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Rat-Rod Modèle A vs Lamborghini Aventador LP 700-4…

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« Tous nos plaisirs ne sont que vanités » a écrit Pascal, cet aphorisme je le place en ouverture de ce reportage, tel un exergue en lettres d’or…!
On veut défendre les usages d’une justice sociale égalitaire, puis finalement on finit par penser à soi, à ses études, à ses amours… et ensuite on défend ses propres rêves.

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L’engagement démocratique est-il soluble dans l’individualisme ?
Pas vraiment, quoique…, je n’en suis pas nostalgique, mais à mes 18 printemps j’avais déjà la fibre revendicatrice qui se prenait des coups de matraques dans la gueule…, quand les ados d’aujourd’hui passent leur temps sur les réseaux sociaux, s’indignant tout juste d’une société prête à ne plus rien leur offrir, hormis des iPhones…, on a les idéaux qu’on mérite…

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Je ne vais pas ici cumuler trois tonnes de clichés, mais croyant que j’avais été conçu (dans la joie et les jouissances) pour être architecte, ce qui incluait de devenir aussi architecte du monde en devenir, j’en étais presque devenu l’archétype de l’étudiant romanesque et romantique aux Beaux-arts, peignant de la merde dans le grenier, transformé en atelier baba-cool miteux, de la maison familiale…, les mèches longues, le regard mélancolique et lisant de la poésie ou des bouquins sur Salvator Dali…
« Stop ! Alllôôôô…, j’suis pas en bad, boloss, juste que j’ai un poil de seum…, mais je sens que si je me tape encore l’affiche, je vais te mettre au fond du bac…, t’embarquer dans une Nième utopie, à grands renforts de métaphores toutes chamées grââââves, que si tu l’as pas captée, t’es vraiment qu’un teubé » !

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« Kiffe pas, tu vas craquer ton string, lol…, moi je suis perché, un vrai shot gun dans ma catégorie, au top, même si tu crois que mon free style part en live…, toi, quand le réel vient frapper à ta porte, t’oublie de lui ouvrir…, beh connard, t’as qu’à acheter une sonnette »…
Je verse une petite larme sur la dimension politique de l’héritage soixante-huitard et celle d’un jeune candide aux prises avec les aléas de son temps (moi !)…

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Il y a quelque chose de foncièrement anachronique à entendre aujourd’hui des trucs pas possibles du genre : « Il faut porter le socialisme révolutionnaire au-delà des revendications petites-bourgeoises et du modèle trotskiste »…, ou encore : « Les acquis de la révolution culturelle font peur aux impérialistes américains et soviétiques »…
OK, sérieusement ? Replacés dans mon époque, je dis pas hein, ça avait du sens et tout ; mais là, maintenant, ça fait tellement archaïque, tellement caricatural qu’à la fin, ça en devient limite tordant et limite sentencieux.

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Pour ne rien arranger, les d’jeun’s actuels sont amorphes, lorsqu’ils lisent un texte, ils récitent comme s’ils psalmodiaient une rubrique nécrologique…., platement, tout fait daté, tout est mou et le fond de l’air est à peine rougeoyant.
Dans mes souvenirs de post-soixant-huitard, revisités, remémorés tout à coup, entre « peace and love » à la campagne et « dolce vita » en Italie…, entre pavés et fumigènes…, tracts et graffitis…, j’ai toujours l’écrit de dire la liberté de créer, de penser et d’aimer… et l’utopie de la révolte rattrapée par les cahots de la réalité (maladie, avortement, mort, routine d’une certaine vie)…, mais je n’en oublie pas la fougue, l’ardeur, m’autorisant un côté souvent artificiel qui malmène mes intentions.

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Je vous écris tout ça, parce que mes années ’60 c’était aussi le temps de mon coup de foudre pour les Hot-Rod’s… et qu’il va en être question dès les lignes suivantes…, au-delà des échos et des mélodies de ces années.
Je suis un mec spécial, depuis longtemps, si pas toujours…, en effet, j’étais enthousiaste pour les Hot-Rod’s, mais je dessinais des vieilles voitures de prestige des années folles pour en illustrer des calendriers (il fallait amener un peu d’argent dans la famille, on n’était pas bien riches), mais aussi, j’avais été estomaqué au salon de l’auto en découvrant la Lamborghini Miura…, des heures que j’ai passé devant elle, à rêver de plus tard…

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Je n’ai par contre jamais été fan-boy de Ferrari…, c’était alors comme préférer les Rolling-Stones aux Beatle’s…, je détestais les Ferrailleries, vomissais les Porscheries, chiais sur les Beatles, (des abrutis)…, mais j’aimais les Stones et les Lambos…, les Hot-Rod’s aussi, comme les Chopper’s…, même que je me serais bien vu en Outlaw, en « rebelleux », en Hell’s Angel’s, tant qu’à faire…
Puis le temps a passé et j’ai roulé en Mustang….

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Il me faudra attendre quelques années et Chromes&Flammes pour m’en payer, des bagnoles…, jusqu’à l’écœurement tant c’étaient pour la plupart des casseroles à problèmes, frayeuses comme un régiment de putes vénales, maquereaux compris, pour pas écrire : « concessionnaires »…
Bande de pourris, comme leurs autos merdiques…, tant de temps perdu à rêver pour vivre des cauchemars…, toutes…, pas d’exception, sauf une ou deux…

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J’en ai assez écrit, j’en écris encore, avec rage tout en riant…, faut avoir pu les vivre pour comprendre…, 99,99% des gens qui en parlent avec bonheur n’en ont eu que des posters…, lu des articles faisandés torchés par des journaleux qui ont bien du mal à survivre (heureusement qu’ils peuvent revendre les parapluies-cadeaux et les fardes de presse)… et collectionné des miniatures pour étagères Ikéa…
Bien…, en fait, les seules automobiles que j’ai gardé de ma collectionnite imbécile, sont celles que j’aimais le plus, mais en réalité, c’est surtout parce que ce sont celles qui se revendent le moins facilement…

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Revendre un Hot-Rod en Franchouille, avec « ceusses » qui y traînent leurs boots de cow-boys, c’est comme être de l’armée du salut et tambouriner de portes en portes pour vendre des bibles…
Pas qu’il faut croire en un dieu pour y réussir, quoique…, non, c’est rapport à la mentalité des névrosés sectaires qui règne en franchouille, sans aucun lien avec la mentalité des Hot-Rodder’s, tous sympas (sauf les lecteurs de Nitro)…

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J’en ai fait quelques articles après que certains prétendus leaders journaleux ont boycotté mon ex-Rod Wanderer…, qu’ils crèvent tous !
Quoique je n’aime plus trop l’Amérique depuis Bush fils et ses mensonges rapport aux réalités du 11 septembre et le bordel planétaire que les Ricains ont foutu sur nos tronches en nous fourguant leur crise financière abyssale…, je reste attaché aux Rod’s western…, nul n’est parfait…

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Et puisque mon vieux pote Tom McMullen (Street Rodders magazine) est mort depuis plusieurs années, j’ai frayé avec les gars de Hot-Rod magazine, dont je lisais les premiers exemplaires lors de mai’68 en France…, le temps passe, putain !
Ils ont été tordus de créer un essai entre une Lamborghini Aventador et un Rat-Rod : « Parliamo Italiano, please »

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La société d’édition de Hot-Rod et Motor Trend, a donné son accord pour jeter $ 8,380.00 par la fenêtre, le montant exact relevé par leur comptable, pour louer et assurer une journée, une Lamborghini Aventador LP 700-4 de 2012…, les gars se sont bien démerdés, n’ont pas cartonné l’auto, pas raté les photos… et ont réalisé, en sus, une vidéo…
Tout cela à évidement couté plus du double que la location…, évidemment, un tel barnum (25,000.00 US$) pour filmer une Aventador blanche…, fallait être naze…

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Le contrat stipulait que l’équipe n’avait pas le droit de détruire et d’user les pneus… ni de rouler trop vite (à cause des moucherons, moustiques et autres bestioles dégueulasses qui créent des éclaboussures et des coups sur la peinture).
La solution a été d’utiliser la supercar, comme un vieux retraité en croisière, de Los Angeles à Las Vegas… tentant d’attirer l’attention des beaufs et ploucs, autant que possible !

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L’Aventador était renseignée sur les contrats, comme ayant une valeur non discutable de $ 425,000 avec les taxes…, en sus il a fallu verser $ 40,000.00 de caution en cash !
Ca me fait penser aux cons qui me demandaient d’aller faire un essai gratis du temps ou je tentais de vendre une GT-40 et à qui je demandais sans rire une caution de 20.000 euros « au cas ou »… et qui du coup s’enfuyaient au loin dans leur guimbarde à crédit…, au plus le temps passe au plus j’aime mon chien Blacky…

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Et donc, si ce n’était pour la seule Aventador, tout ça c’était pour faire couac… euh…, quoi  ?
Pour réaliser une sorte de match débile : la juxtaposition grotesque d’une supercar italienne et d’un Rat-Rod pur-pourri-rouillé…, à raison de $ 5,82 la minute de location de l’Aventador LP700-4 12 cylindres, plus les frais gargantuesque d’essence (le bijou bouffe réellement entre 45 et 65 litres aux 100 km)…, la première pensée intelligente qui a été couchée sur papier fut : « Pour posséder cette chose, il vaut mieux être propriétaire d’une compagnie pétrolière »…

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En tant qu’invité d’honneur (sic !), suivant l’évolution de cette affaire sans avoir mes oreilles en poche, j’ai pu enregistrer les recommandations du concessionnaire Lamborghini dans un mélange d’anglais, d’italien, de français et d’espagnol…, plus un dialecte que je soupçonne encore d’être du Navajo… : « Le screamer est bloqué à une clutch à sept gear with un robot activé open d’un embrayage monodisque working automatiquement starting des palettes situées derrière le steering wheels ».
Pour en savoir plus, je vous invite à relire mon article sur l’Aventador essayée en Italie…

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Le Rat-Rod qui devait servir de voiture rebelle, démontrant la grandeur américaine face à la voiture macaroni… était une Ford A Tudor 1931 remaniée pour assurer la pub du rhum Sailor-Jerry, en tant qu’outil promotionnel.
La voiture était déjà construite lorsque la direction des magazines Motor-Trend et Hot-Rod l’a acheté 30,000.00 US$, mais le Rod a été envoyé dans l’atelier de Hot-Rods Mackey (www.MackeysHotRods.com) à Huntington Beach, en Californie, pour le rendre moins cauchemardesque à conduire (voyez ne-fusse que la position de conduite dans la vidéo, pour mieux comprendre, cela a couté 5,000.00 US$ de plus)…, pourtant, c’est tout ce qu’un vrai Hot-Rodder attend d’un Hot-Rod…

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Le small-bloc Chevrolet V8 est épaulé dans sa pénible tâche, d’une boite TH350 qui prend ses ordres d’un levier de vitesses Lokar surmonté d’une poignée faite avec un robinet de pompe à bière.
Le châssis est semblable à celui d’une diligence, avec une configuration suicidaire du train avant et de la fixation de l’essieu arrière.

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Personne ne sait ce que pèse le Rod…, mais il est complètement dépouillé de toutes commodités, comme, par exemple : il est dépourvu de vrais sièges.
Les freins sont totalement décevants, la batterie est vintage et les pneus datent des années ’30 (des Coker à plis diagonaux en caoutchouc poreux)…, difficile de ne pas se méfier !

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La feuille de route espérait que les deux voitures fassent équipe afin de réaliser de superbes photos et vidéos, partant à 7h00 (du matin) du centre-ville de Los-Angeles, pour rebondir sur la plage d’Hermosa Beach vers 9h00, avant le dynamitage dans le désert pour quelques coups fumants à grande vitesse en direction de Las Vegas…, après avoir sillonné Los Angeles et Hollywood : Mulholland Drive, Hollywood Boulevard et Sunset Strip…, pour « faire zoli »…
C’était avant de réaliser qu’il fallait aussi revenir de nuit… pour rendre la Lambo avant 7h00 du mat’ le lendemain matin… et que le Rat-Rod n’allait pas pouvoir survivre intact à ce périple, pourtant, très simple !

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La carrosserie pourrie-rouillée méchamment retravaillée par un invraisemblable surbaissement du toit (top-chop) a d’abord posé un grâââââve problème de « ligne de visée », soit il fallait regarder par-dessus le minuscule pare-brise, c’est-à-dire au-dessus du panneau en-tête ou en dessous, à travers du pare-brise qui n’offre que la vue sur le moteur (voyez les photos et la vidéo pour mieux comprendre), un nain aurait eu une meilleure vue à travers un trou de serrure !
Conduire à été le second grâââââve problème…, après s’être enroulé à l’intérieur comme un serpent…, il fallait prendre une posture complètement couchée la tête (et le haut du corps) en arrière toute…, le pied droit en zigzag sous le volant…, le pied gauche sur le tableau de bord….

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Cette chose n’était parfaite que pour une réadaptation déjantée façon Steampunk d’un roman de Jules Verne… ou pour un commentaire idiot dans un mag’franchouille écrit par un journaleux qui pige sur photos sans jamais l’avoir conduite…
Une heure après le départ, avant d’arriver à Hermosa Beach (un lieu select plein de belles personnes), le Rat-Rod a manqué d’essence, de plus la jauge marchait à l’envers (plein pour vide et inversement) !

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Comme il n’y avait pas de station d’essence à moins de 5 kilomètres, c’est l’équipe à bord du Pick-up transportant le matériel photo et vidéo qui est parti durant plus d’une heure chercher un bidon d’essence…
La longue pause au bord du trottoir a donné beaucoup de temps aux journalistes restant surveiller les deux bêtes…, pour observer les gens !

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Ils (les gens) se divisent en trois catégories :
– les poussins tragiquement yoga égocentriques qui inconfortablement en se croquant la tête vers la mer, évitent le moindre regard à chaque voiture…
– les gens normaux qui aiment le Rat-Rod et adorent le Kit-car blanc qui ressemble à une Ferrari (sic !)…, mais n’auront jamais rien d’autre qu’une berline familiale…
– les suffisants hautains en chemise de soie et chaines en or qui veulent juste savoir combien coûte la Lamborghini Countach…, c’est à dire autant qu’une maison saisie par les banques…, un plus malin que les autres a même dit : « Elle est peut être en fibre de carbone, mais elle semble faite de la même matière qu’un Tupperware »….

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Après cette pause, le Rat-Rod est de nouveau tombé en passe d’essence et c’est la Lambo qui est allée remplir le bidon des sens…, une fois le minuscule réservoir du Rat-Rod rempli, l’équipe est vaillamment repartie…, se jurant de stopper faire le plein à chaque station en vue…
Mais, après ce hors-d’œuvre, deux autres soucis sont apparus qui allaient les poursuivre durant la totalité du périple :
– dans les très basses vitesses de la circulation, le ventilateur trop faible et le radiateur de trop petite capacité, faisaient chauffer le moteur du Hot-Rod tandis que finalement l’eau s’échappait en geysers furieux…
– Dans le trafic, presque à l’arrêt, à force d’avancer de 5 mètres en 5 mètres…, quelques odeurs de brûlé dues à l’embrayage malmené de la Lamborghini Aventador, ont donné des bouffées de chaleur au conducteur, qui s’est mis à pester qu’il n’y avait pas de porte-gobelet pour une boîte de Coke rafraîchissante, chose qu’une stupide Toyota bas-de-gamme offre d’usine, intégré dans le tableau de bord….

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Maintenant, appelez-moi blasé après avoir lu mes articles concernant les « merveilleuses voitures de sport italiennes », dont celui sur une Aventador rouge réalisé en Italie…, mais 700 chevaux et $ 425.000 pour se trainer à 100 km/h sur les autoroutes américaines…, c’est con !
J’ai lu beaucoup de commentaires et vu beaucoup de vidéos avec des journaleux riant nerveusement comme des petites filles, lors de l’accélération…, je pense que ces gars testent un trop grand nombre de mini-fourgonnettes le reste de leur temps…, leur réaction vient du fait que l’Aventador est trop raffinée pour paraître aussi rapide et puissante qu’elle l’est vraiment, limitée légalement à ne pas dépasser les vitesses autorisées…, de ce fait, elle fonctionne et c’est déjà pas trop mal, mais à bord on s’emmerde plus qu’un pneu….

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Ouais, l’illégalité vient très rapidement dans la fantastique carrosserie plastique-kevlar, mais on s’emmerde…
Jamais on ne va se sentir comme si on allait mourir…, simplement craindre qu’on pourrait aller en prison pour excès de vitesse…, et c’est finalement cela qui est le seul plaisir de cette voiture absurde.

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Le Rat-Rod, c’est tout le contraire !
Il n’est pas du tout rapide, juste un poil puissant…, mais il est absolument terrifiant, illégal et accrocheur…, on le pilote la tête au vent (les courants-d’air, pas les courants-d’art), sans clignotants, sans freins (j’exagère à peine)…, c’est un danger public.

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Rien que par cela, il est plus honorable que la Lamborghini, car à bord du Rat-Rod on ne s’ennuie jamais…, il zigzague tout seul…, freine en crabe…, tourne difficilement…, les gaz d’échappement envahissent l’habitacle en dessous de 40 km/h…, la position de conduite est apocalyptique…, la visibilité est quasi nulle dans toutes les directions…, le moteur surchauffe…, le réservoir d’essence est trop petit…, l’électricité est un cauchemar…, mais aux USA c’est le pied total, car les Yankee s’y sentent comme chez eux…
Faut savoir et voir que 30% de la populace vit dans des préfabriqués et camping-cars cimentés dans le sol des zones inondables…, la « kulture-intellectuelle » est proche de celle des veaux, certains atteignent péniblement le statut de beaufs…, leur connaissance du monde vient des programmes TV, principalement des pubs…, c’est une nation d’abrutis à 98%…

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La non-expérience de vie américaine est donc similaire à la non-expérience de conduite du cru… qui est d’autant plus interactive que pas grand chose ne fonctionne (examinez une Corvette de l’année ou les Ricains disent avoir été sur la lune, vous comprendrez qu’ils ont menti)…
Mais surtout, tout le monde remarque les voitures étranges et félicitent leurs conducteurs à leur sujet, comme votre belle-mère vous félicite pour le napperon sous le pot de fleur sur le frigo…

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En Rat-Rod, même hirsute, la peau brûlée par l’eau bouillante du radiateur qui fuit, puant comme les gaz d’échappement, croqué en 4 parts inégales au volant…, les gens veulent être votre ami.
Sortez de la Lambo et personne ne s’approche de vous, au contraire, on vous fuit…

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Le Hot-Rod est irréel et vit dans le monde réel…, la Lambo est réelle mais vit dans l’irréalité…
En fin de compte, le Hot-Rod atteint le coeur, tout simplement…, là ou la Lambo touche au portefeuille…, la clé du bonheur d’un journaleux n’a pas à se soucier des $ 425.000 dans son papier…, ce n’est pas comme si c’étaient ses $ 425.000 à lui…!

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Un spectateur de cette grande farce a dit en plaisantant : Vous ne pouvez acheter la Lambo qu’avec un sacré paquet de fric. Vous pouvez construire un Hot-Rod sans vous ruiner et avoir bien plus de sensations et de plaisirs….
C’était sympa de venir dire cela, mais ce fut un vrai miracle que personne n’est allé en prison après ce périple…

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Le modèle A s’est en effet avéré un danger public, un gâchis à conduire.
Sept policiers provenant de cinq agences différentes ont à un moment du dépasser le Rat-Rod pour lui faire signe de stopper, le conducteur ne voyant strictement rien dans aucune direction…, une solution « policière » fut imposée : conduire assis sur 4 annuaires téléphoniques déposés sur le siège, ce qui permettait d’avoir la tête sortant du manque de toit et ainsi d’avoir une vision panoramique…

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Sur Mulholland Drive il a fini sur une pelouse après avoir rebondi dans un nid de poule…, après quelques heures sur la route vers Las Végas, son conducteur se sentait comme s’il avait été travailler pendant une nuit à décharger des sacs de ciment…
C’était un plan solide…, comparer une Lamborghini Aventador flambant neuve de 425.000 dollars équipée d’un V12 de 700 chevaux… à un Rat-Rod tout rouillé, surbaissé radicalement, monté sur un châssis simpliste avec des trains roulants rigides autorisant seulement un minimum de débattement des suspensions…, dans un voyage psychédélique de 300 miles de Orange-County en Californie, jusqu’à la 15e édition du Viva Las Vegas Rockabilly Weekender (www.VivaLasVegas.com).

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Cette plaisanterie a couté presque 70,000.00 US$ moins la revente du Rat-Rod pour 25,000.00 US$… Oh, oui, encore !
Et le Rat-Rod n’avait jamais été homologué pour circuler légalement sur route !
Qu’est-ce qui aurait pu mal tourner en pire que les horreurs vécues ?
Je ne veux pas paraître trop mélodramatique, mais le Rat-Rod a été appelé « un piège mortel » par l’un des membres de la police de Los Angeles… qui voulait l’interdire pour l’ensemble du Nevada, la direction de Hot-Rod magazine a du signer que le Rod pouvait se rendre à Las Vegas pour les besoins du reportage, mais sitôt fait, déguerpir illico… et ne reviendrait jamais au Nevada sous peine d’une amende de 50,000.00 US$ et la confiscation de l’engin pour destruction !
Peut-être même plus que ça….

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Las Végas est apparu au loin vers 19h30 en dépit des trépidations, il n’y a pas eu de drame supplémentaire durant le voyage, et vers 20h00 on terminait par quelques photos d’ambiance, avant de rentrer vers L.A… (le Hot-Rod revenant à L.A. via un transporteur, de crainte des sévices policiers)…
Merci à Hot-Rod Magazine d’avoir partagé solidairement avec ma modeste personne, ce moment de pur bonheur, sans me demander la poindre contribution financière !


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