Nichée dans une petite forêt de la campagne genevoise, avec ses fenêtres sans barreaux la prison de Champ-Dollon n’a pas grand-chose à voir avec un quartier de haute sécurité d’Alcatraz.
Mais la détenue la plus célèbre du canton de Genève, qui a avoué avoir assassiné de quatre balles le maître de la haute finance au cours d’une partie sadomaso, supporte mal le régime carcéral.
Même si elle dispose d’une cellule individuelle dans cette prison surpeuplée, construite pour 270 détenus mais en accueillant près du double, l’ex-maîtresse du banquier déprime.
Cécile Brossard a ainsi obtenu son transfert à l’hôpital de Belle-Idée, un établissement psychiatrique aux allures de résidence Relais & Châteaux installé dans un parc ombragé, à quelques kilomètres de la prison.
Un séjour médical exceptionnellement long de huit mois.
Habituellement, les détenus dépressifs ne passent qu’une quinzaine de jours dans les services de l’hôpital genevois, avant de réintégrer leur cellule.
Au bord du gouffre, l’ancienne favorite du banquier adepte des combinaisons en latex ?
Certes, les indiscrétions qui filtrent des murs de Champ-Dollon la décrivent comme délirante.
Un jour, elle réclame un matelas supplémentaire pour Edouard…, un autre, elle refuse d’être extraite de sa cellule parce qu’elle est en pleine conversation avec le banquier assassiné.
Selon ses avocats, Cécile Brossard. traverse une sévère dépression, avec des envies suicidaires récurrentes.
Le portrait psychologique a l’avantage de cadrer avec sa ligne de défense : Cécile Brossard plaide en effet le crime passionnel, celui d’une amoureuse poussée à bout par un amant manipulateur.
La préméditation, dictée par de sordides motifs financiers ?
Ses avocats la rejettent.
Alec Reymond, avocat, ex-batonnier, cite un message laissé par le banquier à sa maîtresse peu avant sa mort : « Tu ne crois pas que je vais passer mon existence avec une merde comme toi. Je vomis sur toi. Je t’emmerde« …
En années de prison, la différence de qualification est particulièrement lourde : de cinq ans maximum à la perpétuité…
« Si elle se montre très lacrymale lors de ses auditions chez le juge d’instruction, Mlle Brossard n’en reste pas moins très organisée dans sa défense« , remarque pourtant Maître Marc Bonnant, l’avocat des enfants d’Edouard Stern, qui penche pour l’assassinat pur et simple.
« Cécile Brossard se montre d’ailleurs très pointilleuse dans la façon dont ses propos sont retranscrits dans la procédure et passe son temps à reprendre la greffière sur des virgules« , note également un familier du palais de justice.
Alors, jeu de rôle ou profonde névrose ?
En d’autres termes, Cécile Brossard est-elle une simulatrice ?
La justice suisse n’a pas encore tranché.
Le très précautionneux juge Michel-Alexandre Graber a donc mandaté des experts-psychiatres pour évaluer le degré de déséquilibre mental de l’accusée.
A Genève, on murmure qu’on ne veut pas se laisser déborder par une affaire hautement politique.
Le mot d’ordre de la justice helvétique : il faut déminer le dossier.
Le banquier n’a-t-il pas été impliqué dans certains contrats d’armement sensibles, n’était-il pas un intime de Nicolas Sarkozy mais aussi de Laurent Fabius ?
« J’ai effectivement demandé au magistrat-instructeur d’entendre minutieusement tous les témoins que les avocats suggèrent de convoquer, même si cela demande du temps« , reconnaît le procureur général de Genève, Daniel Zappelli, « je ne veux pas de surprise à l’audience« …
Le juge Graber consacre donc une journée par semaine à sonder les méandres d’une histoire d’amour et de sexe hors norme entre l’ancienne vendeuse de cosmétiques qui se voulait artiste et le banquier extravagant, héritier d’une des plus grosses fortunes d’Europe.
Mais dans la stricte intimité de son cabinet.
Une discrétion facilitée par les avocats des deux parties.
Peu après le début de l’enquête, les conseils de Cécile Brossard et ceux de la famille Stern ont en effet, dispositif exceptionnel, conclu un pacte de silence réciproque : pas question de solliciter la presse.
Un gentleman’s agreement respecté à la lettre entre ténors du barreau genevois rompus aux affaires sensibles : Marc Bonnant, avocat des Stern, est aussi celui d’Alain Delon et de personnalités de la jet-set parisienne.
Pascal Maurer et Bruno de Preux, les défenseurs de Cécile Brossard, sont des pénalistes plus habitués à défendre les tyrans déchus comme le Nigérian Abacha ou la famille du dictateur philippin Marcos que les meurtrières désargentées !
Bizarre, bizarre…
Autre fait, une certaine Julia Lemigova, ancienne Miss URSS, a eu un enfant avec Edouard Stern !
Fille d’un colonel de l’Armée rouge, Miss URSS 1991 et directrice d’un institut de beauté parisien, est la « deuxième femme » de l’affaire Stern.
Julia Lemigova, ressemble à un personnage de roman.
Comme pour Cécile Brossard, sa liaison avec Edouard Stern s’est terminée tragiquement.
La jeune femme, qui entretenait depuis plusieurs années une relation avec le banquier, a eu un enfant, non reconnu par le père Edouard Stern, en octobre 1999.
L’enfant est mort dans des circonstances troubles en mars 2000, alors qu’il était gardé par une nourrice bulgare fraîchement embauchée par Edouard Stern et qui se volatilisera après le drame…
Sur le moment, le syndrôme du « bébé secoué » a été envisagé, voire « obligé« … et Julia soupçonnée, mais la justice rendra un non-lieu en 2002.
En 2004, le banquier a supplié la jeune femme russe « d’oublier » l’affaire de la mort du bébé, alors qu’elle lui faisait part de son intention de retrouver la nourrice…
La mort du bébé et l’assassinat du banquier pourraient être liés.
Amour, sexe, argent et pouvoir.
Le dossier judiciaire se déroule donc à huis clos, en catimini, rien ne doit « fuiter » des auditions des autres maîtresses du flamboyant milliardaire et des compagnes de jeu du couple Stern-Brossard, telle une autre première dame présidentielle du presque même prénom… et bien d’autres… si haut-placées que tout le monde en a le tournis…

Car le matériel pornographique déborde de ce dossier sulfureux.
C’est que Cécile Brossard enregistrait souvent les parties sado-maso ou ces personnalités venaient lécher ses cuissardes et se laissaient ensuite « tripoter » dans les recoins les plus sombres de leurs fantasmes…, telle une « femme du monde« , universellement connue, dont une vidéo la montre nue sur une chaise gynécologique.
Sûrement que certaines républiques pourraient en vacciller et d’autres, à leur tour, pousser des cris de jouissance !
Sauf, bien sur Pascal bruckner… qui a lui aussi été l’amant soumis de Cécile Brossard !
L’écrire est sans risque, puisque Cécile Brossard a pris des photos et vidéos compromettantes de notre grand philosophe français sadomaso à la prose latex et vaseline…
Les avocats pourront donc se lâcher au procès. 
Mais le bondage, à ces hauteurs de bassesses extrèmes, doit pour l’instant rester dans l’ombre, de même que les documents sensibles, les vidéos et photos très détaillées ainsi que les dossiers saisis dans les perquisitions, qui touchent à ses activités financières tout aussi scabreuses que les pratiques sexuelles déviantes !
Certains et certaines connaissaient Cécile Brossard sous le prénom de Sylvia ou de Sophie dans la prostitution de luxe, un point qui a longtemps été sujet à controverse, mais qui ne l’est plus.
Les enregistrements et documents retrouvés dans le coffre de sa maison de Nanteuil-le-Haudouin le confirment, Cécile Brossard. pouvait retrouver des clients dans de grands hôtels Parisien tels que le Scribe ou le Royal Monceau.
« Le prix de ses prestations: 40.000 francs suisses pour le week-end« , a précisé Maître Catherine Chirazi.
Cécile Brossard. pouvait aussi jouer les rabatteuses et proposer des soirées d’ébats avec un hermaphrodite…, des soirées libertines dont elle gardait des clichés.
Les avocats de Cécile Brossard cherchent d’ailleurs maintenant à faire interdire la publication d’un livre-enquête rédigé sur l’affaire par deux journalistes de la Tribune de Genève, Valérie Duby et Alain Jourdan… et ce, avant même d’en connaître le contenu.
« Les auteurs n’étaient pas favorables à ma cliente dans leurs articles. Pourquoi le seraient-ils dans un livre? Ce n’est pas le moment d’aggraver la santé mentale de Cécile Brossard« …, souligne Maître Bruno de Preux, « nous avons des raisons de croire qu’ils s’apprêtent à violer la présomption d’innocence de Cécile Brossard. Même si elle a admis avoir tiré sur Edouard Stern, elle a droit à un procès équitable« …
Le mystère Edouard Stern… #1
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Le mystère Edouard Stern… #8