Tout Chromes, tout Flammes…
c’est Chromes & Flammes !

Après trente ans d’absence dans les kiosques et librairies, le magazine Chromes & Flammes, dédié aux automobiles atypiques, déjantées, extraordinaires, rarissimes, hors de toutes normes, ainsi que « de collection » (un terme grandement galvaudé qui ne veut plus rien dire d’autre qu’amasser pour le plaisir d’amasser)… a fait son grand retour…

Autour et alentours de moi, certains (et certaines que je me refuse de nommer) se questionnent sur mon compte : « Comment un jeune architecte durant les années ’70 (je n’avais pas trente ans), créateur de mobiliers délirants, passionné par l’aménagement de châteaux-d’ô (sic !) en habitations… et d’usines en lofts…, simultanément éditeur de Home, une revue d’architecture et de décoration…, va-t-il se retrouver à la tête des magazines automobiles Chromes & Flammes qui, dans les années ’80, étaient publiés chaque mois à 500.000 exemplaires en 5 éditions/langues dans l’ensemble de l’Europe ainsi qu’aux USA ? »…

Une seule réponse leur vient en tête : « C’est à cause de sa passion pour les belles voitures »
Mais pas du tout, interviewé à ce propos par un éditeur-journaliste d’un groupe de presse du sud de la France, j’ai répondu en riant : « Je ne suis nullement passionné par les automobiles, j’y suis seulement (trop) sensible, d’autant plus que tout jeune, avec mon papa Maître-Tailleur de province et ma maman y aidant, on ne roulait pas sur l’or, mais en VW Cox-Split 1950…, on était heureux, du moins je l’étais… et, jeune gamin, voir de temps à autre, du fin fond de ma ville de province située plein nord, de belles et très rares voitures sportives et limousines de luxe, laissait croire qu’y circuler devait être comme vivre au paradis »

Tout raconter ma vie et mon cheminement prendrait une collection de centaines de livres.
Je suis venu aux automobiles de façon candide, plein d’illusions…, j’ai débuté avec une Dauphine d’occazz que j’ai cartonnée contre un tramway…, je suis passé à une Mazda Coupé 1200 puis à une Morgan 4/4 compétition qui a été la première arnaque dont j’ai été victime, avec elle et surtout à cause de l’importateur/garagiste, je suis tombé de mes hautes illusions dans les bas-fonds des désillusions…
Mais, étant un peu crétin, j’ai persévéré avec une Panther J72 payée avec les revenus de mon magazine d’architecture et d’un roman traitant les arnaques des édiles locaux…

J’ai finalement tout vendu et j’ai œuvré dans la pub…, mon principal client était British American Tobacco pour qui j’ai créé un concept pour concurrencer le Cow-boy Marlboro qui n’était pas encore cancéreux et cancérigène…
L’idée était de créer une alternative plus actuelle au vieux Cow-Boy avec des nananas sexy’s qui roulaient en Hot-Rods aux couleurs du paquet de cigarette « Viking » et offraient ces cigarettes à tous les gens éberlués de les voir dans des véhicules jamais vus, peints avec des flammes et des motifs viking, elles-mêmes à moitié nues dans des vêtements « peaux de bêtes »

Cela ne passerait plus de nos jours, les gens sont en double sens « frileux », mais j‘ai gagné beaucoup d’argent avec tout ça, d’autant qu’au changement de direction chez BAT, le successeur a voulu revenir vers des publicités classiques et on m’a payé des indemnités et donné les Hot-Rods.
Du coup je roulais avec l’un d’eux quotidiennement et, de fil en aiguille, j’ai eu l’idée d’un magazine de Custom-Cars et de Hot-Rods ainsi que de Dragsters…, ce qui m’a permis de créer la première course de Dragster en France sur le circuit des 24h du Mans ET simultanément le magazine Chromes & Flammes, première mouture, que j’ai ensuite dupliqué en 5 versions/éditions mensuelles publiées dans toute l’Europe et aussi un peu aux USA et au Canada…
Ensuite, la vraie vie a débuté avec le fisc qui voulait sa part…

Après une quinzaine d’année j’en ai eu ras-le-bol, j’ai vendu les éditions étrangères, mis le C&F Français en veilleuse et me suis lancé dans les automobiles de collection, un grand moment qui va durer une vingtaine d’années, durant lesquelles j’ai participé à des shows automobiles et à des ventes aux enchères.
Cela m’a permis de visiter en détail le puits sans fond de la bêtise humaine, de connaître mille dessous d’affaires, style dessous de tables sur lesquelles trônent des pots de vin…, de même que les ventes aux enchères téléphonées d’avance, totalement bidon, avec un chien au bout du fil même pas raccordé…

De tout ce micmac, côtoyant les pires escrocs et la lie des abrutis peuplant l’univers connu (et au delà) alors que j’achetais et vendais, cela m’a donné une unique expérience de toute la chose automobile et de la faune qui va avec…
J’ai finalement eu une indigestion, trop de saloperies, de salopes, de filouteries, de faux-culs et escrocs…
J’ai gardé quelques automobiles emblématiques rangées dans mon loft-garage et je suis parti plein sud, vue mer, mais loin des foules déchainées…, avec un brave Cocker de 3 mois qui m’avait adopté (et réciproquement), que j’ai nommé Blacky parce qu’il est tout noir…

Et maintenant je recrée Chromes & Flammes dans une nouvelle version encore plus mieux en pire…, j’écris tout (ou presque).. et prépare tout…
Je ne déroge pas à la règle qui a fait mon succès d’antan : des voitures superbes à côté desquelles posent des créatures de rêve dans des positions des plus suggestives, je sais que ça fait un peu cliché mais que voulez-vous, cette association continue de plaire, alors pourquoi en priver les ceusses qui aiment…

Mais, ce qui compte, ce sont les texticules que vous dévorez (je cause des textes, bande de libidineux et libidineuses), j’écris « Gonzo », déjanté et atypique, ça ne ressemble à rien de connu…, ce serait quelque peu réducteur que de ne s’attacher qu’à la forme, aux formes aussi, aussi belles soient-elles…, je suis conteur d’histoires…, je manie le verbe comme un levier de vitesse (boite manuelle), une écriture enlevée, enjouée, provocatrice, déjantée parfois, mais la plus pertinente possible…, bref, un style « Gonzo » totalement décalé qui tente de tenir la route.

J’aimerais procéder à une petite mise au poing générale, car il y a des enflés-de-partouzes…, des grelottants du cervelet…, des chétifs du capable…, des terminus habens…, des mal greffés de la glande couillonnante…, des imperceptibles de la pensée inique…, des nourris-au-gaz…, des ébauchés…, des amoindrisseurs…, des attendris-sans…, des évidés de la tête chercheuse…, des laissés-pour-cons…, des bonzes-apôtres…, des parvenus…, des tard-venus…, des mondieu-pardonnéleurs…, des crépisseurs de merde…, des qui luttent pour le crachat des hommes…, des émasculins singuliers…, des qu’ont le fétide à la bouche…, des à-peine-présents…, des croissants chauds…, des décrois-sants chauves…, des fumiers infertiles…, des espiègles de la vérité…, des graffiteurs de réputations… qui s’imaginent, qui pensent, qui disent, qui prétendent, qui affirment… que je travaille en équipe, bath euphémisme…

Il y a même des militants écrivassiers…, des impubliables…, des re-raïtés (qui rira le dernier)… des re-ratés…, qui me sollicitent un emploi dans mon usine à conneries…, ils se proposent pour poser les points virgules, ou bien cirer mes pompes…, un petit turbin peinard, ils souhaitent ardemment…, au besoin ils huileraient mon PC-HP… ou bien ils pagineraient mes texticules, ces torcheurs d’anus flétris…, car ils supputent que Chromes & Flammes va se débiter en grosse tranches de l’art, alors ils veulent coûte que coûte se mettre dans le coup pour bouffer un max…

Pour leur esprit mince comme une tranche de saumon fumé, c’est pas catholique, des gros tirages (35.000 c’est pourtant pas la Bible)…, ils soupçonnent un trust derrière moi et Blacky…
Ils aspirent à venir marner chez moi comme d’autres vont gratter a EDF ou chez Peugeot, avec leur petite gamzoule d’haricots-pas-chers à faire chauffer sur le radiateur du bureau !
Bande d’avariés, va : je suis un type libre à travers mon babillage !

Voilà ! J’avais un coup de bile, ça va mieux, je tenais à écrire publiquement que je ne suis pas une situation assise…, je n’offre pas les avantages sociaux.
Il faut que je les oriente sur des perspectives d’avenir, ces chérubins de vapeur, que je leur évite de s’enfoncer trop avant dans les berlues, qu’après ils seraient déphasés du bocal, les pôvres…, ils moucheraient vite leur matière grise si on les stoppait pas en plein délire.

Non, mes drôles : je n’ai besoin de personne…, il y en a qui font l’amour à plusieurs, mais la diarrhée ça s’épanche tout seul, à tête et à calcif reposés.
Avant de vouloir me co’écrire, il faut d’abord me lire… et si on trouve mes textes cons au point de pouvoir les imiter, un bon conseil : lisez autre chose !
Maintenant j’écrase en demandant bien bas pardon pour cette parenthèse, aux gentils et gentilles qui ne sont pas concerné(e)s par ma petite fürher…

J’ai également, toujours, mon bureau étrange que j’adore, c’est une plaque de marbre sur laquelle déborde une coulée de peinture rouge, c’est mon œuvre d’art…
Ce bureau est grand, volumineux, voyant, provocant, l’inverse d’un bureau de notaire ou d’avocat…, on me dit souvent qu’il est à mon image qui du haut de mon 1,90 mètre a avalé des milliers de kilomètres à bord de mes drôles de machines, tout comme j’ai bouffé la vie… en accéléré…

Maintenant je vis plein Sud que je connais bien pour avoir bourlingué de Monaco à Saint-Tropez, question automobiles, mais, je n’en ai pas pour autant perdu le Nord et mon ex plat-pays, j’ai toujours un pied-à-terre en Belgique, en fait je suis binational, franco-belge.
Il me reste quelques autos pour lesquelles j’ai toujours de l’affection, mais je ne roule plus avec elles, pour la garder, cette affection pour ces salopes…, sinon je vais aussi les vendre…

Aujourd’hui, dans le sud, fi des Excalibur’s et autres folles bêtises…, comme avoir la paix et la tranquillité est un luxe que n’atteignent aucunes des voitures hors de prix que je découpe en tranches bien grasses…, je roule dans une vieille jeep Wrangler… et ça me convient parfaitement, ainsi qu’à mon cooker « Blacky », l’autre amour de ma vie…, c’est pratique, je ne suis pas « emmerdé » par les gens, ni par les autorités, je suis décalé mais cool, qui plus est un vieux monsieur…, quoique pour les d’jeunes, j’suis un vieux con… et ça m’amuse alors de descendre dans l’arène pour faire le pitre au volant, par exemple, d’une Corvette cabrio…