A L’ABORDAGE !

Viens mon Popu, viens lire mon histoire de pirates !
Là, voilààà, détends-toi…, quelle genre d’histoire veux-tu lire ?
Une histoire qui fait peur ?
Une qui se termine bien ?
Ou bien, une histoire d’aventure, d’action, avec des batailles épiques et héroïques ?
D’accord, d’accord…, un peu de tout ça, sinon ce c’est pas une vraie histoire…

Je te rappele que pour ne « causer » que de l’époque de piraterie la plus célèbre et la plus caractéristique, celle qui concerne la mer des Caraïbes, celle-ci s’étend pour l’essentiel de 1520 à 1720, date à laquelle les États centralisés et principalement le Royaume Uni reprirent progressivement et très brutalement le contrôle de la région…, avec pour but la préservation du commerce (ah la liberté du commerce !) et surtout de la si profitable traite des esclaves (puisque ces affreux pirates, très généralement, libéraient les esclaves des bateaux négriers).

Mais ce qui était le plus inacceptable pour ces pouvoirs centralisés, c’est certainement la tendance à l’auto-organisation de ces rebelles à la domestication et l’émergence de certaines formes de démocratie directe dont ils craignaient la contagion sur leurs bateaux et dans leurs colonies nouvellement installées…, la plupart des navires attaqués transportaient les fruits du pillage éhonté par les coloniaux (tes ancètres, mon Popu adoré) des populations autochtones (les indiens d’Amérique).

Donc les véritables pirates, les bénéficiaires de ce contrôle, « ceusses » qui par leur avidité sans limite sont en train de réduire notre monde à une peau de chagrin et dont le butin est très souvent dissimulé piteusement en quelques « paradis » fiscaux, à l’abri des quelques milliards d’êtres humains qu’ils ont réduits à la misère… sont des fils (et filles) de putes…, mais quelques flibustiers et justiciers contemporains les débusquent derrière leurs grilles et leurs caches pour leur faire rendre compte…

Nul parfum de « nihilisme » avant la lettre dans les dilapidations effrénées et l’intrépidité vertigineuse que décrivent des chroniqueurs offusqués par cette fast life, ce vivre-vite jugé absurde, voire démoniaque…, bien au contraire : de cette fulgurance anarchique, de cette imprévoyance délibérée nait une volonté commune, une cohésion rebelle… et ce goût du renversement se révèle propice à l’accomplissement des plus beaux exploits au détriment des ennemis de la liberté.

Cette quête d’une vraie vie sur les eaux tumultueuses du négatif constitue une mise à nu tragique du système marchand, une réponse railleuse à son extension planétaire, une sagesse en mouvement.

Dans le secteur hautement stratégique de l’offensive capitaliste qu’était alors le transport maritime, les pirates critiquaient en actes les aberrations du principe de rentabilité… et les âmes d’épiciers, les esprits policiers s’en trouvèrent à jamais désolés.

Il y a encore beaucoup d’histoire à créer « par en bas »…, en réalité, c’est la seule façon dont les changements vers le progrès se font lorsque les mouvements populaires parviennent à proposer de nouvelles solutions pour régler de vieux problèmes.

À mon avis, la lutte pour un autre futur est toujours une lutte pour des idées et des pratiques nouvelles, réellement démocratiques et égalitaires…, le passé peut nous être très utile dans cette recherche…, si nous savons comment les peuples ont, par le passé, essayé d’échapper à l’exploitation et à l’oppression en organisant leurs vies différemment, comme les marins et les pirates ont tenté de le faire au cours du 18ème siècle, cela peut à la fois nous inspirer et nous donner de nouvelles idées pour l’époque actuelle…

Pirates & co…

Hummmm !
Laisse-moi tapoter…
Ah ! j’ai soudain une idée d’histoire…
Voilà : un Louis d’Or…, oui, regarde bien comme il brille ce Louis d’Or.

Ceci, mon popu représente tout ce que cherchent les Rois de la filbuste, mais pas seulement, c’est aussi un symbole de pouvoir ! Autrement dit, c’est aussi en quête de reconnaissance que se lancent les aventuriers, mais laisse-moi t’expliquer…

Deux forces en présence : « ceusses » qui peuvent tout se permettre sont forcément riche, « ceusses » qui ne peuvent tout se permettre, non…, on a donc des riches d’un coté et d’autres plus pauvres de l’autre.

Certes, le commerce enrichit pas mal, mais la majorité des gens sont loin d’être des commerçants…, les discriminations sont fréquentes, et les nantis considèrent les non-nantis comme des sous-hommes…, alors certain(e)s se révoltent, prennent les armes et conquièrent par la force ce qu’on ne veut leur donner, ce qu’on ne veut leur vendre. Ils (et elles) se dressent contre cette hiérarchie artificielle et décident de ne plus suivre les règles édictées par les nantis qui les rabaissent…, leurs propres règles seront gage d’équité, et de liberté.

Ces révoltés, ce sont les pirates. Ils pillent, ils violent, ils s’approprient les biens des « ceusses » qui en ont, les pirates sèment la terreur, et particulièrement un : Blacky le corsaire !

Blacky, personne ne sait vraiment qui il est…, on sait juste qu’il aboie, grogne, à de longs poils noirs et qu’il est toujours accompagné d’un grand et fort gaillard qui est chargé d’écrire ses aventures.

On sait aussi que son Quartier Général est à « La Baie des Pirates », un endroit mythique dans le Golfe de St-Tropesz dont personne n’est certain de connaître la localisation.

Alors mon Popu tu suis ?

La grande Filbuste méditérranénne est née, dans cette histoire, d’un sentiment de révolte…, des biens trop chers et trop rares, une demande très forte insatisfaite… et surtout une attitude de dédain royal de la part de toute une série de chacals et fils de putes… et encore, le mot est faible !

Allons, reprenons cette histoire !

Les chacals et fils de putes, donc, ne virent pas d’un bon œil qu’on remette en cause leurs façon de faire, c’est-à-dire de pomper un max de flouze sur le dos des citoyens Lambda : ils ont hurlé à la piraterie…, tout comme nos politiques hurlent au terrorisme…, alors, pour lutter, ils imaginèrent à la suite plusieurs stratégies ; restriction des libertés individuelles, télé surveillance et télé-réalité…;

Mais cela ne suffit pas…, les pirates étaient malins et les lourds fils de putes et chacals affairistes, à tirant d’eau important, risquaient de s’échouer dans les bas-fonds ou sur des bancs de sable…, de plus leur inertie importante les rendaient patauds faces aux lestes et souples Sloops de la filbusterie.

Ils imaginèrent alors une autre parade, afin de contrer les assauts de ces satanés pirates qui violaient leurs droits de propriété, ils lancèrent partout une vaste chasse aux pirates…, tous les empècheurs de magouiller en paix devaient être pendus.

Las, mis à part un comique troupier, la chasse ne fut pas fructueuse et rares furent les gibets à s’élever sur la côte d’Azur…, les pirates, confortablement tapis, ne se montraient pas…

Alors que les Beaufs profitaient de cette accalmie pour reprendre le commerce (acheter pas cher pour revendre plus cher), Blacky frappa un grand coup…, il monta une embuscade et aborda avec succès deux restos dont l’Amiral de St-Maxime., dans les cuisines de ces vaisseaux il piqua les fumeux saucissons Corse de la liberté.

Certains n’apprécièrent pas cette dernière provocation et décidèrent alors de jouer le tout pour le tout : mettre sur leurs tables leurs derniers atouts…, puisque les pirates ne respectaient rien, ils ne respecteraient plus rien non plus.

Ainsi naquirent les Corsaires…, des pirates officiels payés et subventionnés par les différentes couronnes de l’empire…, leur but officiel étant de chasser les filbustiers…, mais si de nombreuses erreurs se glissaient dans les cibles, on pouvait se consoler en disant que de toute façon le butin revenait aux nantis et que ces pauvres bougres étaient bien des pirates potentiels !

Comment réagit Blacky face à cette concurrence imprévue ?
Tu aimerais le savoir, mon Popu, hein ?
Ah, mais c’est qu’il se fait tard !
C’est l’heure de se coucher !
Allez file, reviens demain soir, tu sauras tout !

J’ai croisé La Grace entre Porquerolles et St-Tropez, rencontre fortuite extraordinaire…, mon seul regret est qu’il n’était pas « toutes voiles dehors »…

La Grace est la réplique d’un voilier de la seconde moitié du 18ème siècle.
Ses armateurs ont voulu renouveler la tradition de la navigation tchèque…, proposant une « authentique » réplique de la navigation maritime à bord d’un voilier « historique ».
A bord de La Grace on ressent l’ambiance des voyages de découvertes et des batailles de pirates, mais on peut simplement bronzer et nager dans des baies romantiques à partir de 240 euros par personne et par semaine.

La Grace fut le nom du voilier tchèque d’Augustin Heřman qui traversa l’Atlantique plusieurs fois au service d’une entreprise hollandaise nommée « Ouest-Indies »…, avant de devenir boucanier…, en effet, La Grace va s’illustrer dans l’attaque de navires de commerce espagnols…
La construction de la réplique de ce voilier débuta fin 2008 dans un chantier professionnel en Egypte qui construit toujours les bateaux de manière traditionnelle comme au 18ème siècle.
La Grace fut mise à l’eau le 5 Décembre 2010.

La Grace propose deux possibilités :
– Les passagers sont deux par cabine et n’ont aucune obligation, comme dans un hotel. Le prix par cabine double (selon la saison) est de 1.200 euros par semaine (600 euros par personne). Le prix comporte la possibilité d’un lit gratuit pour un enfant dans la cabine.
– Les cadets dorment ensemble dans deux grandes cabines et ils ont l’obligation de participer aux travaux de jour. Ils font les quarts, la navigation, les maneuvres, mais aussi aident à la cuisine. Une semaine coûte entre 280 et 440 euros par personne, selon la saison.

Pour infos, écrivez à
– Pepa Dvorsky : ShipLaGrace@gmail.com
– Dan Rosecky : dan@lagrace.cz
– Andrzej Ziajko : andrzej.ziajko@gmail.com

Tel mobile : +420 777793720
http://www.lagrace.cz/