Les dessous (marins) de Saint-Tropez…

Internautes remerciez le ciel de me lire, à tout Saigneur, votre Honneur…, remerciez-moi de vous confier les terribles secrets que je découvre au fil du temps qui passe (les dons en nature sont bienvenus, merci), sans moi, chers et chères tousses, vous croupiriez dans la sotte ignorance où vous laissent les journaux, les radios, les télés, votre moitié, votre belle-mère et les pouvoirs publics.
Dans notre époque où les vérités sont masquées et/ou transformées, mon action se hisse à la hauteur d’une institution, nous vivons au sein d’une toile d’araignée de secrets, on nous tait les grands événements pour nous aveugler avec des babioles : les guérillas politiciennes…, les partouzes de vedettes…, les salons de l’auto…, les salauds de l’autan en emporte le temps… ET les gadgets constituant la poudre-aux-yeux-d’or dont on nous aveugle…, mais courageusement, avec un froid déterminisme, une persévérance digne des loges (maçonniques et autres), je continue de commenter et révéler.

Ma force vient de ce qu’on ne peut pas m’acheter (sinon bientôt dans les bonnes librairies si je me décide à republier Chromes&Flammes)…, quoi qu’encours-je…, je poursuis mon œuvre d’information… et cette fois, je n’hésite pas à vous annoncer l’impensable nouvelle : Outre des méduses urticantes et des raies venimeuses, le Golfe de Saint-Tropez contient des épaves inédites, vélos, motos, autos, avions et bateaux…, une affaire à suivre…, suivons-là !
Sachez toutefois avant de poursuivre la lecture de cette Nième chronique (gratuite) qu’il est intéressant de remarquer que s’il n’est jamais trop tard pour bien penser, ni pour énoncer ses grandes idées…, que les gens étonnants et hors du commun qui accomplissent leur œuvre prodigieuse (moi par exemple), sont sans cesse persécutés par des espèces de tortionnaires, des fiscards, des képis…, des affreux méritant bien leur qualificatif…, tout ceci précisé, je peux commencer la narration de cette affaire sous-marine en eaux troubles…

La rumeur portuaire du port (sic !) de Saint-Tropez m’arrache au sommeil, un boucan d’enfer m’éveille, au sein d’un tel brouhaha, je me demande comment j’ai pu fermer l’œil, voire les deux jusqu’à présent…, le raffut indescriptible ne s’apparente à aucun autre (tel les nettoyeurs communaux qui œuvrent dès 5h du mat’ sous mes fenêtres)…, il se compose de mille clameurs simultanées, de grincements par millions…., faut-il être totalement privé d’ouïe pour subir cette agression.
Je me demande toujours, en pareil cas, pourquoi le phénomène d’agglutination rassemble les humains avec une pareille frénésie…, ils se haïssent à mort et pourtant éprouvent le besoin : de vivre en bancs comme les poissons…, de s’écraser…, de se piétiner…, tout en papotant pour ne rien dire, en suçant des glaces et en pissant dans les ruelles…

Merde ! Pour tout ça, il y a encore des déserts, que je sache…, des toundras, des steppes, et… sans vouloir chercher si loin, les plaines du Morvan, les plateaux de Millevaches, le Cirque de Gavarnie, les gorges du Verdon et la Corse… !
Mais eux-autres, ce sont des rues saturées, des souks, de la bordèlerie foraine, des métinges et défilés dont ils ont besoin…, il faut donc que leurs hostilités se frôlent, se touchent, s’entrepénètrent : « Moutons for ever en panurgerie irrémédiable »…

Sur mon balcon vue mer et port, mes pensées moroses sont tempérées par des sensations luxurieuses, voire luxuriantes, je visionne : mon gros voisin (propriétaire des caves vinicoles Tropézirhum) et deux de ses fillettes, se sont barrés de l’appart familial de 100 M² (à 50.000 euros le M² sur le port) situé à gauche de mon mien, pour aller chercher les croissants du matin-quotidien…, une nuée d’autres voisins plus ou moins gros ou minces avec plus ou moins de famille et d’argent, font pareil…, c’est partouze les mêmes courreries dantesques…, sauf un pauvre hère, un Chinago à la barbe traînante qui fume une bouffarde malodorante puant le goudron chaud et la chaussette d’été, tandis que son chien grignote les puces morflées dans sa tanière…
Mon cent quatre-vingts degrés s’achève sur la porte-fenêtre balcon de mes voisins milliardaires de droite (ils le sont politiquement, mais je cause en ce cas de l’appartement situé à droite de mon mien), grande ouverte la porte-fenêtre…, je vois donc clairement la grand-mère qui s’est payée les bons-soins du Capitaine de leur Yacht… et utilise son membre (turgescent) pour donner un cours de fellation à sa petite-fille qui s’escrime…, la pauvre chérie !

Un berger pyrénéen en chialerait de pitié…, elle n’a pas la clape suffisamment large pour lui faire un collier à zob de ses lèvres minces…, par contre la vieille obtient quelques résultats parce qu’elle est édentée…, mais l’adolescente va périr d’étouffement si elle s’obstine…, quels mœurs…
Mais l’édentée me voit, elle en perdrait son dentier si elle l’avait en place…, ma vue retire le pain de la bouche de la jeunette…, je lui fait signe bonjour… et c’est le Capitaine Jurgen qui me rend mon signe bonjour…, auquel je répond à nouveau avec un signe de la main, mais pouce vers le haut…, quand je serais face à cette jeune salope, je tenterai de lui expliquer qu’il ne faut pas chahuter avec cet outil de haute précision et peler le radis du Capitaine de la sorte…, elle va le mettre en invalidité !

Aujourd’hui je vais utiliser les sévices d’un mini sous-marin venu en démonstration pour un projet d’attraction touristique « Les dessous (marins) de Saint-Tropez »…, ce n’est pas un gros sous-marin…, Saint-Tropez ne pourrait pas se le spermettre, le village ne veut pas poéter plus haut que son luth…, cela écrit, ce submersible n’est pas non plus un sous-marin de poche, il s’agit d’un sous-marin de sac (estampillé/sponsorisé Hermes et Vuiton)…
Dans son discours relativement arrosé…, le maire à dit qu’il est propulsé uniquement par un système de bitounage foirineux à friction (ce qui est assez révolutionnaire, je dois le reconnaître avec satisfaction)…, qu’il comporte un brise-glace pendulaire…, une chambre des machines…, cinq chambres à coucher (très exiguës mais meublées Louis XVI par LVMH)…, un poste de commandement (don de Riva Marine)…, plusieurs postes de radio et d’ordinateurs (don anonyme)…, un poste d’équipage bien équipé (don de Kaufman&Broad)…, un bar à putes (1000 euros la passe)…, un périscope érectile en matière plastique ininflammable (payé par Var-Matin)…, une soute à bagages (réalisée par Hermes)…, un distributeur de tartes de St-Tropez…, une galerie marchande…, une galerie de tableaux…, un hibernatoire (offert par l’Evêché)…, un réfectoire (sponsorisé par Senequier)…, quatorze W.-C (issus de la caisse noire de la Capitainerie saisie par la Gendarmerie)… et un logement spécial Mairie (offert par Chanel)…, qu’on le veuille ou non, c’est une belle réalisation dont les gnous (payants) de St-Tropez ont tout lieu de s’enorgueillir.

Le logement qui m’est imparti est une cabine de deux mètres sur quatre-vingts centimètres, mais pourvue de tout le confort : deux lits à baldaquin superposés, une armure Henri II, une photo d’époque dédicacée du Chevalier-Tropez…, (avec une caisse de vin rosé du même nom)…, un lavabo incorporé dans les moulures du lit… et une large baie vitrée donnant sur l’extérieur de la coque du bâtiment spermettant des prises-de-vue hallucinantes voire hallucinatoires…, cet ensemble composant le principal de l’ameublement.
J’en suis tellement bouche-bée que je ne m’aperçois même pas de l’appareillage…, la vibration du sous-marin, au contraire, me berce et je me paie des rêves en technicolor, un chouïa polissons aux angles…, tous se déroulant dans des alcôves Tropéziennes où je récite plein de je vous salis, Marie ; de je vous salut, maris ; de je vous salais, morue ; de je vous marie, salope !

Plus j’avance dans la vie (ou plutôt plus je recule, car on recule dans la vie au lieu d’avancer), plus mes songes sont voluptueux…, un nœud-rologue de mes amis m’a expliqué que c’était du pareil chez tous les survoltés de la tête-chercheuse… et que le seul moyen d’éviter ça, était de se gaver de calmants…, vous pensez bien que j’ai refusé !
Après 15 minutes de descente lente au fond des eaux glauques du Golfe, le seul-maître-à-bord-après-Dieu sort précipitamment du poste de commandement tandis que Blacky (mon brave Cocker que j’ai pu emmener grâce à un faux document que j’ai signé Brigete Barlot) et moi échangeons des regards légèrement paniqués…, oui, mettez-vous à notre place deux minutes au lieu de vous prélasser devant votre écran d’ordi à ligoter mes époustouflantes aventures, bande de gueux…, être à bord d’un sous-marin Tropézien, à je ne sais pas combien de mètres de profondeur (Saint-Tropez est situé au bord du fumeux Abysse sans fond des turpitudes et s’y enfonce peu à peu)… et savoir que la carburation se fait la malle (estampillée/sponsorisée Hermes ou Vuiton)…, il a de quoi filer le traczir à une nichée de crocodiles Lacoste, vous ne pensez pas ?

Sans être tout à fait claustrophobes, Blacky et moi, avons une vache prédilection pour l’air libre et la terre ferme…, fatalement, c’est notre élément naturel…, seuls, les anormaux se sentent à leur aise dans des capsules, des ballons sondes et autres véhicules jules verniens.
Le seul-maître-à-bord-après-Dieu ordonne alors qu’on chasse l’eau des ballasts et, doucement, le sous-marin pointe le museau vers la surface bienheureuse…, durant cet instant d’éternité, pour la première fois de son existence, Blacky se fait expliquer le principe de l’immersion et de l’émersion dans un sous-marin…, je le lui explique avec la sobriété de termes nécessaires à sa compréhension : « Des réservoirs de part et d’autre du barlu, Blacky. Quand on les remplit de flotte, le sous-marin sous-marine et quand on chasse l’eau des réservoirs, il remonte, a capito ? Le seul hic, c’est que lorsqu’on n’arrive pas à chasser l’eau, on reste au fond », ajouté-je.

Le cadran lumineux de ma tocante verdoie dans l’obscurité…, c’est ça surtout qui déprime à bord d’un sous-marin : l’opacité absolue du noir, dès qu’on éteint les loupiotes…, dans une chambre, on a beau aveugler les fenêtres à grand renfort de lourds rideaux, une poussière de luminosité continue de flotter dans la pièce, même en pleine nuit…, ici, non…, la nuit est une quintessence de nuit…, l’obscurité un concentré d’obscurité…, ça étouffe…
Vite j’actionne le commutateur et le tube de Néron (Saint Tropez de Pise, Caïus Silvius Torpetius, était Centurion de la garde personnelle l’empereur romain Néron) me restitue un ersatz de jour, un peu trop cru, un peu trop aveuglant pour mes yeux, pour un pneu (Miche’Lyn) on croirait que Jésus vient me dire que le Chevalier Torpez est une plaisanterie…, Blacky, lui, s’en f…, il bâille, s’étire, se secoue…, ce qui, par mimétisme me fait me fourbir l’orbite, me masser le prosper, et me frotter les joues (râpeuses) avant de m’apercevoir que, comme le seul-maître-à-bord-après-Dieu constatant que la carburation carburait à nouveau, a ordonné de replonger… et moi de crier « Mon Dieu, pourquoi moi ? »….

J’accomplis quelques mouvements gymniques, je me rouille dans ce sous-marin, l’environnement est trop humide…, Blacky et moi faisons des petits pas, des petits gestes…, on se faufile un pneu partouze et je fais des photos des épaves qui apparaissent dans la baie vitrée…
Sous Louis XI, les prisonniers dans leur cage devaient éprouver ce que j’éprouve…, on deviendrait vite reptile dans ce gros suppositoire d’acier qui vadrouille dans le dargeot du Golfe de Saint-Tropez…, un jour, on trouvera bien le moyen de se déplacer d’une façon plus humaine au sein des mers…, si Jules Verne aurait pris des licences, il serait aujourd’hui le mort le plus riche de l’univers…, quel cerveau ce Julot, quand on fait l’inventaire de ses utopies du moment devenues réalités…, l’imagination, faut admettre, c’est la mémoire du possible…, un jour, sans le secours d’aucun appareil, l’homme vadrouillera dans l’élément liquide.

Un jour l’eau ne nous étouffera plus…, un jour l’eau ne nous mouillera plus…, c’est écrit…, la vraie conquête ce sera la polyvalence totale de l’individu…, son acclimatation à tous les éléments…, je nous vois, dans quelques millénaires, Blacky et moi, intégrés enfin au système…, la mission de l’homme et de son chien, c’est l’affranchissement absolu…, le règne humain est une communion chimique en devenir…, chaque génération dépose sa couche qui la hisse vers la connaissance…, elle est un limon qui fertilise, laissez-vous faire…, laissez-vous mourir tranquillement, je devine que ça n’est pas inutile.
La seule véritable découverte philosophique jamais réalisée par l’homme est que tout se transforme… et une transformation s’opère toujours dans le sens de l’évolution…, bravo Newton, vive Lavoisier…, le carbone en se purifiant est devenu diamant…, on deviendra diamant à grand renfort de chagrins et de choucroutes garnies…, ne vous impatientez pas.

Le temps prend une consistance de beurre…, le temps, mais pas les rochers…, ma doué, ce gnon…, on dirait que nos organes les plus précieux, les plus précis, les plus pressés, les plus intimes se décrochent, se débinent et se répandent…, en vrac, j’évacue mon cœur, mon cerveau, mes claouis, mon pancréas, mon intestin grêle, ma vésicule biliaire…, ils sortent de moi comme l’eau d’un seau renversé…, je me vide, me distribue, me restitue.
Il y a du bruit…, non, pas DU bruit…, LE bruit…, ceux que nous percevons ordinairement, que ça soit sous forme de musique ou de coups de canon, ne sont que des miettes tombées d’un noyau bruit…, là, c’est LE bruit…, un truc qui emporte et démantèle, qui disloque, désintègre, retourne.

Je tâtonne pour chercher mes yeux qui ont dû rouler à fond de cale…, j’essaie de me persuader que je vis toujours…, je récupère les sens (c’est pas encore du super) à l’exception de mon sens auditif englouti dans le vacarme…, j’avise Blacky, tout contre moi, qui me fixe avec l’air d’un Cocker apeuré…, je parviens à remuer la tête, j’avise le seul-maître-à-bord-après-Dieu avec son volant nickelé dans les mains…, il a une attitude songeuse qui ne me dit rien qui vaille…, il continue de tourner le volant, à petits gestes saccadés… et ses lèvres remuent pour balbutier des trucs inaudibles…, je me dresse…, j’ai perdu la notion du temps…, le choc vient-il de se produire ou bien a-t-il eu lieu 1.500 années auparavant ?
Pas mèche de me tenir debout…, le sol se flanque à la verticale…, je glisse dans le fond du poste… et Blacky m’arrive dans les pinceaux, le seul-maître-à-bord-après-Dieu suit avec son volant pour qu’on se tienne plus chaud…, je me frotte le dôme…, j’attends…, du moment que je vis, je vais piger…, en effet, je pige le sous-marin a heurté la fameuse barque de Saint-Tropez et le seul-maître-à-bord-après-Dieu a ordonné de faire surface de toute urgence pour annoncer la nouvelle…

Le sous-marin ne sous-marine plus…, petit à petit il retrouve la position horizontale…, le seul-maître-à-bord-après-Dieu ouvre l’écoutille et nous pouvons sortir…, c’est un grand professionnel.., on sent que les questions sous-marines, météorologiques, météoriques, théoriques et autres le passionnent.., il s’intéresse vachement à la vitesse du vent, au frétillement des étoiles, à la température de l’eau, aux couches d’airs, aux courants, aux alizés, aux balisés, aux cyclones, aux atmosphères, aux sphères, aux planisphères, aux cumulus…, il s’intéresse aux degrés au plus haut degré, de son plein gré…, aux tractions et aux attractions…, le soleil et son troupeau de planètes n’a pas de secrets pour lui, il sait tout de son système et des astéroïdes qui poudroient dans sa zone d’influence.
Avec gravité, il peut réciter les lois de la gravitation…, avec une cigarette il fait des ronds de fumée elliptiques…, il peut vous dire, même en dormant, que Pluton met 248 ans pour parcourir son orbite, tandis que Mercure ne met que 88 jours…, il n’ignore pas qu’en irradiant, le soleil perd 4 millions de tonnes par seconde et que, du fait de cette déperdition, on sera définitivement en panne de courant d’ici 16.000 millions d’années (ce qui vous prouve bien, mes frères, que c’est le moment d’en profiter).

J’admire sa science, moi, vous me connaissez…, l’intelligence faite homme, mais du diable si je sais tout ce bazar…, surtout qu’il m’affirme que le réchauffement c’est du bidon, qu’il aurait été enregistré fatalement, qu’il aurait eu des conséquences abasourdissantes… que la fonte du pôle Sud aurait entraîné une élévation du niveau des mers de 60 à 90 mètres et qu’on en aurait entendu causer dans les chaumières (principalement dans les chaumières néerlandaises et landaises, j’ai idée)…, bref, il prend les « climateux-négativistes » pour des fumistes, le barbouzeux…, ça se voit tellement qu’il s’en rend compte.. et pourtant, les dingues, c’est comme les cocus : ils s’aperçoivent jamais qu’on se paie leur tartine.
Il nous entraîne dans son bureau/chambre, ce qui nous oblige à redescendre au fond du sous-marin…, il y a là des caisses, des armes, des bidons, des gamelles, des couvertures, des jeux de cartes, des cartes géographiques, des cartes Miche’Lyn et des instruments de précision capables de tout préciser, depuis la concordance des temps jusqu’à l’intensité des retombées atomiques.

Il me présente un perdromètre de gravitation à butées multiples, un grappilleur elliptique et une foutreuse moléculaire sous-tendue…, moi, vous me fileriez cette panoplie, je resterais cent mille ans à côté d’elle sans déterminer son utilité…, mais faut voir le seul-maître-à-bord-après-Dieu…, en deux temps trois mouvements, il a dégagé la clavette à bain d’huile goménolée du grappilleur…, il a sorti l’antenne privative de la foutreuse…, a branché les fiches à connivence du perdromètre… et penché sur les appareils, il se livre à des calculs rapides, puis allume la radio à lampes (d’époque des U-Boot) et crie : « Monsieur le maire, j’ai retrouvé la barque de Saint-Tropez, un miracle, elle était intacte, mais le sous-marin l’a pulvérisée dans un vacarme apocalyptique, on ne pourra pas la processionner lors de la prochaine Bravade »…

En attente de revenir (enfin) à terre, au mouillage, le port de Saint-Tropez semble soudain temporairement dangereux au seul-maître-à-bord-après-Dieu… qui explique que nous y aurions sans nul doute été ovationnés en héros si nous avions récupéré la fameuse barquette de Caïus Silvius Torpetius…, mais ou nous risquons d’être lynchés pour l’avoir détruite…, la décision est alors prise de nous rendre à Gassin, près de Port-Grimaud ou existe encore une jetée pour sous-marins à l’usine de torpilles…
Je décide de me remettre de mes émotions dans ma chambrette… et quelle n’est pas ma stupéfaction la plus stupéfaite d’y trouver une grosse femme, la tête hérissée de bigoudis…, qui ne parvient pas à récupérer ses énormes seins dans son vêtement flottant, elle doit peser dans les 150 kilos, elle est monstrueusement flasque…, elle tremblote…, elle frémit… elle s’étale…, elle se répand…, elle est ignoble…, elle est abjecte…, elle n’a pas d’âge… elle n’a pas de tour de taille… elle n’a pas de formes.

C’est un volume fruste, un déchargement en vrac…, elle n’est plus pesable, elle n’est plus contrôlable…, elle est énorme, hideuse, mais elle existe, voilà ses dernières caractéristiques :
Imaginez une barrique de gélatine noirâtre… portant une robe de velours vert…, c’est une colline de bidoche avariée…, elle remue de l’intérieur comme l’Etna…, la plus honteuse fermentation qui s’entend vient de son ventre, c’est ce qui lui reste de vie…, c’est le mont Ventoux…, ses seins sont les monts d’Auvergne…, mais le pire, le summum de l’abomination, l’horreur totale, le délire cauchemaresque, c’est sa physionomie, grosse comme une lessiveuse, qu’elle est, sa bouille maflue, bajouteuse, triple-mentonneuse, boursouflée, soufflée, pendante, flasque, lourde, des joues comme des petits sacs de farine… est surmontée d’un nez épaté, avec des narines tellement béantes que les otorhinos se fringuent en spéléologues pour lui mater les végétations !

En sus, ses lèvres sont épaisses, craquelées, violacées et sa respiration laborieuse…, ses dents sont écartées, semblables à des crocs, terrible grille qui protège une langue follement écœurante…, ses yeux sont exorbités, le blanc est jaune, le jaune rouge et les paupières insuffisantes…, ses cheveux décrêpés se plaquent comme des algues mouillées sur sa devanture…, ajoutez à ce tableau des petits bras en ailerons de pingouin, et vous obtenez l’être le plus terrible, le plus monstrueux qui se puisse engendrer…, m’est avis qu’elle doit avoir un hippopotame dans son ascendance, c’est fatal…, un gorille aussi, sûrement… et peut-être, à quelques générations de là, un cachalot…, c’est le produit de l’accouplement de Jonas avec sa Baleine.
Entre nous, Blacky feint de rêvasser ; en réalité, il imite le seul-maître-à-bord-après-Dieu, qui vient d’arriver et scrute sous les jupes de la dame dodue qui, du fait de son embonpointement, conserve les jambes écartées…, quelle trouble félicité peut lui apporter un tel spectacle ?

C’est là un mystère que je tente d’éclaircir en apostrophant le seul-maître-à-bord-après-Dieu…
– « Vous éprouvez quelque agrément à contempler cet entrejambe de matrone ? »… l’interrogé-je.
Il me regarde de son œil blasé, puis me dit :
« Cette personne, m’inspire tout à la fois dégoût et curiosité. Je lui suppose un sexe malmené par sa déjà longue existence, qui a dû guerroyer sur tous les champs de bataille de l’amour au point de n’être plus qu’un conglomérat de chairs informes et sans doute inutiles. Voyez-vous, mon cher, l’autre soir je visionnais un film hard. Il montrait les mornes ébats filmés d’une fille besognée par deux mâles stupides, aux sexes plantureux. L’un des gaillards se donnait à traire, cependant que l’autre la prenait par-derrière. Je mis un temps à réaliser que le second, en fait, la sodomisait, ce que l’énormité de son phallus et la minceur de la partenaire n’induisaient pas à penser. Ce qui me frappa, c’était l’impassibilité de la jeune femme sous les assauts brutaux de ce triste sodomite. Elle encaissait la charge stoïquement, non plus avec agrément, mais par inadvertance, comme s’il eût été normal qu’une issue, à l’origine étroite, pût recevoir un tel « rebrousse-chemin ». J’en fus profondément (si j’ose dire) choqué ; attristé, aussi, car des manigances pareillement dépravées portent atteinte à toute la classe des mammifères à laquelle j’appartiens au même titre que vous »…
– « La plupart des hommes pensent recouvrer leur virginité une fois qu’ils ont remis leur slip après s’être fait sodomiser »… lui répond-je.

A la fin de la tirade du seul-maître-à-bord-après-Dieu…, la dame aux cuisses ouvertes à l’extrême a déchiré le haut de sa robe pour dégager ses bouées de signalisation marine…, divine surprise : comparés à ses flotteurs, ceux de la jeune ado que j’ai aperçue besognant le capitaine du Yacht de mes voisins milliardaires, avaient l’air de deux blinis froids (Pardonnez-moi de ne pas pousser plus avant mon descriptif salace, mais il risquerait de choquer les gens huppés qui me lisent, telle Son Altesse la princesse Pilar, sœur du roi d’Espagne, en compagnie de laquelle j’ai eu le privilège de dîner récemment)…
Rien ne devient jamais aussi rapidement brûlant qu’un fourneau qui n’était pas éteint… le seul-maître-à-bord-après-Dieu lui a proposé la langue fuligineuse, puis l’embroque mammaire (ses plantureux nichebabes le permettaient), le clavecin de Mozart, le retour de Zapata, le dito marée haute, la dilatation de Vulcain, le triangle isocèle, l’entrée du choléra à Pont-de-Beau-voisin (il entrait toujours à Marseille, ça devenait chiant), la tête de nœud fouineuse, les œufs en meurette du Bistro Saint-Honoré, le grenier à foin, la sodomie de muscidés, le spéculum de ma Mère l’Oie, l’arrivée des Huns à vingt et un (après avoir conquis Troyes, Foix, Sète), la mort de Pompée… too much ?

J’abrège…
Ne pouvant revenir au port de Saint-Tropez ou nous risquions d’être lynchés, nous accostons donc à l’usine de torpilles de Gassin…, ce qui nous prive des ovations ovationnée de la foule des gnous Tropéziens, en ce compris la fanfare des Bravadeurs…
La grosse Dame dont c’est quasi le port d’attache dit qu’elle vient d’être engagée comme journaliste locale pour le journal du matin dans le Var (le reportage du sous-marin était son premier scoop)… et me propose soudain et aimablement de me déposer à Saint-Tropez avec mon Blacky… en échange de mon silence…

Avanti…
La grosse Dame roule au volant de sa petite 305…, le véhicule noir se faufilant, tel un gros insecte, dans la circulation aux alentours du rond-point de La Foux…, sur la banquette arrière, Messire Blacky réfléchit en considérant le dos légèrement dénudé de la conductrice…, mon cador est prêt à parier un repas chez Senequier contre un os à moelle que la grosse Dame a envie de me baiser…, il juge cette partenaire « obligée » un brin fripée pour son Maître (moi), mais il connaît mon éclectisme et mes faiblesses en matière amoureuse.
Il se redresse et examine la dame dans le rétroviseur…, curieusement, elle fait de même, l’œil sagace de mon Blacky l’irrite inexplicablement.
– « Cesse de me contempler ainsi, espèce de chien galeux ! »… l’apostrophe-t-elle.

On croit que certaines femmes ont des yeux cochons, alors qu’elles ont des yeux de truie…, c’est le cas pour cette grosse Dame…, Blacky ne dérobe pas son regard, au contraire, en chien intuitif, il perçoit la totale nocivité de la donzelle, il est sur le qui-vive, style : « Où nous conduit-elle, et pour y faire quoi ? »…
Écœuré, mal à l’aise, il craque une louise…, une chouette vesse canine…, la bouffe qu’on lui a donnée dans le sous-marin était à ce point infecte que son vent est insoutenable…, on croirait à une grève des éboueurs, reconduite pendant six mois…, la grosse Dame émet un cri d’horreur lorsque l’odeur lui titille les fosses nasales (ne pas confondre avec les forces navales)…, elle vocifère (à souder, voire à repasser), flanque un coup de son sac en cuir (Hermes) sur la tête de Blacky et baisse la vitre de son côté.

Blacky qui ne tolère pas de telles irrévérences, s’élance de la banquette arrière et prend appui sur le dos de la conductrice pour sauter à l’extérieur…, son exploit s’opère pile devant une voiture de police roulant sirène bloquée et dont le conducteur se carrait la speed-limit au fion…, le flic veut éviter Blacky…, y parvient au détriment de la Peugeot 305 qu’il embugne par le travers gauche, l’enquillant sous les roues d’un énorme Camion semi-remorque peint en noir et jaune… et s’ajoute à ces deux couleurs le rouge du sang de la grosse Dame donnant une évocation des drapeaux belge et allemand…, la mort est son lot de consolation…, pour ma part, j’en sort sans une égratignure : « Merci mon Dieu, pour un écrivain, changer d’éditeur, c’est comme changer de transat à bord du Titanic ! »…
La baiseuse effrénée, broyée comme un excrément sous la botte d’un soudard, rend à Dieu une âme dont il n’espérait plus grand-chose…, l’action est la récompense de l’inaction.., un chien pareil, je vous le jure, il n’en existera jamais deux…, donner, compense l’amertume de ne pas recevoir…