GTD40-KVA…

Un changement radical dans la continuité !

Des fois, je me demande pourquoi je publie encore des articles complexes et historiques sur des automobiles extraordinaires…, car non seulement ça ne me rapporte plus rien depuis que j’ai vendu mes magazines Chromes&Flammes et AutoChromes et pris ma retraite plein sud…, mais dans l’aspect psychologique de continuer une certaine créativité, en règle générale, il n’y a pas grand monde pour communiquer, discuter, échanger, développer, argumenter, et contre-argumenter…, sauf sur Facebook…, ce qui n’apporte pas plus…
Ca m’avance à quoi, en fait, de passer tant et tant de temps ?

J’écris : « car tel est mon bon plaisir »…, ce qui est une totale absurdité, je suis content…, oui, beau prétexte, vraiment…, qui explique tout et rien…, je m’amuse à bousculer les gens, à essayer, juste pour voir…, de les déstabiliser, de détruire leurs certitudes par quelques évidences scientifiques ou philosophiques !
Résultat : certains s’emportent et refusent de dialoguer plus avant, d’autres disent : « Oui, oui je ne sais plus quoi penser« , m’approuvent… et quelques minutes après la discussion reprennent leur train-train quotidien comme si de rien n’était…

J’ai traité mon ex-GT40 Brightwheels de « belle casserole », ce qui a choqué quelques internautes, je ne vais pas vous laisser sur un tel soufflé… et comme j’en ai une autre, plus homogène, qui n’a pas été « tunée » par un zouave (je vous ai tout commenté, je n’y reviendrais pas), voici l’occasion de rire moins fort… avec d’abord ci-après la reprise « scannée » d’un article paru dans mon ancien AutoChromes N°67 de novembre 1985 (ça fait loin, presque 32 ans d’ici, nous sommes en 2017)… et ensuite une p’tit balade en GTD40-KVA…

Ne croyez pas tout connaître d’une GT40 en voyant des répliques et en lisant des articles, mêmes historiquement bien documentés…, la Ford GT40 était bien plus que cela, non seulement était-elle le « nec plus ultra » des grandes routières, mais elle était aussi championne incontestée des courses d’endurance des années ’60 ; et c’est là une double distinction que nulle autre n’a jamais obtenu.
Taxer de “super-car” la fabuleuse Ford GT40…, ne lui rend pas suffisamment justice ; il y a quelques années, la Jaguar XJ220 et la Lamborghini Diablo, elles aussi ont prétendu au trône de l’olympe des “super-cars”, mais actuellement, la Diablo ne suscite qu’une condescendance polie.
En réalité, la GT40 était une machine tellement sensationnelle que sa paternité, revendiquée tant par les Britanniques que par les Américains, fait encore l’objet de querelles.

Il s’agissait d’une véritable œuvre commune, fruit des efforts du constructeur américain et du talent individualiste britannique.
Ford a fourni le moteur V8 de compétition, la carrosserie et des dollars à n’en plus finir, tout le reste était de conception britannique… et c’est en Grande-Bretagne que les premières voitures de série furent produites.
Mais ce qui compte vraiment c’est que l’objectif que s’étaient fixé ses concepteurs fut largement dépassé, puisqu’elle remporta les 24 heures du Mans, non pas une, mais quatre fois de suite, de 1966 à 1969.

Si vous en aviez les moyens à l’époque, ce bolide vous permettait en toute légalité de vous défouler à plus de 300 km/h sur routes ouvertes (il n’y avait pas de limitations alors)…, cet engin allait bien au-delà de ses performances légendaires du Mans.
Certes, l’habitacle n’est pas très pratique pour aller faire les courses ou encore emmener les enfants à l’école…, ce qui est bien dommage car le bruit du moteur aurait couvert à merveille le vacarme des têtes blondes, mais qui diable demande à une “super-car” d’être pratique ?

Modèle : Ford GT40 MkI, MkII, MkIII, et MkIV, 1964-1968 : GT signifie Grand Touring, 40, c’est la hauteur de la voiture en pouces (un peu plus d’un mètre).
Production : 107 exemplaires
Types de carrosserie : Deux portes, coupé deux places
Construction : Feuillard d’acier monocoque (nid d’abeille sur MkIV), carrosserie en fibre de verre
Moteur : Moteur central Ford V8, 4195cc (MkI), 4727cc (MkI et MkIII), 6997cc (MkII et MkIV)
Puissance : 350 à 7200t/m (Mk1 4195cc) ; 385 CV à 6500 t/m (Mk4727 4195cc) ; 330 CV à 6250 t/m (Mk1 4727c3 voiture de route) ; 485 CV à 6200 t/m (MkII) ; 306 CV à 6000 t/m (MkIII), 500 CV à 5000 t/m (MkIV)
Transmission : Boîte-pont et boîte de vitesse ZF à quatre ou cinq vitesses montée derrière l’essieu arrière
Freins : Disques ventilés sur les quatre roues
Dimensions : Longueur totale 4,2 m : largeur 1,78 m : poids à vide 832 kg.
Vitesse maximale : 250-322 km/h selon l’équipement
Performances : 0-100 km/h: 4.5 sec.   0-160 km/h: 8.5 sec.

La GT40 au palmarès du Mans : 1966, victoire de la Ford GT40 pilotée par Chris Amon (NZ) et Bruce Mc Laren (NZ) ; 1967, AJ Foyt (US)/Dan Gurney (US) ; 1968, Pedro Rodriguez (MEX)/Lucien Bianchi (B) ; 1969 Jacky ICKX (B)/Jackie Oliver (GB).

On monte debout sur le siège en enjambant le large seuil, puis, hop…., on se laisse glisser en allongeant les jambes vers les pédales…, et paf… on se retrouve assis au ras des pâquerettes… en se demandant comment il faut  faire pour en sortir avec élégance…, n’y pensez pas, pour sortir c’est hyper dangereux, à cause de la « porte guillotine »…, il suffit qu’un hurluberlu, un chien ou pire, une voiture qui se positionne trop près… et BOUM… la « porte guillotine » vous coupe la tête…

Donc, tout conducteur avisé de GT40 entre et sort avec un casque, ou alors garde la tête penchée, car dès qu’on mesure plus d’1m70, il est indispensable d’avoir l’option « bulle » dans le haut de porte, la voiture est tellement étriquée (cramped-cabin) que la tête se positionne dans cette « bulle »… et qu’avec un casque, elle se coince là…, pas question de tourner la tête, impossible…, l’intérieur de la GT40 est du volume d’une capsule Appolo 13 au 1/3…. et comme les rétros ne peuvent être réglés (il n’y a pas de vitres qui descendent et montent, rien qu’un volet format boîte à lettres) et qu’ils n’offrent qu’une vue sur les ailes arrière, c’est direct l’angoisse, car le rétro central intérieur n’est là que pour savoir si le filtre à air est toujours là…

C’est vraiment stressant… et lorsque le moteur démarre, c’est l’apocalypse…, aucune isolation, le bruit passe direct dans la tête, tout comme les filets d’air entre toutes les jointures, il n’y a pas de caoutchouc aux portes… et dès que vous vous rendez-compte que les passages de portes (à enjamber) sont les réservoirs d’essence qui vous enserrent de partout, vous vous rendez-compte qu’un gars qui vous refuse la priorité de droite… et c’est l’explosion et la mort atroce, brûlé vif…

Tans qu’à y penser, au feu…, l’intérieur de la GT40 est chaud dès que le moteur tourne (et gronde), la chaleur est rapidement suffocante, d’autant que comme déjà écrit, il n’y a pas de vitres qu’on peut « normalement » ouvrir…, mais la GT40 n’est pas fait pour la ballade et le confort, c’est une voiture de course…, et pas de courses au supermarché… et comme on ne peut plus « faire la course », la GT40 ne sert à rien…

Du coup on déprime… et les nombreux compteurs ajoutent au stress (8 sur la planche de bord : compte tours, vitesse, deux jauges d‘essence, voltmètre, pression d‘huile, température d‘eau, température d’huile), ainsi que le nombre important de voyants et d’interrupteurs, certains pour des fonctions basiques, comme les essuies glaces, d’autres pour déclencher manuellement le ventilateur, les pompes à essence…, on s’y perd…

Le positionnement du levier de vitesses est déconcertant…, normallement il se trouve sur le bas-de-caisse-ponton-réservoir…, donc toujours du mauvais coté que ce soit en LHD ou en RHD…, sauf que sur la GTD40-KVA il est au centre, une hérésie pour les puristes !

La voiture est en plastique, brut à l’intérieur, quelques millimètres sans renforts…, une certaine simplicité et légèreté qui se ressent dans l’inconscient… durant les quelques minutes nécessaires pour faire monter la mécanique à température, le temps de faire profiter nos oreilles du son du V8… et une fois « la belle » en action…, nombre de questions viennent à l’esprit, des questions banales comme : « Ai-je une bonne assurance vie ? »…, « Pourquoi suis-je là ? »…, bref…

La Ford GT ne rugit pas, elle bondit, pas facile de s’adapter à cet engin, en un rien de temps, la voiture grimpe en vitesse, mais trop vite pour pouvoir lire le compteur placé à droite…, elle peut atteindre les 300 km/h dans les magazines, mais « en vrai » lorsqu’on arrive à 200, on transpire…, les pneus arrière perdent rapidement leur adhérence au point où l’arrière chasse à la moindre sollicitation trop puissante…, ce n’est pas une sinécure, car comme le train avant se déleste…, on a entre les mains une voiture qui intimide…, de plus, elle n’incite pas à frimer « en ville »…, d’ailleurs, ou et comment faire « un créneau »… et pas possible d’entrer dans un garage souterrain…, le moindre dos d’âne bloque le bestiau…, donc…, finalement…, elle ne sert vraiment à rien d’autre que foncer sous la vitesse légale sur autoroute, ou à 129 km/h… on finit par bailler d’ennui…