ULM Savannah 912S…Vol « naniversaire » en coucou au dessus de mon nid (lit)…Lors d’une soirée calme du sud profond de la franchouille, loin de toute agitation inutile, j’étais tranquillement alangui sur le canapé, à faire mentalement mes comptes (et les décomptes d’autres), la nuit printanière était profonde comme elles peuvent l’être en mai, les grillons faisaient de la nuit une cathédrale éclatante…, mais soudain…, je me suis rappelé que dans quelques jours et nuits, le 16 mai, c’était mon « naniversaire »…Il me fallait fêter ce non-évènement avec mon fidèle Cocker Blacky… qui, rien qu’à me voir penser, a agité la queue et s’est mis à faire le Cocker sur le dos, iconoclaste, malicieux et agitateur de neurones…

J’ai calculé que 2016 moins 1949 donnaient 67…, je pensais plus…, mais imaginais beaucoup moins…, j’ai juré qu’on ne m’y reprendrait plus, ça m’a rendu nostalgique… et j’ai supposé que si l’humain n’avait pas cette prédisposition à la mélancolie, le chant d’un rossignol n’aurait pas plus d’effet sur lui (nous, moi, vous) que le coassement d’un crapaud, le cri d’un nénuphar le soir au bord d’un lac…,ou le bruissement plaintif d’un billet de 500 euros que refuse le caissier d’une station-sévices. Pourtant c’est particulièrement mélodique, même si ça ne rentre absolument pas dans un trou de mélancolie, même en poussant…, un peu comme si on essaie de faire rentrer un cep de vigne dans une prise femelle, ça ne marche pas, il ne se passe rien…, à part boucher bêtement la prise et se griller les gonades en essayant de la déboucher.

Philosophiquement, c’est un peu comme une prise mâle qui entre dans une prise femelle…, même pénétrés par la prise mâle, les trous de la prise femelle existent, comme le trou de la mélancolie existe en nous. Quand la prise mâle, sous forme du bruissement d’un billet de 500 euros, vient faire un trou dans nos émotions, elle se plante droit dans la prise femelle de la mélancolie…, simple, non ?

Il ne faut pas être désagrégé de philo pour savoir ça…, sans mélancolie, le bruissement d’un billet de 500 euros ne serait juste qu’un son monétaire. Face à la dictature du mou, aux retours des angoisses, des couvre-feux moraux et l’arrivée d’un politiquement correct vaseux, c’est salutaire, puisque l’absurde fait rire…, se servir du rire pour faire face, c’est vieux comme la connerie.

Rire de tout, de la mort, de l’absurdité humaine, de l’intolérance, du racisme, de mon voisin…, rire en résistant, rire pour résister, résister pour rire, toutes les combinaisons sont possibles, c’est un air de musique sur le Titanic, dérisoire et magnifique. Il faut s’habituer aux vérités premières, le bruissement d’un billet de 500 euros est beau et triste parce que nous sommes beaux et tristes et c’est comme le vin, l’humour et les essuie-glaces, ça n’arrête pas la pluie mais ça permet d’avancer.

Je ne sais pas quand la rupture avec la non-civilisation a eu lieu…, mais, à mon sens réflectif, c’est à force de supporter quelques émissions débilitantes dont la TNT nous nourrit chaque jour. Quoi de mieux en effet que de rire de la vie de chiotte d’une enfant de la DASS vivant à Béthune dans un T1 bis avec son champion de mec prêt à mourir pour la cause du tuning et des figurines Titi…, au-dessus c’est le soleil mec…, j’ai même, dans un élan d’ennui, déjà appelé, ivre, le répondeur de confessions intimes…, je n’ai jamais été recontacté.

Tout cet univers est pourtant une institution chez les gens qui votent « politiquement-correct » pour des abrutisseurs/abrutisseuses, des escrocs et des salauds/salopes…, puis qui râlent que rien ne change tout en bouffant des chips-cocktail-NRJ12. Pour ma part, j’ai fini par décrocher…, pas que de pointer du doigt l’absolue nullité du quotidien de ces vainqueurs nourris à la frite ait fini par me lasser…, non…, j’ai juste l’impression que le niveau s’est durci, au point que la bêtise s’est d’abord vue valorisée puis institutionnalisée, comme si être une courge était désormais la base de toute production télévisuelle.

Cette normalisation des pinceaux préférant pomper que d’apprendre à écrire, a eu pour conséquence de banaliser ce qui était jusqu’ici caché puis moqué : la bêtise. Celle-ci semble, qui plus est, dépasser le cadre du simple petit écran pour mieux se répandre insidieusement dans notre quotidien…, par exemple, se rendre sur Twitter et lire les trending topics, c’est à coup sûr se donner envie d’ouvrir son bide à la truelle…

Alors, ok, mon ressenti se base au final sur peu de choses…, la télévision d’une part, soit une fenêtre bien étroite pour juger de l’avènement d’une tendance sociétale…, et les réseaux sociaux d’autre part, où n’importe qui peut désormais repeindre la toile du fond de slip qui lui sert d’opinion. Deux médias pas forcément représentatifs du niveau intellectuel d’une nation…, quoique, se rendre sur Twitter et lire les trending topics c’est aussi pire que lire les commentaires des sites d’actualité et y être confronté à de gros lourdingues voulant partager leur banane avec notre ancienne garde des sceaux…

Mais c’est oublier qu’Internet ne se résume pas à des justiciers d’une France plus blanche… ou à un type vantant son blog de tuning de Renault 11 dans le Val d’Oise. Malgré tout, de ces deux « espaces d’expression », j’en ressors toujours avec cette curieuse sensation, devenue depuis conviction : la bêtise est devenue le centre de tout…., Nabilla étant la pointe d’un iceberg qui nous dépasse…, la boucle est bouclée, nous redevenons progressivement des singes…

La multiplication des sites où le viol de l’orthographe est tendance et le surnombre des émissions où se faire déflorer sur un air de David Guetta est un objectif de vie, ont peut-être eu raison de mon jugement…, toutes ces merdes viennent sûrement parasiter mon objectivité. Seulement je ne peux m’empêcher de penser que tout ceci est symptomatique d’une société basée sur l’instantanéité rejetant par principe toute réflexion dépassant les 140 caractères…, et puis les faits me donnent raison : baisse générale du niveau scolaire, recul du niveau intellectuel, évolution dégénérative, simplification de l’orthographe, PNL…, tout prête à penser que cette surreprésentation médiatique de la bêtise n’est en fait que le reflet d’une société de plus en plus débile…, à moins que je ne fasse qu’enfoncer des portes ouvertes ?

Génie conspué, imbécile populaire, rien de bien nouveau vous me direz…, la différence entre un passé prétendument plus voué à la réflexion et une modernité condamnée à manger sa merde serait éventuellement qu’être con aujourd’hui est plus visible voire même valorisé. Le buzz est l’oeuvre de grands gogoles…, les scientifiques n’intéressent personne…, mais les centres d’intérêt de la masse ne sont pas forcément représentatifs de son niveau intellectuel…, les contre-faits sont là : l’analphabétisme mondial diminue, la scolarisation progresse…, les pôles éducatifs semblent donc se rééquilibrer à l’échelle de la planète…, je suis un peu perdu dans ma réflexion…, le monde devient-il bête ?

Le problème étant que j’ai dû atteindre le plafond de mon intelligence…, me rendre compte de mes limites ainsi que de celles de mes contemporains m’effraie et m’empêche de vous offrir une conclusion construite…, je me laisse donc divaguer en vous exprimant un ressenti, et non une vérité. Mon optimisme me pousse à croire que nous assistons à un nivellement par le bas de notre société, le déclin c’est maintenant…, la boucle est bouclée, nous redevenons progressivement des singes…, cela ne vous rappelle pas un film ?

-« Créée en 2002 par Hervé Schrepfer (20 ans d’expérience, 7.000 heures d’instruction, démonstrateur pour JMB aviation, pilote privé hélicoptère), Flying Safari bénéficie d’une expérience notable dans le domaine spécifique de l’ULM… Tous les vols sont assurés par des instructeurs diplômés ayant de grandes compétences dans le domaine de l’aéronautique (pilote avion, planeur etc.). Nous vous proposons 4 ULM école biplaces type Savannah 912S, l’appareil le plus commercialisé en Europe, très sécurisant et parfaitement adapté à la formation en terme de facilité au pilotage »…

J’ai donc décidé de fêter ma pensée limitée et limitante sur l’air de « Il fait chaud » de Patoche, pénard, la bite à l’air…, mais que demain, ou après-demain, je devais m’envoyer en l’air…C’est un prospectus qui a tout déclenché :

J’en ai parlé à mon pote : Olivier Frappa qui connasse tout de la zone et il s’est déchainé, comme d’hab’…– Patrice, c’est dangereux, tu dois rédiger ton testament avant de faire ce vol et indiquer le nom et le numéro de tél de tes proches dans une enveloppe que tu confieras au bureau de l’aéroclub… Tu dois savoir qu’un dramatique accident d’ULM a causé la mort de Patrick Benainous, le gérant des pompes funèbres du Var-Est Roc Eclerc(Fréjus), sur le terrain de la base d’ULM Flying Safari à Saint-Aygulf. Selon les éléments de l’enquête, l’appareil a piqué du nez juste après le décollage, avant de s’écraser une centaine de mètres plus loin et de s’embraser. Un malaise est àl’origine de la perte de contrôle de l’ULM. L’accident s’est produit sur le terrain de la base Flying Safari à Fréjus, ou tu penses aller faire le pitre »…

Je me suis quand même inscrit pour un vol au dessus de ma nouvelle zone de vie de loisirs de retraité, prévoyant que Blacky, interdit de vol par sécurité (sic), resterait à l’ombre avec boisson fraîche à disposition (de l’eau) et croquettes…
Tout ça, pendant que j’allais m’éclater en joignant l’utile (avoir des photos du ciel, c’est super cool) et l’agréable (l’ivresse de l’altitude), d’autant que pour y arriver, il était possible d’enlever le portillon « passager » de l’avion…

Piting…, ça m’a rappelé que pour mes 50 ans, alors que j’étais en famille à Bodrum en Turquie (il y a 17 ans de ça, piting !), j’avais voulu réaliser un saut en parachute avec des ex-militaires russes… Ils recrutaient des clients en 4X4 pourrave, sur les plages (ou je m’emmerdais au soleil en famille)… puis on a grimpé tout là haut dans la montagne en éclusant de la Vodka avec des nananas presques nues et en chantant des trucs dégueux, juste assez pour être ivre au bord du précipice et oser sauter dans le vide…

Pareil avec l’avion jaune…, très étroit, la commande des volets entre les jambes, écrasant mes bijoux de famille, penché à moitié dans le vide, retenu à la vie par un harnais peu rassurant… et sans aucune poignée de fausse sécurité, avec mon Nikon en main droite, j’ai cru vomir…
Mais non, point…, quoique…, bien…, c’est parti, contact…

La mise en marche du moteur s’accompagne d’une vibration désagréable en rapport avec le montage en porte-à-faux sur un bâti intermédiaire annulaire…, une modification d’usine qui mériterait d’être reconsidérée pour l’inconfort qu’elle entraîne (entre 2800 et 3500 tr/mn). Le volume sonore du 912 ULS-FR est en revanche étonnamment bas…, le roulage n’entraîne aucune surprise…, rayon de braquage serré, bon guidage de la fourche, suspension correcte…

Il faut placer les pieds en bas des palonniers pour éviter de freiner en permanence…, quelques chocs sont retransmis par la fourche…, y’a plus qu’à…Alignement et mise en puissance…, les conditions du jour font état d’une pression de 1024 hPa, 20°C, avec un vent de 10 kts 3/4 à travers…, le Savannah est à la masse maximale avec un cran de volets…, quelques mètres pour s’élancer et hop !

Manche en arrière, assiette de cinglé…, il aura fallu moins de 80 mètres pour décoller et 40 de plus pour passer un obstacle de 15 mètres…, du grand art…, l’assiette à cabrer est dantesque, mais l’ULM tient bon, accroché à l’hélice et à ses surfaces optimisées par l’ajout de VG. Dès la rentrée des volets, le pilote cherche le meilleur taux de montée : 600 ft/mn à 80 km/h ; 700 ft/mn à 90 km/h ; 900 ft/mn à 100 km/h ; 800 ft/mn à 115 km/h…, finalement il opte pour 100-110 km/h…, il n’y a presque aucune correction à apporter aux palonniers durant cette phase de vol, ni d’ailleurs durant aucune autre.

L’étalonnage du badin montre un optimisme constant, à 3.500 tr/mn, l’instrument de bord indique 120 km/h et le GPS 114…, à 4.000 tours, on lit 140 km/h sur le premier et 134 sur le second…, à 4.500 tours les valeurs sont de 160 et 153 km/h…, à 5.000 tours, le badin donne 180 km/h et le GPS 170. Gaz à fond, 200 km/h à 5.400 tr/mn au badin et 185 au chrono…, 110 dB à hauteur d’oreille, la sonorité est assez grave, aucun ferraillement ne se fait entendre (pour faire mentir les mauvaises langues).

Toutefois, le frêle coucou est en surpoids, il dandine et se met en crabe tout en peinant à prendre de l’altitude, tandis que le pilote me dit de me pousser encore un peu davantage vers le vide pour pouvoir manœuvrer « le manche »…3/4 d’heure de pure folie…, le résultat se voit sur les clichés sélectionnés, certains vous paraitront saugrenus, mais en fait ils sont nécessaires dans le cadre d’un dossier immobilier qui ne vous concerne pas…

Dernière évolution du Savannah, la version S en est un aboutissement réussi qui ajoute l’élégance aux qualités déjà nombreuses que compte cet ULM bien né et bien élevé. Un fuselage profilé en remplacement d’abruptes angles saillants : il n’y a plus lieu de douter, ni de reculer.Créée en 1980 dans la région d’Asti et à 40 km de Turin, la société ICP a deux activités ; la sous-traitance pour l’industrie automobile et la fabrication d’ULM…, la particularité de ce constructeur est de se doter d’un concept industriel inusité dans l’aviation légère : la production de masse.

Construisant les ULM en série selon une méthode de montage certifiée, ICP mise sur la rigueur et atteint ce but avec un outillage lourd permettant la découpe, le perçage et l’usinage numérique. Ce procédé gratifié du label ISO 9001 garantit une fabrication de qualité, ce qui débouche sur des aéronefs tous identiques et assortis d’une garantie constructeur de 2 ans tout en maîtrisant les coûts.

Quand l’usine décide de vendre ses ULM en kit, leur montage en est extrêmement simplifié, les opérateurs réalisant un assemblage de tôles parfaitement percées, sans nécessité d’adapter les pièces entre elles. En 2010, ICP s’est dotée d’une nouvelle usine, a renouvelé son outil de production pour tendre vers encore plus de qualité, a tracé une piste privative avec hangars visiteurs, pompe à essence…

L’importation française est historiquement assurée par le Centre ULM les Noyers (LF2751), près de Gisors…, depuis 1996, Gérard Cange a vendu plus de 350 ULM…

Le personnel compte 3 ingénieurs, 1 pilote d’essai et 25 employés pour la préparation, le montage et l’assemblage des kits…

Les qualités de l’appareil sont ; extrême rigueur de comportement ; super basses vitesses respectées ; confort correct et bonne atténuation des bruits ; construction irréprochable ; finitions excellentes ; polyvalence d’usage (école, voyage…) ; facilité de pilotage…Ses défauts sont : uéger manque de stabilité ; performances un peu en retrait de la concurrence ; vibration du moteur ; bruit dans la fourche ; palettes de frein omniprésentes ; levier de volets…

Un constat s’impose : le Savannah est l’ULM à ne pas manquer…, doté d’une robuste construction qui lui vaudra d’être encore frais après des années et des heures de vol, il est vendu 46.000 euros ttc, en version de base 100 chevaux, ce qui le place parmi les moins chers de sa catégorie, et parmi les meilleurs, avec un rapport prestation/qualité/prix défiant toute concurrence. Le Savannah S en kit est une possibilité offerte aux bricoleurs qui économiseront pas mal d’argent s’ils ont la patience de construire : 13.780 euros ttc pour le plus dépouillé (sans moteur ni instruments) à 32.560 euros ttc archi-complet, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

Voilà, voilou… @ pluche tard possible…
La motorisation 100 chevaux ne semble pas incontournable sur cet ULM capable de voler avec assez peu de puissance. Reste un argument de revente toujours appréciable et une sécurité dans certains cas (pour mille euros de plus) : les options pertinentes proposées par l’importateur : on note bien sûr une radio ø 57 mm et un transpondeur ad-hoc ; des roues toundra en 800 x 6 (attention au poids) pour 530 euros ttc ; un parachute Junkers 500 Softpack à 3 850 euros (installé) ou des carénages de roues à 800 euros…
www.GatsbyOnline.com  POUR COMMENTER CLIQUEZ ICI