Zimmer Quicksilver’85
Rien que pour le FUN et se faire plaisir à faible coût (21.000 dollars), ce coupé dit “de luxe” américain à moteur central dont vous ignoriez probablement l’existence (sauf si vous lisez ce WebZine avec l’assiduité requise en vous abonnant) me crée un choc positif lorsque j’en croise un, où qu’un me croise lors de mes périples extatiques aux States. Mais en Europe et encore moins en France ça n’arrive jamais, la cause est entendue…
Et cela depuis les quarante années que ce Coupé a été créé (en 1985) par un des petits constructeurs d’automobiles qui prospéraient à cette époque en développant des Néo-Classiques dans l’esprit des Excalibur pionnières. La Zimmer Golden Spirit en était une qui ne se voulait pas “à l’ancienne”, mais dans une “modernisation-Kitch-Rococo”, moins spartiates et “pluches comfortabels”... Yeahhhhhhh ! C’était une époque grandiose et grandiloquente…
En ces années où le Kitschissime faisait sourire, des quantités de ces joyeusetés ont été développées/commercialisées au fil des ans en versions Coupés ou Cabriolets “de luxe” très impressionnants, dont les fameuses Clénet’s qui se prétendaient d’esprit Français et dont quelques exemplaires ont réussi à être immatriculés en “jouant” sur tous les interdits et passe-droits imaginables… J’en sais plus que quelque chose puisque j’en ai possédé un grand nombre.
Toutes étaient toujours équipées d’un moteur V8 monté de façon conventionnelle (à l’avant). Dans ce grand bazar est arrivée la Zimmer Quicksilver en 1985 qui bousculait les codes et dont peu de gens connaissent l’existence si ce ne sont les lecteurs (alors assidus) de mes magazines Chromes&Flammes, Calandres, AutoChromes, TopWheels et autres, tous refondus en ce WebZine ChromesFlammes… Bienvenue, abonnez-vous si ce n’est pas déjà fait… Pffff !
Ouiiii ! Et amusez vous avec mes plus de 5.000 articles plus vidéos et autres surprises… Donc, peu de gens ont entendu parler/causer de la Zimmer QuickSilver et quasi personne n’en a vu… Tristesses des mœurs et obligations Franchouilles qui n’ont en rien contribué à la diversité automobile. Qu’il s’agisse des Ford Thunderbird, des Chrysler 300, des Lincoln Mark I à V ou de la Cadillac Eldorado, les Coupés Yankee “de luxe” étaient tous emblématiques.
Ils ne manquaient pas aux USA dans les années 1950, 1960 et au début des années 1970. Cependant, au début des années 1980, ces voitures avaient perdu la plupart des qualités qui les rendaient emblématiques, comme des carrosseries magistralement et clownesquement conçues, avec des intérieurs dingues et kitschissimes somptueux et des moteurs V8 puissants. Ce monde de coupés de luxe édulcorés, a été peu à peu étouffés par les normes d’émissions…
Mais aussi par les obligations sécuritaires et les designs conservateurs,. Toutefois, quelques petits constructeurs persévéraient à survivre et l’un d’entre-eux du nom de Zimmer-Motor-Cars a tenté de faire renaître la “véritable” voiture de luxe personnelle, du moins en termes d’élégance “à l’américaine”. Fondée en 1980 par Paul et Robert “Bob” Zimmer, un duo père-fils, la société a débuté par la construction d’un coupé néo-moderne-classique ultra-luxueux.
Il était inspiré de l’Excalibur série IV qui était une réplique/néo-classique s’inspirant de diverses Mercedes-Benz, mais basée sur des composants de voitures de série américaines contemporaines. Le premier Coupé Zimmer Golden Spirit, esquissé pour la première fois sur une serviette par les Zimmer’s battants, était l’étrange mais fascinante Zimmer Golden Spirit. Basée sur une Mustang à carrosserie Fox, la voiture ressemblait à une caricature d’auto de luxe…
Mais celles d’avant-guerre, plus larges, plus confortables, plus kitchs et Américaines, agrémentées de quelques touches de prétendu design légèrement modernisé. Propulsée par le V8 302-ci (4L9) de la Mustang GT de troisième génération, la Zimmer Golden Spirit était incontestablement non conventionnelle et attira l’attention de plusieurs passionnés fortunés, ce qui donna lieu à une production de huit ans qui aboutit à environ 1.000 unités.
Elles furent toutes fabriquées et vendues. En 1985, ce constructeur automobile “à faible volume” œuvrant à Pompano Beach, en Floride, a élargi sa gamme avec un autre modèle qui paraissait moins excentrique que la Golden Spirit, mais qui était plus captivant, à plus d’un titre. Cette seconde Zimmer était la Quicksilver, qui devint le premier coupé de luxe à moteur central d’Amérique. C’était une transformation impressionnante de la Pontiac Fiero re-imaginée.
À l’instar de la flamboyante Golden Spirit, la Quicksilver n’était pas un modèle entièrement développé par les équipes de Zimmer, mais plutôt une conversion d’une plateforme existante produite en série. Alors que le modèle original, d’allure d’avant-guerre, était basé sur une Mustang à châssis Fox, le nouveau modèle a fait revivre le style élégant et unique des “yachts terrestres américains des années 1960 et 1970” en utilisant les fondements de la Pontiac Fiero GT.
Lancée en 1983, la Fiero était un modèle abordable qui est devenu la première voiture de sport à moteur central produite en série en Amérique, et la GT en était la version la plus puissante qui avait un vague air de Ferrari 308. Tout au long de sa durée de vie et même après, la Fiero a servi de base à de nombreuses conversions de répliques intéressantes, dont la Mera, qui ressemblait encore plus que la QuickSilver à une Ferrari.
Cependant, dans le cas de la Quicksilver, la Fiero n’a pas seulement reçu un kit carrosserie fabriqué artisanalement, mais une carrosserie de haute qualité ornée de finitions élégantes et d’un intérieur “exquis”. Conçue par Don Johnson, un “diplômé” du centre de style GM dirigé par Bill Mitchell, la carrosserie en fibre de verre sur mesure de la Quicksilver était plus longue, plus large et donc plus imposante que la structure originale de la Fiero.
Mais malgré son apparence imposante, elle restait petite même selon les normes des années 1980. Avec une silhouette basse et indéniablement unique, elle arborait des lignes sobres et bien proportionnées, une généreuse dose de chrome et des phares escamotables discrètement intégrés, évoquant légèrement les années 1980. Hormis l’ajout d’une grande boîte à gants, l’aménagement intérieur restait inchangé par rapport à la Fiero standard.
Néanmoins, tout était recouvert de cuir fin contrastant avec des garnitures en bois, ce qui renforçait l’impression de luxe de l’habitacle. Doté d’un moteur poussif, mais étonnamment agréable à conduire à l’exception d’une direction à crémaillère plus précise, la mécanique de la Quicksilver était entièrement issue de la Pontiac Fiero. Cela signifiait que ce coupé de luxe sur mesure était propulsé par le V6 2,8 litres de la Fiero GT.
Sans modification, le moteur développait une puissance modeste de 140cv, mais comme il s’agissait d’une voiture conçue pour rouler avec style et confort, c’était suffisant… De plus, la carrosserie en fibre de verre n’ajoutait pas beaucoup de poids, même avec tout le chrome, de sorte que le poids à vide du coupé s’élevait à un respectable 1.327 kg. Grâce à ce poids et au placement du moteur au milieu du châssis , la Quicksilver bénéficiait d’un centre de gravité bas.
Mais aussi d’une excellente répartition des masses. Cela, ajouté à une direction plus précise, a permis une tenue de route très équilibrée qui paraissait exceptionnellement bonne une fois que le conducteur réalisait qu’il était au volant d’une voiture “sportive” américaine ultra-luxueuse. La tenue de route était bonne, mais elle aurait pu être encore meilleure si Zimmer avait remplacé les freins d’origine de la Fiero et savait bénéficié d’une refonte de la suspension.
Par exemple celle que Pontiac a utilisée à partir du modèle 1988. Avec son moteur central arrière, ses jantes spéciales, son grand coffre avant et sa carrosserie imposante, la Quicksilver était sans conteste le coupé de luxe le plus atypique jamais produit aux États-Unis. Avec un prix de départ de 48.000 $ (soit 135.830 $ en valeur 2026), la voiture coûtait plus de trois fois le prix de la Fiero GT sur laquelle elle était basée…
Cela permettait à la famille des apports de trésorerie généreux… Zimmer espérait que le haut niveau de luxe, de confort et d’exclusivité offert par la Quicksilver suffirait à séduire les personnes fortunées. Malheureusement, l’entreprise avait élargi son portefeuille pour inclure des camping-cars et des fourgonnettes… Cette expansion n’a pas vraiment porté ses fruits en termes d’image, donc en profits, Zimmer s’est ainsi retrouvé sur la voie de la faillite.
Les difficultés financières de Zimmer ont fait que la Quicksilver n’a jamais bénéficié d’une publicité adéquate et n’a donc jamais atteint un plus large public d’acheteurs potentiels. En 1987, la société a déposé le bilan et, quelques mois plus tard, la production du coupé de luxe a cessé. Durant ses trois années de production, Zimmer a construit environ 170 exemplaires de la Quicksilver. En 2026, il n’en reste que quelques-unes et peu de gens en ont entendu parler.
Un exemplaire survivant se vend aux environs de 15.000 dollars. Une affaire !!! Mais la voiture présentée dans cet article, vient d’être vendue pour 21.280 $ lors d’une vente aux enchères RM Sotheby’s. Ca remonte… Il faur se dépécher d’en acheter une… Bien qu’elle ne fût pas parfaite, la Zimmer Quicksilver était un superbe coupé de luxe qui avait le potentiel de marquer de son empreinte le segment des voitures de luxe personnelles aux États-Unis.





































