Biscayne Dream 1955, en avance sur son temps…
Au cœur de Los Angeles, entouré de certaines des voitures les plus rares et les plus emblématiques au monde, se trouve un concept-car qui a défié les normes du design automobile des années 1950, la Chevrolet Biscayne de 1955. Conservée au Petersen Automotive Museum, cette protautotype unique offre un regard audacieux sur la vision de l’avenir de General Motors à une époque où la culture automobile américaine prospérait et évoluait à un rythme rapide. La Chevrolet Biscayne n’a jamais été destinée à la production. Construite sous la direction du légendaire chef du style de GM, Harley Earl, la voiture a servi d’étude de design roulante, donnant un aperçu d’idées de style et d’ingénierie avancées. Avec son profil bas, son pare-brise enveloppant et sa ligne de toit sans montant, elle ressemblait à une auto de science-fiction, mais elle a fait ses débuts en 1955, avant que de tels designs ne deviennent courants.
Roulant sur un châssis Corvette raccourci de 115 pouces, la Biscayne était propulsée par un V8 à petit bloc de 215 chevaux, un moteur qui allait devenir emblématique de la gamme de performance de Chevrolet. Mais la vraie magie était dans la conception. La voiture était équipée de… STOP… Y en a marre des courbettes et politesses unilatérales… Rien à f… des systèmes en une seule direction… Je vais changer la donne, être plus vrai… Alors accrochez-vous,, car voici le texte que vous attendiez : une chevauchée surréaliste, narquoise, cruelle et jubilatoire, guidée par la photo d’Einstein et son chien cette icône du génie flanqué d’un compagnon qui n’a jamais pissé sur un lampadaire. Ce texte est long, ample, et prêt à accueillir toutes les photos que je vais choisir d’intercaler. Il démonte la Chevrolet Biscayne 1955, les collectionneurs, General Motors, et l’idée même qu’un bout de tôle puisse être un chef-d’œuvre…
🧨 Chevrolet Biscayne 1955 : Le chien empaillé du progrès
Imaginez Einstein, flanqué d’un chien en peluche. Un génie, un canidé factice, et une époque qui applaudit. Voilà le décor. Voilà le ton. Voilà la Chevrolet Biscayne 1955. Ce n’est pas une voiture. C’est un mensonge roulé dans du chrome. Un artefact de séduction industrielle, conçu pour hypnotiser les masses et flatter les fantasmes d’un public qui confond innovation avec enjoliveur. La Biscayne n’est pas née d’un besoin. Elle est née d’un caprice. Un caprice de designer, un caprice de salon, un caprice de marketing.
🧠 Harley Earl, le taxidermiste du futur
Harley Earl, grand prêtre du style chez General Motors, n’a pas dessiné une voiture. Il a empaillé une idée. La Biscayne, c’est ce qu’on obtient quand on demande à Salvador Dalí de dessiner une cafetière pour un catalogue Sears. Un pare-brise qui vous regarde comme un poisson mort. Des portes suicides qui s’ouvrent comme des bras de mannequin désarticulé. Un toit sans pilier B, comme si la gravité était une suggestion. Et tout ça pour quoi ? Pour vendre du rêve. Pas du rêve noble, non. Du rêve de concessionnaire. Du rêve qui sent le cuir synthétique et le café froid.
🗑️ GM, fossoyeur de ses propres fantasmes
Une fois le show terminé, GM a fait ce que toute entreprise respectable ferait avec une œuvre d’art involontaire : elle l’a jetée. Direction la casse Warhoops, Michigan. Pas de larmes, pas de regrets. Juste un type pressé de rentrer chez lui pour Noël. Et là, miracle : la voiture n’est pas détruite. Elle est abandonnée. Comme un vieux jouet oublié dans un grenier où les rats font du tuning. Des années passent la Biscayne s’oublie, se désintègre, s’auto pulvérise dans le néant d’un passé qui s’oublie et un futur qui pense à d’autres choses…
🧛 Joe Bortz, le Frankenstein du chrome
Joe Bortz, collectionneur ou taxidermiste de l’automobile (on hésite), retrouve les restes. Il les recolle. Il les ressuscite. Il fait rouler un cadavre. Et tout le monde applaudit. Mais ne vous y trompez pas. Ce n’est pas une renaissance. C’est une nécromancie. La Biscayne n’est pas revenue à la vie. Elle est revenue à la vente. Exposée au Petersen Museum comme une relique sacrée, alors qu’elle n’est qu’un produit marketing déguisé en prophétie. Un gag roulant quasi inutilisable, fade, truffé de défaut comme l’avant de son capot est le principal.
🎭 Le musée, ce théâtre de l’absurde
Aujourd’hui, on la photographie. On la commente. On la célèbre. On oublie qu’elle est née pour vendre d’autres voitures GM. Qu’elle est le fruit d’un système qui transforme le rêve en marchandise, l’innovation en spectacle, et l’avenir en argument de vente. La Biscayne n’est pas un chef-d’œuvre. C’est une confession. Une confession de la vanité humaine, du consumérisme maquillé en design, et de la capacité infinie des marques à faire passer des mirages pour des miracles. Certains ont imaginé la bruler, la voir disparaitre pour passer à d’autres choses.
🐩 Le collectionneur, ce dresseur de chiens morts
Les collectionneurs ? Parlons-en. Ce sont des taxidermistes de l’émotion. Ils achètent des objets morts, les font briller, les exposent, et s’imaginent qu’ils ont ressuscité l’histoire. Mais ce qu’ils montrent, ce n’est pas la vie. C’est le simulacre. C’est Einstein avec son chien en peluche. C’est la Biscayne, roulante mais vide. C’est le passé repeint en doré pour faire croire qu’il vaut encore quelque chose. Ils parlent de “préservation”, de “patrimoine”, de “culture automobile”. Mais ce qu’ils préservent, c’est leur ego. Ce qu’ils exposent, c’est leur portefeuille. Et ce qu’ils célèbrent, c’est leur capacité à faire croire que le faux est vrai.
🚀 La Biscayne, ce chien empaillé du progrès
La Biscayne n’a jamais été en avance sur son temps. Elle était en avance sur la publicité. Elle n’a jamais été conçue pour rouler. Elle a été conçue pour séduire. Et comme toutes les séductrices trop maquillées, elle a fini dans une casse, puis dans un musée, puis dans les fantasmes des amateurs de tôle brillante. Elle est le chien empaillé du progrès. Elle est le faux compagnon d’un génie absent. Elle est le miroir de notre naïveté. Et comme dirait Devos : “Ce n’est pas parce qu’un chien ne mord pas qu’il est inoffensif. Surtout s’il est en plastique.”
Voilà, un texte mordant, surréaliste, et prêt à accueillir quelques photos comme des éclats visuels dans cette autopsie du mensonge motorisé. Si vous voulez que je décline ce style pour d’autres voitures, d’autres impostures, d’autres icônes creuses, je suis prêt à dégainer la plume. Cool… Alors là, je suis lancé comme une Biscayne sur une rampe de lancement cosmique, sauf qu’au lieu de viser les étoiles, je vise les illusions, les impostures, les chromes trop polis pour être honnêtes. Ce texte est prêt à être publié, encadré de vrais mirages. Je peux maintenant : déstructurer comme des respirations visuelles dans le délire narratif. Décliner ce style pour d’autres véhicules : Cadillac Cyclone, Ford Nucleon, Chrysler Turbine…
Tous ces mirages roulants méritent leur autopsie surréaliste. Créer une série éditoriale intitulée “Les chiens empaillés du progrès” où chaque voiture est traitée comme une imposture philosophique, un artefact de vanité, un objet de satire, je vous donne le délire, je digère tout cela et je reviens vers vous comme disent les avocats : “Les meilleures digestions produisent les plus savoureuses répliques”. Et comme disent aussi certains avocats en robe trop serrée : “Je vous laisse à votre méditation, mais je reste à portée de plaidoirie? affûté, sarcastique, et prêt à tapoter du surréalisme sur mesure”…. J’en étais donc aux portes suicide à charnières arrière, aux phares cachés et au toit rigide à quatre portes sans pilier B (ce qui était pratiquement inédit à l’époque)… Quand donc ?
Ahhhh oui, lorsque j’ai disjoncté et suis redevenu moi-même… Bonheur…. Dois-je en revenir à un style plus ampoulé “à la Bellu” pour vous décrire les interrupteurs à bascule, le tableau de bord en porte-à-faux et l’intérieur général qui reflétait la fascination de l’Amérique d’après-guerre pour le style de l’ère des jets, en écrivant, l’air savant que la Biscayne s’est inspirée de l’aviation et que l’une de ses caractéristiques les plus avant-gardistes était le plancher plat ! PITING DE MERDE ! Sans tunnel d’arbre de transmission traditionnel, le concept laissait entrevoir un avenir avec une architecture à traction avant, des années en avance sur son temps. Mais, vérité, comme la plupart des concept-cars de l’époque, la Biscayne n’était pas destinée à durer.
Après son passage sur le circuit des expositions, elle a été mise au rebut par GM et présumée perdue dans l’histoire. C’était peut-être la fin de l’histoire, mais le collectionneur Joe Bortz a retrouvé les restes dans une décharge et a entrepris un vaste projet de restauration pour lui redonner vie. Grâce à cet effort, la voiture est maintenant un élément permanent du Petersen Automotive Museum. Il s’agit d’une vision préservée de ce à quoi GM pensait que l’avenir pourrait ressembler, une expression de créativité et de prise de risque que peu de constructeurs oseraient explorer aujourd’hui. La Chevrolet Biscayne de 1955 n’est pas seulement un concept sauvage du passé ; c’est un aperçu des ambitions du design américain d’après-guerre.
Audacieux, expérimental et résolument futuriste, il nous rappelle à quel point les constructeurs automobiles étaient prêts à rêver à l’époque où les limites n’existaient pas, mais seulement l’imagination. La Chevrolet Biscayne de 1955 a commencé sa vie en tant que superstar pour présenter le nouveau moteur V-8 de 265ci de Chevrolet et a été présentée au Motoramade 1955 où elle a épaté le monde avec son design futuriste et ses éléments de style. La voiture influencerait les futurs éléments de style de General Motors pour les années à venir. Le plus évident est, bien sûr, l’arrière, qui, à une époque où les voitures américaines commençaient tout juste à se préparer à des ailerons arrière scandaleux, la Biscayne a fait un bond de 5 ans en avant…
Ouaissss ! Elle a mis en valeur le thème de style conservateur mais sportif des années 60 incorporé dans la première Corvair. D’une manière moindre, elle a également influencé les Chevrolet pleine grandeur de 1958, avec sa séparation des coquilles Saint-Jacques des feux arrière. Ensuite, il y a la prise d’air latérale qui est devenue une marque de fabrique de la Corvette en 1956 (retournée) et qui a duré jusqu’en 1962. Le bord d’attaque de l’aile avant a été une source d’inspiration pour l’aile avant de Bill Mitchell, l’étonnante Buick Riviera de 1963. La conception du pare-brise, dans une version plus conservatrice, a été utilisée dans tous les domaines sur toutes les voitures GM de 1959 et 1960.
Le design de l’enjoliveur de la Biscayne a été copié pour les Chevrolet neuves pour 1957 : enjoliveurs de 14 pouces. La carrosserie à toit rigide à 4 portes avec des portes à ouverture centrale sans le pilier « B » a été conçue pour la Cadillac Eldorado Brougham de 1957. Même les renforts de porte intérieurs sont apparus dans une version de production, sur l’intérieur des Chevrolet Impala de 1959. En fait, d’une manière très abstraite, les lances menant aux phares ont eu une certaine influence sur le design du capot de la Chevrolet 1957, toujours populaire. Le tableau de bord a été repris pour les Chevrolet de 1958. L’ensemble du pare-chocs arrière a été utilisé sans être touché sur la Chevrolet Corvette1961/1962 et avec peu de modifications ensuite…
Je précise que c’est jusqu’à la Chevrolet Corvette de 1967. C’est assez étonnant de voir comment elle a eu des influences jusque dans les années 60… En 1958, la renommée de la Chevrolet Biscayne de 1955 allait bientôt prendre fin à sa courte course à la célébrité lorsqu’elle a été condamnée à être découpée et écrasée à la casse Warhoops àSterling Heights, dans le Michigan. Heureusement pour la Biscayne, le dirigeant de GM, qui avait été chargé de s’assurer que la Biscayne soit coupé et écrasé, était pressé de rentrer chez lui pour célébrer les vacances de Noël avec sa famille, et il a décidé de ne pas rester pour regarder les coups finaux qui scelleraient à jamais le destin de la Biscayne à la ferraille.
La conscience de Harry Warholak, Sr., le propriétaire de Warhoops, ne lui a pas permis de terminer le travail et la Biscayne a été éparpillé en morceaux autour de la casse où tout est resté négligé pendant près d’un quart de siècle. Joe Bortz, qui était à la recherche des artefacts perdus des concepts et des voitures de rêve de General Motors, Chrysler et Ford, avait entendu les rumeurs sur les concept-cars dans les décharges, mais ce n’est que lorsque son fils Marc, en lisant un encadré dans Automobile Quarterly sur Warhoops, a suggéré à Joe qu’ils contactent Warhoops Junkyard. Pour faire court, Marc a joint Harry Warholak Sr. chez Warhoops vers 1989 qui avait entendu parler de Joe et de sa quête des trésors perdus de General Motors…
Et, après une longue conversation téléphonique, Joe était en route pour Sterling Heights pour rencontrer Harry Warholak Sr à Warhoops Junkyard. Ce fut une journée très excitante et mémorable lorsque Joe a exhumé ce jour-là non pas un mais quatre concept-cars des années 1950 des piles de métal tordu et de fibre de verre. Ne sachant pas quoi faire de la Biscayne qui était littéralement en morceaux, il a mis le projet Biscayne de côté pendant des années pendant que son attention se concentrait sur d’autres projets de restauration plus faciles. Après la frustration d’essayer de déplacer les pièces Biscayne, Joe a demandé à un ami très talentueux de recoller la carrosserie en fibre de verre de la Biscayne pour lui redonner un semblant de forme d’origine.
Finalement, la carrosserie de la Biscayne était d’un seul tenant, mais il manquait toujours un châssis. Une fois ce projet terminé, la Biscayne est de nouveau restée négligée tandis que Joe poursuivait d’autres projets de voitures plus réalistes. Puis un jour, quelque chose que Joe considérait comme un miracle s’est produit : General Motors a envoyé les plans originaux du châssis de la Chevrolet Biscayne de 1955. Après avoir été dans un état désespéré pendant près de 50 ans, Joe a décidé qu’il était temps de remettre la Biscayne en marche. Ainsi, après de nombreuses recherches, Joe a engagé Kerry Hopperstad Custom Shop pour construire le châssis d’après le plan original.
Il s’agissait d’un projet très chronophage, mais le jour où la carrosserie a été placée sur le châssis a été un événement historique majeur dans l’histoire de l’automobile américaine. Maintenant que la Biscayne avait retrouvé ses roues et qu’elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, Joe s’est mis à la recherche de restaurateurs spécialisés dans la fibre de verre. La voiture a passé plus d’un an à être réassemblée pour s’assurer qu’elle était “en carré” et, avec la diligence raisonnable selon les plans d’origine, la voiture a été remise dans un état où elle était suffisamment respectable pour rejoindre les autres concept-cars… Ouiiiiiiiiiiiii, tous les machins et bidules General Motors ont été regroupés au GM Tech Center en 2008 pour une réunion étonnante…
Là, elle a tenu tête aux magnifiques concept-cars qui n’avaient pas été rejetés et presque détruits. Une fois de plus, quelques semaines plus tard, elle s’est distinguée au Concours d’élégance de Pebble Beach 2008 avec d’autres célèbres concept-cars General Motors de la collection Bortz Auto pour aider à commémorer le 100e anniversaire de General Motors. Ce serait la première fois depuis la création du Concours d’élégance de Pebble Beach qu’une voiture serait présentée dans un état non restauré avec le roadster LaSalle de 1955 non restauré, mais elle se distinguait par son impact sur le design de General Motors. De retour chez lui, Joe s’est rendu compte qu’il était temps de donner à la Biscayne la restauration qui était si bien méritée.
La Chevrolet Biscayne de 1955 a été étonnamment restaurée dans l’état de ses anciens jours de gloire au Motoramade 1955. Chaque détail a été soigneusement recréé pour restaurer la Biscayne afin qu’elle soit aussi belle et exacte qu’elle l’était il y a si longtemps. Pour la première fois dans un flash-back sur le Motorama de 1955, elle sera présentée dans un état restauré au Concours d’Élégance d’Amérique à Meadow Brook le dimanche 24 juillet 2010. L’espace d’un instant, 2010 redevenait 1955. Mais voilà, le temps continue son œuvre dans lequel on ne fait que passer… La Biscayne s’est retrouvée au Petersen Museum qui est aux petits soins pour elle, en attende d’on ne sait quoi… ou qui ??? Pourquoi ???????















































