Bugatti Chiron 2016…

Fin miaouuuuh d’août, en pleine canicule, c’est Pebble-Beach…, faut y aller si on en fait partie !
Si on fait partie de quoi ?
De la haute…, là ou y a nana que des cuisses de Jupiter et des beautés suaves…

Je suisse arrivé ou il fallait, devant une sorte de pavillon préfabriqué de luxe, au milieu de rien et de tout.
Jeff ne m’attendait pas…, j’ai compris ça en reluquant son œil (gauche) torve…, la bouche béante et béate (Klarsfeld)…, il ne portait qu’un bermuda à fleurs légèrement surdimensionné… et était farci comme une paupiette, le cul serré comme une noix de cajou entre les doigts d’un joueur de mandoline qui doit se talquer le derche tous les matins pour éviter le frottement et les rougeurs à l’entre cuisse.

Imaginez un haltérophile en bermuda et vous comprendrez tout de suite la monumentale erreur…, quelques années au compteur, mais bon pied, bon œil, comme Diogène, il a l’art de la répartie et de la parole mordante, un sourire mutin, la douceur de la vie dans sa simplicité la plus pure.
Une simplicité qui rappelle qu’il faut profiter de la vie, envers et contre tout, que la vie n’est pas une rivale, mais une alliée, une alliée exigeante, sévère, mais alliée tout de même.

Jeff est milliardaire et collectionne les Bugatti sans trop savoir pourquoi…, quoiqu’en fait de Bugatti, il n’en possède aucune authentique du temps d’Ettore…, il n’a que quelques-unes de celles d’après, une fausse Atalante, une fausse Atlantic (chacune avec un 6cyl Jaguar et boîte auto) et ensuite les « modernes », toutes plus laides qu’hideuses à cause de leur calandre en fer-à-cheval pour « faire » Bugatti… et il s’est aussi payé deux Veyron dont une particulièrement moche en « Hermes » et une autre pire, façon rococo Sifreddi en bleu délavé avec des myriades de stripes…
Jeff n’est pas le genre à aller passer ses vacances à Miami pour voir un dresseur d’orque se faire niaquer en direct…, il préfère les passer à l’ombre de ses palmiers de Boca Raton (Floride), entre son garage grand ouvert et le bord de sa piscine, pour se souvenir des bons moments et observer patiemment le temps qui passe.

Bien vieillir, c’est être capable de poser sur les choses de la vie un regard neuf…, « la vieillesse est un naufrage » écrivit Chateaubriand avant d’être plagié par le général de Gaulle, qui en avait après Pétain…, autant il y a des vieillissements qui sont autant de noyades, autant certains donnent envie de vieillir.
En vérité, on n’aime pas que le temps soit visible…, car autour de nous, tout moisit, tout pourrit, tout se corrompt, tout s’écroule, tout se délite, tout fout le camp…, alors, quoi de mieux que d’acheter une Chiron tout comme deux cents autres abrutis Yankee en attente de fêter ça avec quelques bouteilles de bons vins Californiens qui ne réclament que des gosiers épais, quelques voisins milliardaires curieux, quelques nananas, quelques tranches de saucissons mexicains, et quelques cuisses de Jupiter…, que demander de plus ?
Le seul attribut réservé aux plus vieux est le pouvoir de manier avec plus de liberté, d’aisance, d’expérience et de bonté, la faculté de jouir des bonnes choses de la vie…

Invitation…, verre de rigueur et entrée dans la sphère des plus riches, où déjà pas mal de beaufs et de veaux se bousculent autour de la Chiron…, qui ne me parait pas un grand millésime, des trucs exigeants ont été nécessaires pour faire bonnard…, un peu comme pour la Veyron, là où quelques autres n’avaient fait qu’une seule et bonne cuvée, plutôt que des parcellaires moyennes, et que pas mal d’autres se sont noyés dans la masse.
Mais avec cette Chiron, la face avant nanana rien du fer-à-cheval des calandres des Bugatti d’avant-guerre, c’est le groin de cochonne et la forme dodue généreuse qui font penser à une tirelire en porcelaine… et dès que cette image se superpose à la vision dantesque, ça fait rire…, un rire qui prend de l’ampleur quand on s’instale dans le Cochonou, car on ne peut et sait voir la tête de qui est assis à coté…, notez que l’effet arrondi est zoli, surtout en rouge vivifiant…, y navet les Ferrailleries et les Porscheries, voilà une cochonnerie de luxe en plus…

Pour résumer, tout ce toutim, ce barnum, ces pitreries…, à consommer assez vite…, pour le plaisir de claquer 2 millions et demi… et garder la même somme pour de futures bonnes et grandes affaires.
Des affaires ?
Toujours les mêmes, les gens ne vivent que pour forniquer en enculer tout le monde !
Donc, quelques « affaires » à faire…

Pour commencer, 2 ou 3 jeunes et jolies à récupérer d’autres mains peut-être pas moins expertes, mais moins généreuses…, malgré la promesse donnée de bien des sueurs, la patience est parfois récompensée par de voluptueuses et gourmandes soirées…, il suffit d’être patient ou de disposer d’un passe…, d’un compte-en-manque quasi illimité aussi…, qui donne droit au sourire de… et à la commande…, mais le « baratinage » de rigueur ne m’a pas ouvert la porte du paradis du branlage réciproque d’une superbe trentenaire, droite et pure (sic !), qui m’a séduit par son abondance mammaire et son élégance déphasée…, un coup de cœur en attente d’un coup au coeur… avec les coups bas qui s’en suivent de trop de coûts financiers…

Pendant que les Vulgus Pecus prenaient d’assaut le pavillon… quelques vendeurs-chics attendaient patiemment les vrais amateurs avertis…, n’hésitant pas à montrer la signature d’Ettore Bugatti sur le tableau de bord : « Ettore a signé lui même »… et les imbéciles de se pâmer devant une telle preuve d’authenticité !
Ça tombait bien, j’arrivais de Franchouille…, j’ai toujours le temps de papoter tranquille…, une approche très nature, un dialogue posé, simple, très loin des canons du genre, un exercice à l’aveugle…

Un « show » effectué à grandes foulées…, il me faudrait pouvoir prendre le temps de faire « les choses » plus calmement…, une prochaine fois, surement…, même si je ne regrette pas mon petit parcours sélectif qui n’a duré que 48 heures…
Le diable est ensuite retourné dans sa tanière…

J’ai fait mes comptes…, je me dis qu’il y a trois sortes de gens au monde : ceux qui savent compter, ceux qui ne savent pas compter… et moi….
La coupe est pleine et le ventre vide, il est grand temps de hisser la grand voile, d’affaler mon spi, d’abaisser mon tangon.
Dois-je loffer à bâbord ou prendre le mur sans hooker mon spinnaker et tourner le dos à mon foc ?

Surtout pas, malheureux, mon gonfalon s’en trouverait tout chamarré…, tu fais comme moi : tu astiques ta trinquette, tu remontes plutôt ta génoise et tu gardes l’écoute en filant ton bout à la dernière plie venue… (évite les morues)… et ne cède pas à la sirène du pompier, y a de la houle…, un coup de dents parce que tu radines et adieu les folles nuits (zances)…

En bonne Bugatti qui se respecte, la nouvelle Chiron cumule les superlatifs et les chiffres impressionnants…
Animée par un moteur W16 8L quadriturbo transmettant 1.500 chevaux et 1.600 Nm de couple aux quatre roues pour atteindre les 100 km/h en moins de 2,5 secondes et jusqu’à 420 km/h en pointe, elle ne sera produite qu’à 500 exemplaires…

Lors de sa présentation au Concours d’Elégance de Pebble Beach, moins de six mois après sa présentation officielle…, le constructeur de Molsheim annonce fièrement avoir déjà reçu plus de 200 commandes pour cette horrible remplaçante de la Veyron.
À 2,4 millions d’euros l’unité hors options, hors taxes, assurances, frais divers, emmerdes et inquisition fiscale…, cela représente au global 480 millions d’euros soit l’équivalent de 35.000 Renault Clio !

120 réservations avaient déjà été passées en amont de l’officialisation du modèle, soit une progression de 80 exemplaires depuis février dernier…
Les clients de la marque devront s’armer de patience, comme au bordel, chacun son tour…, au suivant…, au suivant…, Bugatti compte en effet fabriquer 100 Chiron par an pendant cinq ans pour atteindre sa production totale prévue.

Et si le succès semble être au rendez-vous pour le lancement de la SuperVW « française », rappelons-nous toutefois que les dernières des 450 Veyron produites avaient mis BEAUCOUP de temps à se vendre malgré une carrière de dix ans pour le modèle et de (trop) nombreux exemplaires uniques (certains étant totalement ridicules).
Bugatti fera-t-il pire en deux fois moins de temps ?
Réponse en 2021 !

@ pluche…