayant eu le plus d’influence au 20ème siècle, par le magazine « Yachting ».

Le Wallygator était le premier yacht de croisière léger et à haute performance que l’on pouvait diriger seul…, il avait été construit pour voguer l’après-midi et être au repos la nuit !

Fort du succès et de la reconnaissance du Wallygator, Bassani a créé Wally Yachts en 1994…, le projet était fou, l’idée insensée, et l’accueil dans le milieu de la voile fut plutôt frileux.

Il en fallait plus pour freiner Bassani qui installa ses bureaux de recherche et développement à Monaco, en s’entourant des meilleurs ingénieurs, dessinateurs et architectes navals :

– « En Principauté, chaque voilier est imaginé comme une pièce unique, en bousculant les idées reçues, pour produire le voilier le plus performant. C’est ma société Wally qui développe le mât et les voiles en carbone ; qui dessine une cabine à l’avant du bateau (ce qui ne s’est encore jamais vu) ; qui crée une ligne de coque à l’étrave originale totalement inédite »…

En quinze ans, les Wally deviennent incontournables…, ce sont des Formules 1 de la marine à voile, ils assurent le spectacle partout où ils régatent, des géants brisants l’écume, des monstres puissants mais légers survolant la vague…

Bassani dit concevoir ses créations comme des œuvres d’art…, un tour sur le pont en sa compagnie achève de convaincre tout client potentiel.

Sur un espace épuré, tout y est mélange de bois, de carbone, de métal, dans un savant équilibre des proportions où rien n’est laissé au hasard…, de la sculpture moderne, en somme, comme une œuvre d’abstraction sans aucun rajout inutile.

Ça et là, des écrans et des ordinateurs permettant aux équipiers d’intervenir beaucoup plus vite que sur un navire classique…, un temps de réaction réduit au minimum pour filer au vent au maximum.

Luca Bassani avait une bonne trentaine d’années lorsque sa vocation s’est affirmée…, un peu plus de vingt plus tard, Bassani et Wally Yachts, dont il est président et PDG, créent des bateaux figurant parmi les plus emblématiques et les plus désirés, à voile ou à moteur, pour la pleine mer.

Aujourd’hui, le constructeur de bateaux basé à Monte-Carlo, Monaco, est célèbre pour ses « créations de maître » associant design et performance, des créations de luxe de la qualité digne d’un musée.

Il construit huit à neuf bateaux par an, allant du WallyDinghy de 32 pieds (l’annexe parfaite) au monstre de 118 pieds, le 118 WallyPower (le superbe yacht à moteur à l’affiche dans le film « The Island », avec Scarlett Johansson et Ewan McGregor), pour des clients comme Sir Lindsay Owen-Jones, le président et PDG du géant des cosmétiques L’Oréal, ou l’ex-roi Juan-Carlos d’Espagne.

En 2012, Wally a accueilli un nouveau navire dans la famille : le « Better Place », long de 165 pieds, un « sloop » en fibres de carbone, le plus grand au monde et le premier yacht à voile à avoir reçu la certification RINA Green Star, laquelle est réservée aux bateaux conçus, construits et exploités de façon à assurer un respect maximum de l’environnement.

Il possède une anatomie caractéristique des navires Wally avec ses lignes minimalistes, nues, presque brutales… et les pavois surélevés ajoutent non seulement de la sécurité à bord, mais ils offrent aussi un profil épuré.

Avec sa coque bleu Bugatti nette et sa forme moderne, il ne ressemble à aucun autre.

Outre le design et la construction de sa coque, le Better Place offre plusieurs innovations, de la propulsion et du contrôle de navigation à la façon dont vivre à bord a été pensé.

L’une des qualités les plus attrayantes de ce navire est le concept de vie à l’extérieur et à l’intérieur.

– « Il est très important pour moi qu’un passager ait la même expérience et la même sensation lorsqu’il se tient debout sur le pont que lorsqu’il ou elle est à l’intérieur [de la cabine]. Cela a été très bien réalisé ici, par exemple, avec les grandes fenêtres pleine hauteur dans le roof. Elles permettent à la lumière naturelle d’entrer largement et ne cassent pas la connexion à la mer. L’intérieur a été créé par Wetzels Brown à Amsterdam. Il comprend un espace de vie total de 7 .00 pieds carrés à bord, 3.000 à l’intérieur et 4.500 à l’extérieur… et inclut une cabine de luxe de 670 pieds carrés avec terrasse pour le propriétaire »…

Même si le « Better Place » est une interprétation entièrement modernisée de la philosophie de Wally (des yachts nés d’une passion pour la performance, le design et la mer), il est incontestablement le descendant du premier Wallygator.

– « Lorsque le propriétaire nous a commissionnés pour construire ce yacht, il cherchait un bateau qui soit luxueux et amusant à diriger par vent fort ou léger, mais qui soit aussi respectueux de l’environnement et construit avec des matériaux et systèmes de propulsion durables. Il n’y avait rien d’approchant sur le marché ; l’histoire se répétait. Alors, nous l’avons construit. Tant que les gens demanderont des choses nouvelles, Wally Yachts et moi continueront à les concevoir et à les construire »…

Extraordinaire et franchement démesuré, le Wally 50 « Better Place » a des dimensions inédites et offre certainement un confort hors norme…, certains ne connaissent pas la crise…

Quelques chiffres (en français) pour essayer d’appréhender la taille de ce méga-yacht : 50,50 m de longueur de coque pour 44,80 m à la flottaison et un mat de presque 70 mètres !!!.

Le maître bau est de 10,25 m et le tirant d’eau de 6,50 m (la quille prend de la place), le tout propulsé par quelque 1.190 m2 de toile…, de quoi se faire peur, non ?

Construit en Italie, à grand renfort de fibres de carbone, « Better Place » ne pèse “que” 250 tonnes pour un lest de 88 tonnes, il s’agit d’un vrai voilier “pousse-boutons” avec son foc autovireur et sa grand-voile qui s’enroule dans la bôme.

Le confort est bien sûr au rendez-vous : le roof, ou plutôt le deck-house, offre une surface de 86 m2 pour accueillir cuisine, carré et coin repas…, on peut ainsi asseoir une bonne vingtaine de personnes, même si la table de repas est prévue pour seulement dix convives, seize en s’asseyant sur l’un des sofas.

En regard, la cabine « propriétaire », à l’arrière, ne mesure que 62 m2 mais elle s’ouvre de plain-pied sur la jupe, ou plutôt la terrasse de 30 m2 donnant un accès direct à la mer.

Dans le cockpit aussi on peut asseoir vingt personnes, dont dix autour de la table et ça tombe bien puisque c’est le nombre de passagers pour lequel ce yacht a été conçu…, dix, c’est également de nombre de membres de l’équipage.

C’est manifestement du rêve à l’état brut et tout aussi certainement de la folie furieuse…, c’est le plus grand voilier en fibre de carbone, un bijou de 35 millions d’euros

– « Quand vous présentez des bateaux innovants, vous attirez l’attention sur ce marché, ça compte ! C’est le cas de mon « Better Place », sorti des chantiers italiens d’Ancona »…

Cet objet flottant non identifié, débarqué d’une planète où l’ultra contemporain règne en despote, surprend :
= Par sa couleur d’abord, un bleu Bugatti brillant et spectaculaire.
= Par sa silhouette, ensuite, profilée et acérée comme une lame de couteau géante.

Le « Better Place » est façonné pour se démarquer et séduire des acheteurs, toujours plus riches, que la crise n’effraie plus, c’est « un rêve » pour milliardaire écolo…

Ce sloop (voilier) représente un genre en devenir destiné, selon Luca Bassani, à « ceux qui aiment s’amuser en naviguant mais pas forcément aux nouveaux riches, plus friands des yachts à moteur »…, dans cette catégorie, le « Better Place » est le plus grand jamais construit.

A l’intérieur, ni strass ni paillettes bling-bling…, tout est design, lignes épurées, ambiance laquée et zen.
= De nombreux meubles sont en fibre de carbone (ce qui est moyennement confortable).
= Des éclairages leds à variation de couleurs créent des ambiances lumineuses différentes.
= Les sofas moelleux se multiplient comme par miracle, notamment dans le salon aux immenses baies vitrées qui peut accueillir vingt invités à dîner.

Cinq cabines, dont une plus grande pour le propriétaire (l’identité doit rester et reste secrète sous peine d’un procès) et au lit king size, donnent le sentiment d’être à terre, dans une villa de rêve pour milliardaire écolo…, car ce bateau a été développé selon des normes environnementales strictes, notamment grâce à des moteurs Diesel d’appoint à générateurs électriques.

Mais ce joyau des mers a un coût moins glamour : 35 millions d’euros plus taxes, frais et « autres »… en sus, il faut dix membres d’équipage pour le faire fonctionner…, une broutille dans le monde de l’hyperluxe…

Après le paraître, voici la réalité vécue à bord…

Le principal défaut à l’usage, vient de sa seule gigantesque évidence : le yacht est tellement beau qu’il en est magnifique et merveilleux…, mais… en mer…, on vit « penché »…, on n’est « droit » qu’à l’arrêt ou à très petite vitesse sur plan d’eau calme comme un petit lac…

Voyez les photos, tout le monde se cramponne à tout et n’importe quoi, vivre avec une gite permanente est inconfortable au possible…, mais c’est beau…, en fait c’est absurde, invivable…, mais c’est beau…, comme si on vivait dans la Tour de Pise…, toujours de travers, en biais, penché… comme si vous mettiez des jantes de 20 pouces à droite et de 14 pouces à gauche sur votre voiture… essayez pour voir…

Le génie humain…, vivre au quotidien à 45 degrés

À quoi ressemble le quotidien lors d’une régate à travers les océans ?
À tout, sauf du plat.

La gravité est une maîtresse cruelle…, elle tire, traîne et attrape vos jambes et enroule ses lourdes chaînes autour de vos chevilles.

La vie sur ce yacht de luxe de 35 millions d’euros est un concentré d’extrêmes, une humidité permanente, un niveau de difficulté incroyable… et surtout une inclinaison qui vous arrache à chaque instant les talons du sol.

Quand le vent souffle avec une puissance folle dans les voiles et secoue le bateau dans tous les sens, on vit incliné à 45 degrés, comme le yacht…

Avec les courbes de la coque, vous pouvez ajouter 5 ou 10 degrés supplémentaires, ce n’est pas facile et vraiment inconfortable, le bateau penche vraiment… et devinez quoi ?

Quand le voilier penche, tout ce qu’il y a à l’intérieur bascule aussi.

En fait, la vie à 45 degrés rend toute tâche de la vie quotidienne quasiment impossible :

= Une tasse de café ? Bonne chance.
= Enfiler ses vêtements ? Un moment de plaisir.

Quelles sont les sensations ressenties dans ce quotidien à 45 degrés ?

Affreuses…, surtout la difficulté à rester les deux pieds au sol lorsque le vent et la férocité des océans secouent leur voilier…, imaginez que vous deviez rester debout sur une montagne glissante faite de glace… et que cette montagne tremble à cause d’un séisme.

Encore plus dur, essayez de tenir sur cette montagne tout en buvant de l’eau et en mâchant de la nourriture, le tout en gardant votre équilibre…

En d’autres mots, quand le voilier est fortement incliné et que le vent souffle à 25 noeuds ou plus, la seule place sûre est la couchette en raison de la ceinture de sécurité qui s’y trouve.

La seule idée de manger donne la nausée…, on doit réfléchir à comment effectuer des tâches simples, comme enfiler ses vêtements imperméables pour aller dehors et pisser…, je vous dis pas comment faire votre caca, assis sur le trone, agrippé à rien…

Le quotidien ressemble finalement à la vie à l’intérieur de la Station spatiale internationale (ISS) mais sans l’apesanteur…, comme si les astronautes étaient collés au sol et devaient grimper les murs comme des singes pour passer d’une pièce à l’autre.

À bord d’un voilier incliné à 45 degrés, le plus petit des mouvements requiert une concentration maximale et au moins trois prises au sol pour se déplacer…, les deux pieds et une main.

En pleine mer, avec vagues et tout et tout… le voilier franchit souvent des vagues hautes comme des tours, les unes après les autres dans une obstination infinie, à un rythme affolant, brisant les flots et soulevant des hectolitres d’eau salée qui ressemblent à des confettis géants survolant la proue du navire.

Chaque impact dans ces conditions est répercuté dans tout le bateau…, il n’y a nulle part où se cacher… et çà se répète toutes les cinq secondes, bouleversant encore un peu plus les lois de la gravité à l’intérieur du voilier.

BANG…

Ce bruit se répète 720 fois par heure.

BANG…

Un son qu’on entend 17.000 fois par jour….

Il faut endurer ces chocs à répétition…, c’est usant pour les chevilles et les poignets, cela vous soulève le coeur en permanence et fatigue votre esprit…, c’est un vrai challenge, on tente de dormir les pieds vers l’avant pour que les genoux encaissent les chocs plutôt que le cou…, on ne peux jjuste pas bouger à l’intérieur et sur le pont, c’est toujours humide…

Et question animaux de compagnie, c’est impossible, il est impératif d’enfermer le Toutou dans une pièce avec un sas, faute de quoi la porte entrouverte il s’enfuit et va finir dans la mer…, pauvre bête !

Un cauchemar pour milliardaire responsable, à 35 millions d’euros…

@ pluche…