Plymouth Hot-Ruffian V10 VIPER 550ci 850cv
Dans son long poème “De la nature” écrit au premier siècle avant Jésus-Christ et corrigé par Cicéron, Lucrèce a voulu exposer le substrat atomique de l’univers, traduisant poétiquement le matérialisme d’Épicure. Il croyait que cet enseignement allait libérer les hommes des chaînes de la superstition et de la crainte de la mort, en montrant que tous les phénomènes relèvent de la physique des particules élémentaires.
Dans leurs chocs incessants, ils composent et décomposent tous les corps animés ou inanimés. En s’appuyant ainsi sur la substance éternelle de l’univers qu’est l’atome, Lucrèce voulait démystifier la mort d’un homme en montrant que la disparition d’un corps, incluant son âme, ne signifiait rien d’autre en réalité que le démembrement d’un ensemble d’atomes qui donnaient, à ce corps, une consistance dans le temps.
Il en va de même pour tous les corps dans la nature, exactement comme la permutation d’une seule lettre dans un mot suffit bien souvent à en composer un autre. Même si Lucrèce n’est reconnu que pour son talent de poète, et non pour ses spéculations scientifiques, on peut avouer sans crainte, semble-t-il, que sa vision poétique de la composition de la nature ravit l’imaginaire, surtout lorsqu’elle expose sa conception des images qu’il appelle des “simulacres”.
En effet, la théorie du simulacre de Lucrèce (que l’on pourrait aussi appeler une théorie de l’image) consiste à montrer que n’importe quel assemblage d’atomes, n’importe quel corps donc, émet un simulacre (un double imagé) dont la nature est aussi matérielle que l’original. Lucrèce parle en ce sens de “membrane”, comme si le simulacre était un tissu pelliculaire, une seconde peau extrêmement fine, qui se détachait des corps pour voltiger en tous sens.
Cette peau touche d’abord physiquement l’œil qui la voit, pour vivre ensuite dans la mémoire rattachée à cet œil. Cette persistance du simulacre dans la mémoire avive l’imaginaire, car elle laisse présager qu’il peut survivre au corps duquel il s’est-détaché. Et comme le corps n’est rien d’autre qu’un assemblage d’atomes qui émet un double imagé non moins matériel, on peut imaginer la présence matérielle du corps au-delà de sa décomposition atomique.
Il n’est pas curieux alors de constater que cette théorie du simulacre de Lucrèce arrive à stimuler l’imaginaire matériel de la photographie en faisant de l’image non pas une reproduction immatérielle d’un original à jamais évanoui, mais une seconde peau qui permettrait au corps dont elle se serait détachée de subsister physiquement au-delà de sa mort. Ce qui signifie que le simulacre est aussi réel que le corps qui l’a produit.
La force de l’image conçue de cette façon peut dès lors se mesurer à sa capacité de soulager du deuil en suscitant un sentiment de présence qui ne doit rien aux anges ou aux autres manifestations immatérielles d’un autre monde. En nous débarrassant particulièrement des superstitions qui touchent à la mort, le matérialisme mis en poème par Lucrèce ne nous aiderait-il pas à vivre au présent ? Ne serait-ce pas cette raison qui nous permettrait d’imaginer l’actualité ?
Chris Ashton, le fondateur de Ruffian Cars, travaille l’automobile des Hot Rod’s et Kustom’Car’s depuis 35 ans. Aujourd’hui associé à une petite équipe en Californie du Sud, Chris combine une longue carrière dans l’art et les jeux vidéo avec un nouvel amour naissant envers les Muscle Cars et des courses de rues Vintage’s pour créer des œuvres d’art cracheuses de feu, palpitantes et émotionnelles avec un attrait inégalé.
Pour trouver un nom pour son garage, il lui a semblé opportun de revenir sur les chevaux de course légendaires des années ’70. Un nom s’est démarqué “Ruffian”. Non seulement c’était l’un des chevaux de course les plus dominants de tous les temps, mais le mot “Ruffian” signifie “Fauteur de troubles”, à traduire plus sauvagement en “Fouteur de merdes” en français. C’est en effet, très CowBoy mais mal choisi, quoique, finalement…
Toutefois, le dico indique que c’est le nom donné à un individu dépravé menant une existence dissolue, en compagnie de personnes de très mauvaise réputation. Une personne faisant commerce de la prostitution d’autrui, caractérisée par un comportement immoral et souvent associée à des activités criminelles. Un mec appartenant à la pègre, se livrant à des actes délictueux et criminels. Bref, pas fréquentable sauf si on est Hot Rodder…
Étant donné que Chris avait découpé et réassemblé l’une des Mustang’s classiques les plus appréciées une Boss 302 ET y installé un moteur Chevrolet, cela semblait particulièrement bien adapté… Puis il a fait pire avec une Shelby GT500 bi-turbo et Blower… Deux ans plus tard, la Ruffian GT40 a cimenté le nom en tant que marque et le reste appartient à l’histoire… J’y viendrais dans quelques temps après éloignement d’une sorte de procrastination.
Chris Ashton, avant de construire des voitures, a consacré une grande partie de sa vie à la créativité numérique. En tant que directeur de la conception et cofondateur de “Turtle Rock Studios”, son travail peut être trouvé dans un certain nombre de titres de jeux populaires. En tant que développeur il s’identifie directement à la libération mentale qui découle du travail dans le physique plutôt que dans le numérique.
La manipulation de pixels et de code nécessite un ensemble de compétences très différentes de celles nécessaires pour façonner le métal. Pourtant, c’est là que réside le défi. Étudier une pièce de métal plate et comprendre comment la façonner peut être à la fois amusant et incroyablement gratifiant. Toute frustration en cours de route n’est justifiée que par la satisfaction que procure le fait de pouvoir passer ses mains sur le produit fini.
En tant que passionné, Chris ne construit pas ses voitures pour qu’elles aient l’air fonctionnelles, elle sont fonctionnelles. À l’avant, des bras de suspension tubulaires remplacent les unités standard en acier estampé, et les jambes de force sont raccourcies d’un pouce pour donner la hauteur de caisse souhaitée. À l’arrière, une configuration Street ou Track 3-link est assortie. La carrosserie n’est évidemment pas d’origine et les ailes sont toujours entièrement en acier.
Les compétences de Chris en matière de design font des merveilles sur les palettes de couleurs. Les jantes satinées sont assorties , tandis que les étriers aux accents rouges s’harmonisent avec des bandes d’accentuation et des lettres similaires partout. Les bouches d’aération sont fonctionnelles et acheminent l’air vers le système d’admission de la voiture. Il s’agit à la fois d’un choix esthétique et aérodynamique, une idée empruntée aux courses Trans Am.
Les voyous sont rebelles par nature et leurs voitures aussi. Les Ruffian’s suivent tout simplement le mouvement. La Ford Galaxie 500 grise qui avait été présentée sur ChromesFlammes fut un grand moment de folie… Prête pour la piste, alors considérez mon intérêt comme vraiment piqué avec ce Hot Rod Plymouth GT-1… Un hot rod comme vous n’en avez jamais vu auparavant. C’est un glorieux mélange de vintage et de moderne avec des ailes fluides…
Elles sont en fibre de carbone perchées sur une carrosserie magnifiquement originale. La riche histoire des châssis de course Plymouth et GT-1 de 1935 est parfaitement préservée et présentée dans chaque égratignure, bosse et soupçon de rouille. Ce Hot Rod Californien, Coupé Plymouth five windows est la base de cette construction. Chris Ashton a gardé la carrosserie aussi originale que possible, en n’apportant que des modifications mineures.
Calandre, bas des portes, capot, coffre, dans la même peinture patinée d’origine ont été préservés sous des litres de vernis BASF. Les garnitures chromées et les emblèmes sont d’origine. Le radiateur a été déplacé vers le coffre où l’enjoliveur Plymouth d’origine a été ajouté pour rappeler le cache de la roue de secours d’origine. Le toit, le tableau de bord, les pommeaux, les compteurs et les pourtours des cadres des fenêtres d’origine ont été conservés.

Le reste de l’intérieur est entièrement réalisé à la façon des voitures de course. Des sièges McLaren Senna en carbone au fini mat sont assortis aux panneaux de porte sur mesure et au tableau de bord numérique AiM. La “cage à soufflets” à 8 points est trempée de peinture moka brillante et les sols sont recouverts d’une fine moquette avec boutons-pression de fixation. Le balancement arrière est réglable via un levier à distance et des câbles push/pull.
Un levier de vitesses à poignée pistolet de Jake Palm crie “MOPAR” et complète le magnifique intérieur. Les clips de suspension avant et arrière ont été conservés de la voiture de course GT-1 d’origine, tandis que tout le reste a été adapté sur mesure à la carrosserie de la Plymouth. Il s’agit d’un châssis entièrement tubulaire avec des joints “Heim” robustes, de gros roulements et des goujons de cosse de 5/8″.
L’arceau de sécurité est à soufflet sur toute la carrosserie et le dessous de la voiture est doté d’un sabot ventral complet et d’un diffuseur fonctionnel. La puissance est fournie par un moteur V10 Viper reconstruit par Prefix qui développe plus de 800 ch avec 740 lb/pi de couple. Ce coupé Plymouth à cinq fenêtres à gardé la carrosserie aussi originale que possible, en n’apportant que des modifications mineures au contour de calandre, et bas des portes.
Le châssis de ce Hot Rod provient de la voiture la plus victorieuse de tous les temps dans la série “Crane Cams V8 StockCar”, c’est la Corvette GT-1 #26 construite par Tommy Riggins et pilotée par David Machavern avec 33 victoires dont trois championnats (2008-10). Son châssis constitue désormais la base de la Ruffian GT-1… Le Viper V10 a été refait à 550ci (9,0 L), a des composants internes forgés et produit 803cv et 741 lbft de couple “essence de pompe”…
Il y a deux façons d’approcher cette Plymouth 1935 GT-1 de Ruffian. En tant que Hot Rodder, vous réalisez à quel point il était cool d’utiliser certaines des meilleures pièces de rechange imaginables pour préserver une carrosserie originale et patinée… En tant que coureur, vous convoitez le châssis de la voiture, qui a remporté des trophées, sa fibre de carbone qui permet de réduire son poids et son potentiel de performance sérieux.
Tout cela vous permet de déterminer qu’il s’agit probablement de l’un des Hot-Rod’s parmi les plus cool jamais construits. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une construction exceptionnelle ! Bien sûr, son châssis provient d’une voiture de course, mais pas n’importe laquelle. Au lieu de récupérer des os au hasard d’une vente en magasin, Ruffian a choisi de réutiliser le châssis de la Corvette N°26 construite par Tommy Riggins pour la Corvette n° 26 de David Machavern.









































