Pétrole et gaz en méditerranée…
les déraisons de la crise…

Première partie : Les assassins financiers…

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler du livre : « Je suis un assassin financier »… et forcément vous ne l’avez jamais lu…, c’est dommage
Il y est décrit comment les USA, au travers de la CIA, ont mis à genoux toute une série de pays pour leur voler leur argent, leurs ressources et leurs voix aux Nations-Unies.
Les USA prospectent, sont informés des ressources cachées… et se les approprient, par le biais d’un plan machiavélique qui se résume en ceci : « J’endette les pays amis en leur vendant de l’armement en quantité, après avoir créé un climat de peur via des attentats terroristes dont je suis l’organisateur… Lorsque mes amis vivent des difficultés financières insoutenables, sous prétexte de les rétablir via des opérations spéculatives…, je leur vends des produits toxiques, comme les subprimes et autres dérivés… Je réduis leur valeur à néant… et j’attends… Lorsque ces amis doivent emprunter pour éviter une banqueroute étatique, je fais dégrader leur notation… et oblige à des mesures d’austérité drastiques afin que mes amis sombrent dans la misère… Ensuite, je viens en sauveur en disant que ma technologie peut pomper (exploiter) ce qu’on vient de découvrir dans leur sous-sol…, et je rétrocède juste de quoi tirer mes amis du bourbier dans lequel je les ai mis »…

Les Clinton, Hillary et Bill, étaient des spécialistes de ces coups-bas, fourrés de poisons et d’explosifs, pour compte des Maîtres du Nouvel ordre mondial…
Ce qui s’est passé en Grèce et à Chypre fut un élément de ce plan…
Les sociétés pétrolières se sont vues offrir pour pas grand chose (ce qui correspond à l’anéantissement social de la population Grecque et chypriote), toutes les ressources énergétiques…
Les amis financiers, eux, ont pu acheter la totalité du secteur économique à vil-prix…
L’Europe était en retard d’une guerre en 1914… et a récidivé en 1939…, actuellement c’est encore le cas, la guerre de conquête de territoire n’ayant plus aucun sens dès lors que les nations en quête d’hégémonie calculent et provoquent la ruine des nations dont elles visent les ressources financières, énergétiques et économiques, sans plus devoir les attaquer militairement…

La Méditerranée orientale renferme une énorme quantité de pétrole et de gaz.
La Méditerranée orientale signifie la Libye, l’Egypte, la Syrie, la Palestine (Gaza), le Liban, Chypre, la Turquie et la Grèce.
Pour s’approprier les ressources énergétiques Libyennes, les USA et Israël ont grassement payé le président Français Nicolas Sarkozy pour qu’il engage l’armée Française et intrigue pour obtenir l’engagement des autres pays Européens…, prétextant qu’il fallait sauver le peuple Libyen oppressé et massacré par le « dictateur » Kadhafi.
Ensuite, le même scénario a été employé pour la Syrie, sauf que la Russie et la Chine qui avaient été dupés dans l’affaire Libyenne, n’ont plus accepté d’être les dindons d’une farce planétaire.
L’Iran est resté en attente…, l’Egypte aussi puisque le plan « révolution » a foiré lamentablement…
Israël de son coté pille les ressources énergétiques Palestiniennes, Libanaises et Chypriotes (dans ces deux derniers pays en forant littéralement de biais pour contourner les droits territoriaux).
Mais, la Grèce dispose d’une énorme quantité de pétrole et de gaz….

Selon l’analyste grec, Aristote Vassilakis, les prospections et recherches effectuées par des sociétés israéliennes et Américaines ont mesuré la quantité de pétrole et de gaz naturel à plusieurs milliers de milliards de dollars.
« Cela aurait pu transformer les finances de la Grèce. L’expert David Hynes de Université de Tulane a estimé depuis plusieurs années que le pétrole et le gaz naturel Grec allait rapporter plus de € 300.000.000.000 en moins de 10 ans, mais cela a été gardé secret, le temps de mettre au point un plan machiavélique destiné à mettre la Grèce en faillite afin d’en racheter tous les actifs et avoirs pour des valeurs proches de zéro…, même si pour y arriver il fallait ruiner totalement la population… La Grèce a donc été forcée de vendre à des groupes d’affaires Israéliens et Américains, les ports grecs et les sociétés pétrolières nationales, afin de réduire la dette publique ! Ces ventes ont apporté à la Grèce 50 milliards €…, mais c’est une infime fraction de ce que l’exploitation du pétrole et du gaz naturel aurait rapporté à la Grèce… A cause de ce plan pervers, la société d’État du gaz naturel, la DEPA n’est plus nationale… Le régime d’Obama souhaitait en plus, que les entreprises pétrolières américaines obtiennent immédiatement la plus grande partie du pétrole et du gaz naturel qui se trouve dans les eaux territoriales de la Grèce, le reste étant alloué à la Turquie. En contrepartie d’un prêt remboursable de 100 milliards versés par l’Europe sous couverture américaine, les Etats-Unis ont proposé que la Grèce garde 20% du chiffre d’affaires, que la Turquie en ait 20%…, alors que la Société Noble Energy de Houston au Texas, obtiendrait 60%… C’est cette même société qui tout comme la Zion Oil & gas Cy sous capitaux Israélo-américain, s’occupe du forage dans les eaux Palestiniennes. C’est Bill Clinton, lobbyiste à Washington pour Noble Energy, qui menait le bal, aidé politiquement par sa femme Hillary… Noble Energy a également découvert d’énormes quantités de gaz à proximité de Chypre. Divers documents-secrets déclassifiés du gouvernement américain indiquent que le secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger a aidé la Turquie pour envahir Chypre en 1974, et mis en place un axe nommé « Turco-Nord-Chypre »… par contre l’axe nommé « Gréco-Sud-Chypre » est censé être un ami de la Russie. Dans ce micmac, Israël a envisagé de construire un gazoduc à partir des gisements de gaz Palestiniens qu’elle revendique comme israéliens, à travers les eaux territoriales de Chypre, d’où il serait vendu à l’Union Européenne »…

Deuxième partie : La ruée vers le gaz en méditerranée…

Le bassin du Levant et Israël, est une nouvelle donne géopolitique !
La découverte d’importants gisements de gaz et de pétrole en Méditerranée orientale modifie radicalement l’équation géopolitique dans la région et même bien au-delà.
En effet, c’est l’occasion pour Israël de passer de la dépendance à la souveraineté énergétique, alors que le Liban revendique avec le soutien de Washington une partie de ce gaz qui se trouve dans ses eaux territoriales.

Voici les implications de cette évolution clé, qui est un des motifs principaux de la déstabilisation de la Syrie par le Qatar et les Occidentaux.
Les découvertes de gisements de pétrole et de gaz, non pas importants mais immenses, situées dans une partie auparavant peu explorée de la mer Méditerranée (entre la Grèce, la Turquie, Chypre, Israël, la Syrie et le Liban), démontrent que la région va « un jour » devenir un nouveau Golfe persique.
Comme ce fut le cas pour l’autre Golfe persique, la découverte de ces richesses en hydrocarbures est synonyme d’une terrible malédiction géopolitique pour la région…, les conflits historiques du Proche-Orient ne sont que des batailles pour l’accès aux ressources pétrolières et gazières de la Méditerranée orientale, du bassin du Levant et de la mer Egée.
Les conséquences de la découverte d’un gigantesque gisement offshore de gaz et de pétrole au large de Gaza (Palestine) expliquent les raisons pour lesquelles Israël s’approprie la totalité de la Cisjordanie et de Gaza et que JAMAIS, Israël n’acceptera quoique ce soit d’autre que l’extermination des Palestiniens…, l’annexion du Liban…, la destruction de la Syrie… et la déstabilisation totale de l’Egypte, après la Libye grâce au tandem Sarkozy-BHL…
Les implications des découvertes de gaz et de pétrole dans la mer Égée, entre Chypre, la Syrie, la Turquie, la Grèce et le Liban créent des conflits amenant peu à peu à une troisième guerre mondiale…, d’où la volonté de l’Iran (et entre parenthèse de la Russie et de la Chine) d’en finir avec les mensonges occidentaux qui devient horriblement dangereux pour la sécurité mondiale.

Ce qui a tout fait basculer, ce fut une découverte spectaculaire, dans ce que les géologues appellent le bassin du Levant.
En octobre 2010, Israël a trouvé un gigantesque méga-gisement offshore de gaz naturel dans ce qu’il estime être sa Zone Économique Exclusive (ZEE), alors que c’est la propriété palestinienne.
Cette découverte se situe à 135 km environ à l’ouest du port de Haïfa et à 5 km de profondeur, dans les eaux territoriales de Gaza.
Cette poche a été appelée Léviathan en référence au monstre marin biblique.
Trois compagnies d’énergie israélienne dont la Zion Oil & Gas Cy, en coopération avec la compagnie texane Noble Energy, ont annoncé des premières estimations à hauteur de 450 milliards de mètres cubes, ce qui en fait la plus importante découverte de gaz en eau profonde des dix dernières années, discréditant un peu plus les théories malthusiennes autour du pic pétrolier qui prétendent que la planète est sur le point de connaître de terribles pénuries structurelles en matière de pétrole, de gaz et de charbon.
Pour se faire une idée, le gisement de gaz Léviathan représente des réserves suffisantes pour approvisionner Israël en gaz pendant un siècle…, l’autosuffisance énergétique était inimaginable pour l’État d’Israël depuis sa fondation en 1948.
D’importantes explorations pour le pétrole et le gaz avaient été entreprises à plusieurs reprises, mais n’avaient pas donné de résultats.
Contrairement à ses voisins arabes riches en sources d’énergie, Israël voyait cette chance lui échapper.
Mais en 2009, la Zion Oil & gas Cu et Noble Energy, le partenaire d’Israël pour la prospection, a découvert dans le bassin du Levant le gisement de Tamar, à l’ouest du port de Haïfa dans les eaux territoriales Gazaouis, recelant environ 238 milliards de mètres cubes de gaz naturel de la plus haute qualité.
Tamar fût la plus grande découverte mondiale de gaz en 2009.
À l’époque, le total des réserves de gaz israéliennes était estimé à seulement 45 milliards de mètres cubes.
Les estimations de Tel-Aviv prévoyaient que l’exploitation de Yam Tethys, qui fournit environ 70 % du gaz naturel du pays, serait épuisée dans les trois ans.
Grâce à Tamar, les perspectives se sont largement améliorées.
Puis, un an après seulement, Noble Energy a fait sa plus importante découverte depuis sa création des dizaines d’années auparavant avec Léviathan, toujours dans ce même bassin géologique du Levant.
En matière de gaz, Israël est passé de la disette à l’opulence en l’espace de quelques mois.

Avec les découvertes de Tamar, puis de Léviathan, Israël commença à se demander comment il pourrait devenir une nation de premier plan en matière d’exportation de gaz naturel et aussi comment récolter des taxes sur les revenus des produits pétroliers et gaziers afin de constituer un fond souverain qui investirait à long terme dans l’économie nationale comme le font la Chine et de nombreux pays arabes de l’OPEP.
« La zone du bassin du Levant est à l’image des grandes régions d’exploitation à travers le monde », a souligné un porte-parole du Programme ressources énergétiques de l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (US Geological Survey ou USGS)…, « ses ressources en gaz sont plus importantes que tout ce que nous avons connu aux États-Unis »….

Pressentant peut-être que ces découvertes majeures d’hydrocarbures pouvaient bouleverser les équilibres géopolitiques de toute la région, l’USGS a initié une première estimation des réserves de pétrole et de gaz de la région Méditerranée orientale (comprenant le bassin égéen au large des côtes grecques, turques et chypriotes, le bassin du Levant au large des côtes du Liban, d’Israël et de la Syrie, et le bassin du Nil au large des côtes égyptiennes).
Dire que leurs conclusions furent impressionnante tient de l’euphémisme…, l’USGS, en s’appuyant sur les données des forages antérieurs et des études géologiques dans la région a conclu que : « les ressources pétrolières et gazières du bassin du Levant sont estimées à 1,68 milliards de barils de pétrole, et 3 450 milliards de mètres cubes de gaz »…
En outre, selon ses estimations : « les ressources non découvertes de pétrole et de gaz de la province du bassin du Nil (délimité par le cône du Nil à l’ouest, par Strabon, au nord, par les failles de Pytheus et de Chypre à l’est et par le bassin du Levant au sud) sont estimés à environ 1,76 milliards de barils de pétrole et 6 850 milliards de mètres cubes de gaz naturel »

L’USGS a évalué le total pour la Méditerranée orientale, dans son ensemble, à 9.700 milliards de mètres cubes de gaz et à 3,4 milliards de barils de pétrole.
Soudainement, la région a ainsi été confrontée à de tous nouveaux conflits potentiels et défis géopolitiques…, pour mettre ces chiffres en perspective, l’USGS estime que le bassin de Sibérie occidentale (le plus grand bassin de gaz connu) recèle 18.200 milliards de mètres cubes de gaz.
En outre, le Proche-Orient et l’Afrique du Nord possèdent plusieurs régions riches en gaz naturel, comprenant le bassin du Rub Al-Khali (12.062 milliards de mètres cubes de gaz) dans le Sud-Ouest de l’Arabie saoudite et le Yémen du Nord ; autour de Ghawar (Great Ghawar Uplift) dans l’Est de l’Arabie saoudite (6.427 milliards de mètres cubes) et dans la chaine plissée du Zagros (6.003 milliards de mètres cubes) le long du Golfe persique en Irak et en Iran. Quelques mois auparavant, la priorité pour la sécurité nationale d’Israël était de garantir ses approvisionnements étrangers, du fait de la diminution inquiétante de sa production de gaz domestique.
À cette crise énergétique s’ajoutait les manifestations du soi-disant « printemps arabe », qui ont secoué l’Égypte et la Libye début 2011.
Elles ont conduit au renversement du président Moubarak, dont le régime fournissait environ 40 % du gaz naturel israélien.
Ceci conjugué à la levée de l’interdiction sur les partis islamiques en Égypte, notamment les Frères musulmans et le parti salafiste radical Al-Nour, ajouté au fait que le gazoduc livrant le gaz égyptien à Israël a été la cible de sabotages répétés et de perturbations ne pouvait que rendre Israël nerveux à propos de sa future sécurité énergétique.

La découverte de Léviathan par Israël au large de ses côtes a immédiatement déclenché un nouveau conflit géopolitique, le Liban faisant valoir qu’une partie du champ gazier réside dans les eaux territoriales de sa propre Zone Économique Exclusive.
Le Liban a envoyé sa réclamation à l’ONU, cartes à l’appui, ce à quoi le ministre israélien des Affaires étrangères Lieberman a répliqué : « Nous ne céderons pas d’un pouce »…, ce qui cloche dans le paysage énergétique méditerranéen est le fait qu’Israël (comme les Etats-Unis), n’a jamais ratifié la Convention des Nations Unies de 1982 sur le Droit de la mer attribuant les droits mondiaux sur les ressources sous-marines…
Les puits d’extraction israéliens du gaz de Léviathan ne sont toutefois pas clairement dans le territoire israélien, puisque ce sont aussi les eaux territoriales palestiniennes…, ce que ne conteste pas le Liban, mais il estime que le gisement s’étend aussi sous ses propres eaux territoriales.
Le Hezbollah a ensuite affirmé que le champ de gaz Tamar, qui devrait commencer à fournir du gaz, appartient au Liban et à la Palestine… et Washington n’a pas perdu de temps pour jouer sa propre carte de politique énergétique autour du différend sur le gaz naturel entre le Liban et Israël.

En juillet 2011, alors qu’Israël s’apprêtait à soumettre sa propre proposition à l’ONU relative à la ligne de démarcation maritime entre le Liban et Israël, Frédéric Hof, diplomate américain chargé de la Syrie et du Liban, a déclaré que son administration appuyait le document libanais, ajoutant aux tensions croissantes existantes depuis le début du printemps arabe entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président Obama…, et Sheldon Adelson a été requis par Benjamin Netanyahu pour financer les républicains et faire barrage à un second mandat de Barack Obama.
Netanyahou a alors exhorté la huitième personne la plus riche des États-Unis, son proche ami et milliardaire des casino de Las Vegas : Sheldon Adelson…, d’injecter directement des millions de dollars dans les campagnes électorales des républicains, y compris Newt Gingrich et Mitt Romney.
Cela a représenté une intervention israélienne sans précédent dans la campagne présidentielle américaine, tout cela pour essayer d’empêcher un second mandat d’Obama.
Les questions liées au contrôle des vastes réserves d’énergie découvertes au large d’Israël et du Liban, ainsi que des rives chypriotes, grecques et turques, jouent un rôle croissant dans une région qui est déjà l’une des plus compliquées du globe au plan politique !
– « Big Gas Find Sparks a Frenzy in Israel », par Charles Levinson et Guy Chazan, The Wall Street Journal, 30 décembre 2010.

– « Israël : Leviathan détient plus de gaz que précédemment estimé » Offshore Energy Today, 19 décembre 2011.

– « Israël a assez de gaz pour devenir exportateur », AFP, 29 décembre 2010.[4] US Department of the Interior, « Assessment of Undiscovered Oil and Gas Resources of the Levant Basin Province, Eastern Mediterranean », US Department of the Interior, U.S. Geological Survey Fact Sheet 2010–3014, mars-avril 2010.

– « Forecast Blackout Israel is about to run out of natural gas : Shortage expected to last at least until next year, when the Tamar gas field starts production », par Avi Bar-Eli et Itai Trilnick, Haaretz, 2 février 2012 . Voir aussi Reuters, « Blast Hits Gas Pipeline Between Egypt, Jordan, Israel », 4 février 2012.

– « US Backs Lebanon on Maritime Border Dispute with Israel », par Barak Ravid, Haaretz, 10 juillet 2011.

– « Sheldon Adelson Probe : Donations From Casino Owner Could Embarrass Republican Candidates », Reuters, 8 février 2012. Pour plus d’informations sur les liens Adelson-Gingrich-Romney-Netanyahu voir « The Bibi Connection », par Max Blumenthal, Al-Akhbar.com, 12 janvier 2012.

Troisième partie : Le sirtaki énergétique grec…

En juillet 2011, Washington a pu rejoindre le sirtaki énergétique grec sans qu’on puisse l’accuser d’être à l’origine du désastre Grec.
La secrétaire d’État Hillary Clinton s’est rendue à Athènes en ayant en tête d’en finir.
Elle était accompagnée de son envoyé spécial pour l’énergie eurasiatique, Richard Morningstar.
Morningstar a été le conseiller spécial du président Bill Clinton, chargé de la diplomatie énergétique dans le bassin capien et l’un des agents stratégiques de Washington dans les batailles géopolitiques visant à démembrer l’ex-Union soviétique et à faire encercler la Russie alors plongée dans le chaos par d’anciens États de l’URSS pro-OTAN…, mMorningstar et le très controversé Matthew Bryza ont été les principaux architectes à Washington des projets américains d’oléoducs et de gazoducs consistant à couper la Russie et ses ressources en gaz de l’Union Européenne.
Bryza est un opposant déclaré à l’oléoduc russe South Stream qui passe à travers les pays de l’Est de la Méditerranée.

Clairement l’administration Obama n’était pas neutre concernant les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz.
Trois jours après qu’Hillary ait quitté Athènes, le gouvernement grec a proposé la création d’une nouvelle agence gouvernementale pour gérer les appels d’offre en matière de prospections et de forages…, Morningstar était également le spécialiste américain de la guérilla économique contre la politique énergétique russe.
Il fut décisif dans la maintient du controversé oléoduc BTC qui part de Bakou, rejoint Tbilissi en Géorgie et va jusqu’au port Turc de Ceyhan, une coûteuse entreprise conçue uniquement pour éviter un transit via la Russie… et qui faisait partie d’un autre plan américain consistant à ce que la Géorgie pro-Otan s’empare de l’Ossétie du sud afin de couper les lignes pétrolières Russes vers l’Europe…
Il a ouvertement proposé que la Grèce et la Turquie abandonnent leurs différents historiques concernant Chypre, ainsi que de nombreuses autres questions et s’entendent pour gérer conjointement leurs réserves de pétrole et de gaz en mer Egée…, il a également dit au gouvernement grec qu’il devait oublier la coopération avec Moscou sur le gazoduc South Stream ainsi que le projet de gazoduc Bourgas-Alexandroupolis.

Comme si ces complications géopolitiques ne suffisaient pas, Noble Energy, a également découvert d’énormes volumes de gaz au large de la République de Chypre.
En Décembre 2011 la compagnie a annoncé un forage réussi dans une zone dont on estime qu’elle recèle au moins 200 milliards de mètres cubes de gaz naturel.
Charles Davidson, le directeur général de Noble Energy, a fait remarquer à la presse : « Cette dernière découverte démontre que ce bassin est de première importance au niveau mondial, en terme de quantité et de qualité » …, Chypre est une pièce compliquée sur l’échiquier.
Des documents déclassifiés du gouvernement américain des années 1970 révélés récemment, montrent qu’Henry Kissinger, qui était lors le secrétaire d’État, a activement encouragé et facilité l’armement du régime turc de l’ancien élève de Kissinger à Harvard et Premier ministre : Bulent Ecevit, pour organiser une invasion militaire de Chypre en 1974, ayant pour effet la partition ethnique de l’île entre un espace turc au nord et un autre grec et chypriote au sud ; une division qui perdure encore aujourd’hui.
La stratégie de Kissinger, soutenue par les Britanniques, était destinée à créer un prétexte pour une présence militaire permanente américaine et britannique afin de pratiquer des écoutes militaires dans la Méditerranée orientale durant la Guerre froide…, aujourd’hui, la partie grecque du sud, où Noble Energy a découvert de larges gisements de gaz, est membre de l’UE.

Demetris Christofias, l’unique dirigeant communiste de l’Union européenne, également un ami proche d’Israël et de la Russie…, était en outre très critique à l’égard de la politique étrangère américaine, ainsi que de la Turquie, toutes choses qui ne correspondaient pas au plan américain…, c’est toujours le cas, Israël envisageant de construire un gazoduc sous-marin depuis les champs israéliens du Levant à travers les eaux de Chypre, pour approvisionner le marché de l’UE.
Les gouvernements de Chypre et d’Israël se sont par ailleurs entendus sur la délimitation de leurs zones économiques respectives, en ignorant la Turquie… et cette dernière a ouvertement menacé Chypre du fait de son accord avec Noble Energy.
La Russie a réagi en déclarant qu’elle ne tolérerait pas les menaces turques contre Chypre, compliquant encore un peu plus les relations russo-turques…, les relations turco-israéliennes quant à elles, amicales par le passé, sont devenues de plus en plus tendues ces dernières années sous la politique étrangère d’Erdogan.
Ankara a exprimé sa préoccupation au sujet des liens récents entre Israël et ses adversaires historiques, la Grèce et la partie grecque de Chypre.
La République turque de Chypre du Nord, alliée de la Turquie, craint de ne pas être représentée de façon juste dans le partage du gaz après qu’Israël et Nicosie aient signé un accord pour se répartir les 250 kilomètres de mer qui les séparent.

Quand on jette en parallèle un regard sur la carte de la Méditerranée orientale, on voit que l’appétit féroce pour les réserves de pétrole et de gaz et leur exploitation pose les bases d’un conflit de grande ampleur dans la zone, impliquant les intérêts stratégiques des États-Unis, de la Russie, de l’Union Européenne, d’Israël, de la Turquie, de la Syrie et du Liban…
– « Greek Companies Step Up Offshore Oil Exploration-Large Reserves Possible », par Ioannis Michaletos, balkanalysis.com, 8 décembre 2010.

– « Hillary came to Greece to seal oil exploration deals ! », par Hellas Frappe, hellasfrappe.blogspot.com, 21 juillet 2011.

– « Drilling for oil in the Aegean may help ease Greece’s debt crisis », par Chris Blake, hellenext.org, 7 juillet 2011.

– « Greece Considering Plugging Aegean Islands into Turkish Energy Grid », par John Daly, businessinsider.com, 22 novembre 2011.

Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer, 6ème partie, article 76, Définition du plateau continental.

– « Vast gas fields found off Israel’s shores cause trouble at home and abroad », par Hugh Naylor, thenational.ae, 34 janvier 2011.

– « Significant Natural Gas Discovery Offshore Republic of Cyprus », Communiqué de presse de Noble Energy, maritime-executive.com, 28 décembre 2011.

– « New documents link Kissinger to two 1970s coups », par Larisa Alexandrovna et Muriel Kane, rawstory.com, 26 juin 2007. The Cyprus Conspiracy, America Espionnage and the Turkish invasion, par Brendan O’Malley et Ian Craig, I.B. Tauris éditeur, 1999.

–  « http://turkeymacedonia.wordpress.co…, par Yilan, turkeymacedonia.wordpress.com, 30 mai 2011.

– « Turkey and Cyprus Gas : More Troubles Ahead in 2012 », par Stephen Blank, silkroadstudies.org, 9 janvier 2011.

Quatrième partie : Faire taire les critiques…

En 2010, le FBI a envahi les demeures d’activistes pacifistes dans plusieurs états et a saisi leurs possessions personnelles dans ce que le FBI, le chef-d ’orchestre des faux “complots terroristes”, a appelé des “activités ayant trait au soutien du terrorisme”.
Des commissions rogatoires furent délivrées afin de forcer les manifestants anti-guerre à témoigner devant des jurys d’accusation alors que les procureurs montaient le dossier de façon à dire que s’opposer aux guerres d’agression de Washington constituait un soutien aux terroristes.
Le but des raids et des amenés devant les grand jurys était d’effrayer le mouvement anti-guerre et le rendre inactif.
Le lobby israélien a utilisé sa nébuleuse de publicitaires pour réduire au silence les critiques des efforts du gouvernement israélien de mener Washington à la guerre contre l’Iran.
Quoi qu’il en soit, le fait est que maintenant la voix des médias de masse est uniformisée.
Les Américains n’entendent plus qu’une seule voix, un seul message, et ce message est de la propagande.
La dissidence n’est tolérée que sur des sujets comme de savoir si les assurances santé payées par les employeurs doivent couvrir les frais de contraception.
Les droits constitutionnels ont été remplacés par les droits à la capote gratuite.
Les médias occidentaux diabolisent ceux que Washington montre du doigt.
Les mensonges affluent pour justifier les agressions ouvertes de Washington : les Talibans furent assimilés à Al Qaïda, Saddam Hussein avait des armes de destruction massive, Kadhafi était un terroriste et, bien pire, avait fortifié ses troupes avec du viagra afin de commettre des viols de masse contre les femmes libyennes !!!.
Le président Obama et des membres du congrès ainsi que Tel-Aviv ont continué de prétendre que l’Iran fabriquait une arme nucléaire et ce malgré le déni public par le ministre de la défense Leon Panetta et les estimations du renseignement national de la CIA.
D’après des rapports de presse, le chef du pentagone Leon Panetta avait clairement dit aux membres du parlement le que Téhéran n’avait pas pris la décision de développer une arme nucléaire.
http://www.denverpost.com/nationworld/ci_19978801 ?source=rss
Néanmoins, à Washington, les faits ne comptent jamais, seuls les intérêts matériels de puissants groupes d’intérêts importent.

En ce moment, le ministère de la vérité américain partage son temps entre mentir à propos de l’Iran, de la Russie et de la Syrie.
En Octobre 2011, le FBI annonça que le bureau avait mis à jour un complot iranien de payer un vendeur de voitures d’occasion (!) pour louer les services d’un gang de la drogue mexicain afin de tuer l’ambassadeur saoudien aux États-Unis.
L’idiot de la Maison Blanche professa qu’il croyait en ce complot improbable sur la base de “fortes preuves”, qui ne furent jamais révélées.
Le but d’annoncer ce faux complot était de justifier l’annonce de l’embargo contre l’Iran par Obama, ce qui constituait un acte de guerre, pour que ce pays arrête de développer l’énergie nucléaire.
En tant que signataire du traité de non prolifération nucléaire, l’Iran avait pourtant le droit de développer l’énergie nucléaire.
Toujours est-il qu’Obama a mis des sanctions illégales contre l’Iran et a menacé l’Iran d’une attaque militaire sur la base d’une accusation qui était contredite par toutes les preuves connues.
La simple idée de penser que les États-Unis sont une démocratie alors qu’il n’y a plus de presse contre-pouvoir, est totalement saugrenue.
Mais les médias ne rigolent pas : ils mentent.
Tout comme le gouvernement, chaque fois que la presse de masse américaine ouvre la bouche ou écrit une ligne, c’est pour dire un mensonge.
De fait, les maîtres du gros business paient leurs employés pour mentir.
C’est leur boulot !
Dites la vérité et vous êtes fini.
Ce que le ministère de la vérité appelle “des manifestants pacifiques brutalisés par l’armée d’Al-Assad”, sont en fait des rebelles armés et financés par Washington.
Washington a ourdi une guerre civile tout en clamant que ses intentions étaient de sauver les oppressés et abusés du peuple syrien des griffes d’Assad, tout comme Sarkozy a sauvé le peuple libyen oppressé et abusé par Kadhafi !
Aujourd’hui la “Libye libérée” n’est plus que la coquille vide de ce qu’elle était auparavant, terrorisée par des luttes entre milices.
Les rapports sur les « atrocités commises contre le peuple syrien par l’armée » viennent des rebelles qui veulent une intervention de l’occident afin de les mettre au pouvoir.
De plus, en quoi ces victimes civiles seraient-elles différentes des victimes civiles du Bahrein aux mains du gouvernement bahreini soutenu par les États-Unis, dont l’armée a été renforcée par les troupes saoudiennes ?
Il n’y a aucune rage dans la presse occidentale au sujet de Washington tournant la tête devant les atrocités commises par un de ses états marionnettes.

En quoi les atrocités commises en Syrie, si toutefois elles sont vraies, diffèrent-elles des atrocités commises par Washington en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Libye, en Somalie, à Abu Ghraïb, à Guantanamo Bay et dans les prisons secrètes de la CIA ?
Pourquoi le ministère de la vérité américain est-il si silencieux à propos de ces violations massives et sans précédent des droits humains ?
Rappelez-vous également des rapports concernant les atrocités commises par les Serbes au Kosovo, utilisés par Washington et l’Allemagne pour justifier des bombardements de l’OTAN et des Etats-Unis sur les civils serbes, incluant même le consulat chinois, débouté comme étant un autre dégât collatéral.
13 ans plus tard, un programme de télévision allemand important a révélé que les photos qui ont déclenchées la campagne contre les atrocités ont été mise en scène et n’étaient pas des photos d’atrocités commises par les Serbes, mais de séparatistes albanais tués dans un combat entre Albanais et Serbes…., les victimes serbes ne furent pas montrées.
http://www.freenations.freeuk.com/news-2012-02-19.html

Le problème pour la vérité est que les médias occidentaux continuent de mentir.
Dans les trop rares cas où les mensonges sont mis à jour et dénoncés, c’est toujours longtemps après les évènements et les crimes permis par les médias se sont déjà déroulés.
Washington a lancé sa marionnette de la Ligue Arabe contre la Syrie afin de l’isoler parmi les siens, facilitant ainsi la tâche pour l’attaquer.
Washington ne veut pas de gouvernement syrien démocratique.
Washington veut un régime marionnette.
Assad a déjoué Washington en prenant la direction démocratique avant que Washington ne puisse oblitérer la Syrie et installer un régime fantôche.
Voici la réponse d’Obama à l’action d’Assad vers la démocratie : “Ceci est comique, c’est se moquer de la révolution syrienne”…, avait dit le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney aux journalistes à bord d’Air Force One.

Si Washington et Tel-Aviv peuvent figurer un moyen de contourner la Russie et la Chine et renverser Assad, ils traduiront celui-ci en justice comme criminel de guerre.
Assad était un médecin ophtalmologiste en Angleterre jusqu’à la mort de son père et il fut rappelé pour diriger un gouvernement en proie à nombre de problèmes…, Washington et Tel-Aviv ont diabolisé Assad pour avoir refusé d’être leur marionnette.
Un autre point sensible est la base navale russe de Tartous.
Washington est désespéré de virer les Russes de leur seule base méditerranéenne afin de faire de la Mer Méditerranée un autre lac américain.
Washington, gonflé à bloc des visions néo-conservatrices d’empire mondial veut sa propre mare nostrum.
Si l’URSS existait toujours, les vues de Washington sur Tartous seraient suicidaires.
Mais la Russie est politiquement et militairement plus faible que l’Union Soviétique.
Washington a infiltré la Russie avec ses ONG qui travaillent contre les intérêts russes et vont perturber les élections à venir.
De plus, les “révolutions colorées” fomentées et financées par Washington ont tourné d’anciens membres de l’URSS en états marionnettes de Washington.
Sans l’idéologie communiste, Washington ne s’attend pas à ce que la Russie pousse le bouton nucléaire.
De fait, la Russie est un gibier.
La Chine est un problème plus délicat.
Le plan de Washington est de couper la Chine de sources indépendantes d’énergie.
L’investissement de la Chine dans le pétrole de l’Est libyen est la raison du renversement de Kadhafi et le pétrole est une des raisons majeures pour laquelle Washington a ciblé l’Iran.
La Chine a de larges investissements dans le pétrole en Iran et reçoit 20% de ses besoins en pétrole d’Iran.
Fermer l’Iran ou la réduire à un régime marionnette de Washington réduira l’économie chinoise de 20%.
Néanmoins, lorsque Washington et ses marionnettes de l’OTAN ont abusé la résolution de l’ONU sur la “zone d’interdiction aérienne” en Libye et ont retourné la résolution en agression armée contre les forces libyennes, qui avait tous les droits de stopper une rébellion ourdie par la CIA ; la Russie et la Chine ont bien reçu le message comme quoi on ne pouvait pas faire confiance à Washington.
Cette fois-ci, la Russie et la Chine ne sont pas tombées dans la panneau de Washington.
Elles ont mis leur veto au conseil de sécurité de l’ONU qui dirigeait ses efforts vers une attaque militaire de la Syrie.
Maintenant, Washington et Tel-Aviv (ce n’est pas toujours clair que de savoir qui est la marionnette et qui est le marionnettiste), doivent décider si oui ou non ils doivent faire face à l’opposition russo-chinoise.
Les risques pour Washington se sont multipliés…, si Washington continue contre vents et marées, le message que cela enverra à la Russie et à la Chine sera qu’elles seront les prochaines sur la liste après l’Iran.
Ainsi, la Russie et la Chine, toutes deux bien armées nucléairement, ont toutes les chances de mettre plus de pression sur la ligne rouge tracée concernant l’Iran.
Si les va t’en guerre fous de Washington et Tel-Aviv emplis de prétention et d’arrogance, vont encore au delà de l’opposition russe et chinoise, le risque d’une confrontation dangereuse est posé.
Pourquoi les médias américains ne posent-ils pas de questions à propos de tels risques ?
Quels intérêts sont servis par les guerres sans fin de Washington, coûtant des multi-trillions de dollars.
Certainement pas les intérêts des quelques 50 millions de citoyens américains sans sécurité sociale, ni ceux des 1.500.000 enfants américains qui sont sans logis, vivant dans des véhicules, des chambres de motels délabrées, des cités de tentes and dans les systèmes d’évacuation d’inondation de Las Vegas (Reportage de la BBC – Panorama : Poor America – diffusé le 12 Février 2012, à voir absolument : 29 minutes, en anglais, lien ci-dessous)…, alors que des sommes faramineuses d’argent public sont utilisées pour sauver et renflouer les banques et sont dilapidées dans des guerres pour l’hégémonie.
http://www.youtube.com/watch ?v=suJCvkazrTc

Les États-Unis n’ont aucune presse écrite ou télévisuelle indépendante. Ils n’ont qu’une « pressetituée » qui est payée pour mentir.
Le gouvernement américain, dans la poursuite de ses objectifs immoraux, a gagné le statut de gouvernement le plus corrompu de l’histoire humain !
Le gouvernement ne représente pas les Américains.
Il représente quelques intérêts particuliers et une puissance étrangère.
Les citoyens américains ne comptent tout simplement pas, et a fortiori, les Afghans, Irakiens, Libyens, Somaliens, Yéménites et Pakistanais ne comptent pas d’avantage.
Washington regarde la vérité et la justice et la pitié comme des valeurs dérisoires.
L’argent, le pouvoir, l’hégémonie sont tout ce qui compte pour Washington, la ville sur la colline, la lumière des nations, l’exemple pour le monde.

Cinquième partie : Crash ou guerre ?

La descente aux enfers se poursuit dans une allégresse intellectuelle et médiatique assez consternante.
Au sud de la Méditerranée, l’islamisme s’installe partout en utilisant le suffrage universel pour ramasser et consolider le pouvoir pris dans la rue.
Cette cinétique rapide débouche sur des configurations politiques composites, instables et hétérogènes.
Au nord de la Méditerranée, la crise bancaire et financière poursuit son travail de sape et les divisions européennes ancrent l’ensemble des pays dans un scénario de plus en plus probable d’implosion de l’Euro.
Nos intellectuels espèrent que les islamistes feront très vite l’apprentissage de la démocratie afin de nous éviter d’importer leurs guerres civiles.
Les islamistes espèrent que l’Europe va se ressaisir rapidement afin de leur éviter d’importer les conséquences de la crise économique.

Les uns et les autres sont dans l’illusion et perdent leur temps en bataille de communiqués stériles, mais le temps est contre les uns et contre les autres.
De fait le risque de dérive identitaire et populiste est supérieur aux risques comptables et économiques qui saturent les flux incessants de discours court-termistes de nos dirigeants.
La réalité est désormais d’un autre ordre avec la combinaison d’un démantèlement de l’Union européenne, la transformation du « printemps arabe » en « hiver islamique » et le spectre d’une guerre sur le Proche-Orient, qui va bien au delà la question syrienne.

Les parties d’échec en cours autour de cet espace méditerranéen ne peuvent plus être sous-estimées.
Ces chocs tectoniques interviennent au moment où les deux grandes puissances américaine et chinoise se replient sur leurs propres rendez-vous internes en termes de gouvernance ainsi que sur leurs stratégies de sauvegarde de leurs intérêts.
Allons-nous sur un simple crash régional autour de la Méditerranée (avec des conséquences sociales et économiques, certes graves, mais surmontables), ou allons nous vers une accumulation d’évènements critiques qui pourraient nous mener jusqu’au retour d’un conflit généralisé, une sorte de 4ème guerre mondiale avec des conséquences insoutenables pour les peuples ?
Telle est la question que nous devons maintenant nous poser.

L’exercice n’est pas simple tant les variables sont complexes et hétérogènes en termes de maîtrise des risques, sur les plans géopolitiques et macro-économiques.
Dans les jeux d’acteurs, personne n’a les mêmes priorités ni les mêmes agendas.
Aux Etats-Unis comme en Chine, la priorité est au moyen et long terme.
L’urgence est la préservation du leadership de ces deux puissances qui sont devenues tellement interdépendantes sur le Pacifique nord qu’elles n’ont aucun intérêt pour le moment à s’affronter et à se neutraliser.
Pour les américains, l’objectif est de se donner les moyens d’un redressement rapide et durable en recentrant sur le continent nord américain la question de son autonomie énergétique, de la production industrielle et de la reprise de la croissance en injectant si nécessaire un nouveau QE3 pour soutenir le crédit et l’économie marchande.
Pour les chinois, l’objectif est d’amortir, sans trop de casse sociale et politique, la récession occidentale en injectant dans l’économie locale les moyens suffisants pour repositionner leur dépendance manufacturière à l’exportation vers une économie plus compétitive sur le moyen terme.

Pour autant, ne nous attendons pas sur les prochaines années à autre chose qu’à un « consensus » de façade entre Pékin et Washington.
Les deux grandes puissances vont continuer à pratiquer le « soft power » sur leurs aires d’influence respectives.
Pour toutes les deux, il est préférable de « tenir conjointement plutôt que de périr ensemble » et pourquoi pas revenir aux vieilles pratiques de la guerre froide pour contenir à distance les pulsions mortifères de certaines régions du monde.
A titre de rappel, les Etats-Unis sous l’impulsion de Ben Bernanke, patron de la FED, a injecté 2.300 milliards de $ depuis 2008 pour relancer l’activité et le crédit.

Par ailleurs, le monde pétrolier et gazier dépenser près de 1.000 milliards de $ notamment dans de grands programmes d’exploration-production, dont un quart sur le continent nord américain en raison du développement du gaz et du développement de schiste et des sables bitumineux canadiens.
Il en est de même pour la Chine qui compte porter la part de sa production réalisée hors de chine à 50% d’ici à 2020 contre 10% actuellement au travers d’acquisition pour Petro China et CNOOC.
Parmi les différentes « boîtes noires » que nous connaissons sur le plan géostratégique, la situation qui prévaut actuellement sur la Méditerranée orientale et sur le Proche-Orient est sûrement la plus cruciale en termes d’occurrence de risques majeurs sur le plan mondial.

Avec l’affaire syrienne (http://www.diploweb.com/L-enigme-syrienne.html), nous entrons dans un autre jeu plus grave qui pose de multiples questions, de la survivance d’Israël jusqu’à la remise en cause de la sécurité énergétique, contrôlée jusqu’à présent par l’Occident.
La route de Damas n’est qu’un prétexte parmi d’autres pour imposer de nouvelles règles du jeu dans lesquelles russes, turcs et perses veulent subtilement, par la ruse mais aussi fermement par la force, démontrer leur retour en tant qu’empires centraux dans l’histoire de ce XXIème siècle.
Pour contenir ces pulsions régionales de pouvoir et de puissance, les occidentaux, alliés des pétromonarchies du Golfe, ont choisi délibérément de soutenir une logique de confrontation religieuse contre le chiisme dominé par l’Iran .
De fait, nous avons donné la main aux tenants d’un certain sunnisme, notamment aux réseaux des frères musulmans, voire plus grave, aux groupes armés salafistes plus ou moins affiliés au Wahhabisme saoudien et à Al Qu’aida…
Sachant que le chiisme déborde largement sur l’Irak et sur le Golfe, dont Bahreïn avec ses émeutes matées par les troupes du CCG à la demande de la famille royale, et surtout sur la province orientale de l’Arabie saoudite où se situe l’essentiel des gisements pétroliers du royaume. http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_bahre%C3%AFni_de_2011-2012

Ce glissement dans les postures sécuritaires de sous-traitance occidentale a été explicite lors des opérations en Libye avec tous les effets collatéraux que nous connaissons et ne maîtrisons plus depuis sur la zone sahélienne…., mais les germes de cette dérive sont lointains, ils étaient déjà présents dès la reconstruction du Liban lorsque européens et américains ont donné un quitus aux sunnites représentés par Rafic Hariri, très proche des saoudiens, pour prendre le contrôle du patrimoine des chrétiens et verrouiller le port de Beyrouth.
Il en fut de même sur les Balkans lors du soutien à Alija Izetbegovic8et à son SDA, très lié aux frères musulmans.
Que dire des relations ambigües du Département d’Etat ou de nos chancelleries avec le MSP algérien, le PJD marocain9…

Derrière ces alliances avec ces réseaux se pose la question de la sécurité énergétique qui a été scellée au moment de Yalta par les américains avec les saoudiens.
A cette maîtrise des approvisionnements pétroliers, il faut ajouter la masse des investissements croisés entre nos économies financières et les monarchies du Golfe depuis 50 ans.
Tout notre modèle de vie repose sur cet imbroglio géostratégique, et nos dirigeants sont prêts à toutes les concessions pour garantir à leurs opinions publiques le confort et la sécurité dont jouissent nos démocraties depuis plus d’un demi-siècle.Pour autant, la sécurité énergétique est de moins en moins concentrée entre les mains des puissances arabes du Golfe, et le centre de gravité remonte depuis 15 ans vers ces nouveaux empires qui contrôlent l’Asie centrale, le Caucase et la Méditerranée orientale.
Plus de la moitié des approvisionnements stratégiques de la Chine viennent de ces régions sous influence perse, russe et ottomane.

Dans cette perspective, que dire de la stratégie d’approvisionnement de l’Europe avec les décisions post-Fukushima de l’Allemagne mais aussi de l’Italie, de la Belgique, du Danemark de sortir du nucléaire.
La dépendance aux pipes line et gazoducs en provenance de Turquie (projet Nabucco) et de la Baltique (North Stream) ne vont que s’amplifier.
Dans le nouveau rapport de force qui s’engage depuis les années 2005 (année théorique de la fin du pacte du Quincy), les américains essaient de verrouiller diplomatiquement et militairement les zones de production de la Mésopotamie et du Golfe en les insérant dans une stratégie régionale dite du « grand Moyen-Orient».
Cette option géopolitique, qui se joue avec une alliance de circonstance avec les sunnites, devait permettre d’assurer une sécurité globale des approvisionnements pour l’Occident, un contrôle des besoins de la Chine et en arrière plan la sécurité d’Israël.

Or, la réalité du terrain est différente : en Irak ce sont les chiites qui ont ramassé le pouvoir.
A Bahreïn, la situation reste explosive et peut basculer à tout moment malgré la présence de la Vème flotte US à Manama.
Quant à la Syrie, la minorité alaouite de Bachar el Assad est soutenue par Téhéran, tout comme le hezbollah libanais allié des chrétiens.
De fait, la situation régionale est entrée dans un niveau de tension extrême amplifié par les effets collatéraux des révoltes des « printemps arabes » et par une radicalisation des postures religieuses.
Bien entendu Israël n’échappe pas à ces dynamiques perverses, d’autant que le pays a glissé dans cette diatribe religieuse avec la montée en puissance des positions des refuzniks et des ultra orthodoxes sur Jérusalem comme du Hamas sur Gaza et la Cisjordanie.

Entre les prétentions des nouveaux empires centraux pour contrôler le pétrole et les croisades religieuses soutenues par les monarchies du Golfe avec la bienveillance de l’Occident, tous les ingrédients sont réunis pour une tragédie historique.
Pour certains, nous ne serions que dans un nouvel épisode « contrôlé » en sous main par les américains comme le furent les deux guerres d’Irak, les opérations en Afghanistan ou les révoltes arabes.
Pour d’autres, nous serions en train de franchir des seuils critiques dans l’escalade de la violence, non plus entre Etats mais entre communautés, et nous serions au bord d’un processus qui pourrait nous emmener très loin en termes de conflictualité.
Bien au-delà la question du départ de Bachar el Assad, plusieurs questions de fond se posent.
Comment Israël va t’il réagir, en préventif et en curatif, face à la chute de la dynastie alaouite à Damas et la prolifération de groupes armées sunnites incontrôlables et d’obédience salafistes sur ses frontières et sur son territoire ?
Menace immédiate à laquelle s’ajoute pour Tel-Aviv la montée d’une radicalisation des composantes chiites soutenues par Téhéran au sud Liban mais aussi en Syrie, en Irak, dans le Golfe, avec en sus cette épée de Damoclès que représente la menace nucléaire iranienne.
Comment, avec le crash programmé de l’Euro, les nouveaux empires centraux vont-ils se positionner face au repli identitaire européen ?
En aucun cas les russes ne laisseront tomber leurs frères orthodoxes grecs face aux manœuvres et convoitises turques sur les Balkans, en mer Egée et sur la Méditerranée orientale.
La moindre erreur, pourrait être aussi dévastatrice que l’attentat de Sarajevo sur l’archiduc François-Ferdinand (qui a mis en exergue les conséquences des rapports entre la Russie et l’empire ottoman).
Quant à la Chine, qui ne craint pas ces grandes turbulences, comment va t’elle aussi se positionner pour transformer chaque chaos local en opportunités et s’inviter comme nouvel actionnaire (le cas grec avec la prise de contrôle du Pirée, du transport maritime et des exportations) ?
Comment les Etats-Unis qui sont engagés dans un recentrage géostratégique considérable sur le Pacifique vont-ils se positionner dans un tel imbroglio « civilisationnel » ?
Comment les européens vont-ils assumer de tels chocs alors qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la résolution de leurs propres dysfonctionnements bancaires et économiques ?

Le contexte présente un Occident qui n’a pour le moment que des problèmes de riches à régler et qui n’a plus envie de mourir loin de ses bases impériales.
A la rigueur, les américains, et encore plus les européens, acceptent de jouer un rôle de moralisateur et de pacificateur, mais avec beaucoup de sous-traitance mexicaine ou onusienne en appui de leurs prétoriens.
Par ailleurs, le départ programmé d’Afghanistan révèle au monde entier que nous n’avons plus les moyens financiers, ni l’envie d’administrer ces questions sécuritaires, nos préoccupations étant redevenues bassement égoïstes et matérialistes…
Par ailleurs, nous avons des acteurs régionaux qui sont déterminés à mourir pour retrouver leurs positions impériales d’hier ou pour imposer des valeurs religieuses que nous ne connaissons plus dans nos sociétés déchristianisées.
Pour toutes ces raisons, nous sommes de moins en moins sur une simple logique de crash avec uniquement des petits problèmes de crise financière, économique ou identitaire à surmonter.
Nous glissons sur une pente où le retour de la guerre avec des enjeux civilisationnels et stratégiques majeurs vont mettre l’Occident face à ses responsabilités ou révéler ses lâchetés.
Or c’est dans ce contexte que nous décidons de baisser la garde sur les questions de défense et de sécurité en Europe…

Certes, l’histoire n’est pas encore écrite mais les prétextes sont tous réunis pour ouvrir de nouvelles pages, tous les ingrédients sont réunis pour créer une maïeutique explosive que nul ne peut plus désormais ignorer.
A ceux qui pratiqueraient le déni ou feindraient de ne rien voir, rien entendre, rien pressentir, Israël, mais aussi Moscou, Ankara et Téhéran, rappellent que leurs agendas risquent d’être très chargés.
Pour autant, les politiques et experts qui occupent la scène médiatique sont sur des petites problématiques de pouvoir d’achat, de conservation de nos acquis, de redistribution d’une manne fiscale virtuelle, alors que les enjeux qui sont à l’horizon sont vitaux et d’un autre ordre.
La situation qui prévaut depuis le début de l’année pose sur le fond les limites de notre vision des crises.
Pour la plupart des spécialistes, un crash comme une guerre se réduisent désormais à la notion de « crise majeure ».
Or ce n’est pas le cas : un crash a des conséquences systémiques qui peuvent remettre en cause durablement les logiques de puissance sur le plan international.

Quant à la guerre, qui ne figure plus dans leurs grilles d’analyse, elle reste la pire des configurations et ses conséquences mondiales vont bien au delà de la gestion classique des crises.
Le démantèlement de l’Euro et la résurgence des nationalismes, l’islamisation des sociétés arabes et la contagion salafiste sur les rives de la Méditerranée, la destruction des minorités, dont les chrétiens en Orient, l’affrontement entre chiites et sunnites, une occurrence de risque de guerre mondiale autour des questions énergétiques constituent une masse de signaux forts que nous ne pouvons plus traiter naïvement et séparément…
Comme l’écrivait en 1935 Jean Giraudoux : « Les nations, comme les hommes, meurent d’imperceptibles impolitesses. C’est à leur façon d’éternuer ou d’éculer leurs talons que se reconnaissent les peuples condamnés ».
Maintenant, la véritable question est de savoir, avec qui, contre qui, quand et comment va se jouer l’effet de surprise qui va ouvrir vraisemblablement dans les prochains mois une nouvelle page d’histoire.
Une grande partie de la réponse est semble-t-il à Jérusalem et pas nécessairement à Damas…