Malgré la crise, les nababs mènent la grande vie sur les côtes méditerranéennes…

Ce n’est pas la crise pour tout le monde.
Après quelques mois de flottement, mi avril les nababs qui mènent la grande vie au soleil de la Méditerranée reprennent le cours de leurs folies.
Hormis pour les rares fortunés qui sont restés au tapis, la fête, en ce monde-là, ne connaît que de brèves éclipses.
Une obscénité insupportable déborde de ces soirées, où l’on est roi si on paie la plus grosse facture de champagne, qui dégouline des ponts de yachts toujours plus longs.

Depuis mi-février, Antibes-Juan les Pins, ou se situe le plus important port de plaisance d’Europe, apte à recevoir les plus grosses unités mondiales, voit s’agglutiner des méga-yachts par centaines pour y être préparés, lavés, lustrés, bichonnés, retouchés car dès fin mars, c’est reparti…
Il y a sur la Côte d’Azur des refuges de milliardaires qui veulent vivre cachés pour vivre heureux : ces demeures-là s’ouvrent rarement et les fiestas y sont rares, ce sont les villégiatures d’une certaine France, avec un « f » comme famille…, mais il y a aussi, et de plus en plus, des palais de nouveaux (très) riches où des fortunes s’engloutissent dans l’ostentatoire et l’éphémère…, ceux-là ont choisi le soleil de la France avec un « f » comme fun, fric, fête, femmes, folie…

Et cette débauche s’étale derrière le paravent de notre hypocrisie.
En effet, si chacun déplore les excès, voire les illégalités…, l’économie locale et le fisc se réjouissent des millions dépensés.
Quitte à flamber, on apprécie en silence que ces nababs le fassent en France…
Quant aux 2 millions de chômeurs, ils n’ont qu’à détourner le regard ou rafler quelques miettes…

Le chiffre est censé être secret, mais la location de la villa Ephrussi de Rothschild, pour le Bal des fleurs, se négocie à 57.000 euros.
Le bal ne se terminant pas trop tard, les invités se retrouvent ensuite pour l’after dans des soirées privées au Jimmy’z de Monaco, par exemple, où la boîte est réservée pour 200.000 euros la nuit.
« Ça n’a pas de prix, ce Bal des fleurs. On ne peut évaluer tous les liens qui se créent, tous les contrats qui se signent en coulisse et toutes les amours qui, sans doute, se forment ».., s’extasie l’inventeur du concept.

C’est un duel, non au couteau mais au champagne, auquel se sont livrés un richissime Malaisien et le non moins richissime Pakistanais Javed Fiyaz…, avec le débouchage successif de 300 bouteilles de Cristal Roederer, 24 jéroboams (3,2 litres) et 10 mathusalems (6,4 litres).
Au terme de cette bataille sans précédent, l’armateur a réglé en effet une note de 900.000 euros…, son rival a modestement réglé la sienne, soit 300.000 euros.
Au total, ces deux milliardaires ont écoulé la bagatelle de 1,2 million d’euros en une nuit.

Dirigeant d’une société de communication événementielle, « Terre d’événements », Stéphane Grosso est un jour contacté par un ami afin d’organiser un anniversaire pour une riche famille russe dont le père a fait fortune dans l’acier et qui vient chaque année sur la Côte d’Azur à l’occasion du Festival de Cannes.
– « Est-ce que tu peux me faire venir un cirque, c’est pour les 5 ans d’une petite fille dans une villa au cap d’Antibes? »…
Anna, la petite fille, a eu droit au spectacle pour elle toute seule, ou presque, il n’y avait que trois enfants »…

Pour ses 6 ans, une fête foraine avec une grande roue et toutes les attractions a été organisée…
Pour les 7 ans d’Anna, c’était une fête multicolore, dix tentes de couleurs différentes… et à l’intérieur de chacune, mise en scène d’un univers particulier…, dans l’une des tentes, c’était la jungle, avec un parcours accrobranches…, dans une deuxième, il y avait un espace de jeux vidéo…, dans une autre, la reconstitution d’une ferme…
Pour ses 8 ans, Anna a eu droit à un décollage en montgolfière depuis son jardin.
Pour ses 9 ans, Stéphane Grosso lui a construit un vrai château de la Belle au bois dormant de 10 mètres sur 10, habité par des princes et des princesses…
Et le dernier, pour ses 11 ans, c’était sur le thème des pirates, avec un toboggan de 60 mètres de long et de 15 mètres de dénivelé qui arrivait dans l’eau…

Un capitaine de bateau du port d’Antives a promené en mer entre Antibes et Porto-Vecchiole, l’oligarque Mikhaïl Prokhorov, diplômé du Moscow State Financial Institute, qui fréquentait alors l’entourage du fumeux Boris Berezovski au château de la Garoupe, que des Russes décomplexés ne pensant qu’à faire la fête et à se payer les plus belles putes.
A peine à bord et après avoir fait le plein de champagne, de vodka, de caviar et autres denrées hors de prix…, c’est plein gaz pour arriver le plus vite possible au sud de la Corse.
Ils étaient pressés car ils avaient commandé un charter de filles en provenance des pays de l’Est !
L’avion devait atterrir sur l’aérodrome de Figari et il fallait aller les récupérer…, quelques heures plus tard, c’était chose faite, ce fut l’orgie et la débauche pendant deux jours.

Entre luxe et luxure, il n’y a qu’un pas que l’étymologie franchit plus allègrement que la morale ou les bonnes mœurs.
Drogue et filles, coke et alcool…, difficile d’apprécier l’exact périmètre de cette consommation mondaine.
La Côte d’Azur est le témoin privilégié de la course effrénée aux plus grand yacht dans laquelle se sont lancées les plus grosses fortunes au monde.
Chaque année, au moins quatre nouveaux yachts de plus de 100 mètres sont livrés ou sont en cours de construction pour des milliardaires, presque tous russes.
L’un des plus récents, Project Darius, propriété de Boris Berezovski, le milliardaire russe qui l’a commandé, l’a vendu peu après au double l’année précédente à un milliardaire des Émirats arabes unis, Abdulla al-Futtaim.

La Côte d’Azur est le témoin privilégié de cette course effrénée dans laquelle se sont lancées les plus grosses fortunes au monde…, elle voit défiler des bateaux de plus en plus longs, de plus en plus gros, de plus en plus bling-bling.
Et les profits économiques qu’en tire la région donnent une idée de la surface financière des capitaines de ces unités de rêve.

Une étude de la chambre régionale de commerce indique que les yachts rapportent 728 millions d’euros aux entreprises et collectivités régionales, soit un tiers du chiffre d’affaires produit par le nautisme dans son ensemble !
Mais à ce jeu du plus fort… Roman Abramovitch possède toujours une longueur d’avance, l’Eclipse, un nom perfidement choisi pour faire de l’ombre à tous les autres, construit par le chantier allemand Blohm + Voss, mesure 168 mètres de long…, soit 6 petits mètres de plus que le Dubai !
Construit pour plus de 350 millions d’euros dans les chantiers navals de Hambourg, il est équipé de deux pistes d’hélicoptère, de trois vedettes, de plusieurs jacuzzis, d’un cinéma, d’une piscine, d’un sous-marin miniature, de vitres pare-balles, d’un système de détection des missiles…

Pourtant, en la matière, personne ne peut jurer avoir le dernier mot. En visite, comme chaque été, sur le Kingdom du prince Al-Walid, le maire a reçu les confidences de son hôte…, celui-ci lui a en effet confié que le vieux Kingdom était devenu un peu étroit.
Sorti en 1980 du chantier italien Benetti, ce prince des mers est aujourd’hui relégué au 37e rang des plus grands yachts de la planète…, humiliant pour la 22e fortune mondiale !
De plus, son look est dépassé…, le prince a donc commandé un nouveau navire de 171 mètres de long.
Et voilà Abramovitch coiffé au poteau.

Des palaces aux palais, il n’y a que quelques pas à faire…
Propriétaire du château de la Croë au cap d’Antibes, un palais pieds dans l’eau acquis pour la modeste somme de 20 millions d’euros, le milliardaire russe Roman Abramovitch est à la tête d’une fortune estimée à 8,5 milliards de dollars…, il se situe ainsi au 51e rang mondial du classement Forbes.
Il fréquente la Côte d’Azur depuis la fin des années 1990… et s’est installé en 2004 au cap d’Antibes, où l’avait précédé son ex-partenaire Boris Berezovski.
Par le biais de la SARL Sifi, en 1996, ce dernier avait acheté deux des plus belles propriétés du cap : le château de la Garoupe et la propriété mitoyenne : la villa du Clocher, où séjournaient régulièrement la suite du président Eltsine et sa fille Tatiana Datchenko.
La transaction avait été conclue à l’époque pour quelque 185 millions de francs, soit 22 millions d’euros.

Moins sulfureux et mieux en cour, le président du Chelsea Football Club ne regarde pas à la dépense ni à l’ampleur des travaux pour réaliser ses rêves les plus fous sur la Côte d’Azur ou les très, très riches ont en effet les moyens de leurs lubies.
Vouloir, c’est pouvoir.
Les montants des travaux sont parfois plus élevés que le prix d’achat initial des maisons…, qu’importe !

Au bout du bout, sur la pointe Saint-Hospice à Saint-Jean-Cap-Ferrat, un industriel allemand a dû faire appel aux hélicoptères pour mener à bien les travaux d’aménagement de son palais, la villa Fiorentina.
Plus incroyable encore, un riche propriétaire du cap d’Antibes a commandé à un ascensoriste la cabine la plus chère au monde : 1 million d’euros…, le projet prévoit de creuser la colline sur laquelle est construite sa villa pour installer une machinerie desservant la piscine en contrebas.
Petit détail, l’élévateur serait doré à l’or fin…

Presque raisonnable, Abramovitch, lui, a investi quelque 100 millions d’euros pour transformer et arranger le château de la Croë et ses huit suites de maître à son goût et satisfaire ses envies.
Parmi ces joyaux immobiliers de la Couronne, la Léopolda, sur les hauteurs de Villefranche-sur-Mer, est peut-être la plus belle, la plus prestigieuse et la plus célèbre…, elle est en tout cas aujourd’hui la plus chère au monde.
Située au col de Caire, elle abrite, au coeur d’un parc de 8 hectares planté d’oliviers, de résineux, de citronniers et d’orangers surplombant la baie de Beaulieu et le cap Ferrat, une vaste et solide bâtisse de 2700 mètres carrés habitables entourée de plusieurs bâtiments contigus.

Acquise en 1902 par le roi des Belges Léopold II, au franc symbolique, la propriété a fait l’objet en août 2008 d’une OPA lancée par un oligarque russe qui en avait offert 496 millions d’euros avant de négocier et de transiger pour 390 millions d’euros (370 millions pour le domaine et 19,5 millions pour les meubles) puis finalement de se rétracter.
Il s’agissait de Mikhaïl Prokhorov !
Près de 1 demi-milliard d’euros donc…, tel est le prix qu’en demandait Lily Safra, la veuve d’Edmond Safra, qui, en 1999, avait reçu la Léopolda en héritage et ne souhaitait pas vraiment s’en séparer. Affaibli par la crise, Prokhorov a finalement renoncé à sa folie et a voulu récupérer en justice les arrhes versées à la signature du compromis de vente.
Il est vrai que l’acompte se montait tout de même à 39 millions d’euros…
Lily Watkins, épouse Safra, persuadée que la transaction irait à son terme, avait licencié les quelque 27 employés, vigiles, jardiniers, maîtres d’hôtel et femmes de chambre travaillant sur la propriété… et elle avait déménagé à grands frais sa collection d’oeuvres d’art, évaluée à 100 millions d’euros.
Le tribunal de grande instance de Nice a donc tranché… et Mikhaïl Prokhorov a dû renoncer à ses 39 millions d’euros d’arrhes versés à Lily Safra.

Un groupe russe a jeté son dévolu sur un domaine de 400 hectares situé sur les hauteurs du village médiéval d’Entrevaux, loin de la mer, à l’abri des regards et à l’écart des « ringards » bling-bling.
Planté d’arbres centenaires, le domaine de la Chaume escalade la montagne entre 800 et 1600 mètres d’altitude…, son propriétaire, Henri Mauro, un ancien brasseur cannois, l’a cédé aux Russes fin 2006 pour 3,3 millions d’euros.
Présenté dans les colonnes du quotidien russe Vedomosti, le projet est de construire un hôtel très haut de gamme et de reconstituer, grandeur nature, une ferme façon « Petit Trianon » méridional et un village provençal en pierre de taille…, un investissement total estimé à 200 millions d’euros.

Quels qu’ils soient, ces capitaines d’industrie, ces hommes d’affaires, ces femmes de pouvoir ont besoin d’être coachés, d’être cocoonés…
Dans leurs propriétés où ils ont tout… mais où, pourtant, ils sont malheureux, certains me parlent de leurs soucis intimes au hasard d’une réception ou on m’invite pour raconter les mêmes histoires que je publie dans www.GatsbyOnline.com ça les divertit et amuse…
L’un d’eux m’a raconté sa détresse parce que son fils avait eu un accident avec la Ferrari qu’il lui avait offerte pour son anniversaire.
Un autre était contrarié d’avoir acheté une Ferrari chez Artcurial parce qu’elle refusait de démarrer !
Cette clientèle huppée a ses codes…, les Russes, par exemple, « plus c’est cher, mieux c’est, même si ça n’apporte rien de plus »…

A l’opposé de ce barnum, il y a l »action goûter coiffure, organisée une fois par trimestre dans les locaux des petits frères des Pauvres à Antibes.
Les personnes qui le désirent peuvent être coiffées à cette occasion… et la demande ne manque pas.
En mars, une convention est signée entre l’association et les petits frères des Pauvres de Nice.
Une table longue…, à un bout, miroirs, peignes, brosses, ciseaux, tondeuses, sèche-cheveux…, c’est l’atelier coiffure…, à l’autre bout, c’est dégustation de pâtisseries.
Une fois par trimestre, Jonathan, ses amis formateurs et leurs élèves interviennent chez les petits frères des Pauvres à Antibes.
Les coups de ciseaux et de peignes se multiplient…, les paroles aussi…, il s’agit souvent de personnes seules qui ont besoin de parler.
Exemplaire, cette action permet d’aider encore plus les personnes victimes de la précarité et de l’isolement.
Elle entre parfaitement dans la mission d’aide à l’amélioration de la qualité de vie…, ce que font ces jeunes est exemplaire, c’est remarquable…, ils sont dynamiques, efficaces, ils font plaisir à tout le monde… et ont besoin de bénévoles et d’un local qui permettrait de stocker le mobilier et l’électroménager tenu à disposition des bénéficiaires de l’association.
Tél. : 04.93.74.90.15. – pfp.antibes@petitsfreresdespauvres.fr

J’en ai parlé aux milliardaires russes et autres, ils m’ont répondu : « Fillion, Macron, Hamon et divers »… en riant…
« Chacun ses merdes » fut la conclusion « l’exemple vient d’en haut »…
Je suis parti avec mon Blacky qui m’a dit que « le monde des zumains, wouahwouah, est une vraie saloperie »…
Je lui ai caressé la tête en disant qu’il avait raison… et, pour me montrer son amour, il a levé la patte et pissé sur la roue arrière droite de la Maybach d’Abramovitch…