Merdias & co…

Je suis étendu devant la télévision.
Consterné, accablé, et sans doute non loin de la crise de nerfs.
L’objet de mes tourments ?
Ah, pour foutre le blues, Pujadas c’est le chef d’escadrille…
Là-dessus, je me lève et éteint la télé.

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L’anecdote vous fait sourire ?
Elle est surtout révélatrice d’un très vilain cliché.
Les commentaires propagandistes et les vidéos tremblotantes truquées sont les partenaires officiels des antidépresseurs, aspirines et autres anxiolytiques.
Où est la possible réalité ?

Les reportages télévisés devraient être au-delà de la temporalité, une formidable synthèse de faits et de réalité, avec des commentaires intelligents sur le pourquoi du comment…
Mais ils ne sont que des sortes de drames médiévaux narrés par des analphabètes, sans référence précise à de quelconques réalités, cet ensemble, stéréotypé dans toutes les chaines TV du monde occidental est d’une telle densité de nullité, tant stylistique que narrative, qu’elle rend nauséeux chacun chacune qui de plus se sent piégé dans un système dictatorial gérant les prétendues informations.

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Au premier rang, les incontournables des journaux télévisés Français qui affichent une dévotion totale à une sorte de Guerre et amour, ou les héros tragi-comiques interchangeables, toujours bien vivants après avoir été tués plusieurs fois dans un flou total (tant des images que du fond proposé)…, se prétendent les Syriens « libres »…, dans une danse finale avec la mort…, une affaire louche qui relève de la psychanalyse.
Je me souviens avec force d’une scène où une journaleuse franchouillarde aux ordres, racontait ce qui pouvait bien être un viol, ou alors une scène d’amour accidentelle, sur une plage Syrienne…
On ne sait pas.
Le récit qu’en faisait la journaleuse qui est toujours actuellement une actrice-comédienne…, était bouleversant parce qu’on voyait dans ses propos toute la scène se redessiner et se rejouer sur son visage.
Derrière ce monologue particulier, il y avait une force énorme du faux langage qui aurait ravi Goebeels s’il vivait encore…

Dans ce méli-mélo, vous vous souviendrez également d’un pseudo reportage prétendument réalisé au péril de la vie de ses auteurs et autrices…, entièrement en noir et blanc, totalement flou avec une succession de scènes hachées, tremblantes, toujours orientées vers le sol (gris) et quelquefois vers le ciel (noir)…, avec des commentaires incompréhensibles ânonnés par un rachitique cancéreux des poumons en phase ultime… et ponctué de bruits d’explosions de pétards mouillés, présentés comme des obus « mortels »…
Ce chef-d’œuvre de franche rigolade était assorti d’un commentaire sérieux affirmant que les journalistes, ces héros de l’information (sic !), avaient risqué leur vie pour réaliser ces images après avoir marché de nuit six jours dans le désert via la Turquie…
Le but inavoué était sans nul doute de faite tomber un maximum d’imbéciles crédules dans une dépression profonde et subite.
Pourquoi ?
Comment ?
C’était incrédible…

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Le lendemain, comme par hasard, sur la même chaine, on pouvait visionner un « moment de vérité », relatant le témoignage d’une jeune dame en pleurs qui racontait son vécu à la vue de ce reportage poignant et « si vrai »…
« Au moment où je me suis retrouvée dans la situation du journaliste qui réalisait ce reportage au péril de sa vie, je n’étais plus capable que de rester assise et j’ai pleuré tout le reste de la journée. Ce n’est pas facile, surtout quand vous avez des enfants et que vous n’avez subitement plus les moyens de vous en occuper. J’ai pleuré quatre jours sans discontinuer. Mon esprit, est maintenant possédé par mille angoisses, j’ai cru bon de venir exprimer sur ce plateau, une sorte de cri d’alarme : la paix, s’il vous plaît ! Faites la paix ! Envoyez vite des armes à ces combattants de la liberté »…

Contacté une heure plus tard, un responsable-presse des actualités à qui je m’étonnais que le lendemain de l’émission visée, cette dame disait avoir pleuré 4 jours…, me répondait, lapidaire : « Je me suis toujours senti des affinités profondes avec les gens qui réalisent des infos sur le web. Il s’agit d’une erreur de date, le reportage réalisé dans les mêmes studios le même jour précédent l’émission, devait seulement être diffusé en fin de semaine… Mais l’Elysée a voulu que nous le diffusions le lendemain. ce que vous avez soulevé avait échappé au Président Sarkozy. Soyez sympa de garder cela pour vous »…

J’ai essayé à l’époque d’en savoir plus…
Un ami, cadreur, s’est laissé aller à me raconter que la dame qui avait témoigné avait dit à Pujadas qu’elle n’était pas d’accord avec une réplique… « et il s’est fâché à un point tel que les potes techniciens ont cru que le film en resterait là. Ils sont partis dans un couloir d’où on les entendait crier. J’imagine qu’elle a osé lui affirmer que son idée était mauvaise. Il ne l’a plus aimée, après ça. Et moi je l’admirais, parce qu’elle avait osé aller à l’encontre du système. Et que dans la foulée, elle a joué la scène avec une intensité qu’elle n’a plus restituée dans aucun autre témoignage bidon »…

C’est au spectateur de trouver sa propre explication…
L’existence est, en même temps qu’un cauchemar, une prison contre laquelle toutes les révoltes viennent échouer et à laquelle la mort seule ou la folie permettent d’échapper…