Les Secrets Interdits de Saint-Tropez…

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Si vous êtes naïfs, Saint-Tropez évoque sans doute pour vous :
– L’atmosphère sulfureuse d’un village de pêcheurs en bord de Méditerranée avec Brigitte Bardot en starlette : « Et Dieu… créa la femme »…
– Un repère de nudistes pourchassés par Louis de Funès : « Le Gendarme de Saint-Tropez »
– Des pollueurs escrocs et des promoteurs immobiliers véreux combattus par Paul Préboist : « Le Facteur de Saint-Tropez »…
– La débauche de centaines de villageoises avec des pêcheurs sans foi ni lois, en partouzes, sous forme de gentilles comédies porno des seventies : « Dans la chaleur de Saint-Tropez »… « Partouzes lubriques à Saint-Tropez »… « Viols en série à Saint-Tropez »… « Meurtres sexuels sadiques chez Bénéguier »… « Le port des dépravées lubriques »… « Les seins de Saint-Tropez »... et le cultissime « Les secrets interdits de Saint-Tropez »… (dont je reprends le titre)…

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La mythique Saint-Tropez, qui n’était qu’une destination enivrante, où en 1985 on pouvait espérer apercevoir quelques jeunes femmes (mais aussi des vieilles) seins nus sur la plage de Pampelone, tandis qu’Eddie Barclay jouait aux boules en compagnie d’Henri Salvador…, avec ce courage et cette intégrité propres au grand journalisme d’investigation…, les merdias ont montré aux ploucs ahuris du monde entier que ce village était un endroit de luxure et de vice…
Oui…, les merdias ont ouvert les yeux des bien-pensants sur une bien triste vérité : Saint-Tropez est la nouvelle Sodome, une ténébreuse cité de débauche qui ferait passer Rio, Bangkok et la Vice City de GTA pour de paisibles villages de l’Aveyron !

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Des exemples de cette luxure tropézienne ?
On trouve là-bas des… (gulp, je n’ose l’écrire)… des gays…, si, si, de vrais homosexuels qui, sans honte aucune, se déguisent en Claude François ou en Dalida, voire en Mireille Matthieu (sic !) et chantent sur la scène de divers cabarets !
Et si ce n’était que cela…, car Saint-Tropez, ce sont aussi des femmes… QUI VOLENT DES T-SHIRTS DANS LES MAGASINS !
Si, je vous jure, c’est vrai…, des T-shirts à 12 euros !
Et d’autres encore qui, pour récupérer leur véhicule emmené à la fourrière, tentent de corrompre le gardien en montrant leurs seins !

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Même les campings ne sont pas épargnés…, l’adultère, l’alcoolisme et le vol de voitures s’y pratiquent avec constance.
Le vice est partout à Saint-Trop’… et je ne vous parle pas des proxénètes contraints par les lois scélérates à se faire photographes de charme pour survivre !
Fuyez Saint-Tropez, braves gens !
Devant tant de vice, la colère de Dieu ne pourra que frapper ce lieu de stupre et de luxure dans lequel même les pizzaïolos se transforment en bêtes libidineuses et lubriques !

Vous l’aurez compris, les merdias et les journaleux survendent honteusement ces sujets brûlants quoique réchauffés à grands coups de déclarations grandiloquentes et peu inspirées.

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Jean-Luc Godard reprochait aux cinéastes de son époque de ne faire finalement que de la radio avec de l’image, n’interrogeant jamais le rapport entre le son et l’image…, cette problématique est maintenant brillamment mise en valeur dans la presse « people » par le fait que jamais rien de ce qui y est écrit ne correspond à aucun moment à ce qui est montré.
Comparer Saint-Trop’ aux bacchanales dionysiaques de jadis, alors que les photos d’illustration utilisées présentent de sympathiques touristes en train de sucer des glaces et/ou de choisir des cartes postales…, c’est bien entendu à la limite de l’escroquerie…, mais c’est à mon sens (n’oubliez pas que j’aime et utilise les double-sens) monstrueusement drôle.
On ne peut en effet que rire devant un décalage aussi éhonté entre la forme (fort laide) et le fond (un joli ramassis de fadaises)…

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Notez que…, motos et voitures dans l’eau et sur la plage de Pampelone…, ou éclatées dans le cimetière de St-Tropez, les caravanes à sabots, et les scooters pas beaux : Saint-Tropez est parano et se résume dans les faits à un mélange sans queue ni tête d’érotisme consumériste orienté saphisme-SM-crétin… et des « aventurettes » saisonnières comiques et grivoises…, le tout illustrées de photos de divers endroits de Saint-Tropez façon album-photo de vacances-amateur.
Pour illustrer ces images, un texte intello-prétentieux sur « La sexualité selon Jung »…, un autre concernant « Les prêtresses de Dionysos »…, voire les prophéties du « Livre de Daniel L’apocalyptique »…, sans oublier les spécialités de la presse féminine : « L’hystérie orgasmique révélée »…, « Etes-vous darwinienne »…, « Les mucosités muco-palpables et autres aberrations »…, sans oublier « Les conseils sexuels de Tante Zaza »….

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En somme, des lectures de vacances avec quelques inserts lesbiens écrits par des espèces de clones d’un Fabrice Lucchini mâle inspiré jouissant en train de faire une exégèse de l’œuvre de Sade à grands renforts de citations psycho-socio-testiculaires…
C’est une arnaque totale en termes de notes d’intentions (Ouuuuh ! On est à Saint-Tropez, la ville de toutes les démences)…, la preuve, regardez : le fantôme d’Eddy Barclay serre des mains en boîte de nuit !
C’est tellement fendard qu’on en redemande.

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Pour réussir de tels exploits, il faut des génies agissant de pair, un binôme de Tintin reporter de l’extrême, un tandem intrépide qui soit à la presse franchouille ce que Prosperi & Jacopetti, les initiateurs de « Mondo Cane », furent à l’Italie…, des spécialistes du porno trash et de la comédie régressive…, de quoi titiller l’intérêt des pervers et des schizophrènes tiraillés entre diverses personnalités impliquant des campeurs « bouffant » des merguez entre deux danses homosexuelles !
Les sujets ne manquent pas : tentative de corruption du capitaine des gendarmes par une jeune dévergondée les seins à l’air…, parades en string sur la plage…, transformation d’un éphèbe en raisin…, papouilles et rituels païens dans une ambiance hautement psychotronique sur les Yachts.

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Certes, c’est « érotoche », mais il y a de la fesse plus amusée qu’ennuyeuse par l’étalage impudique de scories femelles d’une laideur redoutable, se surpassant dans le ridicule…, les lecteurs, tétanisés ayant plus l’impression de voir d’autres mégères que leurs épouses… et d’autres ploucs qu’eux-mêmes… s’adonner à des perversions débilitantes.
Dès lors…, s’il y a bien quelque chose de scandaleux dans « Les Secrets Interdits de Saint-Tropez », ce n’est pas tant le sujet que son traitement.

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Plus la saison avance, plus la perversion visqueuse de Saint-Tropez encrasse chaque centimètre carré des magazines et, ce faisant, plus l’atmosphère de « n’importe quoi » général gagne en intensités surréalistes.
Le comble est atteint en milieu août…, lors de scènes de vie dans les villas « du Parc » illustrées d’images prises « in-situ » dans de véritables soirées tropéziennes…, des « shots » érotiques propres à émoustiller le beauf de base, certain que ces enquêtes sulfureuses sur les dessous peu reluisants de « Saint-Tropez la catin », est un scandale !

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Je me suis moi-même laissé aller à une plaisanterie douteuse dont j’ai le secret…
Après avoir consommé quelques boissons fraîches, Blacky avait hâte de partir…
Nous sommes passé au cul d’un des énormes Yachts, ou se déroulait une « party » fort bruyante et… bien évidement… il y avait foule qui regardait ce « non-spectacle »…
Une dame m’a demandé ce qu’il en était et… tout de go, je lui ai répondu d’une voix forte : « C’est l’anniversaire du président Macron. Il est là, regardez, là tout en haut, sur le dernier pont, avec sa Brigitte »…

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Et la Dame de les voir…, c’était magique…, du coup, deux, cinq, dix, vingt personnes regardaient en l’air le dernier pont en répétant ce que je venais de dire… et en quelques minutes ce fut l’émeute, cinquante personne, puis quatre-vingt, se bousculaient en regardant en l’air et en criant : « Président… Président… Brigitte… Manuel… »… il manquait la prise de parole présidentielle, la foule voulait qu’il témoigne sur les turpitudes qui ont cours dans l’enceinte de la Sodome française.
Deux personnes refoulées de la planche d’abordage (sic) sont tombées à l’eau, les gardes ne savaient pas s’ils devaient les aider à couler, les aider à revenir… ou devaient garder la voie d’accès…

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Dès qu’un loustic m’a certifié que c’était la fête anniversaire du président Macron…, j’ai su qu’il fallait mettre les voiles (de Saint-Tropez), quoique j’aurais aimé donner mon témoignage, parfaitement bidon, comme le reste, pour apporter une délectable plus-value à l’ensemble.
J’ai retenu notamment :
– Le commissaire de Saint-Tropez, arrivé ventre-à-terre avec 4 agents en tenue anti-émeute…, m’a expliqué (ma carte de presse est un gage d’une sorte d’invincibilité doublée d’une sensation d’intouchabilité) qu’une stricte application de la loi est impossible dans la ville… et qu’il faut donc l’appliquer à la mode tropicale, que la police sait ce qui se passe « partouze », dans les yachts et dans les villas, mais n’a pas à juger la morale de ses habitants tant que cela ne déborde pas sur la voie publique, comme cette soudaine manifestation pour l’anniversaire du président Macron : « L’Elysée et le Préfet ne m’ont pas prévenu de l’évènement, je vais faire un rapport. Seuls les grands truands internationaux qui habitent à Saint-Tropez sont les plus discrets des citoyens, quoique les cocus sont nombreux à Saint-Tropez, surtout du fait des touristes, mais les tropéziennes ne se plaignent pas trop »…
– Deux poufs qui sont venus me raconter leur quotidien à Saint-Tropez, gloussant, buvant du vin rouge au cubi, sous-entendant devant le Commissaire « que la police a la meilleure drogue », re-gloussant, voulant mourir jeunes… et affirmant qu’on ne pourra pas les en empêcher…
– Deux actrices (porno) venues prétendre avoir une invitation du président et qui se sont mises à hurler « Brigitte, c’est nous, on est là et ces empafés ne veulent pas nous laisser passer »… je leur ai demandé « ce qu’elles foutaient là »…, elles m’ont répondu qu’elles appréciaient le fait d’aller sur un yacht pour baiser les riches.

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Un moment de distanciation brechtienne…

J’ai apostrophé le Commissaire en lui disant que deux amies de Brigitte Macron se voyaient interdire l’entrée… et il a ordonné aux gardes-chiourmes (dépassés par les évènements) de les aider à monter à bord…, les deux putes m’ont remercié d’un sourire entendu…

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Voilà, l’action des merdias est donc d’alerter l’opinion publique sur les dérives d’un lieu de villégiature jusqu’alors naïvement associé à une jet-set ridée et brunie par le soleil méditerranéen.
Le Saint-Tropez que ces journaleux « documentaristes » dévoilent, serait donc un dépotoir de perversité à ciel ouvert où même l’Inspecteur Cruchot-Gadget (si si) ne peut rétablir la Loi et l’Ordre face aux hordes de voleuses de sous-vêtements, aux voitures mal garées et aux succubes adultères qui se laissent séduire par leurs voisins de caravanes.
Grâce à leur travail d’investigation, vous ne pourrez plus songer à des fêtes people un peu ringardes, sans imaginer quelques âmes pures corrompues, souillées sur l’autel de la démence tropézienne !

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N’en jetons plus et résumons-nous : Saint-Tropez verse peu à peu, à cause des beaufs-touristes-suceurs de glaces, dans la comédie pouet-pouet franchouillarde, ou la vénération pour les merguez et les cocufiages de camping renvoient au néant (d’où elles venaient) les pires turlupinades tropéziennes.
On va regretter les vrais riches maintenant que les philosophes du porno, les Audiard’s des pissotières, tapotent des articles débiles à grands coups de citations absconses, de soupirs exaltés et de références culturelles mal digérées, tentant de faire accroire à leurs lecteurs et aux internautes égarés sur terre, qu’ils lisent et regardent une version moderne du Satyricon ou d’autres films traitant de la décadence de l’Empire romain, façon philo de comptoir, dans la lignée de pensums erotico-pompeux stupéfiants de prétention et de ridicule.

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Village contre nature, Saint-Tropez réunit ainsi le meilleur du pire de la beaufferie érotique… et le meilleur du pire du consumérisme philosophique, saupoudré du meilleur du pire de la commedia-Del-Arte chère aux vendeurs de pizza’s.
Un concert de pipeaux aussi irrésistible que grossièrement racoleur…, des « marchands saisonniers » d’une débilité mystico-sulfureuse où Dionysos côtoie le fantôme d’Eddy Barclay et l’Inspecteur Cruchot-Gadget dans une folle bacchanale de vice et de lucre.
Voilà, pour résumer, les nobles vertus ludiques dont se pare à nos yeux (Blacky et moi) ce réjouissant Saint-Tropez !

A pluche pour de nouvelles aventures…