Malbouffe chic en Palace…

La gastronomie, c’est la locomotive des palaces en temps de crise.
Quand le tourisme baisse, que la fréquentation des chambres devient aléatoire, miser sur les restaurants reste une option sûre…, du moins en théorie, le « paquet » étant mis sur la table gastronomique, la réfection de la cuisine, la nomination d’un chef et l’embauche d’un conseiller en image pour faire d’un cuisinier lambda un chef hyperconnecté.., ce qui permet de saler la note d’un repas pour deux à plus de 600 euros.

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Etoiles et Toques, Gault&Millau, Guide Lebey, et classement cool dans « The 50 Best Restaurants »…, pffffffffff !
J’en ai essayé un, je ne vous indiquerai pas lequel afin de préserver l’image de la « Gastronomie Franchouillarde »…

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Curieusement, il est aussi difficile d’entrer dans ce genre de resto avec un chien que d’en sortir sans payer la note… et le fait de souligner qu’elle est trop salée (la note) n’est pas pris en compte… alors que si au Bistroquet du coin la soupe est sure (dans le sens ou rien de ce qu’on sert l’est)… vous l’êtes à 100% que si vous y reviendou « on » crachera dedans…
Notez que c’est ce qu’on me reproche de faire en écrivant mes chroniques : « je crache dans la soupe qui m’a nourri »…

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Bref, donc, Festival de Cannes en prétexte (ce qui vous indique ou ceci s’est déroulé comme le tapis rouge), Blacky et moi avons réussi à nous installer en terrasse du « pluxque chique » Palace du cru, façon « metteur en scène avec son cabot »…
En terrasse, c’était cool, mais l’intérieur était franchement « à chier », décoré avec différents tons de taupe, biscuit; mépris et d’allez vous faire foutre…, le tout agrémenté de quelques dorures destinées aux ordures habituées des lieux,, l’ensemble avait l’odeur de l’argent.

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J’ai directement été abasourdi par « l’amuse-gueule » : un demi boudin noir comme une part de tarte, avec du riz noir fumé et un jus de fruit de la passion, noir également, chaud, nappé de billes liquides d’oignon doux avec des copeaux de truffe.
Je n’ai jamais rien mangé de plus immonde.

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Ensuite, la soupe à l’oignon qualifiée de « potage oignoné-fromagé doré » (sic !) était majoritairement noire, comme les cauchemars…, gluante et collante, comme le sol d’une chambre d’ado…
Pour suivre…, la bouillie de Saint-Jacques de Compost-elle, dont l’acidité rappellait moins le yuzu que le produit qu’on utilise pour entretenir les pièces en laiton…, m’a donné un haut le coeur… et même Blacky n’en a pas voulu…

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Il a ensuite regardé avec envie le pigeon demandé à point, qui m’avait été servi si rosé qu’il aurait pu se remettre à voler après quelques coups de défibrillateur…
Pour dessert, c’était minimaliste, une balle transparente servie sur une cuillère…, une sphérication réalisée grâce à la cuisine moléculaire, qui semblait être un implant mammaire en silicone taille Barbie, noyée dans du « Naval-Gelly » rose gélatineux…, une fois en bouche, la sphère lâchait une odeur de renfermé, « goût gingembre ».

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Pis…, fut l’impression de mon amie à table : « J’ai l’impression de mastiquer un préservatif bien rempli »…
A la serveuse qui ne comprenait pas ou étaient passés les os des pigeons (Blacky a tout croqué et a laissé un « caca » hyper dur en souvenir sous la table) et me disait concernant le cheesecake aux grumeaux de persil congelé : « N’est-ce pas magnifique »…, j’ai rétorqué : « Non, je n’ai peut-être jamais rien mangé de plus immonde »…

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Il va de soi qu’une chronique implique beaucoup de subjectivité, à plus forte raison sur la bouffe où les goûts de chacun sont à la fois inexplicables et inattaquables…, de plus, c’est toujours plus drôle quand c’est excessif.
Il existe une infinité de raisons de ne pas aimer tel ou tel bistroquet, bastringue, resto et palace…, on peut en effet se sentir étouffé par la connerie ambiante, les pimbèches et les beaufs… ainsi que par les dorures décoratives représentant toute la solennité de la gastronomie française… en ce compris des sévices trop prévenant, façon « old school »…, il y a aussi l’effet « digestif » de mettre un quart de smic dans un repas…

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Ni la direction, ni le chef n’ont souhaité réagir à ma critique…, une source en interne m’a assuré que certains et certaines ont éructé : « Ce n’est pas de la critique, c’est de l’Entertainment ».
Le résultat final après transit intestinal et quelques pets… est maintenant dans les égouts…

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Philousophiquement mon corps est témoin qu’il y a corrélation entre la cuisine et la politique en ce qui concerne la finale :
Qu’on paye très cher ou moins cher, qu’on mange debout ou en marche, assis sur du skaï ou du cuir, avec Mayo, Ketchup… ou Gribiche voire Grand-Veneur… ça se termine invariablement en de la merde…

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