Patrick Chagnaud, le faux gendarme de Saint-Tropez !

Le Gendarme de Saint-Tropez est une hexalogie cinématographique française réalisée par Jean Girault.
Cette saga est composée de six opus, sortis sur une longue période de 18 ans :
•Le Gendarme de Saint-Tropez, sorti en 1964 ;
•Le Gendarme à New York, sorti en 1965 ;
•Le gendarme se marie, sorti en 1968 ;
•Le Gendarme en balade, sorti en 1970 ;
•Le Gendarme et les Extra-terrestres, sorti en 1979 ;
•Le Gendarme et les Gendarmettes, sorti en 1982.

L’acteur central de tous les films est Louis de Funès dans le rôle du maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, entouré notamment de Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, France Rumilly et du duo Grosso et Modo.
Seuls Louis de Funès, Michel Galabru, Grosso, Modo et France Rumilly ont joué dans tous les films de la série.

Après la mort du réalisateur, c’est celle de Louis de Funès, qui tenait le rôle du gendarme Cruchot, qui met définitivement fin à la série : l’acteur décède le 27 janvier 1983 soit quelques mois après la sortie du Gendarme et les Gendarmettes.
Dix-huit ans plus tard, c’est Guy Grosso, qui tenait le rôle du gendarme Tricart, qui meurt, le 14 février 2001.
Quelques mois passent et Jean-Pierre Rambal, qui n’a joué que dans un film de la série, Le Gendarme et les Extra-terrestres, dans lequel il interprète le gendarme Taupin, meurt le 18 septembre 2001.
Trois ans après, Jean Lefebvre, l’interprète du gendarme Fougasse, décède d’une crise cardiaque, à Marrakech au Maroc, le 9 juillet 2004.
L’autre membre du duo « Grosso et Modo », Michel Modo, qui jouait le gendarme Berlicot, décède d’un cancer le 25 septembre 2008.
Christian Marin, qui tenait le rôle du gendarme Merlot, décède le 5 septembre 2012, à l’âge de 83 ans, quelques semaines après avoir achevé la rédaction de ses mémoires.
Michel Galabru, qui jouait le rôle du gendarme Gerber, resta ainsi le dernier « gendarme » des quatre premiers films de la saga encore en vie ; il poursuivit sa carrière de comédien jusqu’à sa mort, le 4 janvier 2016, à l’âge de 93 ans.

Particulièrement en été à Saint-Tropez, divers spectacles se jouent dans les rues, principalement sur le port : une sorte de match oppose quelques artistes car ils ne vivent que de ce qu’offrent les touristes assis en terrasses, le plus prisé étant Patrick Chagnaud qui joue et transcende les codes de la série des gendarmes de Saint-Tropez.
Dans la cité du Bailli, l’imaginaire lié à la série des Gendarmes de Saint-Tropez est toujours vivace, l’ancienne gendarmerie a d’ailleurs été transformée en musée faisant office de lieu de pèlerinage, et c’est la présence et les facéties quasi-quotidiennes de ce comédien qui ravivent ces souvenirs auprès des touristes.

Patrick Chagnaud déambule sur le port depuis plusieurs années. Partenaire de Gérald Dahan au début des années 2000 au sein de la troupe des 6 clones, le comédien-imitateur prétend, par pudeur, avoir choisi la rue comme théâtre en endossant la panoplie du gendarme chaque été.
D’autres artistes, plus énigmatiques, stationnent de çi, de là, devant l’ancienne gendarmerie ou au hasard des mouvements de foule, gratouillant leur guitare, ou affublés d’un masque funesque peu esthétique, voire déguisés en clowns grotesques dans des poses destinées à déclencher les sourires des visiteurs.

Un ça va, mais tant qui espèrent billets et piécettes c’est gênant, même pour ceux qui ont « du cœur »…, à force, un ras-le-bol s’installe…
C’est d’autant plus perceptible chez Sénéquier et son voisin qui organise des spectacles « professionnels » sur la rue devant son établissement

Terrain de jeu différent pour Patrick Chagnaud qui concentre ses effets  »funes-bulesques » en arpentant les quais de la cité corsaire où il déploie ses armes artistiques : jumelles, matraque, pistolet…, pour déclencher l’hilarité des estivants.
Son truc : grimacer, singer les attitudes, prétexter un contrôle de police.
Si les gags sont répétés, c’est l’enchaînement des improvisations et l’interaction avec le public qui fait le sel de ce show.

Mi-Galabru, mi-De Funès, et même mi-Fougasse…, il avoue sans rire, qu’à travers ces personnages, il est devenu lui-même, car à Saint-Tropez, il est investi d’une mission…
Parfois, ces animations tournent au duel à distance avec leurs lots de bisbilles en cause de leur cohabitation forcée, finalement, chacun a son pré carré, quoiqu’il n’y a pas de monopole… , mais Patrick Chagnaud a gagné le match de la popularité.

Tous les soirs sur le quai Jean-Jaurès, l’artiste imitateur amuse la galerie, au point d’être devenu un personnage plus ou moins incontournable, il est devenu une vedette locale.
La présence quotidienne de l’artiste imitateur devant « Le Quai » ou « Sénéquier » ne passe jamais inaperçue, à chaque fois, un attroupement dense se forme pour assister à ses drôleries, il arrête les voitures, mesure la longueur des mini-jupes des filles, imite les gens qui passent, fait des grimaces… et se prête au jeu des photos en grommelant que les temps sont durs.

Son « affaire » tient à ses mimiques mêlant l’inspecteur Columbo et celles de De Funès, le tout dans un ancien costume de gendarme de Saint-Tropez, mais ce n’est pas l’unique raison de sa réussite.
En effet, il symbolise le Saint-Tropez d’avant, celui de la belle époque, quand les gens étaient plus simples et les stars très nombreuses.
– Je touche sans doute le cœur des Tropéziens. Ils se rappellent des souvenirs en me voyant. On me donne ce qu’on veut. Des pièces, parfois même de gros billets. Je n’ai aucun problème côté finances… m’a assuré l’artiste de presque 50 ans, qui vit dans un camping à Grimaud…, lorsqu’on les fait rire, les gens savent récompenser l’artiste comme il se doit…

Avant cela, Patrick Chagnaud a bourlingué, longtemps à Royan, sur la côte atlantique, où le déclic survient.
– Fan de la série, j’avais mis un uniforme de gendarme et je suis arrivé à arrêter plusieurs voitures pour les faire changer de direction ! Puis à Juan-les-Pins, pour l’anecdote, mon grand-père était gendarme, c’est pourquoi je me suis engouffré sur ce créneau… A Saint-Tropez, le maire m’apporte son soutien. C’est grâce à lui si je peux continuer à exercer mon métier sur le port. Quant à la maréchaussée, ils me regardent avec un sourire en coin… Ils me considèrent un peu comme leur ancêtre…

Rien ne le prédestinait à embrasser une telle carrière.
Natif de Tours, il souhaitait devenir journaliste…, avant de s’orienter vers le conservatoire de théâtre, à 22 ans.
– J’ai toujours aimé faire le pitre et imiter mes profs. J’ai créé les « 6 Clones » aux côtés de Gérald Dahan. Entre 1999 et 2000, on est passé chez Michel Drucker dans « Vivement dimanche ». Mon personnage phare c’est l’inspecteur Columbo que j’ai imité devant 15.000 personnes au festival de Montréal. Mais aussi Bigard, Dubosc, Sarkozy…

Un panel étendu pour celui qui passe quatre mois en terre tropézienne, de mai à septembre ou les gens le sollicitent pour faire une photo.
Patrick Chagnaud est sans conteste l’une des stars des étés de Saint-Tropez…