Une histoire de fou : la Panther J72… 

Ahhhhhhhh !!!!
Comment vous expliquer tout ça ?
Comment vous expliquer les réalités de la Panther J72 ?
Remâcher en écriture toute l’histoire ne changera rien au déroulement du temps qui passe.
Comprendre une situation…, une réalité…, un contexte…, tout ça est déjà figé à perpette par je ne sais qui, lequel croit que tout est écrit d’avance, bien inscrit dans un bouquin d’histoires pré-écrites, mais jamais publiées…, pour qu’on oublie pas la déchéance des pestiférés qui les font : les vraies histoires.

Une Panther c’est une auto en aluminium construite à moins de 300 exemplaires dans les années soixante-dix par Bob-Robert Jankel un « Anglishe » qui voulait recréer la fameuse Jaguar SS100 de la fin des années trente (il en possédait une qui le possédait grââââve)…
Fallait être sacrément barjot pour nommer « SS » une voiture anglaise de 1936/37 alors que tout le monde en ce temps savait ce que ces deux lettres assemblées signifiaient en Europe nazie…, que soit !

Certains aiment, d’autres pas, mais c’est beau, quoique…, c’est à la fois bien fait et en même temps mal-foutu, il faut en avoir eu une pour tout comprendre, et comme j’ai été possédé par une demi-douzaine (à un moment j’en avais quatre cote-à-cote dans mon garage-loft)…, avec le beau, le moins bon et l’exécrable, tout mélangé, on en sort souvent tout crampé, les cheveux noués, le ventre aussi, et la tête avec…, surtout quand des bigleux viennent renifler la peinture en racontant des trucs…
Que soit c’est sublimissime quand même, que soit c’est la honte d’avoir recopié…, comme si c’était honte de recopier une merde, car la jaguar SS100 (et la SS90 aussi) c’étaient et ce sont toujours des autos à crampes pour des nains, des nabots, pas pour des hommes normalement constitués qui ne peuvent s’y asseoir…, c’est juste beau-f…
Sachez que choisir le mauvais camp est la pire des calamités, on ne pardonne pas aux autres, ils ont tous les torts et les emmerdements qui vont avec…

En fait, il n’y a aucun décalage entre mes texticules et mon opinion sur les automobiles, j’ai assez vécu l’horreur de rouler con (la stupidité aveugle du hache-viande-berline-à-papa)… pour me passer le goût d’y retourner m’y asseoir…
Et laissez-moi vous dire que dans le style con-sumériste pour cons-omateurs, on en a fabriqué des dizaines de milliers de millions, passé milliards… de conneries automobiles, toutes tartes au possible…, pour que le populo populaire, qu’on ancrait dans la connerie masturbatoire industrielle, s’y vautre comme à la parade !
Au pas la populace !
Chaque beauf, lobotomisé, s’engouffrait dedans par la grande porte…, les yeux fermés…!
Me croirez-vous que c’est tout ça que j’ai voulu éviter en pensant que, contrairement au reste de l’automobile mondiale, il devait y avoir d’autres conneries à offrir au lieu du triste spectacle de l’enlisement automobile…
Notez que l’automobile est maintenant arrivée à un point de non retour…, à force d’avoir fabriqué de la merde en tôle et/ou plastique et d’avoir fait croire à coup de pub’s et de cadeaux (incroyable le nombre de parapluies décorés) que la merde roulante c’était Byzance à Palavas-les-Flots, l’automobile ne roule plus rond au milieu d’une crise destinée à un grand transfert de l’argent qui reste…

C’est réjouissant de voir ces culs péteux et hautains de P.R. (Public Relation), qui se croyaient tout permis et faisaient publier par leurs potes journaleux (inféodés à leurs bottes)…, d’infâmes imbécilités dans des magazines chiant et chieurs emplis de pubs et de communiqués de presse camouflés…
Ces journaleux qui ne vivent que pour recevoir des parapluies en cadeaux (sic !), se retrouvent maintenant témoins que leur monde est de plus en plus exsangue de flouze et ils se mettent à chialer parce que les caisses à savon computérisées de leurs bienfaiteurs ne se vendent plus…
Vous savez, les gens voudraient bien qu’on soit pareil à eux, qu’on les rassure sur leur intelligence, leur bonté, leur humanisme, qu’on roule comme eux dans des petites berlines congés-payés faites pour embouteiller…, mais j’aime pas rouler comme eux…, c’est pas mon type !
C’est la beauté du geste qui m’intéresse…, quoique…, je ne vous dis pas que j’ai eu raison dans mes choix automobiles, alors pas du tout…, je n’ai pas cette prétention…, mais personne ne m’a encore prouvé que j’ai eu tort…, vraiment personne !
Adieu parapluies !

Bon, je prend le temps de vous narrer et je m’égare en philosophie.
Comme vous le pensez, je me suis probablement gouré dans mes opinions, peut-être que oui… que non…, je ne sais pas !
Allez vraiment savoir !
Pourtant, si je me fie à ce qu’on raconte, tout ce foutoir vient de ce que les Ricains s’en sont pétés les bretelles dans le genre belliqueux…, leur gouvernement a raccourcit quelques gratte-ciel un 11 septembre et ils se sont servi de l’émotion générée et calculée pour régler leurs comptes avec ceux qui ne pensaient pas comme eux.
Fastoche de lancer des bombes au nom de la liberté contre les bougres qui n’ont pas les moyens des parer…
Une planète, un maître !

Finalement on en revient toujours aux mêmes trucs, forcément !
Je ne blaire pas trop ce genre d’exercices…, c’est pas mon truc habituel…, fastidieux, lassant, emmerdant !
Comprenez…, c’est pas que je veux paraître mauvais joueur… nullement…, voyez-vous, j’ai autre chose à branler…, n’empêche qu’avec tout ce toutim, en finale, ça à explosé pire…, que les blaireaux n’en ont toujours rien compris d’autre qu’à dénicher des citations dont je n’ai aucun souvenir.
Ça n’a pas d’importance…, sauf qu’en attente, l’automobile à-la-papa elle se casse la gueule… et tout le bastringue avec…, par contre, les automobiles extraordinaires des années d’avant quarante, des autos rares et simples, sans électronique ni computer, ne se sont jamais aussi bien vendues que maintenant au beau milieu de ce que les médias inféodés nous content comme étant une crise !
Crise de foi, oui !
Mais bon…, faut ce qui faut… et puisque vous me le demandez poliment sans même me le demander ouvertement… et c’est pas souvent qu’on s’adresse à moi sans me lancer quelques insultes…, des louanges aussi, si, si…, je peux bien tenter un petit quelque chose pour vous faire plaisir…

J’en reviens à la Panther…, avec ce bazar, l’art pour « ceusses » qui ont des tonnes de biftons, des milliers d’hectares de blé, des montagnes d’or et des billets qui dépassent de leurs poches…, c’est de dégoter la perle rare !
Tout ce que vous voudrez…, vérifiez, chacun prend bien ce qu’il désire dans ses fantasmes et jouissances masturbatoires… et du moment que les Gnous paient, je m’en fous complètement !
Remarquez que ça ne m’étonne pas que certains s’amusent à ces petits attouchements particuliers…, ils adorent se mettre en position et « jaculer ».
Alors voilà, je m’exécute…, la source de ce qui pourrait qualifier ce que vous attendez : l’histoire…, ça a débuté comme ça…., moi, j’avais jamais rien dit…, rien !

Ohhhhhhhh…, j’en vois un, là, derrière son écran qui se délecte de ce texte…, c’est tout honneur de rencontrer un honnête citoyen, c’est rare !
Perspicacité, rectitude et amplitude…, je me délecte aussi…, félicitations…, sincèrement…, je vous encourage…, persistez, nom de Dieu !
Je ne vous insulte pas…, qu’allez-vous donc penser ?
Je ne cherche qu’à vous protéger, uniquement vous protéger contre vous même…, vous mettre en garde contre la galère…, vous secouer un pneu !
Vous filez en accéléré vers d’amères déceptions…, je vous le dis en toute amitié.
Naïf…, je le fus et voyez ce que j’ai dégusté…, vous ne pouvez savoir… et c’est pas terminé…, ça ne finira jamais…
Même lorsque je serai crevé ça continuera à vomir sur mon nom…, alors, la naïveté…, j’ai déjà donné et beaucoup reçu.
Voilà !
Râleur ! Aigri ! Dégoûté par tant de haine !… Je ne suis pas un type fréquentable, j’ai trop souffert de la lourdeur des hommes pour apprécier leur compagnie.
Il est trop tard…

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L’affaire « Panther » commence pour moi en 1975…
En ce temps lointain, tout en réalisant quelques maisons d’avant-garde (j’étais frais émoulu d’une école d’architecture, mon premier métier), j’éditais un magazine mensuel d’architecture et de décoration : HOME, ainsi que des journaux gratuits dits « Toutes-boîtes » qui assuraient ma pitance (Promotion N°1)…
Face à un scandale relatif à l’élargissement d’un fleuve (l’Escaut) traversant ma cité (Tournai), qui permettait à divers politiciens locaux de s’en mettre plein les poches en revendant à des prix stratosphériques des terrains ex-communaux acquis à vils-prix par eux avant la mise en œuvre de l’élargissement du fleuve…, j’eus l’idée (déjà…, ce qui vous prouve que je suis resté le même), d’en réaliser un livre/roman : Par qui ce scandale, co-écrit avec Giuseppe Pignato qui était le rédacteur-en-chef de mon magazine HOME.
Roulant alors successivement en Mustang Boss 302 puis en Shelby GT350 Cabriolet (qui à cette époque ne valaient pas grand chose, c’est-à-dire moins de l’équivalent de 8.000 euros), j’ai été sollicité par Mr Claude Dubois, importateur Shelby et De Tomaso, qui m’a proposé une Panther J72…
Rendez-vous fut pris au Salon de l’auto de Bruxelles de janvier 1975…
La (maintenant) mythique Toyota 2000GT était exposée à vendre pour l’équivalent de 8.500 euros !
La Jaguar Type-E V-12 Cabrio était exposée à vendre pour l’équivalent de 8.000 euros !
La Panther J72, elle, exposée en version V-12, s’affichait à 20.000 euros !!!
Quel retournement des valeurs !
Avec 33 ans de décalage…, on est frappé de stupeur…, car actuellement, une Toyota 2000GT se négocie 500.000 euros…, une Jaguar Type-E V-12 Cabrio vaut environ 65.000 euros… et une Panther J72 en 6 cylindres s’affiche à 55.000 euros !!!
Mais en 1975, c’était la Panther qui était « IN »…
Je l’ai achetée en version 6 cylindres, 4L2, boîte manuelle avec overdrive, rouge, intérieur cuir blanc, capote en mohair noir… et pare-brise rabattable…, un must !
Coût : 17.500 euros ! (le double d’une Jaguar Type E V-12 neuve de cette même époque… et un peu plus du double d’une Toyota 2000GT)…
Eh ! Oui… Piting !

La campagne de publicité fut bien meilleure que le roman… qui se vendit quand même à 15.000 exemplaires…, ce qui était un grand succès !
A la clé, j’avais négocié une remise (minable) en contre partie de la Panther en couverture du roman Par qui ce scandale, ainsi que le fait que cette voiture serait celle du héros (moi)…
Pour aider à la vente, j’avais organisé un tour de France et de Belgique avec arrêts tous les 200 kms dans des villes importantes pour dédicacer des romans dans la librairie la plus importante de ces villes étapes !
Elle a été vandalisée par des fous jaloux devant diverses librairies…, à Caen des enfants ont « salopés » l’aile avant droite en jouant « à la glissoire toboggan »…, à Palavas-les-Flots des idiots sont montés sur le capot pour se faire photographier et l’ont « enfoncé »…, à Aix-les-Bains un autocariste irascible qui ne voulait pas manœuvrer a embouti l’avant pour pousser la Panther « plus loin »…, à Lyon une camionnette à éraflé les ailes AV er AR gauche en forçant un passage inexistant…, à Luxembourg « on » à volé la roue de secours et déchiqueté la toile de capote…, à Paris « on » a volé les phares Panther… et j’ai du renvoyer la Panther en Angleterre pour réparations, à l’usine… ou j’ai négocié que Robert Jankel la reprenne…
Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, je n’en ai plus jamais entendu parler, je ne l’ai jamais revue…

Bien plus tard, j’ai eu l’occasion d’en acheter d’autres, dont une magnifique bleue métal intérieur noir et une fabuleuse noire intérieur rouge qui aurait appartenu à Freddy Mercury (Queens)…, avec copie des documents, attestation et coupures de presse…

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Rien de « spécial » à écrire sur cette noire intérieur rouge de 8.000 km certifiés d’une finition irréprochable…, un peu plus à épancher sur la Panther bleue métal, qui m’a fait vivre d’autres histoires très particulières….
Destinée au marché américain (left hand drive), mais quasi « oubliée » dans la tourmente de l’abandon par Robert Jankel (le fondateur et patron de Panther Westwind LTD) de ses enfants automobiles et de son usine… et de la reprise de Panther par un important groupe Coréen…, elle va rester sept ans dans le show-room de l’usine Panther.
C’est la dernière fabriquée, en 1982…
L’administration Britannique va commettre une erreur lors de l’immatriculation, créant une confusion entre la date de première immatriculation (1989) et la date réelle de fabrication (1982), erreur qui se perpétuera tout au long de la vie de cette automobile.

En 1989 un Anglais richissime (d’autant plus intéressé parce qu’elle est en configuration LHD en plus d’une direction assistée)…, vivant sur la Côte d’Azur, achète la Panther J72 bleue et la ramène chez lui près de Nice.
La voiture va être alors déposée dans un garage de cette région afin d’être vendue en sortie d’indivision.
Il va l’utiliser durant trois ans et parcourir seulement 3.300 kms, puis il va la revendre (à Nice) à un autre citoyen Britannique qui va circuler à son volant seulement 2.000 kms en ce compris le voyage retour vers Birmingham… ou, son épouse demande le divorce…, l’obligeant à revendre la Panther qui n’affiche que 5.300kms !
Le 16 septembre 1995, je voyageait en Angleterre avec deux amis, mon carrossier de l’époque et le Baron F.X.d’Huart.

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Sur la route du retour, vers Hull (pour le Ferry de 18h vers Zeebrugge), j’aperçois une Panther J72 bleue à la vitrine du garage Portway près de Birmingham…, coup de frein, demi-tour.
J’examine la Panther, on m’explique sa magnifique histoire, limpide… et les raisons de son faible kilométrage (5.600 kms) ainsi que la réponse à ma question : Pourquoi est-ce une Left hand Drive ?
On négocie, je paye…, facture, documents, immatriculation provisoire, assurance… et nous repartons en convoi vers Hull, la Panther (et moi à son volant) en tête (je montre le chemin…), l’Auburn Speedster ensuite (pilotée par mon ami carrossier) et la Lancia Théma Ferrari du Baron d’Huart en finale (pour ramasser les morceaux s’il y en a…) !
Nous arrivons à Hull juste avant 18h00, le temps d’une photo souvenir (de gauche à droite, mon ami carrossier, moi, mon ami le Baron F.X.d’Huart)…, puis…, chargement des 3 voitures, repas et dodo…, arrivée à Zeebrugge le lendemain matin 7h00 !

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Cette Panther va s’ajouter dans ma boîte à jouets grandeur nature, et va y rester une quinzaine d’année…, elle disposait de quelques caractéristiques intéressantes : la direction assistée (pratique pour les manœuvres), la radio d’époque et d’usine, la capote et le couvre-tonneau en mohair noir, le cache en dessous des phares avant (qui sert pour camoufler le radiateur d’huile), les grilles de phares, les jantes 5 boulons en 72 rayons, chromées… et, très important, les deux vitres latérales intactes…

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La Panther J72 s’inspire de la fameuse jaguar SS100 d’avant-guerre.
Pour la rendre plus proche encore, un ami Américain a modifié légèrement sa Panther lors d’une petite restauration, ces quelques détails sont simples à réaliser si vous souhaitez obtenir le même résultat au départ d’une Panther J72…
Suppression du pare-choc avant et du cache radiateur d’huile devant le radiateur. Pose de deux phares additionnels d’époque et d’une plaque anglaise « à l’ancienne« …
Des clignotants (Morgan) sont plaçés sur le dessus des ailes avant. Une mascote de radiateur « à l’ancienne » est positionnée sur la calandre. Le pare-brise est incliné vers l’arrière (c’est un des points qui « marque » le plus le look « vintage« )… La capote d’origine est récupérée, seuls les flancs G/D de celle-ci sont modifiés. Pour la fixer en haut du pare brise, c’est simple pour un sellier puisqu’il suffit de diminuer la longueur de la capote…
La nouvelle découpe latérale de la capote, est typique de la Jaguar SS100… Pour parachever, les feux arrières (les boitiers rectangulaires) sont avantageusement remplaçés par des feux de Ford B’32 avec leurs supports en alu poli. Une fixation de la plaque d’immatriculation « à l’ancienne » au dessus du feu arrière gauche, achève de donner la touche « vintage« … Le porte-bagage est quant à lui supprimé et le pare-choc est dédoublé. Les jantes chromées à fixation centrale sont un plus qui n’est pas indispensable, mais qui devrait l’être (ce serait le point le plus coûteux de l’affaire)…
L’intérieur n’est pas modifié, sauf la planche de bord avec des instruments disposés différement… Le « gag » c’est le moteur, un 5L7 V-8 chevrolet… qui, s’il est bien plus « fun » que le jaguar 4L2 6cylindres en ligne, détruit l’aspect « vintage » de l’ensemble !

Depuis toujours, la Grande-Bretagne fourmille d’artisans-constructeurs d’automobiles…, ce sont des entreprises fluctuantes… fluctuant au gré des styles automobiles, donc des opportunités et des humeurs de leurs créateurs…
Elles sont composées d’un seul ou de mille employés…, elles durent le temps d’un salon ou parfois, fêtent leurs cinquante ans et plus…, elles proposent un véhicule inédit ou se contentent d’une énième réplique de Lotus Seven…
La palette est très large.
Parmi elles figure Panther, spécialiste de la “néo-classique” anglaise.
En quelques années, entre le milieu des années 50 et la fin des années 60, la possession d’une voiture de collection (en particulier les modèles prestigieux ou sportifs de l’entre-deux guerre) est passé d’un hobby pour garagistes retraités à « ZE » truc à la mode, lorsque les chanteurs pop se sont mis à rouler dans ce type d’autos.

Mais les anciennes étant difficilement utilisables au quotidien (problème de confort, de fiabilité, de performances et de prix des pièces), certains astucieux, copiant Brook Stevens et son Excalibur (1964), puis Zagato et sa réplica 1750… (en 1966), se sont ingéniés à les copier…, d’où la vogue des “néo-classiques”: un style “ancien”, mais une mécanique moderne.
De l’artisan scrupuleux (mais cher) au petit malin qui proposait un kit pour transformer n’importe quelle Cox en Mercedes SSKL ou en Cobra, l’offre était vaste.

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L’Anglais Robert Jankel était créateur de mode et passionné d’automobile.
En 1970, il traversait l’Espagne dans sa Rolls-Royce 1930…, un torero est tombé amoureux de sa voiture et la lui acheta cash !
Jankel se dit donc qu’il existait un marché pour les pigeons passionnés de voitures anciennes.
Il fonda alors la firme Panther (par analogie avec Jaguar) en 1972 et présenta dans la foulée une J72.
Calqué sur la Jaguar SS100, ce roadster deux places possédait une finition très soignée et était entièrement construit en aluminium et à la main (expression pour souligner le caractère artisanal de l’exploit), sur un châssis fabriqué par Jago, un constructeur de Hot-Rods, avec un essieu avant rigide et un pont arrière de Jaguar XJ6…
Malgré un prix élevé, la clientèle fut au rendez-vous, la version de série utilisait les mécaniques Jaguar contemporaines : 6 cylindres 3,8l ou 4,2l et le V12 5,3l, toutes soit en boîtes automatiques ou en boîtes manuelles.

Loin de se contenter de faire de la monoculture, Robert Jankel multiplia les projets.
En 1974, il s’associa avec Willy Felber, le spécialiste Suisse du kitsch dans les années ’70-’80.
Le résultat fut la Panther FF (parfois baptisée Felber 330 GTC) !
La Felber-Ferrari reprenait une plate-forme de Ferrari 330 GTC pour en faire une espèce de Lotus Super Seven.
Seuls sept véhicules furent produits par Panther (d’autres seront ensuite produits en France).

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Toujours en 1974, il créa la Panther Deville, une berline au style inspiré par la Bugatti Royale (d’où la calandre en fer à cheval).
Sous le capot, le 6 cylindres 4,2l ou le V12 5,3l de Jaguar.
Vendue au prix de deux Rolls-Royce pendant une dizaine d’année, sa diffusion fut évidemment limitée.
Elton John, célèbre pour son bon goût Kitch, en a possédé une, Johnny Halliday aussi, de même que l’empereur Idi Amin Dada…, le Roi Fahd d’Arabie Saoudite, et quantité de jet-Setteurs et autres Tycoon d’affaires.
Il y eu également une version Cabriolet et une version Coupé.

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Panther exécuta des projets encore plus fous.
En 1974, son importateur Canadien voulait un véhicule unique pour sa femme.
Ce sera le roadster Lazer, dont la femme en question ne voudra pas !
Finalement, il la revendra au prince héritier d’Iran.

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En 1977, il créera la Panther 6, disposant d’un V8 Cadillac en position centrale et de six roues.
Persuadé qu’avec la crise du pétrole d’alors, les acheteurs de Rolls-Royce se tourneraient vers des modèles plus modestes (mais aussi luxueux), Jankel imagina la Panther Rio.
Il s’agissait d’une Triumph Dolomite “Rollsisée”, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Présentée en 1975, elle était vendue environ 9.500 £, alors qu’un Dolomite normale en valait moins du tiers et qu’une Jaguar XJ12, nettement plus noble, ne coûtait “que” 7.500 £.
Panther en vendra une quarantaine en deux ans avant de jeter l’éponge.
Avec son look “retro” (mais ne s’inspirant d’aucun modèle en particulier), elle amorçait le tournant de Panther qui voulait devenir un constructeur de voitures de sports.
Panther rectifia le tir en 1977, avec la Lima, basée sur l’Opel Kadett contemporaine (alias Vauxhall Viva), dont elle reprenait le 2,3l atmosphérique ou la version turbo.GT.
La Lima MKII, bien qu’ayant la même apparence, possédait un châssis en acier inédit.

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En 1979, Jankel fit faillite et se reconvertit comme carrossier spécialisé en allongement de Rolls-Royce…
Panther fut alors repris par Ssangyong, qui fit ainsi ses premiers pas dans l’automobile.
Les Coréens étant le pendant des Chinois, d’aucuns les regardaient avec scepticisme.
La Panther J72 fut modifiée, elle troqua son train avant rigide (et chromé) pour un train avant complet (et indépendant) de Jaguar XJ6, les ailes furent élargies et les jantes à moyeu central de fixation cédèrent leur place à des jantes à 72 rayons, chromées, à fixation 5 boulons…, la Panther J72 devenait ainsi la « Série II Broockland« …

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En 1982, la Kallista (ce qui signifie “la plus belle” en Grec) pris la suite de la Lima tandis que l’atelier Panther fabriquait la dernière J72 : la bleue métal qui est la vedette de cet article…
Le carrosserie de la Kallista était désormais en aluminium (plutôt qu’en polyester)… et surtout, elle proposait un large choix de mécaniques Ford.
Avec l’arrêt de la J72 (en 1982) et des deVille (en 1985), elle devint le seul modèle de la gamme.
Au milieu des années 80, les petits coupés ultra-sportifs avaient presque tous disparus.
Panther, qui cessait la fabrication des « répliques« , voulut en profiter pour se diversifier.
Au salon de Birmingham 1984, la firme présenta la Solo, qui disposait du moteur de l’Escort XR3.
Hélas, Toyota commercialisait la MR qui jouait dans la même catégorie (mais moins chère) et lui ressemblait étrangement.

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La Solo retourna à la table à dessin afin de s’en distinguer.
Pendant des années, elle fut l’Arlésienne de Panther.
Elle reçu finalement une mécanique et une transmission intégrale de Sierra RS Cosworth, tandis que Comtec (une filiale de March) s’occupait du châssis.
La Solo réapparu en 1989.
Ce fut un bide et elle s’effaça au bout de quelques mois (on ne connaît pas le nombre exact de Solo construites, car certains modèles ont eu successivement plusieurs numéros identiques de châssis) !Ssangyong a perdu beaucoup d’argent avec la Solo.

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Les Coréens tenteront ensuite de déménager la ligne de production de la Kallista en Corée (afin d’éviter les taxes sur les voitures importées).
Le transfert s’éternisera, creusant un peu plus les dettes de Panther.
Equipées d’un 2,3l, un petit nombre de Kallista furent ensuite fabriquées au pays du matin calme.
Ssangyong était fatigué de sa danseuse, d’autant plus que depuis 1988, il a commencé la fabrication des Korando.
La dernière Kallista sortit en octobre 1992.
Depuis lors, les Panther sont devenues des voitures de collection de plus en plus recherchées…

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Voici l’histoire des deux Panther deVille du Roi Fahd d’Arabie Saoudite.
En 1984, le Roi Fahd d’Arabie Saoudite passe commande de deux Panther deVille, un Coupé et un Cabriolet.
Il y est poussé par son ami, l’ex-dictateur d’Ouganda, Idi Amin Dada, qui est venu se réfugier en Arabie Saoudite et qui avait acquis quelques années plus tôt, une Panther deVille Berline 4 portes avec un bouchon de radiateur en Amétyste…., mi-1989, il les renvoie en Angleterre, dans une de ses résidences, à Londres.
En 1985 les deux Panther du Roi Fahd sont terminées et envoyées en Arabie Saoudite ou le Roi Fahd va les utiliser très épisodiquement entre 1985 et 1989.
Elles y resteront cloitrées, comme dans un Harem automobile, jusque 1997, année ou je rencontre le Prince Royal d’Arabie Saoudite : Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Alsand, qui me propose de les acheter…, ce que je fais sans hésiter.
A cette date, quasi-personne au monde ne connaissait l’existence de ces 2 Panther « Royales« …

Je vais les conserver 3 ans (jusqu’en 2000), période durant laquelle elles seront exposées dans les plus importants shows automobiles Européens, dont celui d’Essen en Allemagne.
Elles émigrent dans ma boîte à jouets grandeur nature ou elles font l’objet de tous les soins : remise en forme (mécanique), soins de beauté (détailling complet), retouches chirurgicales (quelques griffes), etc.etc…
A chaque fois, elles feront l’objet de commentaires laudatifs, recevront des prix, coupes et trophées… alors que de mon coté, de multiples fous viendront me proposer des échanges invraisemblables et autres propositions dantesques…
Un ami, entrepreneur en maisons individuelles, sera le seul vraiment en phase d’intérêt, avec une vraie proposition financière qui, finalement, ne sera pas suivie, sous le prétexte que les voitures mesuraient 6 mètres de long, trop grandes pour ses garages ! (c’est la même taille qu’une Maybach actuelle)…
Il le regrette encore aujourd’hui puisqu’à chaque fois qu’on se rencontre, il me dit son regret de ne pas les avoir acquises…
Le Cabriolet va finalement être vendu au président du club Panther Anglais, qui viendra chercher « son » joyau en Belgique…., tandis que le Coupé sera vendu quelques mois plus tard à un Hollandais (qui paiera partiellement avec une Excalibur Phaéton Séries II entièrement et parfaitement restaurée).
Jamais, depuis, le Coupé et le Cabriolet qui avaient toujours vécu en couple, une paire qui aurait du être indissociable, ne sont sont retrouvés cote-à-cote.
Mon métier et ma passion sont de découvrir de telles automobiles, mais je suis de plus en plus déçu du manque d’intérèt véritable des gens qui préfèrent acheter (pour collectionner) des voitures souvent insipides (stupides à conduire, ridicules à regarder, déplorables à collectionner) telles par exemple des Mercedes 190SL cabrio des années soixantes ou pire, d’abominables (à rouler) Mercedes 230/250 et 280SL « Pagode« …

Toutefois… et j’en sais quelque chose, la « crise » ne frappe que les pauvres et les classes moyennes d’indépendants…, les salariés fonctionnaires qui continuent de percevoir leurs salaires augmentant selon l’index à la consommation… et les « riches« …, ne sont pas atteints…, ils continuent de vivre leurs caprices de stars, parfois jusqu’à l’écoeurement (voir les comptes-rendus sur Cannes, Monaco, ainsi que le scandale des ventes aux enchères de charité via Sharon Stone)…
Depuis 2000, beaucoup d’eau à coulé sous les ponts, il y eut le 11 septembre qui a débuté une période de dictature mondiale (le monde va de mal en pis), il y a aussi, de manière incessante l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie qui amène le prix du baril de pétrole, peu à peu, vers les 150 dollars…, « plombant » toute l’économie…
Dans ces foires ou l’argent est roi et coule à flots, ce sont les Ferrari qui restent, malgré-tout, les valeurs « refuges« , (telle l’ex-Ferrari 250 de James Coburn adjugée chez RMAuction pour la somme invraisemblable de 7,040.000 millions d’euros !!!), quitte à les enterrer dans des garages hermétiques mais climatisés en attente de jours dits : « meilleurs« …

C’est toujours la même chose, à croire que les gens sont masochistes au point de prendre plaisir à rater les trains…
Dans dix ans peut-être, les deux Panther, ex-Roi Fahd, ressortiront et seront vendues pour un million de dollars chacune, bien loin des 20.000 euros qu’elles valaient de « mon » temps…

Sympathy for the (Panther) deVille…
http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=1020&cat=auto

Une histoire de fou, la Panther J72…
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