Dominus vobiscum… Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favĂlla, Teste David cum SibĂ˝lla ! Quantus tremor est futĂşrus, quando judex est ventĂşrus, cuncta stricte discussĂşrus ! Tuba mirum spargens sonum per sepĂşlcra regiĂłnum, coget omnes ante thronum. Mors stupĂ©bit et NatĂşra, cum resĂşrget creatĂşra, judicánti responsĂşra. Liber scriptus proferĂ©tur, in quo totum continĂ©tur, unde Mundus judicĂ©tur. Judex ergo cum sedĂ©bit, quidquid latet apparĂ©bit, nihil inĂşltum remanĂ©bit. Quid sum miser tunc dictĂşrus ? Quem patrĂłnum rogatĂşrus, cum vix justus sit secĂşrus ? Rex tremĂ©ndæ majestátis, qui salvándos salvas gratis, salva me, fons pietátis. Recordáre, Jesu pie, quod sum causa tuæ viæ ; ne me perdas illa die. Quærens me, sedĂsti lassus, redemĂsti crucem passus, tantus labor non sit cassus. Juste Judex ultiĂłnis, donum fac remissiĂłnis ante diem ratiĂłnis. IngemĂsco, tamquam reus, culpa rubet vultus meus, supplicánti parce Deus. Qui MarĂam absolvĂsti, et latrĂłnem exaudĂsti, mihi quoque spem dedĂsti. Preces meæ non sunt dignæ, sed tu bonus fac benĂgne, ne perĂ©nni cremer igne. Inter oves locum præsta, et ab hædis me sequĂ©stra, státuens in parte dextra. Confutátis maledĂctis, flammis ácribus addĂctis, voca me cum benedĂctis. Oro supplex et acclĂnis, cor contrĂtum quasi cinis, gere curam mei finis. LacrimĂłsa dies illa, qua resĂşrget ex favĂlla judicándus homo reus. Huic ergo parce, Deus. Pie Jesu DĂłmine, dona eis rĂ©quiem…
L’imagination aide Ă l’Ă©criture… Tout le reste d’une existence n’est que fatigues et dĂ©ceptions. Ce voyage d’Ă©criture est entièrement rĂ©el dans l’imaginaire. La vie, la mort… La mort, la vie… En imaginaire folie. C’est une histoire, qui, pour ĂŞtre comprise, il suffit de fermer les yeux…
Ce 16 mai 2020 c’est mon anniversaire que je me souhaite Ă moi-mĂŞme…
Ah ! En route d’Ă©criture, ça me fait un effet, il s’est passĂ© tant de choses depuis tout ce temps…
Si je n’Ă©tais pas tellement contraint, obligĂ© pour gagner ma vie, qui est pourtant gratuite la vie, alors qu’il y faut toujours rembourser mille choses, dire mille merci, mille bravos, mille merdes aussi… si je n’Ă©tais pas obligĂ© aussi contraint de gagner celles des autres… en double-sens, bien entendu… quoiqu’il n’y a pas grand monde qui entende, qui comprenne encore moins, mĂŞme pas en pour cent, que dire des pour mille… nada, rien, schnoll, zĂ©ro !… Bref… si je n’Ă©tais pas contraint de devoir survivre dans ce monde d’abrutis, de contraintes imbĂ©ciles… si, si, croyez moi, la moitiĂ© du monde est imbĂ©cile et prend l’autre pour de mĂŞme, ce qui fait deux mĂŞmes entitĂ©s similaires qui se croient complĂ©mentaires alors qu’elles sont antagonistes ! Ying et Yang, blanc et noir ! C’est qu’il y a aussi du racisme lĂ -dessous, dessus aussi, jusqu’Ă atomiser les autres au mĂ©pris de l’humanitĂ©, pour pouvoir bouffer des hamburgers patriotiques…!
Parce que bouffer du hamburger, des hot-dogs et autres grossisseries… c’est le rĂŞve “amĂ©-requin”… la libertĂ© de gĂ©mir, la supĂ©rioritĂ© du divin, que c’est inscrit sur les dollars, comme une preuve totalitaire de l’abĂŞtissement gĂ©nĂ©ral : la beaufferie ! la veulerie ! la mensongerie ! la crapulerie aussi, mais toujours Ă la gloire de dieu, un des dieux, du moment… qui n’est pas lĂ pour affirmer le contraire… qui n’a jamais Ă©tĂ© lĂ pour dire tout et son contraire… qui n’a jamais existĂ©… qui a Ă©tĂ© inventĂ©… au nom de dieu, dans son nuage, bien calculĂ©, qui voit rien… parfait pour ceux qui finissent tous par y croire… dĂ©vots comme pire que pape… toutes les religions sont faites par des malins pour rĂ©genter… que c’est la plaie du monde, les religions, les religieux et religiositĂ©s, toutes entrainant des malfaisances, des guerres, des saloperies, qui font croire Ă des balivernes rendant l’homme plus imbĂ©cile encore, jusqu’Ă ce que tous croient que ceux qui n’y croient pas le sont aussi… sauf qu’il leur faut les gĂ©nocider…
Quand il y en a un qui vous dit : “que dieu vous garde”..., mĂ©fiez-vous, nom de dieu… c’en est un… de plus grande imbĂ©cilitĂ© encore… Le genre qui va tout vous prendre, le gras, le lard… l’art aussi vu qu’il sent le gras… les enfants en chair Ă canon, pour n’importe quel motif, n’importe quelle guerre, pour pouvoir dĂ©fendre les valeurs dĂ©mocratik d’un nouveau nazisme Ă reculons… qui prĂ©tend le contraire… que le nazisme doit ĂŞtre interdit… qui est un Ă©tat policier… que la torture est bannie… qui a ouvert Guantanamo et compagnie… qui fouille rafle, Ă©pie, Big-Brother contre Grand-Satan… Un match pathĂ©tique…! Tous regardent en hurlant, comme Ă Munich mais avec d’autres drapeaux… les valeurs du hamburger et du soda coca… les valeurs atomiques… souvenez vous d’Hiroshima et Nagasaki en pensant Ă l’Iran, c’est dans pas longtemps la diète, la misère et la mort, affreuse, tout rongĂ©, purulant, la peau en lambeau, les dents qui tombent, les espoirs aussi…
Tu t’en souviendras, dis, Popu, que j’Ă©crivais ce qu’on nommait dĂ©lires, le droit gĂ©nocidaire de Gaza que tu approuves, les lois liberticides que tu acceptes, tous unis contre le grand Satan… mais confond pas, Popu, le Grand Satan c’est pas qui tu crois, c’est toi… C’est dans ta poche qu’on vient tout prendre… et c’est ta vie qu’on te vole… Tu as votĂ© la restriction des libertĂ©s pour avoir le droit de te taire, c’est Ă dire plus le droit de parler, ni d’Ă©crire, le glaive de l’injustice… au moins Adolphe ne cachait pas son horreur ! Nous… on en est Ă croire tout et son contraire, on nous dit qu’il faut tuer les miteux, les blacks, les jaunes, les barbus… on y va, on tue on assassine, c’est pour protĂ©ger nos valeurs qu’on dit… et toi t’y crois, dur comme croix de fer…, enfin… les valeurs de l’AmĂ©rique, hamburgers et Coca sodas, crĂ©dits Ă tous les Ă©tages, comme avant : le gaz…!
Vous imaginez-vous partir en guerre, vous tous, les Popus ? Perdre un bras ? Une jambe ? Un Ĺ“il ? Les deux peut-ĂŞtre ? La raison que vous avez dĂ©jĂ perdue depuis votre lobotomisation Ă©ducative ?… En guerre contre les mĂ©crĂ©ants, les autres, ceusses qui pensent pas comme nous ? Enfin, comme vous, quoique vous n’en savez rien de ce qu’ils pensent… les terroristes de la nouvelle vague, comme avant les YĂ©-yĂ©s…? Au nom de dieu, partir en guerre pour dĂ©fendre le droit de bouffer des hamburgers… la noble affaire, ce n’est que cela… Toutes les armĂ©es, surtout l’amĂ©ricaine, en Iraq, en Afghanistan, tuent pillent, violent… au nom du saint hamburger, la valeur amĂ©ricaine, la libertĂ© d’ĂŞtre esclave, une gloire revendiquĂ©e…! Y a mĂŞme des hamburgers Kasher, plus sournois encore, prĂŞt Ă atomiser la terre entière, l’Iran pour commencer… au mĂ©pris de la vie humaine, qu’importe les millions d’atomisĂ©s puisqu’ils sont autres, qu’ils osent critiquer les valeurs du hamburger Kasher…
Alors, toi Popu, pauvre couillon, qui croit Ă toutes les balivernes, qu’on te fait croire Ă Ben Laden, et que t’y crois dur comme croix de fer première classe… devenu nazi sans mĂŞme t’en rendre compte, qui connait mĂŞme pas l’histoire, que le foot et sportives affaires, bĂŞtises et futilitĂ©s, mĂŞme les gratteux de guitare et les chanteurs qui beuglent pour les pauvres en leur faisant les poches, des concerts en faveur de n’importe quoi du moment qu’ils gagnent des brouettes d’or… Popu, pauvre con ! Toi et tes semblables, dis-toi bien que c’est de mĂŞme façon que d’autres humains ont portĂ© Hitler au pouvoir !
Donc, j’Ă©crivais que si…. je n’Ă©tais pas tellement contraint de gagner du pèze, des pĂ©pètes, de l’or, de l’argent, pour ne fusse que vivre… je vous le dis tout de suite, je supprimerais tout.
Je ne laisserais pas passer, plus une ligne.
Tout est mal pris, il y a trop de malfaisances.
Regardez un peu le nombre des morts, des haines autour… ces perfidies… le genre de cloaque que ça donne… ces monstres…
Ah ! il faut ĂŞtre aveugle et sourd !
Vous me direz : mais ce n’est pas un voyage d’écritures agréables tout ça !
Vos crimes, là que vous en crevez, c’est rien à faire, c’est votre malédiction vous-même.. vos pataquès !
La justice vous arquinque ? Nana rien Ă faire, foutre, que plaignez-vous ?
Sous la hache, je l’hurle ! C’est le compte entre moi et le reste du monde !
Au tout profond… pas racontable…
On est en pétard de Mystique !
Quelle histoire !
Si je n’étais pas tellement contraint, obligĂ© pour gagner ma vie, je vous le dis tout de suite, je supprimerais tout, je le réécris…, je supprimerai aussi les Popus…
Je me suis dĂ©barrassĂ© de la Chance… Un, deux, trois livres admirables Ă m’égorger ! Et que je geigne ! J’ai fait le don ! J’ai Ă©tĂ© charitable, voilĂ ! Le monde des intentions m’amuse… m’amusait… il ne m’amuse plus. Si j’étais pas tellement astreint, contraint, je supprimerais tout…
Le seul livre vraiment mĂ©chant de tous mes livres c’est “Quelqu’un contre le reste du monde… “… je me comprends… mais qui d’autre le peux ?
Tout va reprendre en saintes guerres, l’apocalypse ultime… quand le saint-Hamburger Kasher va atomiser l’Iran, va falloir faire gaffe, on va tous ĂŞtre transformĂ©s en hamburgers, la grande folie, des hamburgers grillĂ©s ! Dix-mille degrĂ©s de bonheur !
Et après, nada, Nakba ! Plus de pétrole, rien, pire que crise !
Faudra revenir aux bougies… qu’est-ce que t’auras gagnĂ©, Popu, d’avoir acceptĂ© tant et tant, d’avoir cru aux grands mensonges ?
Un Sarabath ! Vous entendrez siffler d’en haut, de loin, des lieux sans noms, des mots, des ordres… Vous verrez un peu ces manèges !… Vous mĂ©direz en pensant Ă moi, en pensant Ă quelqu’un d’autre aussi, tous hamburgers pour dĂ©fendre les valeurs des amĂ©-requins…
Ah, n’allez pas croire que je joue ! Je ne joue plus, je suis même plus aimable.
Si j’étais pas lĂ tout astreint, comme debout, le dos contre quelque chose… je supprimerais tout…
Les gens ont l’air toujours d’être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c’est que, lorsqu’il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des cafés crème et des bières et du vin. C’est ainsi !
Siècle de vitesse ! qu’ils disent. Où ça ?
Grands changements qu’ils racontent. Comment ça ?
Rien n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout.
Et ça n’est pas nouveau non plus.
Des mots… et encore pas beaucoup, mĂŞme parmi les mots, qui sont changĂ©s ! Deux ou trois par-ci, par-lĂ , des petits… Bien fiers alors de faire sonner leurs vĂ©ritĂ©s utiles, ils demeurent lĂ assis, ravis, Ă regarder les dames. La race humaine, on l’appelle comme ça… c’est seulement un grand ramassis de miteux, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici ou lĂ , voire lĂ -bas ou ailleurs, n’importe-ou, poursuivis par la faim, la peste des autres, les tumeurs Ă la mode, quelques bobos et le froid… ou alors le chaud, ça dĂ©pend des saisons…, venus vaincus des quatre coins du monde, Ă un moment donnĂ©, qui est pas gratuit ce moment… ils ne peuvent plus aller plus loin Ă cause de la mer ou des ordures, ou du manque de pĂ©pètes, ou alors c’est qu’ils en ont trop, du moins en suffisance pour chasser ceusses qui n’en ont pas assez…
Haineux et dociles, violĂ©s, volĂ©s, Ă©tripĂ©s et couillons toujours ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maĂ®tres, ni d’opinions. Ou bien si tard, que ça n’en vaut plus la peine. On est nĂ©s fidèles, on en crève ! HĂ©ros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du roi misère. C’est lui qui nous possède ! Quand on est pas docile, il serre… On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gĂŞne pour parler, faut faire bien attention si on tient Ă pouvoir manger… Pour des riens, il vous Ă©trangle… C’est pas une vie…
On est tous assis sur une grande galère, on rame tous Ă tour de bras, personne peux pas venir me dire le contraire !… Assis sur des clous mĂŞme Ă tirer tout nous autres ! Et qu’est-ce qu’on en a ? Rien ! Des coups de trique seulement, des misères, des bobards et puis des vacheries encore.
Il y a des soirs et des matins ou la joie fait soudain place Ă un vide absolu.
Moi, moi, moi, tournant, retournant, je me tourne, retourne en rond, passant en tĂŞte quantitĂ©s de souvenirs et de choses non-faites. Je m’efforce ensuite de survivre une nuit, un jour de plus avec un vide abyssal en moi.
Impossible de comprendre le pourquoi… et moins le comment, vous-mĂŞmes ne le pourriez pas ! C’est quoi un comment ? C’est quoi un pourquoi ? Et pourquoi faire comment ?…
J’imagine quantitĂ©s de rĂ©ponses, mais quand elles virent au noir absolu de je ne sais quelles horreurs et futilitĂ©s d’amour-propre, elles prennent alors le dessus, je dĂ©connecte, je disjoncte…
Je me dis alors, comme pour hâter ma fin, qu’au moins il me reste encore une adresse…. mais qu’Ă l’Ă©chĂ©ance, ce seul lien encore existant, disparaitra aussi Ă jamais… et c’est lĂ , la dĂ©chirure. Je suis ainsi fait, ayant si souvent eu Ă faire face aux adversitĂ©s, aux misĂ©rabilismes, aux vacuitĂ©s infâmes, aux bĂŞtises…, sachant que la vie passe si vite, qu’elle est si instable, que tout est si fragile… que je ne sais toujours ni me rendre compte ni admettre que le temps puisse casser quoique ce soit qui a mis tant de temps en lentes besognes de l’esprit et des corps, toutes ces crĂ©ations perdues, tout ces instants de magie, tout ces bonheurs, ces insouciances… comme jetĂ©es dans un coin, au vent qui les dispersera… et tout ça pour quoi ?
Y a mĂŞme pas d’autres choses… et quand bien mĂŞme, sauf Ă d’autres dires et de non-dits, sauf Ă d’autres jeux, manqueront toujours les dĂ©raisons, palpitations, peurs et bonheurs…
Pour voler du bonheur, c’est Ă dire pour se complaire, pour jouir bĂŞtement, l’esprit ne fait rien Ă l’affaire, si un vide est comblĂ© il est vite oubliĂ©, mais pour remplir une bulle… et surtout pour la laisser remplie, pour qu’elle ne crève pas, dans tous les sens, il ne suffit pas de s’Ă©vader de la tĂŞte !…
Tu vois comme c’est vide, Popu… Je t’Ă©cris avec humour de nos chaussettes sales et slips puants, avec les tours en ronds de nos ados, enfants mĂŞme grands qui nous minent autant, parfois, qu’ils nous illuminent parce que c’est tout ce qui reste de notre ADN quand on disparaitra… et sans rĂ©ponse de mĂŞme humour, je risque de glisser, trĂ©bucher et tomber bien bas. J’ai mal de la vie… c’est tout. Vraiment mal… et c’est pas tout.
Il y a quoi qui me manque ? C’est en entier, c’est un tout, avec le temps qui passe, toutes les traces, avec les rires, les sourires. Le vide est plus grand encore quand il n’y a plus rien, c’est comme une fin de vie, c’est comme gommer une existence, nier ce qui nous a fait vibrer, ce qui nous a fait vivre, ce qui nous a aidĂ© Ă vivre. Et c’est lĂ , bien la question de l’existence, Ă quoi elle sert, pourquoi se battre, apprendre, lire, Ă©crire, parler, dessiner, peindre… si c’est pour devancer la nature, si c’est pour ne pas exister plus loin dans l’esprit de quelques uns, alors, c’est nier l’existence, c’est nous nier nous-mĂŞmes, c’est ne plus croire en nous ni aux Ă©toiles, ni aux rĂŞves et espoirs, c’est ne plus profiter du bonheur qui ne fait que passer et dont alors il ne restera plus de traces…
Et si…, et si… il n’y a mĂŞme plus moyen de se laisser aller Ă se dire, qu’on est lĂ pour vivre, pour survivre en se chantant du bonheur Ă tue-tĂŞte pour moins voir les malheurs, si on n’a plus de bulles, si ce n’est que pour se savoir bĂŞtes au point d’accepter l’abattoir, je pense au fisc et aux contraintes bĂŞtises, alors… quelle est la raison de se rendre malheureux ?
Me voilĂ nu, quasi effacĂ©… et tout ça rien que pour des bĂŞtises, pour de l’amour-propre, pour la jalousie d’autres et peut-ĂŞtre pires choses.
Le matin, j’aime lire, lire c’est dĂ©couvrir, c’est pas grand chose, mais c’est tellement de bonheurs Ă lire les malheurs des autres qui en prĂ©sagent d’autres, en ce compris les nĂ´tres…, des moments en tire-bouchon qui amènent, non point des larmes de dĂ©sespĂ©rance, mais des Ă©tincelles de bonheurs…, pouvoir discourir de petits riens, revoir d’anciens petits-riens, et aussi de grandes choses…
Maintenant, sans mĂŞme de courses en magasins, sans plus de salades Ă prĂ©parer et de petits plats Ă tripoter, dis-moi ce qu’on y gagne, Popu… ?
On travaille ! qu’ils disent. C’est ça encore qu’est plus infect que tout le reste, le travail. On est en bas dans les cales Ă souffler de la gueule, puants, suintants des rouspignolles…
C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.
Combien de temps faudrait-il qu’il dure leur dĂ©lire, pour qu’ils s’arrĂŞtent Ă©puisĂ©s, enfin, ces monstres ? Combien de temps un accès comme celui-ci peut-il bien durer ? Des mois ? Des annĂ©es ? Combien ? Peut-ĂŞtre jusqu’à la mort de tout le monde, de tous les fous ? Jusqu’au dernier ? Et puisque les Ă©vĂ©nements prennent ce tour dĂ©sespĂ©rĂ© je me dĂ©cide ici, Ă risquer le tout pour le tout, Ă tenter la dernière dĂ©marche, la suprĂŞme… pour que dans le cerveau d’un couillon la pensĂ©e fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles. Tout ce que je touche dans mon business est truquĂ©, les bagnoles bien sur, mais pas que ça au vu de ma carcasse : sucre, confitures, chocolats et sodas, les photos aussi ; tout ce qu’on lit est de mĂŞme fausse nature, truquages et mascarades, la Presstalis affaire a escroquĂ© ses clients Ă©diteurs, menteries gĂ©nĂ©ralisĂ©es, tirages tarabiscotĂ©s, retours de prĂ©-pas vendus… et avec ça des entuberies fĂ©roces de paperasses comptables incomprĂ©hensibles… et les couillons pas couillons croyaient qu’entuber Ă leur tour pour obtenir pitance publicitaire Ă©taient près Ă toutes les retorderies les plus sauvages, immondes salmigondis de fumisteries… en finale, tous perdants, cocus, baisĂ©s partouze, dĂ©friquĂ©s, emberlificotĂ©s dans des histoires prĂ©-machĂ©es et pleurant avec un enthousiasme dĂ©concertant : “Laissez nous entuber encore, plus profond, plus gras, large, puant”… et tout cela avec de la dĂ©sinformation patriotique, les Popus qu’y trinquent, les cons…
Dans ce fourbi machiavĂ©lique, l’Etat en Galère tambourine le rythme des coups de rame aux esclaves, ramez la gueuzaille, les payeurs, et voilĂ la pandĂ©mie qu’on dĂ©verse, un virus chinois made in France de chez nous, avec mĂŞme un mode d’emploi obligatoire : “Avale tout et tais-toi quand tu crèves”… les traĂ®tres patriotiques eux-mĂŞmes sont faux…, le dĂ©lire de mentir et de croire s’attrape comme la gale. La meilleure des choses Ă faire, n’est-ce pas, quand on est dans ce monde, c’est d’en sortir !C’est-y pas l’attendrissement sur mon sort, la condition d’un miteux…, prĂ©tendu milliardaire, couillon de la vie, battu, transpirant de toujours ? Il n’y a que la vie qui compte. Dans dix mille ans d’ici, je fais le pari que ma vie, si remarquable Ă mes yeux…, sera complètement oubliĂ©e… Ă€ peine si une douzaine d’érudits se chamailleront encore par-ci, par-lĂ , Ă propos des dates de mes amours, de mon premier redressement fiscal, du dĂ©but de ma lente agonie… Proust, mi-revenant lui-mĂŞme, s’est perdu avec une extraordinaire tĂ©nacitĂ© dans l’infini, la diluante futilitĂ© des rites et dĂ©marches d’amours qui s’entortillent autour des gens, fantĂ´mes de dĂ©sirs, partouzards indĂ©cis attendant toujours… chercheurs sans entrain d’improbables Cythères, y compris glandeurs !
Si les gens sont mĂ©chants, c’est peut-ĂŞtre seulement parce qu’ils souffrent de trop souffrir de leurs conneries, mais le temps est long qui sĂ©pare le moment oĂą ils ont cessĂ© de souffrir de celui oĂą ils deviennent un peu moins meilleurs cons. Par hasard, Ă chaque Ă©lection ou presque, c’est le dĂ©lai qu’il nous faut pour se rendre compte, d’un seul coup d’œil, intrompable alors, comme l’instinct, des laideurs que son propre visage, mĂŞme en son temps dĂ©licieux, s’est chargĂ© d’imbĂ©cilitĂ©s. On demeure comme con-hĂ©sitant, un instant… Il le faut bien dire, oui, Ă cette soigneuse et lente caricature burinĂ©e par les ans. Accepter le temps, ce tableau. On peut dire pourtant, bien mieux, qu’on s’est reconnu, qu’on ne s’était pas trompĂ© de chemin, qu’on a bien suivi la vraie route, sans s’être concertĂ© avec soi-mĂŞme, l’immanquable route… et voilĂ tout, au bout on est baisĂ© bien profond, toujours !…
On perd la plus grande partie de sa jeunesse Ă coups de maladresses. Tout se passe en efforts pour Ă©loigner la vĂ©ritĂ© de ces lieux qui revient pleurer sans cesse sur tout le monde ; on a beau faire, on a beau boire, et du rouge encore, Ă©pais comme de l’encre, le ciel reste ce qu’il est lĂ -bas, bien refermĂ© dessus, comme une grande mare pour les fumĂ©es. Ce qui est pire c’est qu’on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer Ă faire ce qu’on a fait la veille et depuis dĂ©jĂ tellement trop longtemps, oĂą on trouvera la force pour ces dĂ©marches imbĂ©ciles, ces mille projets qui n’aboutissent Ă rien, ces tentatives pour sortir de l’accablante nĂ©cessitĂ©, tentatives qui toujours avortent… et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu’il faut retomber au bas de la muraille, chaque soir, sous l’angoisse de ce lendemain, toujours plus prĂ©caire, plus sordide. C’est l’âge aussi qui vient peut-ĂŞtre, le traĂ®tre, et nous menace du pire. On n’a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilĂ … Toute la jeunesse est allĂ©e mourir dĂ©jĂ au bout du monde dans le silence de vĂ©ritĂ©. Et oĂą aller dehors, dès qu’on a plus en soi la somme suffisante de dĂ©lire ? La vĂ©ritĂ©, c’est une agonie qui n’en finit pas. La vĂ©ritĂ© de ce monde c’est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n’ai jamais pu me tuer moi. Alors, reste Ă se faire du cinĂ©ma… LĂ ou les rĂŞves montent dans la nuit pour aller s’embraser au mirage de la lumière qui bouge. Ce n’est pas tout Ă fait vivant ce qui se passe sur les Ă©crans dans la tĂŞte… Il reste dedans une grande place trouble, pour les rĂŞves et pour les morts. Il faut se dĂ©pĂŞcher de s’en gaver de rĂŞves pour traverser la vie qui vous attend dehors ! Contre l’abomination d’être nous-mĂŞmes, il faut, avouons-le, c’est un devoir, tout essayer…, se soĂ»ler avec n’importe quoi, c’est mieux, que la masturbation… se faire du cinĂ©ma.
Cette foutue Ă©norme rage qui pousse la moitiĂ© des humains, aimants ou non, Ă envoyer l’autre moitiĂ© vers l’abattoir. Alors ça gĂŞne dans les relations, forcĂ©ment, une manie comme celle-lĂ . Pour moi qui tire sur la corde pour me pendre… et qui ne tiens pas du tout Ă reprendre mon tour au cimetière, le ridicule de notre massacre m’apparait, clinquant, Ă chaque pas que je fais dans la vie. Une roublardise immense s’étale partout. Cependant j’ai peu de chances d’y Ă©chapper, je n’ai aucune des relations indispensables pour m’en tirer… Je ne connais que des pauvres d’esprit, c’est-Ă -dire des gens dont la mort de vie n’intĂ©resse personne, des gens vite bouleversĂ©s par les petits riens, qui se gargarisent de nouvelles pas fraĂ®ches, des sportivitĂ©s grassement commerciales, le genre inutile, stupide, comme la F1 et son cortège d’escrocs, ou pour le foot… la pire saloperie… Les beaufs sont gras jusqu’Ă refuser Ă toucher un seul plat des repas, par apprĂ©hension d’un malheur qui arrive…, d’une maladie soudaine qui gagne leur imaginaire…. D’avoir goĂ»tĂ© ponctuellement des Hamburgers patriotiques depuis le 11 septembre 2001…, leur ceinturon tĂ©moigne par un cran, du dĂ©sastre mondial. Toujours est-il que depuis Obama, retournĂ© comme une veste, faux-cul dĂ©sillusionnant…, ils ne goĂ»tent plus les Hamburgers que du bout des dents. Une angoisse dĂ©pĂ©rissante. En peu de temps ils ont plus peur des Hamburgers que des obus… et après avoir votĂ© Trumpette comme nous Macronite affaire, les Popus du monde s’inquiètent que leurs culs sont dilatĂ©s Ă l’extrème !
Le plus souvent Ă prĂ©sent, par hygiène, la France demeure une espèce d’entitĂ© chevaleresque, aux contours peu dĂ©finis dans l’espace et le temps, mais en ce moment dangereusement blessĂ©e par son prĂ©sident qui s’est comme tirĂ© lui-mĂŞme, sexuellement, une balle dans son fondement…, au plus intime, bien profond… et Ă cause de cela mĂŞme… très excitante affaire… Faut se souvenir qu’avant baiser sa maĂ®tresse de classe c’Ă©tait scandale et guillotine ! Le Popu, le Franchouillard ultime, avec bĂ©ret basque et baguette, plus litron de gros rouge, quand on lui parle de la libertĂ© et qu’on l’oblige Ă croire sous peine de prison…, il pense irrĂ©sistiblement Ă ses tripes, alors forcĂ©ment, il est beaucoup plus rĂ©servĂ© pour ce qui concerne l’enthousiasme sexuel du PrĂ©sident des Popus… Chacun sa terreur. Cependant, comme il est très complaisant au sexe, il Ă©coute sans jamais entendre… la masturbation rend sourd ! Mais question d’âme, c’est tout vibrant, tout rayonnant qu’il est le Popu, sublime, il voit le contraire de la raison, toujours… mille raisons, toutes irrĂ©futables, pour demeurer d’humeur exactement contraire, ne faisait que divaguer de bonheur et d’optimisme, comme tous les gens qui sont du bon cĂ´tĂ© de la vie, celui des privilèges, de la santĂ©, de la sĂ©curitĂ© et qui en ont encore pour longtemps Ă vivre.
L’âme franchouillarde, c’est la vanitĂ© et le plaisir du corps, surtout du cul… tant qu’il est bien portant, mais c’est aussi l’envie d’en sortir du corps dès qu’il est malade ou que les choses tournent mal… Le Franchouillard Popu, prend des deux poses, celle qui lui sert le plus agrĂ©ablement dans le moment et voilĂ tout ! Tant qu’il peut choisir entre les deux, ça va… Mais moi, je ne peux plus choisir, mon jeu est fait ! Je suis dans la vĂ©ritĂ© jusqu’au trognon… et mĂŞme que ma propre mort me suit pour ainsi dire pas Ă pas, j’ai bien du mal Ă penser Ă autre chose qu’à mon destin d’assassinĂ© en sursis, que tout le monde d’ailleurs trouve pour moi tout Ă fait normal !… Une espèce d’agonie diffĂ©rĂ©e, lucide, bien portante, pendant laquelle il m’est impossible de comprendre autre chose que des vĂ©ritĂ©s absolues… Baiser, mourir…, il est dĂ©fendu aux Popus d’entreprendre autre chose.
On nous ment et on ment en retour avec rage au-delĂ de l’imaginaire, bien au-delĂ du ridicule et de l’absurde, dans les journaux-putes, sur les affiches, Ă pied, en voiture… Tout le monde… C’est Ă qui ment plus Ă©normĂ©ment que l’autre. Tout ce qu’on touchait est truquĂ© ! Vous souvenez-vous d’un seul nom d’un de ces soldats tuĂ©s pendant une guerre ?… Avez-vous jamais cherchĂ© Ă en connaĂ®tre un seul de ces noms ?… Non, n’est-ce pas ?… Vous n’avez jamais cherchĂ© ? Ils vous sont aussi anonymes, indiffĂ©rents et plus inconnus que le dernier atome, que votre crotte du matin… Voyez donc bien qu’ils sont morts pour rien ! Pour absolument rien du tout, ces crĂ©tins ! Je vous l’affirme ! La preuve est faite ! Il n’y a que la vie qui compte. Chaque matin d’avant Coronavirus emportait sa foule se faire comprimer dans les mĂ©tros, dans les trams, dans les bus. On aurait dit Ă les voir tous s’enfuir vers on ne sait ou, qu’il leur Ă©tait arrivĂ© une catastrophe, que c’était leur pays qui brĂ»lait… Ca revient mes Popus, ça revient, on va vous renvoyer crever au turbin, travaille, crève, crève, travaille, c’est pour l’Ă©conomie, la nation, faut crever pour la France et pour LE grand capital, les grands capiteux qui n’en ont rien Ă faire des Popus sauf qu’ils consomment un max avant de crever….
Après chaque aurore, les Popus, ça les prend, ils s’accrochent par grappes. Grande dĂ©route. C’est reparti pour un tour… C’est pourtant qu’un patron qu’ils vont chercher, celui qui les sauve de crever de faim, ils ont Ă©normĂ©ment peur de le perdre, les lâches. Il leur fait transpirer pourtant sa pitance. Ils en puent pendant dix ans, vingt ans et davantage. Ce n’est pas donnĂ©. Et sils s’engueulaient avant la pandĂ©mie fabriquĂ©e, ils vont de nouveau recommencer après, du moins ceux qui survivent… et en avant, dans les mĂ©tros, tramways et bus dĂ©jĂ bondĂ©s, un bon coup pour se faire la bouche… ComprimĂ©s comme des ordures qu’ils sont dans des caisses en fer qui les avalent tous et tout, dĂ©trempĂ©s, les robes dĂ©couragĂ©es, les pieds sales comme des chaussettes, tout ça dĂ©gouline avec le billet de retour qui coĂ»te autant Ă lui tout seul que deux petits pains. La lente angoisse du renvoi sans musique, toujours si près des retardataires quand le patron voudra rĂ©duire ses frais gĂ©nĂ©raux.
Crise Ă fleur de peau, de la dernière fois sans place, de tous les Intransigeant qu’il a fallu lire… des attentes Ă chercher du boulot… Ces mĂ©moires vous Ă©tranglent un homme, tout enroulĂ© qu’il puisse ĂŞtre. La ville cache tant qu’elle peut ses foules dans ses longs Ă©gouts Ă©lectriques. Ils ne reviendront Ă la surface que plus tard, trop tard pour vivre… Alors, quand ils seront dehors faudra pas se montrer. Un seul dimanche Ă les voir se distraire, ça suffirait pour vous enlever Ă toujours le goĂ»t de la rigolade. Autour du mĂ©tro, près des bastions croustille, endĂ©mique, l’odeur des hamburguerres qui traĂ®nent, des relents d’enfants palestiniens et soudanais mi-brĂ»lĂ©s, mal cuits, oĂą trop… des rĂ©volutions qui avortent, des commerces en faillite. Ce sont des barbares Ă la manque, ces biffins pleins de litrons et de fatigue. Au lieu de balancer les tramways et bus et d’aller pisser dans l’octroi un bon coup. Plus de sang. Pas d’histoire !
Les Ă©tudes ça vous change, ça fait l’orgueil d’un homme. Il faut bien passer par lĂ pour entrer dans le fond de la vie. Avant, on tourne autour seulement. On se prend pour un affranchi mais on bute dans des riens. On rĂŞve trop. On glisse sur tous les mots. Ça n’est pas ça. Ce n’est rien que des intentions, des apparences. Faut autre chose au rĂ©solu, c’est comme ça que je suis entrĂ© en business comme d’autres dans les ordres…, pour plus en recevoir !… Du temps ou je passais du temps en shows et froid…, ils avaient l’air si misĂ©rables Ă mendier une dernière remise sur des prix dĂ©jĂ pas trop gras…, si puants, la plupart de mes clients, si torves aussi, que je me suis toujours demandĂ©…, toujours… oĂą ils allaient les trouver les euros qu’il fallait me donner… et s’ils allaient pas me tuer en revanche. J’en avais tout de mĂŞme bien besoin moi des euros. Quelle honte ! Je n’aurai jamais fini d’en rougir de leurs querelles vantardes, de leurs jurons incertains et dĂ©bordants, après des discussions inutiles pour tenter d’acheter ce qui ne manquait pas Ă leur bonheur…, moment intense dans la vie des familles, des verres plein le nez, faut voir ! Gare aux faibles alors ! Dès le troisième verre de vin, le noir, le plus mauvais, c’est le chien qui commence Ă souffrir, on lui Ă©crase la patte d’un grand coup de talon. Ça lui apprendra Ă avoir faim en mĂŞme temps que les hommes. On rigole bien Ă le voir disparaĂ®tre en piaulant comme un Ă©ventrĂ©. C’est le signal. Rien ne stimule les femmes Ă©mĂ©chĂ©es comme la douleur des bĂŞtes, on n’a pas toujours des taureaux sous la main. La discussion en repart vindicative, impĂ©rieuse comme un dĂ©lire, c’est l’épouse qui mène, lançant au mâle une sĂ©rie d’appels aigus Ă la lutte contre l’ignoble vendeur….
Et après ça c’est la mĂŞlĂ©e, l’écho tourne autour de l’ombre. Leurs enfants, dans l’horreur, glapissent. Ils dĂ©couvrent tout ce qu’il y a dans papa et maman ! Ils attirent sur eux la foudre en gueulant et peinent Ă effectuer la grande dĂ©couverte, celle qui consiste Ă se convaincre que le dĂ©lire des uns ne fait pas du tout le bonheur des autres et que chacun ici-bas se trouve indisposĂ© par les autres…. Le dĂ©lire, plus raisonnĂ© et plus froid que les autres, est en mĂŞme temps le moins tolĂ©rable d’entre tous. Mais quand on a conquis quelques facilitĂ©s pour subsister mĂŞme assez chichement dans un certain endroit, Ă l’aide de certaines grimaces, il faut bien persĂ©vĂ©rer ou se rĂ©signer Ă crever comme un cobaye ! Les habitudes s’attrapent plus vite que le courage et surtout l’habitude de bouffer.
Je suis comme arrivĂ© au moment, Ă l’âge peut-ĂŞtre, oĂą on sait bien ce qu’on perd Ă chaque heure qui passe. Mais je n’ai pas encore acquis la force de sagesse qu’il faudrait pour m’arrĂŞter pile sur la route du temps… Et puis d’abord si je m’arrĂŞtais…, je ne saurais quoi faire non plus sans cette folie d’avancer qui me possède depuis toute ma jeunesse. DĂ©jĂ j’en suis moins fier d’elle… de ma jeunesse, je n’ose pas encore l’avouer en public que ce n’est peut-ĂŞtre que cela la jeunesse : de l’entrain Ă vieillir… Je dĂ©couvre dans tout mon passĂ© ridicule tellement de ridicule, de tromperie, de crĂ©dulitĂ© que je pense m’arrĂŞter tout net d’être jeune…. attendre que ma jeunesse se dĂ©tache… attendre qu’elle me dĂ©passe… la voir s’en aller, s’éloigner, regarder toute mes vanitĂ©s, porter ma main droite dans le vide… la voir repasser encore devant moi… et puis partir… ĂŞtre sĂ»r qu’elle s’en est bien allĂ©e ma jeunesse… et tranquillement alors, de mon cĂ´tĂ©, bien Ă moi, repasser tout doucement de l’autre cĂ´tĂ© du temps pour regarder vraiment comment qu’ils sont les gens et les choses.
Autant pas se faire d’illusions, les gens n’ont rien Ă se dire, ils ne se parlent que de leurs peines Ă eux chacun, c’est entendu… Chacun pour soi, la terre pour tous. Ils essayent de s’en dĂ©barrasser de leur peine, sur l’autre, au moment de l’amour, mais alors ça ne marche pas et ils ont beau faire, ils la gardent tout entière leur peine… et ils recommencent, ils essayent encore une fois de la placer. Et la vie les reprend, jusqu’à la prochaine oĂą ils essayeront encore… Et puis Ă se vanter entre-temps qu’ils y sont arrivĂ© Ă s’en dĂ©barrasser de leurs peines, mais tout le monde sait bien…, n’est-ce pas…, que ce n’est pas vrai du tout et que chacun la garde entièrement pour soi !… Comme on devient de plus en plus laid et rĂ©pugnant Ă ce jeu-lĂ en vieillissant, on ne peut mĂŞme plus la dissimuler sa peine, sa faillite, on finit par en avoir plein la figure de cette sale grimace qui met des vingt ans, des trente ans et davantage Ă vous remonter enfin du ventre sur la face… C’est Ă cela que ça sert, à ça seulement, un homme, une grimace, qu’il met toute une vie Ă se confectionner et encore qu’il n’arrive mĂŞme pas toujours Ă la terminer tellement qu’elle est lourde et compliquĂ©e, la grimace qu’il faudrait faire pour exprimer toute sa vraie âme sans rien en perdre !… Les idĂ©es aussi finissent par avoir leur dimanche ; on est plus ahuri encore que d’habitude. On est lĂ , vide. On en baverait. On est content. On a rien Ă causer, parce qu’au fond il ne vous arrive plus rien, on est trop pauvre, on a peut-ĂŞtre dĂ©goĂ»tĂ© l’existence ?… Ça serait rĂ©gulier : “Tu ne vois pas un truc, toi,, que je pourrais faire, pour sortir de mon mĂ©tier qui me crève ?… J’voudrais en sortir de mon business, comprends-tu ? J’en ai assez moi de me crever comme un mulet… J’veux aller me promener moi aussi… Tu ne connais pas des gens qu’auraient besoin d’un philousophe, par hasard ?… T’en connais pourtant du monde, toi ?”… Je n’ose pas dissuader les gens qui me causent ainsi, leur insinuer qu’avec une tĂŞte d’assassin besogneux comme la leur personne ne leur confiera jamais son automobile extraordinaire, qu’ils conserveraient toujours un trop drĂ´le d’air, sans en avoir l’air de rien… “T’es pas encourageant en somme… J’en sortirai donc jamais Ă ton avis ?… C’est donc plus la peine mĂŞme que j’essaye ?… En AmĂ©rique je n’allais pas assez vite… En Afrique, c’est la chaleur qui me crevait… Ici, je ne suis pas assez intelligent… Enfin partout il y a quelque chose que j’ai en plus ou en moins… Mais tout ça je m’en rends compte, c’est du bourre-mou ! Ah ! si  j’avais du pognon !… Tout le monde me trouverait bien gentil ici… et lĂ -bas… Et partout… C’est-y pas vrai ce que je dis lĂ Â ?”…
Tout ce qu’on dit pour dissuader les gens dans ces cas-lĂ c’est toujours bien insignifiant. Est-ce que la vie elle est gentille avec eux ? PitiĂ© de qui et de quoi qu’ils auraient donc eux ? Pour quoi faire ? Des autres ?… A-t-on jamais vu personne descendre en enfer pour remplacer un autre ?… Jamais. On l’y voit l’y faire descendre. C’est tout… Paradis qu’on leur dit. Et puis on fait jouer de la musique pour eux, tantĂ´t ci tantĂ´t lĂ , d’une saison dans l’autre, elle clinque, elle moud tout ce qui faisait danser l’annĂ©e d’avant les riches. C’est la musique Ă la mĂ©canique qui tombe des chevaux de bois, des automobiles qui n’en sont pas, des montagnes pas russes du tout et du trĂ©teau du lutteur qui n’a pas de biceps et qui ne vient pas de Marseille, de la femme qui n’a pas de barbe, du magicien qui est cocu, de l’orgue qui n’est pas en or, derrière le tir dont les veufs sont vides… C’est la fĂŞte Ă tromper les gens du bout de la semaine. Et on va la boire la canette sans mousse ! Mais le garçon, lui, pue vraiment de l’haleine sous les faux bosquets… Et la monnaie qu’il rend contient des drĂ´les de pièces, si drĂ´les qu’on n’a pas encore fini de les examiner des semaines et des semaines après et qu’on les refile avec bien de la peine et quand on fait la charitĂ©… C’est la fĂŞte quoi. Faut ĂŞtre amusant quand on peut, entre la faim et la prison… et prendre les choses comme elles viennent. Puisqu’on est assis, faut dĂ©jĂ pas se plaindre. C’est toujours ça de gagnĂ©.
Les automobiles, faut quand mĂŞme que je vous en cause, vu que c’est le sujet principal de www.GatsbyOnline.com , mais pour en Ă©crire quoi ? Y a mĂŞme plus moyen d’en Ă©crire en libertĂ© depuis que les fiscards d’apocalypse sont partouze dans l’Internet Ă la chasse aux petits bĂ©nĂ©fices… Moi, l’automobile, en gĂ©nĂ©ral… et mĂŞme en particulier, je n’en pense plus grand chose, que ça devient trop compliquĂ©, donc sournoiseries…, matière Ă entubages, factures Ă l’appui, c’est du cher Ă dĂ©faut de très cher, impayable… et nana plus de valeur après un bref lap-de-temps, que c’est toujours trop cher quand tu vends… et trop cher quand tu achètes, qu’y a pas de cadeaux Ă recevoir ni Ă donner, que les gens s’en font tout un cinĂ©ma de pacotille… surtout des inventions rĂ©centes, Ă cause des espèces d’accidents qu’on n’arrĂŞte pas d’avoir lĂ -dedans et des secousses Ă©pouvantables que ça vous donne dans la tĂŞte et aux tripes… que tout l’argent qu’on a s’en trouve disparu…! Il en vient sans cesse des ahuris et gueulailleurs pour se tamponner sauvagement et retomber tout le temps en vrac Ă se dĂ©molir la rate au fond des baquets. Et on ne peut pas les faire s’arrĂŞter. Jamais ils ne demandent grâce, jamais ils ne semblent ĂŞtre aussi heureux qu’enculĂ©s de toutes les manières… Certains en dĂ©lirent… Faut presque les arracher Ă leurs catastrophes… On leur donnerait la mort en prime pour vingt euros qu’ils se prĂ©cipiteraient sur le truc… Donc, ce que j’en pense, c’est pas grand chose, sauf Ă bien rire entre amis…
Un jour quand le mouvement du dedans rejoint celui du dehors et que toutes vos idĂ©es alors s’éparpillent et vont s’amuser enfin avec les Ă©toiles, on entreprend des espèces d’expĂ©ditions dans sa tĂŞte pour avoir des nouvelles du passĂ©… On se met Ă chercher, de neurones en neurones, les gens dont on a perdu les noms, les coutumes, les adresses… et dont les amabilitĂ©s et mĂŞme les sourires, après tant d’annĂ©es de soucis, d’envies de nourriture, doivent ĂŞtre tournĂ©s comme des vieux fromages en de bien pĂ©nibles grimaces… Les souvenirs eux-mĂŞmes ont leur jeunesse… Ils tournent dès qu’on les laisse moisir en dĂ©goĂ»tants fantĂ´mes tout suintants d’égoĂŻsme, de vanitĂ©s et de mensonges… Ils pourrissent comme des pommes…
Les riches n’ont pas besoin de tuer eux-mĂŞmes pour bouffer. Ils font travailler les gens. Ils ne font pas le mal eux-mĂŞmes, les riches. Ils payent. On fait tout pour leur plaire et tout le monde est bien content… Pendant que leurs femmes sont belles, celles des pauvres sont vaines… C’est un rĂ©sultat qui vient des siècles, toilettes mises Ă part. Belles mignonnes, bien nourries, bien lavĂ©es. Depuis qu’elle dure la vie n’est arrivĂ©e qu’à ça. Quant au reste, on a beau se donner du mal, on glisse, on dĂ©rape, on retombe dans l’alcool qui conserve les vivants et les morts, on n’arrive Ă rien. C’est bien prouvĂ© !… Et depuis tant de siècles qu’on peut regarder nos animaux naĂ®tre, peiner et crever devant nous sans qu’il leur soit arrivĂ© Ă eux non plus jamais rien d’extraordinaire que de reprendre sans cesse la mĂŞme insipide faillite oĂą tant d’autres animaux l’avaient laissĂ©e… Nous aurions pourtant dĂ» comprendre ce qui se passait. Des vagues incessantes d’êtres inutiles viennent du fond des âges mourir tout le temps devant nous… et cependant on reste lĂ , Ă espĂ©rer des choses… MĂŞme pas bon Ă penser la mort qu’on est. Les femmes des riches biens nourris, bien menties, bien reposĂ©es elles, deviennent jolies. Ça c’est vrai. Après tout ça suffit peut-ĂŞtre. On ne sait pas. Ça serait au moins une raison pour exister… Elles ne rĂ©sistent guère nos phrases au dĂ©sastre de leur dĂ©cor baveux. C’est plus compliqué et plus pĂ©nible que la dĂ©fĂ©cation, notre effort mĂ©canique de la conversation. Cette corolle de chair bouffie, la bouche, qui se convulse Ă siffler, aspire et se dĂ©mène, pousse toutes espèces de sons visqueux Ă travers le barrage puant de la carie dentaire, quelle punition ! VoilĂ pourtant ce qu’on nous adjure de transposer en idĂ©al. C’est difficile. Puisque nous sommes que des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment.
Amoureux ce n’est rien…, c’est tenir ensemble qui est difficile. L’ordure, elle, ne cherche ni Ă durer, ni Ă croĂ®tre. Ici, sur ce point, nous sommes bien plus malheureux que la merde, cet enragement Ă persĂ©vĂ©rer dans notre Ă©tat constitue l’incroyable torture. DĂ©cidĂ©ment nous n’adorons rien de plus divin que notre odeur. Tout notre malheur vient de ce qu’il nous faut demeurer Jean, Pierre ou Gaston coĂ»te que coĂ»te pendant toutes sortes d’annĂ©es. Ce corps Ă nous, travesti de molĂ©cules agitĂ©es et banales, tout le temps se rĂ©volte contre cette farce atroce de durer. Elles veulent aller se perdre nos molĂ©cules, au plus vite, parmi l’univers ces mignonnes ! Elles souffrent d’être seulement nous…, cocus d’infini. On Ă©claterait si on avait du courage, on faille seulement d’un jour Ă l’autre. Notre torture chĂ©rie est enfermĂ©e lĂ , atomique, dans notre peau mĂŞme, avec notre orgueil, ahuri par la nĂ©cessitĂ©, quand dans chacune de nos secondes, s’écrase un dĂ©sir de mille autres choses et d’ailleurs… Dans les maisons, rien de bon ! Dès qu’une porte se referme sur un homme, il commence Ă sentir tout de suite et tout ce qu’il emporte sent aussi. Il se dĂ©mode sur place, corps et âme. Il pourrit. Quand ça vient d’aussi loin, si sĂ»rement, on peut pas se tromper, ni rĂ©sister.
C’est la manie des jeunes de mettre toute l’humanitĂ© dans un derrière, un seul cul, le sacrĂ© rĂŞve, la rage d’amour. Ils apprennent plus tard, peut-ĂŞtre, que tout ça finit un jour ou l’autre. Pas de costume, pas de paillettes, pas de lumière, pas de sourire, pour donner des illusions, toutes les bĂŞtises de l’espĂ©rance. Ça les rĂ©veille, et ça les berce et ça les excite… la misère, une distraction. Alors tant pis pour celui qui chante des chansons d’amour ! C’est content facilement les jeunes, ils jouissent comme ils veulent d’abord c’est vrai ! Toute la jeunesse aboutit sur la plage glorieuse, au bord de l’eau, lĂ oĂą les femmes ont l’air d’être libres enfin, oĂą elles sont si belles qu’elles n’ont mĂŞme plus besoin du mensonge de nos rĂŞves. Alors bien sĂ»r, l’hiver de la vie une fois venu, ils ont du mal Ă rentrer, Ă se dire que c’est fini, Ă se l’avouer. Ils resteraient quand mĂŞme, dans le froid, dans l’âge, espĂ©rer encore…. Ça se comprend. Ils sont ignobles. Il faut n’en vouloir Ă personne. Jouir et bonheur avant tout…. Et puis quand on commence Ă se cacher des autres, c’est signe qu’on a peur de s’amuser avec eux. C’est une maladie en soi. Il faudrait savoir pourquoi on s’entĂŞte Ă ne pas guĂ©rir de la solitude… Entre le pĂ©nis et les mathĂ©matiques, il n’existe rien ! Rien ! C’est le vide ! Ă€ force de nous Ă©tirer, de nous sublimer, de nous tracasser l’entendement, de l’autre cĂ´tĂ© de l’intelligence, du cĂ´tĂ© infernal, celui-lĂ , du cĂ´tĂ© dont on ne revient pas !… D’ailleurs on dirait dĂ©jĂ Â qu’ils y sont enfermĂ©s ces super malins, dans la cave aux damnĂ©s, à  force de se masturber la jugeote jour après nuit ! Parce qu’ils n’arrĂŞtent mĂŞme plus la nuit de se forniquer Ă longueur de rĂŞves ces salauds-lĂ !… C’est tout dire !… Et je te creuse ! Et je te la dilate la jugeote ! Et je te me la tyrannise !… Et ce n’est plus, autour d’eux, qu’une rabouillasse dĂ©gueulasse de dĂ©bris organiques, une marmelade de symptĂ´mes de dĂ©lires en compote qui leur suintent et leur dĂ©goulinent de partout…
On en a plein les mains de ce qui reste de l’esprit, on en est tout engluĂ©, grotesque, mĂ©prisant, puant. Quand voilĂ que tout se met Ă tourner…, je me cramponne. Tout tourne en bile. Les gens se mettent Ă avoir des drĂ´les de mines. Ils me semblent devenus râpeux comme des citrons et plus malveillants encore qu’auparavant. D’être grimpĂ© trop haut sans doute, trop imprudemment tout en haut, je suis retombĂ© devant la glace, Ă me regarder vieillir, passionnĂ©ment. On ne compte plus ses dĂ©goĂ»ts, ses fatigues quand ces jours merdeux arrivent accumulĂ©s entre le nez et les yeux, il y en a rien que lĂ , pour des annĂ©es de plusieurs hommes. Il y en a bien de trop pour un homme. On a beau dire et prĂ©tendre, le monde nous quitte bien avant qu’on s’en aille pour de bon… Les choses auxquelles on tenait le plus, on se dĂ©cide un beau jour Ă en parler de moins en moins, avec effort quand il faut s’y mettre. On en a bien marre de s’écouter toujours causer… On abrège… On renonce… Ça dure depuis trente ans qu’on cause… On ne tient plus Ă avoir raison. L’envie vous lâche de garder mĂŞme la petite place qu’on s’était rĂ©servĂ©e parmi les plaisirs… On se dĂ©goĂ»te… Il suffit dĂ©sormais de bouffer un peu, de se faire un peu de chaleur et de dormir le plus qu’on peut sur le chemin de rien du tout. Il faudrait pour reprendre de l’intĂ©rĂŞt trouver de nouvelles grimaces Ă exĂ©cuter devant les autres… Mais on n’a plus la force de changer son rĂ©pertoire. On bredouille. On se cherche bien encore des trucs et des excuses pour rester lĂ … Mais la mort est lĂ aussi elle, puante, Ă cĂ´tĂ© de vous, tout le temps. Demeurent seulement les menus chagrins, dont celui de n’avoir pas trouvĂ© le temps, pendant qu’il vivait encore, d’aller voir le vieil oncle, dont la petite chanson s’est Ă©teinte Ă jamais un soir… C’est tout ce qu’on conserve de la vie. Des petits regrets bien atroces, le reste on l’a plus ou moins bien vomi au cours de la route, avec bien des efforts et de la peine… On n’est plus qu’un vieux rĂ©verbère Ă souvenirs au coin d’une rue oĂą il ne passe dĂ©jĂ presque plus personne… Tant qu’à s’ennuyer, le moins fatigant, c’est encore de le faire avec des habitudes bien rĂ©gulières. Dans un ailleurs sans nous, on ne pourra plus rĂŞvasser pendant des nuits et des jours, tapoter des mots d’espoirs et de folies… On a tous un penchant pour les fantĂ´mes. Peut-ĂŞtre pas tout Ă fait par notre faute. La vie force Ă rester beaucoup trop souvent avec les fantĂ´mes, malades de nos dĂ©sirs d’en savoir toujours davantage… VoilĂ tout… Par lĂ , tout seul… “Et puis je reviendrai”, s’assure-t-on avec culot… Non, on ne reviendra plus… Et puis on ne sera plus ici et lĂ non plus… Pas dupe.
Un soir, un peu avant l’heure, ou dans la journĂ©e on sera dĂ©jĂ loin, croyant exactement devoir faire ce qu’on a bien envie de faire, alors que c’est n’importe quoi ! Alors que ce qui est important…, que c’est cela seulement ça qui compte…, c’est le bonheur… C’est peut-ĂŞtre ça qu’on cherche Ă travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir une ombre avant de mourir. Des annĂ©es vont passer et puis des annĂ©es encore… J’écrirai souvent Ă toutes les adresses dont je me souviendrai. Jamais je ne recevrai plus de rĂ©ponse. C’est tout ce que je pourrai savoir… Si par courage du dĂ©sespoir existe encore GatsbyOnline, ou un quelqu’un pseudonyme, un Patrice de foire, un De Bruyne cul-terreux misĂ©rable ou prince d’un nĂ©ant illusoire, patron petit, petite chose, autre gabarit, seul, vieux, perdu dans le vague…, voudrais-je encore Ă©crire si on peut encore me lire, d’un endroit que je ne connais pas qu’on sache bien que je suis toujours lĂ , mĂŞme mort !… Restent les Ă©crits, avant que le web disparaisse lui aussi, sans nul doute Ă cause des hamburgers patriotiques….
Tout de mĂŞme, j’ai beau essayer de me perdre pour ne plus me retrouver devant ma vie, je la retrouve partout. Simplement, je reviens sur moi-mĂŞme ! Mon trimbalage Ă moi, il est presque fini… Mais, trĂŞve de balivernes…, vous pensiez, ravis, me voir rĂ©ellement ainsi… ? A d’autres !… Le monde n’est pas encore refermĂ© sur ma carcasse ! Comme Ă la fĂŞte !… Avoir du chagrin c’est pas tout, faut recommencer la musique, aller en chercher davantage du chagrin… C’est la jeunesse qu’on redemande comme ça, sans avoir l’air…
Pas gĂŞnĂ© !… D’abord pour endurer davantage !… Pour avoir encore une autre idĂ©e, mĂŞme une seule idĂ©e, mais bien solide comme pour dĂ©rouiller les imbĂ©ciles. Plus grosse encore, une idĂ©e, que ma grosse tĂŞte, une belle idĂ©e, magnifique et bien commode… Combien il m’en faudrait Ă moi des vies pour que je m’en fasse ainsi une idĂ©e plus forte que tout au monde ?… C’est impossible Ă dire ! Les miennes d’idĂ©es elles vadrouillent toujours dans ma tĂŞte… avec plein d’espace entre, comme des petites bougies fières et clignoteuses Ă trembler toute la vie au milieu d’un abominable univers bien horrible… le vĂ´tre…
Si je n’étais pas lĂ tout astreint, comme debout, le dos contre quelque chose… je supprimerais tout…   Â
Notre vie est un voyage d’Ă©critures dans l’hiver et dans la nuit, nous y cherchons notre passage, dans le ciel oĂą rien ne luit…
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Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favĂlla,
Teste David cum Sibýlla !
Quantus tremor est futĂşrus,
quando judex est ventĂşrus,
cuncta stricte discussĂşrus !
Tuba mirum spargens sonum
per sepĂşlcra regiĂłnum,
coget omnes ante thronum.
Mors stupébit et Natúra,
cum resĂşrget creatĂşra,
judicánti responsúra.
Liber scriptus proferétur,
in quo totum continétur,
unde Mundus judicétur.
Judex ergo cum sedébit,
quidquid latet apparébit,
nihil inúltum remanébit.
Quid sum miser tunc dictĂşrus ?
Quem patrĂłnum rogatĂşrus,
cum vix justus sit secĂşrus ?
Rex treméndæ majestátis,
qui salvándos salvas gratis,
salva me, fons pietátis.
Recordáre, Jesu pie,
quod sum causa tuæ viæ ;
ne me perdas illa die.
Quærens me, sedĂsti lassus,
redemĂsti crucem passus,
tantus labor non sit cassus.
Juste Judex ultiĂłnis,
donum fac remissiĂłnis
ante diem ratiĂłnis.
IngemĂsco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus,
supplicánti parce Deus.
Qui MarĂam absolvĂsti,
et latrĂłnem exaudĂsti,
mihi quoque spem dedĂsti.
Preces meæ non sunt dignæ,
sed tu bonus fac benĂgne,
ne perénni cremer igne.
Inter oves locum præsta,
et ab hædis me sequéstra,
státuens in parte dextra.
Confutátis maledĂctis,
flammis ácribus addĂctis,
voca me cum benedĂctis.
Oro supplex et acclĂnis,
cor contrĂtum quasi cinis,
gere curam mei finis.
LacrimĂłsa dies illa,
qua resĂşrget ex favĂlla
judicándus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.
Pie Jesu DĂłmine,
dona eis réquiem.



















