Pony-Girl-Club…
Dans l’ancienne capitale impériale, tournée vers l’Europe depuis toujours, les Pony-Girls ne sont pas des Russes comme les autres.
Et elles en sont fières !
Est-ce l’abus de vodka ?
Ou ce litre de bière qu’un fêtard a conseillé de boire, sous prétexte que ses qualités diurétiques élimineraient tout risque de gueule de bois ?
Ou est-ce, peut-être, le trouble né du spectacle des Pony-Girls ?
Debout, à l’étroit dans son harnachement, une jeune dame invite à l’extase divers messieurs qui, emportés par leur enthousiasme, sans doute, se prennent les pieds dans le capharnaüm d’objets hétéroclites dispersés sur le sol et restent prostrés, face sur le sol, sans que personne s’en émeuve…
Est-ce tout cela à la fois ?
Être assis dans un canapé entouré de filles qui me commentent leurs propres photos de pony-girl et de pony-boy me met dans un état d’excitation avancée.
Bavarder avec Ella Polyakova et Alessandra Tsekhanovitch en regardant les clichés où elles sont attelées me retourne littéralement les sens.
A cela, se rajoute le fait qu’Ella n’arrête pas de me toucher, le bras, l’épaule, elle se penche régulièrement pour appliquer son doigt sur certaines images de l’album posé sur mes genoux, dévoilant à mon regard gourmand sa poitrine généreuse libre de tout soutien-gorge par le V de son décolleté.
Mon bras soudain pris d’une crise d’affection, passe derrière elle pour un rapprochement ne cachant en rien ma volonté de séduction.
La belle ne fuit pas, bien au contraire elle se love dans le creux de mon épaule.
Hummmmm !
Malheureusement, elles se lèvent et je propose de les suivre. 
Elles réfutent et me laissent entre les griffes acérées d’Alena Akhmadoulina.
Pourquoi griffes acérées ?
Parce que la belle pouliche peu farouche lovée contre moi, vient de glisser sa main sous l’album photos !

Le contact de ses doigts à travers mon pantalon m’électrise de bonheur. 
Sa main remonte lentement sur ma cuisse pour venir se poser sur mon barreau de chair impétueux gorgé de désir !
Alena Akhmadoulina est une douce Pony bien soumise, me dit Ella Polyakova en s’approchant de nous avec deux larges ceintures de cuir noir munies de bracelets sur les côtés, en affichant un sourire rassurant. 
Alena retire son chemisier, son pantalon, son string, dévoilant à mon regard un corps de rêve.
Elle s’approche d’Ella qui ceint sa taille d’une des ceintures et lui vole un baiser avant de se laisser entraver les poignets.
Leur complicité est palpable et terriblement émouvante.
Alessandra Tsekhanovitch, la maîtresse des lieux la traite de gourmande, puis se tourne vers moi en m’invitant à « prendre » Alena Akhmadoulina….
Je ne sais plus où j’en suis, quoi penser.
Advienne que pourra.
Rabelais disait : L’appétit vient en mangeant, la soif s’en va en buvant…, je serai bien tenté de rajouter, que l’inconscience vient au fur et à mesure des caresses d’une tigresse gourmande.
Irrémédiablement, face à cette fougue câline, je me perds, je fonds, je gémis de plaisir pour lui exprimer ce que mes mains ne peuvent communiquer.
Je suis au paroxysme de l’excitation !
Pendant que je reprends mon souffle, les yeux d’Alena se braquent sur les miens, elle se passe un harnais autour de sa tête en rangeant ses longs cheveux sur l’arrière puis se le fixe toute seule.
Dans la magie du silence, elle se place également le mord…
Des yeux elle me fait signe d’entraver le poignet libre qu’elle ne peut bloquer seule, son pouvoir érotique sur moi est titanesque.
Ceci fait, je suis torturé, entre l’envie de jouir de son corps là, sauvagement et toute de suite comme pour compenser ou assoir ma masculinité et l’envie de la dominer à son propre jeu. 
Quelque chose de pervers anime soudain mon bas ventre, une pulsion puissance plus forte que ma volonté me pousse à l’étreindre comme un fou, à palper les globes charnus de son adorable fessier, à mordre son cou avant de le baiser tendrement.
A aucun instant elle ne tente de fuir, d’échapper à mon désir charnel.
Soudain pris d’un impérieux besoin de l’embrasser, ma main tire ses cheveux, bascule sa tête vers l’arrière, nos yeux se croisent, un duel silencieux s’installe aussitôt. 
Alena se fait provocante, les traits de son visage sont tendus, ses paupières mi-closes, elle semble me dire : je suis peut-être nue et entravée, mais c’est moi qui mène le jeu.

Refusant de se plier à mon autorité elle rue et tente de me donner des coups de pieds.
J’affiche aussitôt mon sourire le plus carnassier sans lâcher ses cheveux toujours fermement tirés vers l’arrière.
Pour lui faire peur à mon tour et la faire capituler, je lui ordonne de s’agenouiller.
Pliée en deux plus de surprise que de douleur, elle fléchit aussitôt et abdique.
Pour ne pas dévoiler mon émotion, je préfère le silence à la parole.
De la main tendue et d’un claquement de doigts je lui fais comprendre qu’elle ne doit pas bouger et rester à genoux.
D’un pas décidé je récupère les pinces et son fouet que je fais siffler et claquer pour lui faire un peu peur.
A jouer avec ce truc dont je n’ai pas l’habitude, je finis par en prendre un retour de lanière de cuir sur la main.
Avec un sourire le plus cynique possible, je saisis les rênes que je fais passer entre ses jambes avant de lui demander de se tourner. 
Elle ne semble pas comprendre mes intentions et m’adresse un regard interrogatif qui reste évidement sans réponse.
Pour l’obliger à me dévoiler sa plus secrète intimité, je tire sur les lanières de cuir ce qui la contraint à se pencher vers l’avant et à me présenter son postérieur.
La vision de sa féminité glabre et des rondeurs jumelles serrées dévoilant à peine par l’étroit pertuis son fourreau culier est exquise.
Irrémédiablement ma main en caresse les courbes, mes doigts s’insinuent entre ses jambes tendues qu’elle écarte aussitôt pour leur faciliter le passage.
Si elle savait…
Mon visage se rapproche, de la pointe du nez je dessine des lignes imaginaires sur le magnifique joufflu qui m’est offert avant de laisser mes lèvres le déguster.
Un parfum envoûtant, savamment épicé, indescriptiblement enchanteur émane de la diablesse de rêve.
Mes doigts complices, prodiguent de petits effleurements aux nymphes chaudes et humides, gonflées par le désir, avant d’aller chagriner l’ergot sensible de quelques passages volontairement furtifs. 
La tête penchée en avant, avec ses magnifiques cheveux tombant en cascade jusqu’au sable, Alena me regarde entre le V formé par ses jambes s’attendant sûrement que je cède à la tentation de lui sauter dessus comme un rustre, mais c’est bien mal me connaître.
Pour éviter qu’elle ne se redresse ou ne cabre, je pose mon pied sur les rênes et me mets à fouiller son sexe pour en étirer les lèvres.
Face à son visage, je fais balancer une des pinces à seins, d’un air de dire : c’est pour qui ça… puis, d’un geste rapide et précis la pose sur la nymphe étirée.
Ses yeux semblent me crier enfoiré ou d’autres mots peu flatteurs à mon endroit.

Elle se redresse un peu, les jambes écartées, reins tendus, ainsi cambrée le supplice de la tentation n’est rien à côté de ce que je ressens.
La jumelle à grelot pince à son tour l’autre côté des chairs tendres de son intimité, Alena s’agite de la tête, tire sur les rênes que je saisis aussitôt avant qu’elles ne m’échappent.
– Prend les brancards du sulky, on va faire une petite balade. 
Elle fléchit aussitôt les genoux pour saisir les brancards du sulky, je profite de l’instant pour récupérer les rênes, je sais immédiatement à son regard provocant et fier, que la partie n’est pas gagnée…
La vache !
C’est vrai qu’elle botte.
D’une poigne ferme, je tire sur ses cheveux, elle pousse un cri de surprise, mais je maintiens la traction pour forcer sa tête le plus possible en arrière.
J’enfile les rênes dans la ceinture puis fais un solide nœud au milieu de sa magnifique chevelure.
Avant qu’une autre mauvaise idée lui passe par la tête, je saisis ses adorables petits tétons entre mes pouces et mes index, puis entreprend de les tordre en les pinçant fermement.
Par précaution, je me place de profil pour protéger mes bijoux de famille et continue de tyranniser la pointe de ses seins sous mes doigts.
La rebelle gémit, rue, s’étire elle-même la poitrine mais je ne relâche pas la pression digitale et lui ordonne de s’agenouiller en la tirant vers le sol.
L’affrontement dure une minute, elle me donne des coups de pieds, se tord de douleur sur ses jambes mais refuse d’abdiquer, j’ai mal pour elle, mais je ne cèderai pas.
La douleur est son maître, elle plie et s’agenouille devant moi, si ses yeux étaient des mitraillettes, elle me criblerait de balles, non pas pour la douleur, mais pour l’avoir contrainte à capituler dans son propre jeu.
Je le sens, c’est palpable, cette fille est fière, mais j’ai maintenant la certitude qu’elle se complait pleinement dans ce jeu de rapport de force et de pouvoir érotique.
La main enroulée derrière sa nuque, je l’aide à se relever.
De par sa position tête tirée en arrière, ses seins généreux d’une incroyable tenue sont exposés dans toute leur splendeur, sans défense face à ma gourmandise.
Mes intentions cette fois sont câlines, ma bouche happe une des fraises des bois tourmentées pour la suçoter tendrement pendant que mes pinces digitales deviennent les messagers de la tendresse que j’éprouve pour elle.
La sentir frémir de plaisir me comble, mes doigts glissent sur son ventre plat pour atteindre le triangle des délices où ils jouent à tergiverser autour des zones sensibles, en les frôlant seulement, comme par inadvertance.

J’abandonne son devant pour reprendre ma place de conducteur en enjambant le brancard du sulky que je soulève pour qu’elle s’en saisisse de ses petites mains aux doigts fins.
Après quelques instants de turpitudes éhontées parce que seulement provocatrices, il est temps de lui redonner une position plus confortable.
Libérer les rênes n’est pas chose aisée, les beaux cheveux que je ne souhaite rompre sont pris et emmêlés.
Il me faut batailler un long moment afin de poursuivre l’aventure Pony-Girl sans endommager son admirable crinière.
Lorsque je prends place sur le siège du sulky en savourant la magie de l’instant, ne maîtrisant pas le langage Pony-Play, je me contente d’agiter les rênes reliées à son mord que je ne peux qu’imaginer.
L’attelage se met en route, seul le bruit des roues dans l’immense sou trouble le silence.
Je ne sais si c’est moi réellement qui dirige ou la Pony-Girl de mes rêves, mais le moment et la vision sont un nectar.
Dire que je me délecte de chaque seconde vécue est un euphémisme. 
Alena Akhmadoulina se déplace avec classe.
Fière, tête haute en levant bien les jambes mon dieu qu’elle est belle dans ce rôle.
Elle prend l’initiative de se mettre à courir, je ne la freine point, mais j’ai peur qu’elle tombe et se blesse.
Une des pinces à sein se décroche de ses nymphes, l’autre résiste et tinte en permanence.
Nous faisons quelques tours, je tire sur les rênes pour la ralentir et décrire un parcours imaginaire.
L’aguicheuse s’amuse à résister, le fouet claque sans violence sur sa peau à chaque opposition, elle semble s’amuser comme une jument qui goûte au pré suite à une longue période à l’écurie.
Je suis au comble de l’excitation.
Je tire sur les rênes, l’attelage s’arrête, descends lentement du sulky, le silence est troublant. 
Alena s’incline vers l’avant et agite sa croupe, le message est fort clair.
Mon premier réflexe est de vouloir délivrer ses poignets, elle se soustrait à sa libération, poursuivre le jeu jusqu’à sa conclusion est son objectif.
Du bout des doigts, je caresse son dos, le galbe de ses hanches surligné par la ceinture est ravissement pour les yeux.
Nos corps se rapprochent encore, de la main je dirige ma verge, elle suit le chemin du sillon fessier pour s’insinuer au confluant de ses cuisses, frôlant à son passage la fleur émotive au centre des pétales épanouis. 
Alena se cambre à s’en briser les reins, lorsque dans se corps à corps préliminaire mes mains prennent possession de sa poitrine.
Ses tétons dardent fièrement sous mes doigts aguicheurs, elle penche la tête en arrière, ses cheveux s’étalent sur son dos comme la queue d’un paon qui fait le beau.
Mamamia….
L’exquise bête agitée de tendres ondulations n’a toujours pas lâché les brancards, au contraire, elle semble s’y agripper tellement ses doigts sont contractés, la tension des muscle se dessinent sur ses poignets.
Par de petits coups de rein, je tracasse la vallée des plaisirs par de simples coulissements.
D’un gémissement râleur et d’une agitation de sa merveilleuse croupe, elle exprime son désir de chevauchement, de conclusion.

Au zénith de l’excitation, elle pousse de petits couinements en se tordant sur ses jambes agitant plus encore sa croupe sur mon barreau de chair impétueux.
Pour la tourmenter encore malgré mon désir de conclusion sauvage, je poursuis les glissements intimes pendant que mes ongles griffent délicatement son dos, l’extérieur puis l’intérieur de ses cuisses fuselées.   
N’y tenant plus, je le guide dans les nymphes sensuelles gorgée d’émotion, la porte de son jardin secret s’ouvre sans résistance pour me laisser pénétrer dans l’écrin de velours doux et chaud, prêt à le recevoir.
Savourant comme moi le ravissement de l’instant, Alena s’incline encore vers l’avant et se met sur la pointe des pieds pour s’offrir plus encore à ma verge.
Nous restons ainsi quelques secondes, pour apprécier les exquises douceurs du moment.
J’entreprends un léger va-et-vient, nos sexes à l’unisson semblent s’accorder pour le chant de l’amour avant la chevauchée finale. 
Elle se cabre, je me retrouve dehors, incident vite réparé me permet de poursuivre le délicieux ouvrage, mais à peine suis-je en place, qu’elle rut à nouveau si fortement, que mes mains agrippées à ses hanches n’ont rien pu faire pour éviter une deuxième mise à la porte.
A la troisième fois je sais qu’elle le fait volontairement, cherchant par là même une réaction plus virile, plus sauvage.
Prise par la bride, la pouliche rebelle est conduite à la porte de la carrière, les rênes sont liées très court au poteau, je récupère la cravache et lui fait lâcher les brancards du sulky.
D’une poigne ferme et la cravache entre les dents, je l’attire à moi par la ceinture, guide ma verge dans sa croupe que je force sauvagement. 
Alena pousse un petit cri, je me mets aussitôt à la chevaucher sans trop de ménagement en cravachant légèrement ses cuisses.
La tête tirée en avant et les reins agrippés par ma main, elle ne peut que subir mes assauts, chaque ruade est sanctionnée d’un coup de cravache plus sévère.
Ses petites mains serrées et ses gémissements continus usent ma résistance.
Ne pas jouir trop vite pour nous donner un maximum de plaisir est mon objectif, mais que c’est difficile.
Elle ne cesse d’exalter des gémissements de bonheur, mon excitation devient démesurée, une marée de plaisir accompagné d’un long cri, inonde soudain sa caverne intime.
Je m’arrête un instant pour savourer avec elle les contractions de son bonheur puis reprend en une chevauchée sauvage n’aillant maintenant pour objectif que ma jouissance.
Les râles d’Alena se muent en de longues plaintes presque animales et me propulsent derechef au paradis.
Tout deux immobiles, nous savourons le calice de la volupté, de cet instant magique où les corps s’accordent un moment de repos complice.
Rapidement libérée de ses entraves jetées à même le sol, nous nous enlaçons, des larmes silencieuses coulent sur les joues d’Alena qui me couvre de baisers

Une voiture s’arrête.
A Saint-Pétersbourg, en sortant du Pony-Girl Club le long de Bolchoï Prospekt, la Grande Avenue balayée par le vent glacé venu de la Baltique, le trottoir tangue, ce soir, comme le pont d’un navire pris dans la tempête.
Le prix de la course est vite négocié.
Mais voilà qu’il roule à tombeau ouvert, le chauffard, et désigne sa montre du doigt, avec un air affolé : Les ponts ! C’est l’heure des ponts !
Tous les soirs, de 2 h 30 à 5 heures, les ponts sont levés, le long de la Neva, afin de laisser le libre passage aux bateaux.
Impossible, alors, de traverser le fleuve en voiture.
Des policiers barrent déjà l’accès au pont du Palais.
Les retardataires furieux jouent du Klaxon.
Un automobiliste menace d’en venir aux mains avec un agent.
Que faire ?
Sortir de la voiture, se faufiler entre les barrières et se précipiter, avec d’autres noceurs noctambules, vers la rive en face.
Dans l’obscurité, les chaussures à talons des dames résonnent sur l’asphalte.
Dépêche-toi ! me lance Alena Akhmadoulina.
Plus vite ! 
Courir sans s’arrêter, c’est le secret… et fixer le sol des yeux afin de ne pas tomber.
A mi-chemin, dans l’interstice entre les deux bras de la passerelle, on aperçoit les eaux noires de la Neva.
Une sonnerie retentit, des gyrophares tournoient : le pont va s’ouvrir.
Mais voici l’autre quai, déjà, avec d’autres barrières et d’autres voitures.
Et des policiers, aussi, de mauvaise humeur : C’est très dangereux, ce que vous venez de faire.
A ce moment précis, Saint-Pétersbourg vous emporte.
Le pont traversé à l’instant, le voilà dressé à la verticale.
Ses trottoirs, que les lampadaires éclairent toujours, semblent mener tout droit à la voûte céleste.
Tout le long de la Neva, les ponts de la ville sont hissés vers le ciel, comme une haie de soldats au garde-à-vous.
Ce sont eux, à la nuit tombée, qui veillent sur la cité impériale, sur l’Amirauté et son toit aux reflets d’or, sur l’Arsenal, sur la citadelle, sur les façades ocre du quai des Anglais et sur celles, vert pâle, du palais de l’Ermitage.
La voici, alors, la ville la plus préméditée au monde, selon Dostoïevski.
Ville-fantasme, née des songes de Pierre le Grand.
Ville sans ombre, au cœur de la nuit, dont les édifices reflétés dans l’eau évoquent des figures de porcelaine.
Ville-chimère.
A quoi bon dormir, dans un lieu pareil ?
Aucun rêve ne peut rivaliser avec cette réalité.
Le lendemain matin, dans un café du centre-ville, Alena Akhmadoulina me sourit : Parfois, me dit cette jeune femme qui fut « ma » Pony-Girl d’une nuit, la cité hante mon sommeil. J’imagine que Saint-Pétersbourg est un lieu à part. Que nous vivons dans un État bien à nous, séparé du reste de la Russie. 
C’est un syndrome bien connu des habitants.
Ils sont près de 5 millions, répartis entre le cœur historique et les banlieues-dortoirs construites à l’époque soviétique.
Tous, à des degrés divers, ont le sentiment de vivre ailleurs.
Chacun trouve normal, par exemple, que la mairie ait imaginé un hymne municipal à l’occasion du tricentenaire de la ville.
Aux étrangers qui font remarquer que les hymnes sont des chants qui exaltent, en principe, le patriotisme d’un pays tout entier, les Pétersbourgeois répondent sans rire que, précisément, l’agglomération et ses habitants ont des caractéristiques distinctes des autres Russes.
Cette ville, à écouter ceux qui y vivent, c’est une nation : Nous sommes plus respectueux de l’individu, résume Ella Polyakova.
Nous avons beaucoup d’argent, mais nous sommes des modèles de civisme en dehors de notre passion pour le BDSM, particulièrement pour des séances de Pony-Girls, souligne Alessandra Tsekhanovitch.
Nous sommes plus créatifs que ceux de Moscou, qui courent après les dollars, insiste Alena Akhmadoulina, qui dans son autre vie est styliste de haute couture. 
Elles sont intelligentes, raffinées, lisent des auteurs inconnus, vont au concert et adorent jouer aux Pony-Girls.
Elles ont toujours quelque chose d’intéressant à raconter.
En un mot, soyons francs, elles sont insupportables.
Vous habitez à Paris ?  me demande Ella Polyakova, c’est joli là-bas, la capitale française me rappelle Saint-Pétersbourg, mais, chez vous, bien sûr, c’est plus petit.
La superbe des Pétersbourgeoises n’a guère de limites.
Elle se manifeste dans toutes les générations, tous les milieux sociaux, tous les quartiers.
Qu’importe si elles vivent à l’étroit dans un appartement communautaire du centre ou dans l’une des barres bétonnées de la banlieue, où l’agglomération conserve son ancien nom de Leningrad : toutes partagent une sorte de fierté hautaine.
Celles de Kiev et de Moscou vous le confirmeront : ces Pony-Girls-là sont différentes.
Une native de Saint-Pétersbourg n’embrasse jamais pour dire bonjour, elle n’élève pas la voix, elle est ponctuelle et privilégie la réflexion par rapport à l’action, assimilant la célébrité à de la vulgarité.
Son sentiment de supériorité va même se nicher dans les tréfonds de leur maquillage et de leurs accessoires : Il y a une tradition Pétersbourgeoise dans le mouvement BDSM, prétend Alena Akhmadoulina, ici, reprend-elle, nous manifestons une certaine élégance dans l’exécution. Je tire un vrai plaisir esthétique de ma façon de jouir et faire jouir. Non seulement je marche bien totalement harnachée en levant mes cuisses très haut, mais, en plus, comment dire….Tu le sais puisque j’ai été à toi hier soir… 
Elle et ses amies sont les seules au monde qui aient remporté à deux reprises le tournoi des meilleures Pony-Girl de la planète, organisé chaque année.
Quelques potentats arabes et divers oligarques russes ainsi que quelques autres leur ont offert des ponts d’or : J’aurais pu m’installer aux États-Unis, me dit Alessandra Tsekhanovitch, mais je n’ai aucune envie de déménager. La ville est trop belle, et j’aime son esprit particulier. En 2009, parmi les centaines d’équipes venues du monde entier pour les championnats, les deux groupes finalistes étaient issus de Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard. En habitant ici, nous sommes liées par une sorte d’élan, qui nous porte. Ce doit être lié au passé…
Ses habitants appellent Saint-pétersbourg : « Piter », tout simplement.
Dérivé du néerlandais Sankt Piter Burkh, son nom officiel sonne vaguement étranger à l’oreille d’un russophone, ce qui sied plutôt bien, somme toute, à une ville aussi peu russe…
Des dizaines de milliers d’ouvriers et d’artisans l’ont construite, voilà près de trois siècles, sous les ordres d’un homme, Pierre le Grand.
Depuis lors, la cité a changé de nom à trois reprises ; elle a traversé la révolution bolchevique, une guerre civile sanglante et, pendant la Seconde Guerre mondiale, un blocus terrifiant de quelque neuf cents jours.
Durant plus de sept décennies, enfin, elle a été volontairement négligée par le régime soviétique, décidé à concentrer la totalité du pouvoir à Moscou : A l’époque, me confie Elena Tressenko, les communistes interdisaient d’expliquer aux étrangers que la première université russe a été construite ici, en 1724, sous Pierre le Grand. Il fallait toujours indiquer celle de Moscou, ouverte en 1755 !
La cité fait l’objet d’un ambitieux lifting, nuit et jour, ses murs résonnent du bruit des bétonneuses, pelleteuses, sableuses…
Autour des places, le long des rues et des canaux, tous les principaux monuments sont couverts d’échafaudages, eux-mêmes cachés derrière des bâches.
La reconstruction, la restauration ou le ravalement de plusieurs dizaines d’édifices sont en cours.
Comme à l’époque de Pierre le Grand, des ouvriers sont venus des régions les plus reculées de Russie, voire de l’étranger, pour participer aux travaux : Je gagne 300 dollars par mois, confie un peintre arménien, croisé sur l’immense chantier du palais Constantin, future résidence officielle du président russe, depuis mon arrivée, il y a trois mois, je n’ose pas me promener en ville : je ne veux pas risquer une expulsion. Nous sommes venus tout exprès d’Arménie et nous travaillons au noir, sans autorisation officielle.
Comme les bâtisseurs originels du XVIIIe siècle, les restaurateurs d’aujourd’hui sont confrontés à un climat épouvantable, aux lenteurs de la bureaucratie et aux effets de la corruption.
Comme leurs lointains prédécesseurs, aussi, leur présence répond à la volonté d’un seul homme : l’ancien maire adjoint de la ville, Vladimir Poutine.
Aux yeux du vrai maître du Kremlin, manifestement, rien n’est trop beau pour Saint-Pétersbourg.
A l’image de Pierre le Grand, Poutine souhaite que la cité devienne, ou redevienne, plutôt, une fenêtre ouverte sur l’Europe et le monde.
Déjà, l’enfant du pays a pris l’habitude d’inviter ici les chefs d’État étrangers pour une soirée à l’Opéra ou au ballet, sous les ors étincelants du théâtre Mariinski, le célèbre Kirov de l’époque communiste.
Dans ce pays où l’on imagine volontiers d’autres urgences, la restauration de Saint-Pétersbourg est devenue une priorité nationale… et une question d’honneur, aussi, comme s’il fallait prouver au reste du monde que la Russie ne produit pas que du terrorisme tchétchène ou des catastrophes écologiques.
Outre les millions d’euros versés par le gouvernement fédéral, les travaux sont financés par des dons, plus ou moins volontaires.
Et comme la bonne volonté des hommes d’affaires ne suffit pas, les gouverneurs des régions voisines sont priés de consacrer une part de leur budget à la cause.

Beaucoup d’esprits chagrins voient dans cette mise à neuf un effort purement cosmétique ; l’usure des bâtiments et des infrastructures est telle, selon eux, qu’une véritable chirurgie urbaine s’imposait : Dans la cour de mon immeuble, raconte Ella Polyakova, des ouvriers sont venus planter quelques arbres. Après quoi, les tuyaux de distribution d’eau chaude ont commencé à fuir. Alors, les mêmes sont revenus arracher les arbres afin de creuser dans le sous-sol. Après quoi, on ne les a plus jamais revus ! 
Les travaux, on n’entend parler que de ça, dans les taxis de Saint-Pétersbourg : Deux heures pour parcourir 3 kilomètres… C’est pire que pendant les bombardements !
D’autres dénoncent les liens entre certaines entreprises du bâtiment et des membres de la famille du gouverneur.
Quelques réalisations sont critiquées, enfin, pour leur absence d’esthétisme : Êtes-vous allé voir les dalles posées dans la nouvelle rue piétonne ? me demande Alessandra Tsekhanovitch, la municipalité a choisi du vieux rose. Du vieux rose ! Ils se croient dans une ville de province en Allemagne ou quoi ?
Les Pétersbourgeoises se passionnent pour l’image de leur cité.
Les bibliothèques sont remplies d’historiens amateurs qui étudient le passé de tel ou tel pâté de maisons.
Depuis des mois, un ouvrage consacré aux bâtisseurs de la ville figure parmi les meilleures ventes.
Même à l’époque soviétique, des millions d’habitants sont descendus dans la rue afin de manifester contre un projet d’hôtel, en plein centre-ville.
Dans ce temps-là, il suffisait de se promener dans une rue et d’admirer toute cette architecture de l’époque impériale pour avoir l’impression de s’opposer au régime.
Il y a davantage, dans ce phénomène, qu’un attachement particulier des habitants pour leur ville ou leur quartier.
Dès sa fondation, l’obsession des apparences a marqué l’agglomération.
Lorsqu’il construit sa capitale, Pierre le Grand oblige les habitants à y adopter un mode de vie européen.
Dès 1717, quinze ans après les premiers coups de pioche, le tsar fait publier Le Miroir honorable de la jeunesse, un ouvrage allemand traduit et adapté à l’intention des Russes.
Les auteurs y déconseillent, notamment, de cracher la nourriture, d’utiliser un couteau pour se curer les dents ou de se moucher le nez à la manière d’une trompette… comme à Moscou !
Mais Pierre va plus loin.
Non seulement il indique aux nobles où ils doivent habiter, mais il leur précise comment construire leurs maisons, comment il convient de se déplacer, à quel emplacement ils doivent rester debout dans une église, combien de serviteurs employer, comment manger à table, comment s’habiller et quelle coupe de cheveux adopter.
A la cour, il impose le français et le menuet dans les salles de bal.
A l’image d’Eugène Onéguine, héros du chef-d’œuvre d’Alexandre Pouchkine publié un siècle plus tard, les nobles passent au moins trois heures à s’observer dans le miroir avant d’oser sortir de chez eux !
Quant à leurs épouses, hier confinées chez elles dans le monde semi-asiatique de Moscou (le grand village, selon une expression toujours employée à ce jour), les voici invitées à se serrer la taille dans un corset et à honorer les salons de leur gracieuse présence.
Toutes ces bonnes manières sont totalement étrangères au mode de vie traditionnel russe.
Dans les campagnes, à l’époque, les proverbes paysans recommandent moins le port du corset que l’administration régulière de châtiments corporels : Plus tu bats ta vieille, plus ta soupe aura du goût !
Inviter l’Europe, ses idées et ses mœurs sexuelles BDSM et particulièrement les Pony-Girls à pénétrer en Russie, c’est la raison d’être de certains adeptes de Saint-Pétersbourg.
Le Vieux Continent y apparaît comme un Nouveau Monde : pour l’élite cultivée, l’Europe n’est pas seulement une destination touristique, mais la source spirituelle et sexuelle de la civilisation et du raffinement.
Y aller, c’est effectuer un pèlerinage, à la manière de Pierre lui-même.
Deux siècles durant, avant la révolution bolchevique, les enfants de la noblesse suivent les pas de Pierre le Grand et fréquentent les universités de Paris, Göttingen, Leipzig.
Tous les pionniers des beaux-arts russes font leurs premières armes à l’étranger : Trediakovski, le premier écrivain digne de ce nom, est envoyé par le tsar à Paris… Andreï Matveiev et Mikhaïl Avramov, les premiers peintres à délaisser les thèmes religieux, partent en France et aux Pays-Bas… Berezovski, Fomine et Bortnianski apprennent la musique en Italie… Mikhaïl Lomonossov, le premier savant, étudie la chimie à Marburg pendant cinq ans avant de revenir fonder l’université de Moscou qui porte toujours son nom.
A Saint-Pétersbourg, en somme, c’est une civilisation nouvelle que tente de créer Pierre.
Mais l’apprentissage forcé des bonnes manières ne va pas sans peine.
Car, sous le magnifique vernis de cette Europe rêvée, la vieille Russie apparaît par endroits.
A l’abri des regards, derrière les façades de style néoclassique imposées par le tsar, de nombreux nobles laissent leurs animaux se promener dans les cours intérieures, comme ils en avaient l’habitude à Moscou.
Furieux, Pierre signe décret sur décret, interdisant la présence de vaches et de cochons le long de ses avenues à l’européenne…
Au fil des ans, puis des siècles, cette assimilation forcée d’un mode de vie étranger façonne l’identité pétersbourgeoise et, au-delà, l’idée que l’élite cultivée russe a d’elle-même.
A Saint-Pétersbourg, dans les années 1820, le jeune Tolstoï est éduqué par un tuteur allemand, tandis que sa tante lui enseigne le français.
Tourgueniev a deux professeurs, l’un français, l’autre allemand.
Ministre des Affaires étrangères de 1816 à 1856, le comte Karl Robert Nesselrode ne sait même pas écrire ou parler dans la langue du pays qu’il est supposé représenter !
Culturelle autant qu’architecturale, la révolution, voulue et organisée par Pierre, crée une sorte de déchirure intime, restée visible à ce jour : trois siècles plus tard, habiter Saint-Pétersbourg, en effet, c’est vivre un peu ailleurs !…
Même la catastrophe soviétique et les incessants mouvements de population n’ont pas brisé ce fil invisible qui relie, à des siècles de distance, les habitants de la cité.
Aujourd’hui comme au temps où elle s’appelait Leningrad, malgré toutes les épreuves, la ville parvient toujours, par une sorte d’alchimie particulière, à influencer ses habitants et à les transformer en Pétersbourgeois comme il faut ! 
Rien à voir, d’ailleurs, avec l’argent ou un quelconque snobisme.

Le temps d’une nuit, Barkhine et ses copains investissent un fort abandonné et réunissent une quarantaine de personnes, surtout par le bouche-à-oreille : Nous n’avons jamais rencontré le moindre problème, précise Barkhine.
Mikhaïl Barkhine, jeune architecte moscovite, ce fêtard impénitent vient chaque semaine passer deux ou trois jours de sexe dans la capitale impériale : A Moscou, résume-t-il, je gagne ma vie, à Saint-Pétersbourg, en revanche, je viens profiter de l’ambiance et des nouvelles tendances BDSM. Moi, j’aime les Pony-Girls. Alors, j’organise des parties très hard dans des lieux inattendus. Pas pour l’argent. Mais parce que ça me plaît. 
Alors que la Russie tente de déblayer les décombres de son désastre économique, une nouvelle génération de créatifs émerge peu à peu : peintres, musiciens, danseurs ou décorateurs, beaucoup s’installent à Saint-Pétersbourg, attirés par les loyers modérés et l’ambiance bohème.
Ils représentent une nouvelle vague Pétersbourgeoise et perpétuent, à leur manière, l’héritage de Gogol et de Dostoïevski, de Diaghilev et de Stravinsky, de Noureïev et de Barychnikov.
Âgée de 24 ans, Alena Akhmadoulina, a déjà remporté plusieurs prix pour ses prestations : Je travaille à l’ancienne, explique-t-elle, une dizaine de Pony-Girl sont présentes à l’endroit de la fête et nous confectionons nos harnachements et équipements nous-mêmes. La plupart des clients et clientes habitent Moscou, mais je resterai toujours ici, quoi qu’il arrive. Il y a des considérations financières, bien sûr. Mais à Saint-Pétersbourg, surtout, on ressent moins les pressions. Les gens d’ici sont moins conformistes. Plus créatifs. Le but de la première séance est d’appréhender l’équipement, de soigner la tenue et la découverte de poses de base. Il y a en effet deux domaines dans le Pony Girl Training. Le dressage qui a pour but des marches, des pas, des figures et des parcours qui permettent à la Pony-Girl de montrer sa capacité à l’imitation des allures équestres et le corral qui est basé sur des courses attelées ou non, qui implique les allures standards comme la marche, le trop et le galop. Les deux domaines semblent assez différents et ont peu de point commun. Le corral est plus physique et implique souvent une réalisation extérieure ou en ranch. On commencera par le manège pour l’apprentissage des allures pour finir par l’attelage si on peut parvenir à cela. Le dressage est un domaine plus calculé, soigné et préparé. On n’y apprendra la réalisation de figures sur des parcours prédéfinis et parfois en musique. L’image du cadre noir de Saumur est une illustration de la recherche escomptée. La Pony-Girl devra apprendre des pas, des pirouettes et des croisements de jambes. La symétrie et les alignements sont primordiaux. Le plaisir réside dans l’exécution et l’application qui permettent une parfaite image chevaline de la partenaire. C’est une forme d’animalité plus noble que l’animalité canine, mais tout aussi enthousiasmante pour les deux partenaires…
Peu à peu, la cité part à la découverte de son passé.
Dans les salons dorés du palais Ioussoupov, où Raspoutine fut assassiné, des messieurs en costume et des dames en robe longue viennent assister, une fois par semaine, à des Soirées de Saint-Pétersbourg. D’une salle à l’autre, ils viennent regarder le spectacle.
Pareille passion pour de telles orgies peut prêter à sourire…, mais ce serait oublier d’où revient le peuple russe : Je me souviens d’un voyage à Paris, raconte Elisabeth Linova, lors de mon arrivée, dans un château ou se déroulait la grande fête, je ne peux pas vous décrire la panique que j’ai ressentie lorsque je me suis retrouvée totalement nue, harnachée et godée en plein milieu du parc, offerte à une douzaine d’hommes et femmes assez pervers… En Russie ils ont plus de retenue.
Saint-Pétersbourg s’éveille à nouveau au monde extérieur, à ses idées et à ses modes de vie.
Elle retrouve ainsi sa vocation première, celle que lui assignait Pierre le Grand.
Les Scandinaves, en particulier, y sont de plus en plus nombreux.
D’ici à dix ans, l’industrie touristique sera la principale source de revenus pour la ville.
En attendant, les chambres d’hôtel sont en nombre insuffisant et la location des appartements à la semaine représente, pour certains, une source de revenus inespérée.
Certains étrangers, venus en vacances, tombent sous le charme de la cité et s’installent pour de bon.
Quelques-uns profitent même des prix relativement bas pour s’offrir des étages entiers dans l’un des quelque 600 palais de la ville.
Président de l’Association des agents immobiliers, Sergueï Sosnovski se frotte les mains : Depuis un an, explique-t-il, le prix du mètre carré a augmenté de 25 à 30%, le montant des loyers a crû de 50% et les prix des terrains à bâtir, à la périphérie, ont explosé de 200 à 300%. Les acheteurs moscovites et étrangers tirent le marché haut de gamme toujours plus haut.
Pour de nombreux Pétersbourgeois, en revanche, l’achat d’un logement demeure un rêve inaccessible.
Dans les quartiers du centre, 4 habitations sur 10 sont des appartements communautaires, où plusieurs familles s’entassent ensemble, selon une formule imaginée dès les premières années de l’Union soviétique.

Nous les encourageons à s’exprimer.
Chaque semaine, explique Elena Vilenskaïa, une centaine de personnes viennent assister à nos réunions. Nous leur parlons longuement de nos pratiques, dont ils ignorent tout.
Nous leur apprenons, nous cherchons à développer leurs propres capacités.
On leur explique qu’elles ne sont pas seules esclaves de leur passion du BDSM.
On leur dit : Vous n’êtes pas seules. Chacune de vous a une valeur individuelle.
Les Pétersbourgeoises ont un état d’esprit différent de celui des autres Russes.
Comme les lampadaires des ponts, le long de la Neva, qui éclairent la nuit noire, il est toujours des Russes, à Saint-Pétersbourg, qui incarnent l’Europe des Lumières…