Lumeneo Smera…
Je dis son nom, bien fort, distinctement, je le crie presque : « Lumeneo Smera« … et par les micros devant moi rassemblés, ma voix tonne autour de la salle, autour des gradins… et de l’auditoire captivé qui n’attendait que cela.
Tous, du regard je les balaie, je les vois qui ouvrent les yeux de surprise, certains la bouche même… et tous cherchent le lien fabuleux que mes paroles ont tissé entre ces quelques mots et la voiture révélée derrière moi.
Et j’attends…
Et je contemple le spectacle…
Et la foule qui toujours se comporte de la même ridicule façon : après l’étonnement vient un temps de réflexion, certains en silence… et certains se concertant…, puis quelqu’un applaudit, le calme se fait brièvement… et, comme dans un rêve, je vois éclater des foyers d’applaudissements qui contaminent la foule étendue…
Rapidement tous, même les plus sages, les plus posés, tous sont touchés par ma révélation…
C’est là, parmi la multitude de circonvoisins admiratifs, curieux, flagorneurs…, que je sème mes paroles tel le prophète d’une nouvelle auto-mobilité.

Celui qui lors de sa puberté se perfectionne en dessinant des femmes à poil sur lesquelles il se masturbe ensuite…, celui qui décide enfin de ne pas aller en école d’art parce qu’il estime ne plus avoir besoin d’aide pour créer ! 
J’étais l’artiste de la famille, celui qui à Noël dessine au feutre argenté des rennes sur les cartes, celui qui dessine dans son coin des vaisseaux spatiaux, celui qui, alors qu’il grandit, apprend que la hauteur d’une tête est de trois nez et demi… et qu’un corps fait huit têtes de haut pour deux de large…
J’ai ensuite développé ma propre culture automobile et j’ai cherché de multiples opinions sur les courants-d’arts étranges, des vents mystérieux poussant les fous à exposer des photos d’empilement de voitures rouillées, à s’enfermer dans un bunker immaculés ou à emballer divers signaux lumineux sans autre raison que la quête de l’Art-pur, une bête que tout le monde dit avoir vu mais que seul les incultes prétendent connaître.
J’ai ensuite quitté les rivages calmes du dessin sans prétention qui jusque là m’avait nourris… et, exalté, je suisse parti en quête de l’Hydre.
Je me suis noyé parmi la masse des artistes du dimanche, qui dessinent les mêmes bétises à la gouache ou l’acrylique, les mêmes nus au fusain, les mêmes campagnes à l’aquarelle.
J’essayais dans mon coin de faire exploser mes créations, cela me semblait nécessaire !
De tout mes muscles, je donnais des coups de crayon furieux, j’écrasais mes pinceaux de martre Tobolski contre des toiles impassibles ; je me fatiguais, je hurlais, je frappais, seul, dans le grenier reconverti, jusque très tard le soir à la lumière nulle d’une l’ampoule jaune, je me déchaînais, je naissais, l’automobile m’accouchait dans une débauche de sueur, de drogues, de rage.
Mais enfin je me sentais renaître.
A vrai dire, personne, pas même mes amis, ne comprenaient vraiment bien mes préoccupations.
Eux-mêmes tenaient l’automobile comme un acquis, ou bien une notion figée, ou encore un vaste bazar, une antiquité que la seconde moitié du vingtième siècle avait mise en pièce sans vraiment rien bâtir sur son cadavre, un terrain vague où chacun allait faire son marché en se basant sur des notions n’étant jamais que personnelles.
Je voulais aller plus loin qu’eux, aller plus loin que les concepts éculés, aller plus loin que le triste assouvissement contemporain qui, épuisé, n’avait guère plus la force de se battre, de se lever, de briser à nouveau ses chaînes.
Je me voyais en sauveur, en messie.
Ma démarche que d’aucun voyait destructive n’avait d’autre but que d’essayer de me libérer des fers des préjugés, je voulais détruire les portes de mon inconscient, je ne voulais pas tourner autour en spéculant, simplement j’essayais de les pulvériser à la masse.
Et cueillir subséquemment l’automobile dans sa plus simple tenue, la recueillir, l’apprivoiser, ou plus simplement la réapprendre.
Et il advint qu’une réponse m’apparut…
A vrai dire, je fus assez déçu.
A cette époque, j’avais parcouru mon chemin, mes magazines se diffusaient comme je propageais mes idées tordues qui commençaient à s’apprécier et à s’estimer.
Quelques articles m’avaient attirés les courriers de curieux, sympathisants désolés, ou d’imbéciles qui voulaient m’offrir une solution préfabriquée.
Je pouvais donc espérer vivre de ma passion ; ça m’arrangeait fort, les pages couvertes de mes délires trouvaient acheteur qui y voyaient là un nouvel esthétisme…
Je n’étais pas de mon côté fâché de me faire de l’argent.
Et ce fut donc un après-midi étouffant, le soleil baissant éclairait encore, je ne savais pas quelle heure il pouvait bien être, j’étais à mon ouvrage, en une transe, quand je m’arrêtai, j’y étais.
Ce fut moins une impression d’accomplissement qu’un certain bien-être, la sensation nette que j’étais arrivé au bout du bout… et que quoi que je fasse je ne pourrai pas aller plus loin.
Ce fut sur cette révélation que je déduisis ma théorie, péniblement vérifiée durant toute ces années : On ne vit qu’une fois… et ça passe bougrement vite !

C’est l’expression profonde et spontanée de l’agréable, visuel ou intellectuel.
L’Art, c’est la beauté.
C’est ce qui se contemple pour lui-même, qui se suffit à lui-même.
L’oeuvre se doit d’être fragile, faible, l’oeuvre est manipulée par le spectateur, si jamais elle cherche à se justifier, à s’expliquer, à influencer, alors elle trahit sa nature sincère, vulnérable et ne mérite pas son nom.
L’art est personnel, chacun l’apprécie au jour de son expérience, de son inconscient, chacun le voit en différents avatars, surgissant de l’imprévu, frappant de nulle part, hurlant au coin des yeux, disparaissant quand on le cherche.
Et un bref instant en face de moi je l’avais vu nu ; et je ne savais plus quoi faire…
Si je n’avais plus désormais d’objectif, au moins avais-je toujours un commerce florissant.
Je continuais donc à éditer, ce qui ne pourrait toutefois jamais me permettre d’obtenir une reconnaissance universelle satisfaisante, car de par la nature volatile de l’humain, la seule référence demeurait parmi les médiocres critiques qui parvenaient à réunir plus ou moins une majorité autour de leurs babils prétentieux.
Je continuais donc sur mon chemin, riant tristement des articles qui croyaient pouvoir pénétrer mes coups de plume ; on me disait héritier du futurisme et de la pop-Kulture, on clamait que c’était de l’auto-destruction, du génie, que ma mère pouvait être fière de moi.
Je m’y attendais, mon désappointement néanmoins se nourrissait de ces stupides déclarations… et je me perdais, j’errais, j’écrivais des éditoriaux déjantés, défoncés.
Et j’ai décidé, un soir, de me venger.
Le Kustom m’avait amené dans une impasse, il miroitait trop de promesses, certes dues véritablement à l’appel du Rock-and-Roll…,, mais j’étais trop faible pour vouloir faire une différence.
J’avais eu du verre étamé quand j’attendais de l’or, de l’eau pure en place du nectar, j’étais brisé et amer.
Alors j’ai commencé à prendre la parole, à rédiger des articles encore plus hallucinés, je déclenchais d’un mot des tempêtes de commentaires emportés autant que ridicules.
J’arrivais au sommet de la renommée, alors que je m’enfonçais dans les gouffres coruscants de l’hypocrisie et des querelles de clochers… et on me disait éclairé… et on me traitait en prophète… et jamais je ne cherchais à démentir !
Je cultivais la fausse modestie et récoltais le succès, l’argent et les entrées gratuites dans tous les shows et courses.
Je m’érigeais en guide, en meneur… même on ne me contestait pas ce rang.
J’avais rejeté mes vieux idéaux, je m’abandonnais au luxe…, j’avais abandonné la Kustom-Kulture comme je sentais qu’elle m’avait déçu.
J’avais été initié, je payais mes repas dans les palaces à coups de bites au stylo sur les dessous de tables, je serrais les mains des présidents et des rois et prenais la parole lors des inaugurations de tout et n’importe quoi…, car tous attendaient que je leur dévoille, enfin, mon concept électrique…
Las, mon concept est par trop innovateur…, il faudra encore attendre…
En attente, invité à présenter une certaine vision d’avenir, moi qui a créé des Hot-Rods, des Kustom-cars délirants et roulé en Dragsters…, mais convaincu que l’avenir doit être différent de ce passé (c’est lumineux comme pensée, là…), me voici dans ce nouvel article, dont la pièce maîtresse est cet engin applati en largeur sur fond gris terne appelé aléatoirement « Lumeneo Smera« …
Et ils sont tous agglutinés autour, leurs regards brillant comme ceux des enfants.
Je les regarde gentiment, je souris de les voir s’extasier devant cet engin digne porte drapeau de la crèpe Bretonne…, en leur disant : La Lumeneo Smera est une voiture électrique…, agile comme un scooter… et confortable comme une voiture…
Et ils se pâment… et en réclament encore plus…, alors j’en rajoute : La Lumeneo Smera est un concentré d’intelligence doté d’une propulsion électrique qui ne coûte que 70 euros d’électricité au 10.000 kms.
Ce à quoi les gnous agglutinés me rétorquent : Très chère à l’achat, 24.500 euros déduction faite du bonus écologique !
Ahhhhh !

C’est un servomoteur à courant continu piloté par le calculateur  qui réalise automatiquement cette fonction en inclinant la cabine et les 4 roues. Le conducteur n’a pas à se soucier de l’équilibre du véhicule…
Comment peuvent-ils ne pas voir que le passé est révolu : C’est un véhicule compact de faible largeur qui s’inspire aussi bien du scooter que de la voiture traditionnelle, l’objectif étant de se garer facilement, de se jouer des embouteillages et d’offrir à la fois les avantages d’un deux roues et ceux d’un voiture traditionnelle…, les premiers exemplaires devraient être vendus fin 2009. Avec 2m40 de long et 80 cm de large, la Smera est de bonne dimension pour se déplacer et se garer en zone urbaine et ce par tous les temps. Elle offre à ses passagers, la sécurité, le confort  d’une voiture, dont un coffre à bagages… et l’agilité d’un scooter dans les encombrements. C’est une deux places avec le passager derrière le conducteur. Elle s’incline dans les virages comme une moto (sinon la force centrifuge la ferait se renverser). Son poids avec batterie n’est que de 350 kg. Ses performances sont adaptées à l’utilité de l’engin, rien de plus. Ce concept s’inscrit avec sobriété et intelligence dans un objectif de changement radical de la conception des déplacements urbains… et ce sans faire renoncer au plaisir et à l’esthétique. Par ailleurs, prix mis à part, le concept s’adapterait parfaitement à une utilisation en autopartage. 130 km/h ; accélération de 0 à 100 en 8 secondes ; 150 km d’autonomie avec une batterie de 10kwh (lithium-ion, 80 kg) soit, 6,6 kWh au 100, soit encore un coût de 0,72 euros au cent, dix fois moins cher qu’une automobile qui consommerait 7 litres au cent de gazolle à 1 euros le litre. Pour parvenir à ses performances, la Smera a recours à la récupération d’énergie au freinage et à la décélération. Les batteries peuvent supporter entre 1.000 et 2.000 charges. En faisant 150 km tous les jours la durée de vie sera de trois ans, mais en pratique elle sera bien supérieure, plutôt entre 6 et 10 ans. Côté autonomie, le chiffre de 6,6 kWh au cent est une estimation dans des conditions urbaines. Dans 80 % du temps, nous roulons seuls dans nos voitures et la majeure partie de l’énergie consommée sert à propulser la masse importante de nos véhicules. Au cœur de la Smera un système électronique se charge de piloter l’ensemble des paramètres du véhicule à partir des signaux fournis par une centrale inertielle intégrée. Suivant les paramètres dynamiques de la voiture, la courbe du virage, le mode de conduite et l’état de la chaussée, il détermine instantanément l’inclinaison optimale.
Voilou…

La SNCF investit financièrement dans la voiture électrique.
Fidèle à sa stratégie globale de complémentarité des transports, la compagnie des chemins de fer français soutient le Concept Lumeneo Smera.
Ce scooter à quatre roues va donc attendre les usagers en sortie de gare dès 2010.
Avec sa prise de participation via son fonds d’investissement Eco-Mobilité Partenaires créé en 2008, dans la société Lumeneo, la SNCF ne veut plus seulement vous faire préférer le train.
Doté de 15 millions d’euros au total, ce fonds d’investissement permet à la SNCF de débloquer des prises de participation minoritaires de un à deux millions d’euros en général, dans des projets jugés innovants et pouvant compléter l’offre traditionnelle sur les rails.
La SNCF n’est pas seule à s’être investie dans le projet, puisque deux fonds business angels (personnes physiques qui facilitent la création d’entreprises innovantes en investissant bénévolement), du groupe XMP-Business Angels, se sont également mêlées au projet.
Au total, 1,6 million d’euros a été investi dans le cadre de cette augmentation de capital de Lumeneo.
Pour l’entreprise ferroviaire, de moins en moins aimée des Français (28ème position des entreprises françaises selon le dernier baromètre Ipsos de suivi d’image, avec un score en baisse de 5 points par rapport à 2008), l’enjeu n’est pas vain.
Autant en termes d’image que pour d’éventuelles retombées financières, l’investissement dans un parc de véhicules originaux et respectueux de l’environnement est forcément porteur.
Techniquement, l’autonomie attendue de la Lumineo Smera est de 150 km, pour une vitesse de pointe de 130 km/h.
Pour leurs projets BetterPlace et i-Miev, Renault et PSA disposent à peu près des mêmes performances annoncées, avec notamment 160 km d’autonomie.
Pour les autres entreprises françaises, EDF et La Poste se sont déjà placées en précurseurs de la voiture décarbonée, la première nommée en signant notamment un contrat de partenariat avec Renault (installation de bornes de rechargement)…
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