Chapitre 1 : Les vraies…
Dans un certain passé que même les vieux de la vieille dont divers spécimens déjantés peuplent ce site qui l’est tout autant, n’ont pas vécu, le culte des idoles du volant a connu une fin déprimante le jour où Mike Hawthorn est mort dans un stupide accident de voiture sur une route mouillée à la fin des années 1950.
Quel gâchis d’être né alors…?
Que nenni…, au moins n’a-t-on pas connu la guerre !
Notez qu’on en a connu d’autres… 
La liste de ceux qui sont partis courir dans l’au-delà est pourtant réellement sans fin… et ceux et celles qui tremblaient pour eux, sont partis avec eux, ou sont en voie de l’être… 
Ces années lointaines semblent emplies de magie, les coureurs avaient du panache et, ni leurs combinaisons, ni les voitures qu’ils pilotaient sans l’assistance d’une équipe reliée par ordinateurs à tous les éléments de la voiture, n’étaient remplies de publicités.
Ces voitures, vierges, peintes dans la couleur du pays de leurs pilotes (vert pour l’Angleterre, rouge pour l’Italie, bleu pour la France, jaune pour la Belgique, argent pour l’Allemagne, blanc pour les États-Unis), se nommaient : Connaught – GRE – Mercedes – Maserati – Ferrari – Talbot – Jaguar.

C’étaient des histoires d’hommes, des hommes tout droit sortis de l’enfer…, avec leurs casques en cuir, leurs lunettes de protection, leurs salopettes blanches ordinaires.
Rien qu’en regardant d’anciennes photos un peu floues, en noir et blanc ou en sépia, avec les gros grains des trames pour l’imprimerie, on peut presque sentir l’odeur des échappements, l’huile chaude des moteurs… et cette odeur particulière de la peinture fraîche supportant la chaleur des capots.
Leurs mains étaient couvertes de cloques, là où ils avaient lutté avec leur immense volant, contre le poids brut de la direction.
Ces pilotes avaient le visage noirci des fuites et des vapeurs, de poussières et d’huile. 

Cambell – Parry Thomas – Nuvolari – Cortese – Ascari – Prince Bira – Hawthorne – Collins – Moss – Salvadori et El Maestro lui-même : Fangio.
Tout cela semblait même romantique aux femmes qui rêvaient que n’importe lequel d’entre-eux allait les inviter pour un dîner courtois, aux chandelles… avant de goûter aux grands frissons des nuits sublimées…, mais qui avec le recul ne sont que folies passagères.
Ces jours d’autrefois étaient en effet millésimés dans tous les sens, à se les rappeler maintenant presque comme un rêve…

Dotée du V12 à 60°de la 125s sa cylindrée passait de 1500cc à 1995cc et sa puissance grimpait de 110 à 140 chevaux grâce à 3 carburateurs Weber.
La Ferrari 166 Spyder Corsa, à cette époque des dieux de la route, était une évolution de la Ferrari 125s, le premier modèle construit par Ferrari…, elle a remporté pour la première fois les deux épreuves les plus importantes de l’époque : les Mille Miglia et la Targa Florio en 1948.
Ferrari fournissait le châssis et le client ou le revendeur pouvait choisir le carrossier de son choix.

Par rapport à la 125s les jantes Borani à rayons n’étaient plus intégrées dans la carrosserie mais elles étaient protégées par des garde-boue.
C’est la Carrozeria Touring Superlegerra basée à Milan qui fut chargée d’habiller le châssis de la 166 Spyder Corsa, avec une carrosserie en aluminium fixée par panneaux sur une charpente de minces tubes en alliage léger, réalisée par l’entreprise Gilco Autotelai.
Le freinage était lui toujours confié à 4 freins à tambours !
Neuf Ferrari 166 Spyder Corsa furent construites, toutes destinées à la course.

Chapitre 2 : Les fausses…

Ce qui m’amène à la Fiorano Spyder Corsa type’48.
Si vous vous souvenez avec nostalgie des années de renouveau, les années ou les vieux de la vieille sont nés…, sans doute avez vous envie d’enfin posséder une de ces voitures mythiques…
Mais, elles sont toutes très chères, une Ferrari 166 Spyder Corsa 1948 se négocie maintenant bien au delà du million d’euros…
Alors, que faire sinon rêver d’un miracle…

Capturer l’essence de la Ferrari d’origine…, à tous les égards, quel gag !
C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques temps en lisant un magazine Britannique, y voyant l’annonce d’une réplique de la Ferrari 166 Corsa Spyder Type’48.
L’époque des Kit-Cars s’est terminée avec l’arrivée de l’€uro et des lois liberticides…
On nous a concocté mille règlements et dix-mille obligations pour que les copies et répliques n’existent plus.

Non, il ne s’agit plus d’une machine de rêve…, mais qu’importe… si plus malin découvre une ultime faille pour encore jouer à se faire peur…
On tolère encore les engins qui ont bravé les Contrôles Techniques, les experts assureurs, le Fisc et les représentants armés de l’ordre et des lois…, mais au prochain changement de propriétaire, le système qui ne dort jamais, avale les innocents imbéciles… empêchant le « mal » de se reproduire…
  
 
La Corsa Spyder Type’48 est l’oeuvre d’Alan Hooper, nostalgique des courses automobiles de la fin des années ’40, dont le rêve était de recréer cette Ferrari 166 Spyder… et cela, pour seulement une infime fraction des valeurs stratosphériques qu’elle atteint dans les ventes aux enchères de voitures de collection…
Il est toujours plus facile de prétendre rendre hommage à une gloire automobile du passé en la copiant plus ou moins adroitement ou maladroitement, mais, Robert Jankell copiant la Jaguar SS100 avait, lui, réalisé une carrosserie en aluminium pour habiller sa Panther J72…, tandis que cette Corsa Spyder Type’48 est en polyester…, montée sur une structure de Triumph Spitfire.

Alan Hooper après avoir façonné « sa » carrosserie, à débuté la commercialisation de « son » engin dans le milieu des années 1990, sous la forme d’une boite géante d’auto-construction, badgée HDS, vendue £ 2195…, montant auquel tout téméraire devait ajouter une Triumph Spitfire…
Après un court laps de temps, la demande est devenue importante (dans le milieu des Kit-Cars, une production est importante quand elle dépasse la douzaine par an)…, apportant à Alan Hooper, de quoi boire et manger à sa faim.

Ce Kit-Car tout monté a été rebadgé Fiorano Type’48 Corsa Spyder…
En 2005 Alan Hooper, à flot mais pas encore gros…, à ouvert un mini atelier permettant (enfin) de proposer des voitures terminées sous le label péremptoire de « construction usine »…
Vérifiez que personne ne regarde (fermez portes et fenêtres)… et grimpez virtuellement dans le cockpit, mélangez vos jambes pour les pédales et regardez la longueur du capot…
Si ce n’est pas la ligne droite des Hunaudières en face de vous, mais simplement votre écran d’ordinateur, alors vous n’avez pas l’âme requise…
Allez acheter une Toyota !

La personne qui m’a vendu cette copie de Ferrari 166 Corsa Spyder de 1948, a passé trois ans à la construire…
Venez, je vais vous expliquer…
Bon sang qu’est-ce qu’il a fait ? .
Pour sa défense, permettez-moi de vous expliquer. 
Il travaille six ou sept jours par semaine en tant que gestionnaire d’une ferme de reproduction de volailles.
Beaucoup de travail et la charge de ce travail dans la tête !
En fait, s’il n’avait pas commencé ce projet, il aurait probablement marché droit vers le bas la plage de Skegness et sauté dans la mer !

Son expérience en mécanique était vraiment limitée, mais il avait toujours été une sorte de bricoleur surdoué.
La voiture fut construite en y passant une ou deux heures chaque soir !
Cela était à son avantage, mais si les instructions de montage étaient fournies, il n’a jamais cherché à s’en souvenir.
Donc, tout lui est venu étape par étape, la main dans la main avec les instructions « d’usine » et un manuel Haynes.
Vivre près de Skegness a ses avantages, mais dans cette contrée reculée, loin de toute civilisation, sans aucun garage 200km à la ronde, le pari d’une construction sans soucis était assez mal embarqué !
Il n’avait, de surcroît, jamais possédé de Triumph Spitfire avant…, donc, à certains égards c’était une étrange voiture pour lui.

Le garagiste Fiat-Lancia de la ville la plus proche, lui avait garanti que ça allait cracher l’enfer !
Dans l’ensemble, il a suivi les instructions de près, sauf qu’il trouvait le moteur de la Spitfire, très laid… et a décidé de monter une mécanique italienne, un 4cyl Fiat-Lancia avec double arbres à cames en tête….
Que vouloir de plus ?
Que cherchait-il à atteindre avec cette voiture ?
Voulait-il faire croire qu’il s’agissait d’une Ferrari authentique pour que les gens l’arrêtent et lui demandent qui il est, avec la bouche légèrement ouverte ?
Toujours est-il qu’après six mois, il en a eu ras-le-bol et a publié une petite annonce, que j’ai lue…
J’ai débattu du prix, il a accepté…, on s’est donné rendez-vous à Dover, j’étais là avec les Livres Sterling…, on a papoté, déchargé, rechargé et je suis revenu, fier comme un paon !

La bonne idée était d’installer un Fiat-Lancia au lieu du bloc Triumph, même si ce montage lui a causé divers problèmes. 
Bien que l’inspiration du kit est une Ferrari 166 Spyder Corsa de 1948, la voiture n’est pas une réplique exacte…, il s’agit d’une évocation dans le style de la fin des années ’40, début des années ’50 !
La voiture intègre des masses de bric et de broc d’époque, mais remis à neufs, qui se trouvaient à portée de main quand un composant particulier était nécessaire…, préservant ainsi l’illusion que c’est une voiture de course en aluminium.
Bien sûr, si les gens pensent que c’est une véritable Ferrari de la fin des années ’40, pourquoi les décevoir ? 

La puissance est magnifique sur les rond-points, mais il ne faut pas soulever le pied de la pédale !
Un travail esthétique a été fait pour dissimuler les origines Fiat-Lancia avec les cache-soupapes peints en rouge Ferrari ! 
Pour une conduite normale, la voiture est un jeu d’enfant, le moteur est souple, la suspension fonctionne correctement et confortablement…
Que demander de plus ?
Seul problème, il n’y a pas de pare-brise (juste deux saute-vent) et pas de capote…, très embètant si le ciel devient noir et qu’on est loin de chez soi…
Mais quand on aime, non seulement on a toujours 20 ans, mais on ne voit pas les défauts…, c’est ça le bonheur !
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From: emialex@skynet.be  
To: de_bruyne_patrice@hotmail.com
Subject :1948 Ferrari 166 Spyder Corsa « Fiorano »…
Date: Sat, 10 Mar 2012 15:30:41 +0100
Bonjour Monsieur De Bruyne,J’ai lu pas mal de vos articles hier (oui, j’ai la grippe, je glandais sur le web) !Quel franc-parler !!!Je me reconnais un peu dans vos propos…, je suis grand fan de Ferrari et pourtant c’est tellement vrai tout ce que vous dites !!
On ne peux pas dire le contraire !J’ai vécu aussi la même experience que vous avec les sites internet car, j’ai créé une mini Ferrari 166 Spyder Corsa pour enfants riches et je me suis fait brûler de partout par une bande de jeunes boutonneux incrédules !
C’est en 2008 que j’ai créé ce jouet afin de rendre heureux les enfants…
1000 heures de travail durant une période d’un an furent nécessaires pour réaliser cette mini voiture qui roule a 50 km/h et peut être conduite par des enfants de 6 a 99 ans !
Dans sa seconde version elle sera disponible avec démarreur électrique, coupe-circuit à distance, crémaillère de direction et freins hydrauliques.
Elle concrétise le jouet ultime, haut de gamme, destiné à une clientèle aisée, qui reflète parfaitement le dicton qui dit que la différence entre les enfants et les adultes est tout simplement la taille de leurs jouets !
Un grand merci a RTL-TVI pour ce reportage et un petit clin d’oeil à l’équipe de tournage.
Pour l’instant je fabrique une vraie auto, voici quelques photos !Bonne journée à vous et continuez ainsi, GatsbyOnline c’est très bien !!Alexandre BucciLiège – Belgique

To: de_bruyne_patrice@hotmail.com
From: emialex@skynet.be
Subject: Re: RE:
Date: Sun, 11 Mar 2012 04:36:41 +0100
.ExternalClass .ecxhmmessage P { PADDING-BOTTOM: 0px; PADDING-LEFT: 0px; PADDING-RIGHT: 0px; PADDING-TOP: 0px}.ExternalClass BODY.ecxhmmessage { FONT-FAMILY: Tahoma; FONT-SIZE: 10pt}Merci d’avoir placé ma vidéo et les photos, trés gentil de votre part.En fait, je me suis rendu vite compte que ma mini Ferrari serait invendable, déjà par la somme d’argent que je dois investir pour en fabriquer une et que ca doit quand même ressembler à quelque chose…, ensuite parce que pour arriver à un tel résultat, il faut 1000 heures de boulot… et 1000 heures de ma main d’oeuvre, pas celle d’un apprenti ! 
Même en proposant cette mini Ferrari à 30.000 euros, je ne suis pas gagnant !
En fait c’est le plus que les concurents les vendent !
J’ai voulu faire mieux qu’eux, innover, faire mieux qu’un jouet, mais ce monde là, n’a pas voulu de moi !
Menaces, incredulité…,moi aussi j’ai eu droit au bannissement de tous les forums (c’est pour ça que je te dis ici que je n’irai jamais non plus sur le tien).
J’ai eu aussi droit à la phase « teletubies » jusqu en 2020 !
Tout ça par des gens « cons » qui n’ont jamais tenu une disqueuse en mains et qui se permettent de juger.Va voir dans facebook, j’y ai fait une page, il faut taper : Bucci AquilaGT, je m’y lache un peu !
Sinon voici quelques autres photos de ma mini 166F2.Alors tant qu’à être fou, je me suis lancé dans la fabrication d’une vraie auto !
Tant qu’à faire !!!Bonne soirée ou journée selon l’heure ou vous lisez ceci… et encore merci pour le clien d’oeil.