American Power On Wheels…

Artistes-cyberpunks, body-hacktivistes, évangélistes sataniques, exhibitionnistes des réseaux informatiques, scientifiques transhumains, militant(e)s-queer, pirates médiatiques, joyeux mutants, cyborgs, grands-prêtres vampyriques, body-buildeuses extropiennes, cobayes humains, pornographes digitaux, artistes numériques transgenres, volontaires pour l’extinction de la race humaine…, virevoltent autour de moi…

Je n’en ai cure tandis que je me dirige au volant de mon Prowler rouge, vers l’Américan Power On Wheels # 16 qui se déroule les samedi 18 et dimanche 19 août 2007.
Je suis poursuivi par l’ombre de mon moi-même, en chasse, comme un miroir qui me décompose, me forcant à accélérer pour ne pas être dépassé par les évènements…
Antwerpen, enfin…

Aucune ligne de design, un éééénôôôrme n’importe quoi, mais c’est Yankee, donc c’est bon pour cette réunion…
Vision, un Hummer jaune, grandiose et grandiloquente automobile, mi camion, mi armoire, laid et beau simultanément, le design d’un fer-à-repasser sur planche-à-roulettes motorisé…
Je fais un signe amical au conducteur et me positionne ensuite derrière lui, tel un chasseur Mustang P-51 attaquant fratricidement un bombardier B-17…
« Bienvenue dans le nouveau désordre mondial » hurlent à mes oreilles les Artistes-cyberpunks, body-hacktivistes, évangélistes sataniques, exhibitionnistes des réseaux informatiques, scientifiques transhumains, militant(e)s-queer, pirates médiatiques, joyeux mutants, cyborgs, grands-prêtres vampyriques, body-buildeuses extropiennes, cobayes humains, pornographes digitaux, artistes numériques transgenres, volontaires pour l’extinction de la race humaine… qui virevoltent toujours autour de moi…, supplantant le cri strident du V-6 3L5 qui me propulse à plus de 200km/h !

Oubliez tout ce que vous saviez, la vérité est ailleurs.
Les nouveaux barbares ne sont plus aux portes de l’empire, ils en constituent maintenant la relève.
La révolution aura bien lieu.
Le grand cirque millénariste vient d’ouvrir ses portes.
Prenez place, le spectacle va commencer.

Tout en suivant le Hummer H1 jaune, le même jaune qu’un canari gigantesque et dantesque, je dépasse toutes sortes de mutants fonctionnarisés et d’hacktivistes azimuthés au volant d’insipides berlines grises, ou, à l’arrière, des sales-gosses dessinent sur les vitres les circonvolutions et les interrogations de leur monde impatient d’arriver n’importe ou… 

Fringant vaisseau amoral des cultures déviantes, mon Prowler est au sommet de l’underground automobile.

Il ne manque plus, dans ce décor, qu’un tram pour parfaire la symbiose… qui ne viendra donc pas…

La galerie des typiques atypiques qui se meuvent en maugréant, véhiculant leur famille, ne pensent à rien, ignorant que mon Prowler est issu d’une création qui a exploré les marges et que ces marges ont transformé le centre du tout…, une hybridation créative.

A la vue de tout ce petit monde, je suis pris d’effroi.
Toutes ces familles sont décomposées de me voir les dépasser.
Aussi, à peine arrivé à l’endroit de la sainte réunion, l’American Power On Wheels, seizième édition…, suis-je heureux d’y découvrir un autre Prowler, ce style de véhicule est vraiment à l’opposé des voitures grisailles…

Temps maussade, temps trop gris, voire pluie, ou être ailleurs, loin…
Je ne les ai pas toutes faites, les autres American Power On Wheels, manque de temps, parfois manque d’envie ou pire…
Mais pour cette édition 2007, je « suisse » là en Prowler… et il fait soleil entre deux gouttes de pluie…

Pour être franc, sans risque de me faire trépaner par un amateur de concentration de voitures américaines (ou de toutes autres automobiles…), la vérité est que, sitôt arrivé, sitôt parqué… il n’y a pas grand chose à faire que les cent-pas multipliés par mille, pour aller d’un bout à l’autre de la concentration-manifestation et d’un à l’autre bout (je m’égare…) de celle-ci, regardant d’autres voitures américaines dont les conducteurs et passagers font également les cent-pas multipliés par mille, dans le même sens ou dans l’autre sens, peut importe puisque de toute façon on repassera en rond…

Il y a aussi la pause frite et boissons, l’ébahissement spontané de la foule à l’écoute de musiques westerno-rock-and-roll et la visite du marché aux livres, automobilia, pièces détachées et bricoles diverses, en ce compris des dizaines de mètres de miniatures…
Et… hop, dans l’autre sens….

Quasi personne ne se parle, sauf lorsque par hasard on rencontre une vieille connaissance avec laquelle on re-parle d’autos américaines et du bon vieux temps…
On re-regarde, on re-photographie… et on fatigue…
Piting de piting…

Des thèses absurdes, sans aucun doute, mais aussi des déclarations malsaines que vous voyez glisser du côté obscur de la farce.
Pour être franc (bis), et au risque de me faire trépaner par un vampyre, il y a dans mes assemblages de déclarations iconoclastes, un grand nombre de phrases qui fleurent l’effroyable imposture.
C’est pourtant en partie dans ces passages que réside l’intérêt de mes écrits déjantés.

Je vous laisse donc lire mes divaguations hallucinées et disjonctées…
Au-delà des idées assimilables – fussent-elles trash – il est rare d’entendre la parole des parias et des allumés autrement que sur un plateau de foire télévisuelle.
Toutefois…, il me semble dès à présent, dans le cours de la rédaction de cette page, qu’il serait vain de « légender » des photos qui parlent d’elles-mêmes, au contraire faudrait-il en profiter pour parler-écrire de choses plus évolutives…

Les pontes de Chevrolet ont cru, il y a une dizaine d’année, en arrétant la chaîne de fabrication des Camaro’s, que le SSR allait remplacer la descendante abatardie des Muscle-cars…
Que vous importerait, en effet, que je discourre sur ce Chevy SSR ?
Un Pick-up moderne, voire futuriste, avec un toit escamotable électriquement comme sur une Peugeot 206cc…, cela devait…,  cela se devait…, mais cela n’a pas été…, cela n’a pas marché.
Même aux USA, les « boeufs » ratent le train en marche…
Bravo à « ceusses » qui en ont acheté un, ils contribuent à la rédemption automobile…

Ford gardera toujours une longueur d’avance, maintenant…

En commercialisant la nouvelle Mustang, les dirigeants de Ford ont relancé le mythe des Muscle-cars, pulvérisant la vision SSR-iène de Chevrolet, qui s’est lançé alors sur le tard à reconsidérer le marché et en peaufinant une Camaro nouvelle mouture…

Bullit n’est qu’une illusion, un film…
Pourtant, le mythe de la Mustang est mité…
Les Mustang’s ont toujours été des voitures hatives, hativement assemblées, mal foutues, brinquebalantes, mais mythiques…

Je le sais, j’en ai possédé plusieurs dizaines… et elles ne sont pas si simples à vendre qu’on imagine, seules les Shelby, les véritables Shelby et non les clônes-clowns de Shelby d’apparence, ont quelque chose dans leur block V-8 qui justifie une passion…

Les « ceusses » qui constituent le « marché » américain l’ont bien compris, les Mustang’s peinent a trouver amateurs aux environs de 25 à 35.000 US$, tandis que les Corvette’s montent sans cesse en valeur…
Des Small-block des années ’63 à ’67 se négocient aux environs de 40 à 90.000 US$, les coupé Split-windows et les cabriolets s’affichant en haut des cotations et des résultats obtenus dans les ventes aux enchères.

L’Europe est en retard d’une guerre, mais il y a tellement de guerre dans le monde et dans nos têtes qu’on ne sait plus…

Les Sting Ray qui atteignent les sommets financiers depuis quelques années sont les ’66 et ’67 Big-block dont certaines dépassent le million de dollars pour des finitions sublimes et des options rarissimes…

Vous pouvez vous agacer de certains de mes élans prophétiques, évidemment…, et d’un millénarisme qui fait sourire les plus sceptiques, mais relisez-donc la littérature fin de siècle du XIXème, et souvenez-vous de l’exclamation de Jules Laforgue : « Jeunes filles, regardez-y à deux fois avant de dédaigner un pauvre monstre ».
Les faits sont là : le monde a changé, vous pouvez le regretter et vous enfermer dans une bulle hermétiquement policée, ou essayer de le comprendre en découvrant certains de ses traits les plus « caricaturaux« . 
Je suis un nomade, le grand gourou de www.GatsbyOnline.com et depuis ce matin, le fondateur de l’Ordre Très Hermétique des Mutants automobilistiques, une organisation ésotérique à vocation pataphysique et conspirationniste destinée à promouvoir l’automobile déjantée…
J’ai déjà été rejoint par d’anciens membres du fan-club-Chromes&Flammes, mes anciens magazines automobiles qui ont fait ma notoriété et ont à jamais profondement modifié l’automobile en Europe, c’est vous dire si nous sommes prêts !
Ayant passé mon enfance à voyager dans le sillage de mes parents, je me suis trouvé plus souvent qu’à mon tour dans la position de l’outsider, du nouveau, de l’étranger.
Les enfants ne sont pas nécessairement tendres avec le nouveau qui arrive en cours d’année dans une classe d’école et j’en ai très tôt conçu une forte méfiance à l’égard de la masse, du communautarisme et des traditions.
La création des magazines Chromes & Flammes fin de la décennie des années ’70 correspondait avec l’explosion de la seconde vague punk…

Etant d‘un naturel plutôt agité, je me suis par la suite impliqué dans diverses activités automobiles et sexuelles jusqu’à la vente de ma maison d’édition qui a coïncidé avec l’arrivée du web et la création de www.SecretsInterdits.com puis de www.GatsbyOnline.com .
Ne pouvant qu’adhérer à cette décharge d’énergie subversive, il m’a suffi d’acheter Never Mind The Bollocks, le premier album des Sex Pistols, pour plonger tête-bêche dans la marmite bouillonnante de la contre-culture.
Ces expériences n’ont fait que confirmer ce que je pressentais, que les initiatives culturelles et artistiques les plus intéressantes apparaissent dans les marges, là où elles échappent au contrôle des pouvoirs en place, qu’ils soient institutionnels ou commerciaux.

Un principe qui vaut pour le mouvement hippie des 60’s, le punk, le hip hop, la culture techno, le renouveau gothique, le hot-rodding, le customizing, qui ont précédé le tuning et le « Jacky-touching« … une pratique déviante qui a encore des émules actuellement… etc. 

Directement aux commandes de mes sites-web, je me suis rendu-compte qu’il était plus drôle d’interviewer un évangéliste satanique, un freak adepte des modifications corporelles, une artiste numérique transsexuelle, un savant fou spécialisé dans l’implantation de puces électroniques dans le corps humain, un singe lubrique écrivain, une secrétaire sexy de Nestlé et quelques olibrius, dont moi-même…, que d’écrire un papier sur les mérites comparés des programmes électoraux de divers candidats à l’enculade légalisée des masses…
Sans compter que ces freaks portent en eux autant, sinon plus, de germes du futur que les politiciens.
Mon ami Hugo Vervliet fait partie de ceux qui ont compté dans mes années Chromes & Flammes…
Il a repris la gestion du fameux club belge « Street-Cruisers » ainsi que les shows « Custom’s » en sus de son job de camionneur, et a ainsi donné une touche toute personnelle à la personnalisation automobile « continentale« …
Il a continué ce que j’avais tracé, reprenant les choses à l’endroit et à l’instant ou ces choses ne m’interessaient plus.

Le revoyant, fier et jovial à la fois, dans ce show de voitures américaines, le décallage n’en était que plus flagrant, lui avec ce « Custom-low-ridder » couleur moutarde, à l’époque ou les tendances avant-gardistes ne cessent de se renouveller, moi en Prowler rouge vif, sans fioritures, le Hot-Rod ultime actualisé…, deux tendances reliées par une amitié de parcours et par l’âge qui nous pousse peu à peu vers le néant…
Sa Cadillac, par exemple, est typique de ce que j’avais voulu faire avec mon Olds’48, avant que je ne m’en fatigue… il y a plus de 20 ans…
« Plus de shows customs en belgique, c’est fini… » m’a dit Hugo, « les prochains auront lieu en allemagne ou le mouvement custom marche encore« …
Il est vrai que les derniers shows à Anvers et surtout à Namur ont été plus que moyens en fréquentation…

Revenons-en au fil de l’histoire et au non aux altermoiement de celle-ci…
Mais bon…
En 2000 le rêve est devenu réalité.
Après un an de tatonnements dantesques, j’ai enfin pu connecter mon ordinateur au réseau, après des années d’attente et de frustration avivées par la lecture de romans érotiques et de magazines automobiles californiens.
Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour me faire enculer moi-même sur Internet par une certaine Anamary qui affichait la couleur de son analité….
Et bingo !

La suite de l’histoire est en ligne au travers de milliers de texticules déjantés, d’interviews et de commentaires publiés au fil du temps qui passe, ce qui a propulsé www.GatsbyOnline.com à afficher 1.100.000 visiteurs en 10 mois d’existence !
Après avoir tout repris à mon seul compte, après m’être disputé avec le reste du monde, j’ai enfin pu entrer en contact avec les artistes, les écrivains et les journalistes dont j’étais fan.
L’originalité de l’Internet par rapport aux autres médias, c’est que l’individu n’y est plus confiné au seul rôle de récepteur/consommateur, comme c’est le cas avec les médias traditionnels que sont la presse, la radio ou la télévision.
Il peut à son tour émettre un signal et interagir.
Ceci ne signifiant pas que les signaux émis seront tous intéressants, mais c’est une autre histoire et quelque part on s’en fout un peu.

La liberté d’expression est un droit fondamental.
Là n’est pas la question.
Il paraîtrait même que ce serait un des piliers de la démocratie.
Après, à chacun de faire son tri dans le chaos du réseau…
Outre la publication des magazines Chromes & Flammes, la création de rassemblements ou les fanatiques d’automobiles déjantées pouvaient se concentrer, outre la démocratisation de la micro-informatique, l’apparition du Sida et les premiers signes d’effondrement du bloc soviétique…, les années ’80 ont été marquées par une série de vagues et d’initiatives culturelles dont l’influence se fait sentir jusqu’à aujourd’hui.

La liste est interminable.

En vrac, le customizing, le hot-rodding, le tuning, le punk et le hardcore, le hip hop, la cold wave, la house music et le Summer of Love d’Ibiza en 1987, les premiers frémissements de la scène techno et l’apparition des free-parties, les travellers, Act Up et le nouveau militantisme gay, la littérature cyberpunk, les images numériques, l’Electro Body Music et la Nu Beat en Belgique, la scène industrielle…

Ajoutons à ça, l’apparition des radios libres et les centaines de fanzines qui leur ont emboîté le pas pour se faire l’écho de cette agitation pour avoir un bref aperçu de l’énergie qui animait les années ’80.

Il ne se passait pas une semaine sans que de nouveaux machins viennent bouleverser les trucs du bazar de notre vie.

Pour résumer, plus qu’une scène en particulier, c’est ce bouillonnement protéiforme et l’accélération créative due aux nouvelles technologies émergentes, customizing et micro-informatique en tête, qui m’amènent à penser que cette période a été déterminante pour les années qui allaient suivre.
En regardant la génération née dans les années ’60 ou ’70 du siècle dernier, j’ai le sentiment d’une mutation majeure des mentalités.
Serait-ce une simple illusion d’optique, une vue de la marge ?
Je suis assez partagé sur cette question.

Où sont les signes avant-coureurs de la mutation ?

Notre environnement technologique a radicalement changé mais je ne suis pas certain que ça se traduise de manière très positive à une échelle générationnelle.

Les célibataires passent leurs nuits à chatter sur Internet dans l’espoir de trouver l’âme sœur et on peut maintenant rejouer les scènes d’action de Matrix au ralenti avec une qualité d’image inédite grâce au DVD.

Le quidam moyen babille durant des heures avec l’oreille collée à son portable, lorsqu’il ne s’esquinte pas les yeux à rédiger et lire des SMS truffés d’abréviations débiles.

Heureusement, il y a toujours eu et il y a encore des factions progressistes qui avancent au défi des conventions en tirant profit des dernières avancées technologiques pour semer les germes de la mutation.
Ca peut sans doute avoir le goût et la couleur de la mutation, mais ça me paraît plutôt être de la stagnation caractérisée, voire même de la régression dans certains cas.
Mais elles sont encore loin de faire l’unanimité, ce qui n’a en soi rien d’étonnant.
Il ne manquerait d’ailleurs plus que ça…
La technoscience est une source d’inspiration majeure de la crash culture, qui a d’ailleurs commencé comme « cyberculture« .
Elle est aussi une sorte de préalable nécessaire, puisqu’elle met à disposition les outils concrets de modification de soi / des réalités / des mentalités.
La génération mutante est la fille des grandes révolutions technoscientifiques, mais pas uniquement.
La mutation est le fruit des révolutions techniques et scientifiques récentes mais aussi l’héritière des excentriques des générations et des décennies passées, de Lord Byron à Timothy Leary, en passant par Salvador Dali, Fakir Musafar ou Johnny Rotten pour donner quelques repères.

Alors oui aux grandes révolutions technoscientifiques, mais certainement pas sans contre-pouvoirs, aussi délirants soient-ils.
Nous devons beaucoup à la folie généreuse qui les animait et je n’ose imaginer le monde dans lequel nous vivrions sans leurs extravagances.
Sans cet équilibre, il n’y aurait probablement pas de génération mutante mais une seule et unique génération Bill Gates, formatée pour le pire.
Les réseaux informatiques ont permis, par exemple, aux amateurs de customizing, aux félés de hot-rodding, aux passionnés de voitures américaines… et à « ceusses » qui aiment les tatouages, piercings, scarifications et autres implants transdermiques…, de communiquer, de se rencontrer et d’échanger des informations, ce qui a évidemment contribué à la diffusion de ces pratiques auprès d’un plus large public.

Deux clics de souris leur suffisent aujourd’hui pour accéder à des dizaines de milliers de pages web.
Même chose pour le fétichisme dont les adeptes étaient auparavant réduits à la lecture de publications confidentielles.
Même chose du côté des vampyres pour qui il est moins risqué de chercher l’âme sœur dans les mondes virtuels que dans les jungles urbaines… et je ne parle même pas des artistes numériques pour qui le réseau est rien moins que fondamental.
Nos aînés attendaient souvent une « explosion » du système, avec une révolution qui change tout par le haut.
Les représentants de la mutation pop ne raisonnent plus du tout, ou presque, selon un point de vue doctrinal, politique.
Les mutations ressemblent à une sorte d’implosion par le bas, comme si des individus et des communautés se détachaient peu à peu du lot commun, pour vivre « à côté » des autres.

A quoi bon faire la révolution s’il s’agit de reproduire les mêmes erreurs ou pire si affinités ?
L’effondrement du bloc soviétique a mis un sacré coup aux utopies révolutionnaires, telles qu’on les connaissait jusque-là.
Par conséquent, de plus en plus de gens ont tendance à s’écarter de la société plutôt que de tenter de la modifier…
Plutôt modifier son mode de vie, son corps et son environnement immédiat qu’un système face auquel on se sent totalement impuissant.

On tente de subsister et de se réorganiser à l’écart des normes en formant de petits groupes, en constituant de nouvelles structures tribales.
Lorsqu’il n’y a plus d’utopies, qu’elles soient révolutionnaires ou autres, il ne reste plus que la survie qui se situe elle à un niveau beaucoup plus individuel.
Ce qui explique en partie que les communautés opèrent leur grand retour en zone rurale ou que de nouveaux groupes de nomades se constituent pour parcourir les chemins de traverse du nouveau et de l’ancien monde.
Mais j’ai surtout le sentiment que nous sommes dans l’œil du cyclone, que nous traversons une période de calme trompeur et qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que ça redémarre.
Un système a la contestation qu’il mérite et le libéralisme à court terme, tel qu’il est appliqué par les décideurs actuellement en place, n’a rien pour me rendre très optimiste.
Lorsqu’on accule les gens au désespoir, on doit s’attendre en toute logique à un retour de bâton.

L’appât du gain et la soif de pouvoir nous entraînent inexorablement vers des lendemains qui déchantent.
Les écrivains de littérature prospective sombre des années ’70 avaient vu juste.
J’écrivais en ce sens, déjà, dans certains éditoriaux de Chromes & Flammes, exhortant mes lecteurs à se transcender plutôt qu’à être moutons de masse…

L’Amérique a les qualités de ses défauts.
Après tout, il faut bien reconnaître que l’Amérique marchande, particulièrement son appendice hyperoccidentale californien, est un des plus gros laboratoire de mutation du monde.
Elle reste le lieu de tous les possibles, pour le meilleur comme pour le pire.

Quant au capitalisme, il n’est pas le seul fait des américains, loin s’en faut.
Certains évènements récents ne plaident pas en faveur de sa classe dirigeante mais s’arrêter à ce seul aspect des USA reviendrait à ne considérer la France qu’au travers de l’ancien prisme chiraquien.
Les patrons français ne sont pas en reste, même s’ils s’y essaient parfois avec moins de bonheur que leurs collègues d’outre-atlantique, comme ce fut le cas pour Jean-Marie Messier.

Ils se paient même le luxe d’avoir Terminator comme gouverneur.
Pour ce qui est de la mutation, on ne peut nier que la Californie a constitué durant quelques décennies un épicentre de la folie humaine.
J’ai souvent interrogé mes lecteurs sur la position particulière de cet état.
Certains m’ont parlé de bohémiens et de folies débridées….
D’autres m’ont parlé de métissage ethnique, le pseudonommé « Orang-outan » évoquant pour sa part une théorie de Timothy Leary selon laquelle les freaks migrent vers l’ouest à chaque fois que la société dans laquelle ils vivent ne valorise plus leur talent et leur intelligence.

Que peut-on ajouter de plus ?
Freaks, bohémiens, métissage et folies débridées…
Ajoutez à ça un gros zeste de nouvelles technologies, la faille de San Andréa, les hot-rods de Boyd Coddington, les Clénet’s et Excalibur’s, quelques Corvette’s et Mustang’s…, secouez fort et appréciez le bouillon de culture mutant !

On pourrait considérer que notre ami « Indian Pete » en est un exemple déjanté…
Etant déjanté moi-même, j’aime beaucoup les déjantés de toutes sortes, même si leurs goûts en matière de vie, de décoration et de langage ne sont pas les miens, mais c’est cela la liberté d’être soi-même…
« Indian Pete » est allé jusqu’au bout de ses rêves, en ce compris de ses rêves d’Amérique, quelle puisse t’elle être en réalité.

Pour vivre, « Indian Pete » s’est construit une maisonée mobile dans la remorque de son semi, un Peterbilt « à l’ancienne« , décoré de kitch et de toc dans l’esprit de son univers… et il survit en réalisant quelques shows « explosifs » avec le semi qui sert de tracteur à sa vie nomade…
C’est l’engin qui illustre depuis quelques photos délirantes, cet article qui l’est tout autant…
Le show consiste tout d’abord à exihber le semi remorque, puis « Indian Pete » en personne… et ensuite à mettre en marche le réacteur d’avion F16 afin de faire un max de bruit et de fureur, de fumée aussi, puis de flammes…
Les gens adorent…

Loin du style « Zen » et des créations de « Starck » qui peuplent mon quotidien, celui de « Indian Pete » et de ces amis (ci dessus Hugo Vervliet courtisant la compagne de « Indian Pete » à ses risques et périls…), respire un mélange de guimauve bodybuidée dans des couleurs de néons psychédéliques éclairant des centaines de bibelots décalés…
Illustration par l’absurde de l’état du monde réel, l’imaginaire collectif de ce que devrait être le monde selon le customizing basique…
Si vous aimez, et vous aimerez même si vous êtes « Zen » (la loi des contrastes et de l’absurde), vous pouvez louer ses services (sévices)… www.jettruckteam.nl contact (Hollande) 076-5152613 ou 076-5144540 ou 06-25568534…
Je crains fort, après tout cela, que le leadership californien soit d’ores et déjà remis en question, même après les efforts de quelques « designers » d’envergure…
Boyd Coddington ne fait pas que des émules, certains croyant à tort que le beau, le fonctionnel, peuvent (doivent ?) être simples et fonctionnels…
Rien de simple ni de fonctionnel dans l’univers de « Indian Pete« , sauf qu’il est sociable, amical, bon enfant et sympathique.
Il respire la joie de vivre dans une sorte de naïveté bon enfant, et quelque-part, c’est aussi formidable que de regarder quelques clips de groupes tyroliens.

www.LesAutomobilesExtraordinaires.com    
www.GatsbyOnline.com