2018 Dacia Duster : L’insolence d’un « TOP » SUV (pas assez cher ?) qui sait presque tout faire…

Par Marcel PIROTTE

Remarque liminaire, importante de surcroit !
Si vous êtes amateur de SUV (Ce n’est pas le choix qui manque, ils représentent un tiers des ventes totales de voitures neuves en Europe) mais que vous ne vivez que pour ceux de prestige et de classe, les «Premium» dans le jargon des puristes, ceux qui coutent au bas mot 80.000 € et bien plus, ne prolongez pas cette lecture…., vous pourriez vous abîmer les yeux et vous posez finalement des tas de questions !
Donc, si vous êtes « snobinards », allez voir ailleurs (mais restez quand même sur le site de GatsbyOnline)…, restez parmi les gens de votre rang, de votre classe sociale…
Rendez-vous compte que GatsbyOnline n’a crainte de chambouler (comme d’habitude) les idées préconçues et autres attitudes faisandées… et ose prétendre que ce Dacia Duster est franchement « TOP », il sait presque tout faire et ce pour deux euros et six centimes : 20.000 € en 4×4 !
De plus, il est poussé par des mélodies aussi « TOP » qu’il l’est lui même…, et pas des chantoneurs de merde…, mais des grands noms…

Dacia aime parodier les chansons célèbres pour son Duster.
La première itération du SUV 2017, avait eu le droit au titre «Another one bite the dust» de Queen.
Pour le Duster 2 ça change, le titre de la musique de la pub Dacia Duster 2018 est le titre «Ghostbusters» de Ray Parker Jr…, des propriétaires du véhicule roulent en différentes situations alors que les passants lancent en chœur : «Go Duster» devant les exploits réalisés par la voiture…

C’est vrai qu’en Europe, la sacro sainte image de marque pour ce qui est d’une voiture pose en effet son homme.
Imaginez la scène, débarquer sur un parcours de golf très huppé avec un Dacia Duster et ce au milieu de Range-Rover-base, de Porsche Ma-can-ça-s’arrête et Cayenne-bagnards, de BMW XXX5, de Mercedes GLE, de Hummer-mauvaise… tout en se parquant à côté d’une Bentley Benta-ya-ga-ga…, c’est vraiment le monde à l’envers, difficile de s’en remettre.
Et pourtant…, quoique, mais rassurez-vous, j’ai la solution, un véritable antidote pour encore renforcer votre ego et surtout vous faire passer aux yeux de vos «chers collègues et partenaires de golf» pour un fin connaisseur en automobile…

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Et si vous achetiez non pas une voiture mais bien deux… et ce… même pas pour le quart du prix d’un 4X4 luxe de 80.000 € ?
Avec d’une part un SUV d’une nouvelle génération, essence ou diesel, du style baroudeur 4X4 à la demande avec caméras à 360°, airco automatique, Bluetooth avec système de navigation Europe, de bien jolies jantes de 17 pouces, de multiples aides à la conduite pas trop envahissantes dont un frein automatique en descente très utile lors des exercices de franchissement, volant et sièges en cuir ainsi qu’une vraie roue de secours, tout cela à un peu plus de 20.000 €, c’est donné, je ne vous le fais pas dire…, avec en prime une garantie de trois ans ou 100.000 km et de plus, ce 4X4 est un franchisseur né, il n’a pas à rougir face à la concurrence.
Seule ombre au tableau, son nom : Dacia Duster mais déjà vendu depuis 2010 à plus de deux millions d’exemplaires…

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Bon d’accord, ce n’est pas mal mais il reste toujours 60.000 € à dépenser… et c’est là que vous allez surprendre tout ce beau monde de m’as-tu vu et de ploucs… par votre flair à dénicher la perle rare…, en effet, dans votre budget de 80.000 €uros, vous pouvez vous payer un formidable Duster ET une vraie voiture de sport, abordable en plus, une Alpine A 110, on reste dans la grande famille Renault, ça vous parle, moi, je n’en pense que du bien.
Un peu plus de mille kilos, deux places au ras du bitume, une négociante en virages, moteur arrière de 252 chevaux, boîte robotisée 7 rapports, 250 km/h en pointe, elle accroche le 100 km/h en moins de 5 secondes, du bonheur à chaque kilomètre, rien que pour allez cherchez le pain ça ressemble à une étape de rallye.
Alors convaincu !
N’oubliez surtout pas d’apposer sur la vitre arrière de votre Duster l’autocollant suivant « My other car is a new Alpine A 110 », inutile de traduire, tout le monde a compris !
Ca pose son homme et de plus, ça fait tellement « classe », les badauds ne vont plus rien y comprendre mais qu’est-ce que ça fait comme bien fou !
En revanche et si comme moi, vous avez le plus profond respect pour tous ces «malins» qui depuis 2005 ont acheté de par le monde plus de dix millions de Dacia, tous modèles confondus, poursuivez bien à l’aise en sirotant un bon pastis la lecture de ce petit dossier dont GatsbyOnline a le secret : Faire saliver les gens, les surprendre, les étonner, leur apprendre des tas de choses, bref, les émerveiller même en parlant de Dacia…, une marque roumaine rachetée par Renault qui a eu le grand mérite de faire accéder plus de dix millions de clients à des voitures neuves, très fiables mais pas chères du tout.
Bref, une véritable révolution alors que ces dix millions de clients n’auraient pu se payer que des voitures d’occasion… mais dans quel état ?…

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L‘histoire de Dacia vaut la peine d’être racontée et surtout décortiquée.
Il y a un peu plus de dix ans, les concessionnaires Renault font la gueule, c’est loin d’être la joie…, ils vont devoir vendre une certaine Dacia Logan qui n’attire vraiment pas les regards, elle est plutôt «moche» mais elle est vendue à un prix plancher… et de plus, elle propose une garantie de trois ans, alors que ce n’est que deux ans chez Renault.
La révolution des voitures «low cost» ou plutôt « bon marché » est en route, Louis Schweitzer le patron du groupe Renault (de 1992 à 2005) a tout compris.
Dacia, passe sous contrôle du groupe français en juillet 1999, la production de la première Logan débute en 2004, dix ans plus tard, plus de trois millions de Dacia ont été produites…
Les autres constructeurs généralistes assistent impuissants à cette déferlante de voitures bon marché et ça ne fait que commencer.
Ils ont bien essayé de s’attaquer à ce nouveau marché mais faire une voiture bon marché ayant autant de qualités qu’une Dacia, ils s’y sont tous cassés les dents…
A leur arrivée dans les show-rooms Renault, les premières Dacia sont bien vite remisées dans un coin : «les Dacia corner», de peur de faire de l’ombre aux véhicules ornés du célèbre losange.
Les vendeurs ne voient pas non plus tout cela d’un bon œil, la marge bénéficiaire est réduite à sa plus simple expression, les premiers modèles sont vendus moins chers que certaines Renault d’occasion…, une nouvelle culture d’entreprise est en marche.
Aujourd’hui, les clients et actionnaires Renault vénèrent chaque jour «Saint Louis» (Schweitzer) d’avoir pu grâce à cette marque venue de l’Est, acheter une bonne voiture neuve mais surtout renflouer les comptes de Renault et toucher des dividendes pas piqués des vers.

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Petit regard dans le rétroviseur.
Dans les années soixante-dix (septante pour nos amis de la Belgitude éternelle) et suivantes, les Dacia ne brillaient pas par une grande fiabilité et pourtant, c’étaient des Renault 12 mais assemblées avec les méthodes tout à fait obsolètes des pays de l’Est.
Zola aurait du écrire cette épopée des temps modernes des pays bien cachés derrière ce fameux rideau de fer, un véritable désastre industriel.
J’ai vécu cette période…

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Au milieu des années soixante, la Régie Renault signe avec le groupe roumain IAP un accord de coopération permettant à cette entreprise d’assembler des versions destinées au marché local.
Cela débute en 1968 avec une certaine 1100, copie de la Renault 8 mais un an plus tard, la Dacia 1300 fait ses débuts, c’est en fait, une Renault 12.
Elle va rester 35 ans au catalogue tout en étant surtout vendue dans d’autres pays de l’Europe de l’Est.
Certains pays capitalistes vont aussi l’importer, en Afrique, en Amérique du Sud et même au Canada, alors qu’à l’Ouest, seule la Belgique décide (à partir du salon de l’auto de janvier 1978) d’importer cette Dacia 1300 via le canal de la société International Motor Company (IMC) qui est aussi le distributeur Toyota et Daihatsu pour la Belgique et le Luxembourg.
Ce jour-là, les membres du comité de direction auraient beaucoup mieux fait d’aller jouer au golf !
Ils vont sincèrement regretter cette décision, cette Dacia 1300 va en effet leur couter un pont d’or en frais de garanties !

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Cette Dacia 1300, berline ou break ressemble étrangement à la Renault 12 de la première génération, mais ça s’arrête là.
Seules différences visibles, la présence de l’insigne roumain sur la calandre et le monogramme Dacia.
Notre berline d’essai mise à disposition par l’importateur dans le courant de l’été 1978, une version luxe, n’a que quelques milliers de kilomètres au compteur, mais elle déjà beaucoup vécu : Très nombreuses taches de rouille, sièges avant mal fixés, ceintures de sécurité difficilement réglables, pas d’appuie-tête ni de dégivrage de la lunette arrière, la ventilation de l’habitacle laisse à désirer et de plus, la radio de série ne sert à rien, inaudible…
Dacia rétorque que cette 1300 est 1.000 €uros moins chère (prix neuf à partir de 3.100 €) qu’une Renault 12… et sans le savoir, Dacia invente le «low cost» avant l’heure…

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Le bloc essence de la 12TL, 1289 cm3, 54 chevaux et 9,7 kgm de couple, boîte 4 vitesses, revendique des performances honnêtes mais sans la moindre saveur ( 136 km/h, de 0 à 100 km/h en 17 secondes, 9,8 l/100 km)…, en revanche, les très nombreux bruits de roulement et de mobilier sont aussi inclus dans le prix…, tout comme la boîte difficile à manier, les pneus roumains n’ont aucun «grip» sous la pluie.
Durant cette semaine d’essai, quatre pannes importantes ont émaillé mon quotidien : pompe à eau, carburation, allumage, géométrie du train avant…, j’ai du même éteindre un début d’incendie, bref, la totale.
Comme je vivais en Allemagne, il a fallu toute ma persuasion pour que le concessionnaire Renault du coin daigne «réparer» tous ces bobos, mais ses propos que je vous traduis en disent long sur cette Dacia : « Ce n’est pas une Renault mais bien une poubelle des pays de l’Est » !
Sans commentaires…, la voiture est restée toute une journée à l’atelier, la facture étant plutôt salée, l’importateur l’a réglée sans sourciller.

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Du coup, j’avais mis le doigt sur le «maillon faible», une fiabilité désastreuse même en période de garantie.
Facile dès lors de comprendre que les modèles vendus coûtaient les «yeux de la tête» en «recours garanties» à l’importateur et qu’il fallait absolument faire quelque chose.
Chez IMC, on a pris le taureau par les cornes et décidé d’envoyer à l’usine roumaine de Pitesti un technicien avec comme mission de n’accepter que des versions «bien assemblées».
Au bout de la première semaine et alors qu’il devait rester sur place un bon mois, notre homme est rentré dare-dare chez l’importateur.
Comme il avait refusé tous les modèles destinés à la Belgique, certains responsables «bien intentionnés» menaçaient de lui faire la peau et de l’exécuter s’il persistait dans cette voie !
Il n’a plus voulu remettre les pieds en Roumanie, on le comprend.
Au début de 1980 et après avoir vendu 631 berlines et breaks Dacia 1300, l’importateur décidait d’arrêter les frais, cette aventure aura coûté à la société un «mini porte-avions», aucun chiffre n’a jamais été publié…

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Novembre 1989, chute du «Mur de Berlin», toutes les cartes industrielles sont redistribuées, les pays de l’Europe de l’Est ne veulent plus entendre parler des méthodes soviétiques.
Skoda est à vendre, tous les grands constructeurs se bousculent au portillon, Renault en fait partie mais finalement, c’est le groupe VW qui emporte le morceau…, avec les résultats que l’on connaît…
Deuxième motif de déconvenue pour Louis Schweitzer, le PDG, le projet d’alliance avec «Volvo cars» vient de capoter, une décision qui va marquer les esprits français.
Seule consolation, Volvo-camions et Renault-Truck vont unir leur destinée…
Mais notre homme, un «énarque» convaincu, ancien chef de cabinet de Laurent Fabius, spécialiste de l’économie et des finances, est un véritable visionnaire.
Dès 1995, il annonce à ses cadres un plan plutôt ambitieux d’internationalisation afin de vendre en 2010 quelque quatre millions de véhicules… et de s’adjuger une seconde voire une troisième marque mais «en dessous» de Renault.
Le déclic se fera à l’automne 1997 lors d’un voyage en Russie au cours duquel il accompagne Jacques Chirac, le Président de la République d’alors.
La présence de Schweitzer est dictée par la volonté de Renault de s’implanter sur le territoire russe, ce qui se réalisera mais nettement plus tard.
En visitant une concession Lada, en fait un immense hangar où étaient stockées des centaines de voitures, vendues chacune environ 6.000 $ (US dollars), notre PDG revient en France avec ce chiffre en tête et avec l’idée de produire pour ce prix une voiture «moderne, robuste et accessible».

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Mais qui va la fabriquer ?
Certainement pas Renault en France, les coûts de production et les salaires étant nettement trop élevés… et de se souvenir que Dacia en Roumanie produit depuis la fin des années soixante une Dacia 1300/Renault 12 et que les Roumains n’arrêtent pas de faire des appels du pied à Renault afin que ce dernier investisse massivement dans leur pays.
L’idée de la voiture à 6.000 $ «refait surface», c’est là qu’elle devra être fabriquée afin d’être vendue dans la Région mais également à des pays émergents.
Du coup, Schweitzer acquiert en septembre 1999, 51 % des parts de Dacia, ce rachat de «fonds de commerce» n’aura couté que 50 millions de $, une paille pour un constructeur automobile.
Mais il faut sérieusement investir (l’équivalent de près 500 millions d’euros, du moins dans un premier temps) afin de renouveler cet immense complexe industriel, repenser complètement les méthodes de travail, supprimer la moitié des ouvriers de l’usine de Pitestib…, ils sont près de 28.000 dont une grande partie «jouent toute la journée aux cartes» tout en faisant un incroyable trafic de pièces de rechange alors que la qualité des véhicules produits (des dérivés de R19) ne suit pas : «100 % des véhicules produits nécessitent environ huit heures de retouche par jour et par véhicule».
Bref, il y a du pain sur la planche.

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En rachetant Dacia, Schweitzer peut enfin s’attaquer à son nouveau cheval de bataille, celui des voitures bon marché, ce sera le fameux projet X90 concrétisé en 2004 par le lancement de la première Logan, une berline quatre places trois volumes qui emprunte la plupart de ses éléments à d’anciens modèles Renault comme les Clio de générations précédentes, dont la plate-forme, les moteurs et les transmissions alors que les aérateurs non colorés proviennent de l’Espace IV, le pommeau du levier de changement de vitesses est celui de l’Espace III , la commandes vitres ont des allures de Mégane, bref, une «voiture Frankenstein» comme on a coutume de l’appeler chez Renault.
Mais bien vite, il apparaît qu’avec l’aide des meilleurs ingénieurs et des «spécialistes en marketing» débauchés au sein du Groupe français et malgré des salaires roumains qui sont vingt fois inférieurs à ceux payés en France, Schweitzer peut «oublier» sa voiture à 6.000 $, impossible à réaliser !
La première Logan sera vendue quelque 7.600 € mais pour ce prix, l’acheteur peut compter avec une belle habitabilité pour quatre adultes, un grand coffre ainsi qu’une excellente fiabilité doublée d’une grande durabilité… et pour convaincre les acheteurs, la garantie est portée à trois ans ou 100.000 km, de quoi les rassurer.
On l’a déjà dit, le design n’est pas soigné, la qualité des premières finitions laisse un peu à désirer, les plastiques sont durs, les sièges peu confortables mais tout le reste fonctionne plutôt bien.
Devant l’accueil réservé à ce modèle manquant pourtant d’élégance et de finesse, Schweitzer décide de le vendre également en Europe de l’Ouest, une sage décision mais pas toujours bien accueillie et surtout mal comprise par certains cadres de Renault.
Mais depuis lors, Renault a fondé une alliance avec Nissan, acquis Samsung Motors en Corée, alors que dans les cartons, Dacia va ouvrir des usines de fabrication au Maroc, en Colombie, au Brésil, en Inde…
Carlos Ghosn, son successeur va y ajouter Lada en Russie et faire de la grande alliance avec en plus le rachat de Mitsubishi, le numéro un mondial des ventes automobiles en 2017 et ce, devant les groupes VW et Toyota…

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Du coup, Logan n’est plus l’enfant unique de la famille.
Un break 5/7 places s’ajoute en 2007, un an plus tard, c’est au tour du pick up Logan et de la nouvelle berline Sandero, nettement plus attrayante de venir compléter la gamme alors qu’en 2010, le Duster 4X2 ou 4X4 révolutionne le monde des SUV «tous chemins», en outre à des prix «canons».
En 4X4 et avec une motricité intégrale pas tellement sophistiquée, Duster peut suivre le train de «véritables franchisseurs» ou de gros SUV’S qui coutent nettement plus chers, le double au minimum et le quadruple en milieu de gamme haute !
Et la gamme ne s’arrête pas là, avec notamment l’arrivée des Dacia «familiales», le monospace Lodgy ainsi que le ludospace Dokker existant également en version utilitaire léger.
En outre, de nouvelles motorisations, diesel de 110 chevaux complètent le catalogue tout comme cet incroyable trois cylindres essence turbo de 90 chevaux et seulement 900 cm3.
Certaines versions s’encanaillent avec les modèles Stepway devant plaire aux «baroudeurs du dimanche».
Des sièges en cuir font même leur apparition, tout comme le nouveau moteur essence de 125 chevaux sur le Duster 4X4.
Quant aux chiffres, ils s’envolent, ils donnent le tournis aux autres constructeurs généralistes qui ne peuvent faire aussi bien.
En treize ans, Dacia a vendu plus de dix millions de modèles «bon marché» dont près de la moitié sont badgés Renault pour de pures raisons de marketing.
En France, on vient également de vendre la millionième Dacia au sein de l’hexagone, un succès sur toute la ligne.
Avec une gamme de 8 modèles, Dacia peut donc ratisser large mais se montre pourtant à l’écoute de la clientèle…, c‘est le cas notamment avec le Duster de la seconde génération, il n’est certes pas entièrement nouveau mais c’est fou ce qu’il a progressé en qualité de fabrication, finition, silence de marche, en équipement ainsi qu’au niveau de design alors que le prix n’augmente que de 200 €uros.

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Alors ce Duster de la seconde génération ?
Never change a winning team, ne changez jamais une formule gagnante !
C’est ce qu’ont réalisé les designers et ingénieurs de Dacia, tout en conservant ses dimensions, 4,34 m de long, empattement de 2,67 m, ils ont joué sur le visuel avec notamment une calandre un rien plus grande, de nouveaux projecteurs ainsi qu’un sabot un rien plus proéminant… et le tour est joué.
A l’arrière, de nouveaux feux inspirés de ceux de la Jeep Renegade font leur apparition alors que la ceinture de caisse se veut un rien plus haute.
Ajoutez de nouvelles jantes de 17 pouces ainsi que des pneus plus imposants, cela fait l’affaire des aventuriers avec en prime un look plutôt réussi.
Au premier regard, ça plait, c’est l’essentiel… en outre, ce Duster donne l’impression d’être bien conçu et surtout bien construit, c’est du costaud, ça inspire confiance.

A l’intérieur, c’est Byzance, du moins pour ce prix (le Duster de base démarre à moins de 12.000 € mais pour cette somme, il faudra se contenter du minimum syndical, difficile de faire des miracles) : sièges plus enveloppants, pare-brise avancé de 10 cm, nouvelle planche de bord avec écran de navigation mieux situé et sur les modèles de haut de gamme, présence de l’airco automatique, carte mains libres, nombreux espaces de rangement, volant réglable en hauteur ainsi qu’en profondeur, caméra à 360° mais modularité basique à l’arrière avec cependant une habitabilité convenable pour les occupants et surtout un coffre modulable bien dans la moyenne, un peu moins de 400 l en 4X4.
Tout cela à mois de 20.000 €, c’est véritablement donné, on ne le répétera jamais assez.
Et du sérieux en prime !
Contrairement à d’autres journaleux qui ne veulent pas s’abaisser à essayer ce Duster (alors que ces mêmes journaleux n’ont sans doute pas les moyens de s’offrir un Duster neuf mais préfèrent et de loin rouler dans des voitures nettement plus chères prêtées par les importateurs, ce qui les oblige à n’en dire que du bien via des articles soporifiques et dithyrambiques pompés sur les fardes de presse), j’ai pris le volant d’une version essence TCe 1200 turbo de 125 chevaux, quatre roues motrices avec boîte manuelle 6 vitesses et couple maxi de 205 Nm.
Suffisant pour entraîner ce 4X4 de 1300 kg pouvant passer de 4X2 à la traction intégrale via un simple bouton rotatif situé en-dessous de la planche de bord avec blocage inter ponts démarrage en côte et frein en descente abrupte.

Pas de rapports courts pour ce 4X4 mais un premier rapport très court très utile qui nous a agréablement surpris par ses capacités de franchissement, il n’a pas à rougir face aux SUV les plus chers et les plus huppés.
Avec en plus une garde au sol de 21 cm, des pneus plus mordants, des angles d’attaque plus importants ainsi que des sabots protecteurs tant à l’avant qu’à l’arrière, Duster étonne réellement en «off road».

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Sur la route, ce bloc quatre cylindres turbo se montre à l’aise, nettement plus silencieux qu’avant, Dacia a veillé soigneusement à renforcer le silence de fonctionnement en marche tout en soignant davantage l’isolation ainsi que la direction assistée électrique nettement plus précise qu’avant.
Les performances sont bien dans la moyenne : plus de 175 km/h en pointe, de 0 à 100 km/h en un peu plus de 11 secondes, de bonnes relances, un petit moteur nerveux, pas mal du tout.
Ce Duster est aussi livrable avec le diesel 1,5 l dCi 110 chevaux libérant un peu plus de couple 260 Nm, donc plus agile à la relance, un modèle livrable en 4X2 avec une boîte robotisée EDC 6 vitesses ou manuelle ainsi qu’en 4X4 mais uniquement avec la solution manuelle.
Oubliez le 1,6 l atmosphérique de base d’une autre époque, 115 chevaux et peu de couple, mieux vaut dépenser un peu plus de sous et si vous ne faites pas partie des grands rouleurs (qui préféreront le diesel), optez pour le bloc essence turbo 1200 turbo qui va consommer en moyenne quelque 8,5 l d’Eurosuper.
En termes de conduite, les progrès sont tout simplement spectaculaires tant au niveau de l‘insonorisation que du plaisir à le manœuvrer en toutes circonstances.

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Dacia nous a dès lors concocté un Duster de la seconde génération plutôt bien abouti !
N’empêche qu’à terme, les blocs essence vont devoir évoluer compte tenu de la nouvelle donne qui veut tout simplement jeter le diesel aux orties.
Aberrant, oui, je sais, adressez-vous aux politiciens qui n’ont toujours rien compris.
A bord de ce Duster, je verrais très bien le nouveau bloc 1,3 l turbo développé en partenariat avec Mercedes et qui va d’ailleurs équiper dans un premier temps la gamme Scénic…, cela permettrait d’unifier la cylindrée et surtout de proposer ce Duster en version 115 ou 140 chevaux avec davantage de puissance et de couple mais également des rejets de CO2 en nette diminution tout comme d’ailleurs les chiffres de consommation.
Ca, c’est l’avenir, les ingénieurs du groupe Renault y ont déjà certainement songé mais ne veulent sans doute pas chambouler la gamme un peu trop tôt.
Et pourquoi pas y ajouter une boîte automatique combinée avec les modèles 4X4, les clients la réclament avec insistance… et pendant qu’on y est : un toit transparent, cela rendrait l’habitacle nettement plus lumineux et un peu moins triste.

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Et puis si l’on rêvait un rien.
La très sérieuse Revue Automobile suisse, ce magazine auto réputé, vient de nous présenter un adorable coupé cabriolet sur base de Duster…, un modèle qui n’aura pas à rougir devant le Range Rover Evoque ainsi que le nouveau VW T-Roc convertible.
Un superbe projet mais qui n’aura jamais sans doute de suite… et pour cause, la Revue l’ayant annoncé à ses lecteurs dans son numéro du premier avril, c’était un beau poisson…, mais on peut toujours rêver…

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Derrière ce nom de Dacia, il existe donc une communauté forte de dix millions de propriétaires, ce n’est pas rien.
Du coup, cela a donné des idées aux responsables…, et pourquoi ne pas organiser des rencontres à travers le monde entre propriétaires pouvant échanger leurs impressions, mais du genre sympa et non pas des rassemblements de «snobinards» du genre Porsche ou Ferrari Days…
Notez qu’ils ne sont pas tous un peu coincés, certains proprios sont même très sympas mais plutôt rares, je n’ai absolument rien à l’encontre de ces évènements, j’y participe régulièrement mais comme simple spectateur.
En revanche, Dacia, ça marche (ou plutôt ça roule !).. depuis dix ans Dacia France a aussi son rendez-vous annuel qui ne coute rien du moins aux possesseurs de Dacia, pas de droit d’entrée, on reçoit même un panier pique-nique par personne tout en participant à une belle journée festive clôturée cette année par un show de l’humoriste Jamel Debbouze…, sans oublier des tas d’animations gratuites pour petits et grands !
Le 1 juillet prochain, Dacia attend dix mille fans à partir de 10H00 au domaine de l’abbaye de Chaalis dans l’Oise.
Avis aux amateurs, mais prière de s’inscrire avant le premier juin prochain…, on risque de refuser du monde !

Marcel PIROTTE