Effeffe Berlinetta : Ragazza sbagliata…

Voici une « pensée salvatrice » écrite et publiée sur un site-web issu d’un mag’auto-papier…, car c’est une entrée « en matière » idéale…, son auteur ouvrant la porte des enfers des envies et vanités humaines…, à moins qu’il n’entrouvre la boîte de Pandore !
« Qui n’a pas rêvé de posséder une belle italienne produite durant les plus belles années du design automobile ? Malheureusement, celles-ci sont souvent impayables, fragiles et peu confortables, à tel point que la plupart d’entre-elles restent bien au chaud au garage »…

La truffa della bella cagna…

Ca déculpabilise de lire : « Qui n’a pas rêvé de posséder une belle italienne ? »..., même si ce « Qui ? » ne représente que quelques-uns (et unes) dont la majorité se limite à collectionner des miniatures…, les autres rêveurs (rêveuses aussi) se rabattent sur des vieilles « pas chères », comme sur des vieilles peaux « en état d’origine », des qui grincent aux articulations…, des bancales avec des gueules de momies…, des « body’s » en décomposition…
Faut le cœur aussi…,  bien accroché, pour leur faire un cunnilingus et pousser la vieillerie en limite de zone rouge, mettre son nez là-dedans, c’est pas évident…, ça craint… et même un bidon de « Pchhhiiiittt parfumé » ne change rien aux effluves et macérations…, ça fuit « de partouze »…, ça chauffe la bouilloire… mais il n’y a que du glacial dans l’habitacle…

Dans la nouvelle « Awake, Sleeping Tigress » (1972) de Norman Kaufman, la « belle vieille », amante du narrateur, est vicieuse, elle lui fait du chantage pour qu’il couche avec elle…, il raconte, écœuré :
« Alors que je la regardais, une boule de dégoût me serrait la gorge. J’observais ses fins cheveux blancs, ses joues creusées, sa bouche édentée, sa poitrine plate, son ventre indécemment gros, ses flancs décharnés. Je me suis approché d’elle et je me suis vu toucher ce corps marbré, une odeur de sale a envahi mes narines, j’ai senti la bile dans ma bouche alors que les veines de ses bras m’enlaçaient »…

On « pneu » parfois restaurer à grands frais, transplantations possibles, sans garanties de revenir d’un voyage à Rome…, là on fait de l’illusion de jeunettes avec les vieilles…, ravalement obligé, mais la note à payer est apocalyptique… et ca reste malgré tout une vieille cochonnerie…, tant qu’à dépenser autant… mieux vaut la sécurité d’une jeunette…, fraîcheur, fermeté, galbes, punch et pouf-pouf-hop-hop-hop !
C’est comme si une vieillerie (peau flasque, seins caoutchouteux et fesses « cratères de lune ») vous faisait chantage d’acheter une maison en bord de mer, 4 chambres et dépendances, plus piscine géante pour recevoir « sa » famille, en échange que vous pouvez vous branler sur son corps… avec son assistance…, l’expression : « Les seins en portefeuille », est ici, à mon sens…, un double-sens, rapport aux billets qui disparaissent… et donc, à force…, si vous réfléchissez, vous conviendrez que pour pas plus cher, vous embarquez du frais (nuances : rayon poissonnerie ou charcuterie)…

Il prezzo del sogno di possedere la gioventù…

Pour rester dans le sujet (ce qui est un vache de double-sens humoristique car il y a des histoires dans lesquelles il est dangereux de tremper, croyez-moi)…, j’en reviens au sens « primal » de la pensée sclérosée qui a pondu : « Qui n’a pas rêvé de posséder une belle italienne ? »
Faute de grives on mange des merles, faute de jeunettes on se tape des vieilles…, y-a-t-il une solution miracle ?
Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Mais tout à un prix…

Pragmatique, si vous voulez vous amuser dans l’esprit d’une Ferraillerie 250GTO que quelques illuminatis-extra-terrestres achètent souvent dans des conditions troubles et troublantes pour plusieurs dizaines de millions d’euros !
Sans y mettre ce montant :
– soit vous collectionnez des miniatures,
– soit vous achetez une AudiTT d’occazzzz (moins de 10.000 pour les premières séries),
– soit vous cherchez une réplique (zone rouge question immatriculation légale et « emmerdes » assurés dès les premiers tours de roues),
– soit vous n’achetez rien (vous me lisez dans www.GatsbyOnline.com)…,
– soit vous achetez une voiture qui a l’air neuve et qui a un look d’ancienne… C’est une solution onéreuse car les margoulins qui les créent et fabriquent ne le font pas par amour de l’art et de l’automobile…, mais pour gagner un maximum en un minimum de temps… et rien n’est non plus certain question homologation et immatriculation légales…, de plus c’est une solution stupide, car c’est comme si vous aviez les moyens d’embarquer la crème de la crème, une authentique jeune, belle et voluptueuse…, et que pour le même prix vous vous encanailliez avec une réplique vieillie de Paméla Anderson, voire de Brigitte Bardot…

Il n’est pas illégal d’aimer les cochonneries (les amateurs de Porscheries et Ferrailleries ne peuvent me contredire même sous perfusion), mais c’est une déviance psychiatrique…
Bref…, les frères Frigerio ont décidé « froidement » de pomper dans le puits sans fond de la bêtise humaine qui est l’éternel réservoir des pires fumisteries consuméristes de l’univers… afin de « changer la donne »… en proposant une belle italienne façon ancienne, une « Lollobrigida » semblant sortir des années ’60 mais comportant une mécanique « éprouvée » (éprouvante à certains égards).

Una Bella Putta Rossa…

Présentée il y a deux ans au Concours d’élégance de la Villa d’Este ou elle tentait de racoler « large », l’Effeffe Berlinetta, dans sa version définitive, a été officiellement dévoilée mi avril 2016 au salon Top Marques de Monaco… et… ce fut un « non évènement »…, auquel participèrent quelques gérontophiles…, « ceusses » qui trouvent les vieilles plutôt attachantes…, ce qui vient peut-être, tout simplement, de l’affection qu’ils avaient pour leurs grands-mères…
A voir la Effeffe…, celle des frères Frigos… était surement déformée par une polyarthrite rhumatoïde débilitante, mais elle était certainement, à coup sur…, aussi sage qu’un moine sur la voie du nirvana, espiègle et diaboliquement drôle, elle a vraisemblablement mené une vie délurée et alcoolisée.

Tout comme les grands yeux innocents d’un bébé potelé et l’odeur du talc titillent le côté maternel de certaines personnalités androgynes, la démarche lente et voûtée d’une vieille fille qui sent le parfum d’un autre temps déclenche chez certains la tentation de posséder une vieille esseulée avançant seule, lentement, dans un Carrefour (double sens)…, et c’est à ces âmes fascinantes et peu connues que la Effeffe Berlinetta s’adresse…
Le psychiatre autrichien Richard von Krafft-Ebing a le premier décrit cette « orientation érotique liée à l’âge » en 1886 dans son ouvrage de référence sur la déviance sexuelle : « Psycopathia Sexualis »…, sans entrer dans les détails, il définit simplement la gérontophilie comme « l’amour envers des vieilles salopes » (saloperies est plus exact)…

La trappola dell’amore falso giovane bella…

Le modèle offre une apparence 100% vintage, en ce compris « les dessous »… sous le capot… puisque la Berlinetta est équipée d’un nouveau-vieux quatre cylindres de 2.000 cm3 produit par Alfa Romeo… et dont la conception initiale date de 1971.
Il est flanqué de deux nouveaux-vieux carburateurs Weber DCOE… et couplé à une nouvelle-vieille boîte manuelle à cinq rapports (à mon sens un rapport suffit amplement)…

Grâce à un châssis tubulaire, la belle italienne n’accuse que 800 kg sur la balance… mais elle est « forte » de 180 chevaux, disponibles à 6.500 tr/min, assurant des performances « dignes »...
Prix demandé par les frères Frigerio pour ce modèle qui ne sera produit qu’à une poignée d’exemplaires : 281.000 € l’unité basique… arrondis à 300.000 euros avec quelques minimas…, plus taxes et emmerdes…

En termes nosologiques, les définitions précises de la gérontophilie sont extrêmement importantes, car concernant les perceptions que les jeunes ont des vieilles, dans une étude sur la gérontophilie, le psychiatre britannique Hadrian Ball montre comment la définition s’est un peu affinée depuis l’époque de Richard von Kraft Ebing et John Money qui définissaient la gérontophilie comme suit :
– « Condition d’un jeune adulte pour qui une activité érotico-sexuelle réelle ou fantasmée avec une « vieille chose » est nécessaire pour déclencher ou maintenir l’excitation et favoriser ou atteindre l’orgasme » !

Les recherches scientifiques sur la gérontophilie concernant les automobiles anciennes sont rares comparées à ce que l’on trouve sur les autres paraphilies…, mais elle est tout de même évoquée ça et là.
Il est patent que le client type d’une Effeffe Berlinetta est également exhibitionniste et masochiste.
Qu’il y ait un public de niche pour toutes les formes de « conneries » est évident…, mais il est à noter que cette voiture est quasi-absente de la littérature automobilistique, sauf sur www.GatsbyOnline.com ou elle vient ci-dessus (ci-avant) être traitée dans le genre fiction d’horreur…

Voilà, je suis certain que les frères Frigos auront été refroidis à la « potentielle » lecture de tout ceci…
L’étiologie (l’origine psychosexuelle) du développement d’un tel goût pour les vieilleries est pour l’instant inconnue.
Sans surprise, les premières théories sur le sujet ont eu tendance à mettre en avant des influences œdipiennes (une sorte de désir charnel lié à la mémoire, dans lequel les expériences ont imprimé dans le cerveau, un fétichisme quasi morbide)…

La biancheria intima del vecchio bella…

Effeffe, est la prononciation des FF de l’officine Frateli Frigerio : ça sent bien l’Italie !
La « Bella » ne vise aucun modèle ancien en particulier au niveau du style, c’est une évocation réalisée par ordinateur, un zeste de Zagato (le double bossage) et une récupération des ailes avant et l’arrière d’une Ferrari 250 GT SWB…, c’est pas plus… et, pour justifier un prix très élevé, la carrosserie est en aluminium : « formée à la main »
A l’intérieur on est dans l’ambiance, trois gros cadrans au tableau de bord en tôle peinte et un volant Nardi bien sûr.
Le châssis est tubulaire, renforcé avec des panneaux d’alu en « nid d’abeilles »…, sur cette structure ce sont des solutions « à l’ancienne » qui ont été privilégiées.
Le train arrière est un pont rigide suspendu par des combinés ressort-amortisseurs classiques de grande série (Alfa).
Le train avant (de même provenance) est suspendu via des doubles triangles.

Pas de V12 italien, mais ce serait possible, il y a de la place…, mais pour ne pas se compliquer la vie, c’est un nouveau vieux bloc Alfa Roméo qui est installé; le 1.962 cm³ « bialbero » (ce terme désigne tout simplement ses deux arbres à came en tête) de 180 chevaux est accouplé à une boîte à 5 vitesses !
Cinq autres moteurs d’origine Alfa sont prévus…, Twin-Spark 2000 4cyl 180cv…, 1800 Turbo 4 cyl 180cv…, V6 2000 Turbo « Busso » 200cv, V6 2500 Turbo « Busso » 210cv et V6 3000 Turbo « Busso » de 250cv…

A 300.000 €uros en prix basique y compris quelques options, plus taxes et emmerdes…, « la bella » propose ses charmes de fausse jeunette, elle a beau être belle, elle aura du mal à se vendre facilement…
Ce n’est pas une vraie vieille salope, comme une Zagato, elle n’en a que l’évocation…, une authentique Alfa Romeo GTAM a le même moteur pour bien moins cher…, et une ancienne Autodelta avec palmarès se négocie pour moitié.
Qui va succomber à cette gérontophilie automobile ?

Ciao, Bella…-