Custom Rodder’57 “Legagy” ex-Joe Cusumano
L’ère des “Custom Rodder’s” telle cette Chevrolet 1957, acquise par Joe Cusumano est depuis longtemps oubliée. Les Customisations féroces souvent d’un total mauvais goût par comparaison au design, s’étaient orientées vers une approche plus radicale dans l’Amérique des Sixties, et cette création typique du style “Mexicanos” baptisée “Legagy”, illustre parfaitement cette tendance qui a eu ses moments de gloire grâce à Georges Barris lorsqu’il se laissait aller…
Ce genre de création plus qu’excentrique qu’excentrée, débute invariablement par un moteur plus surpuissant que nécessaire, en l’occurrence et en ce cas, un V8 ex-Corvette 327 CI (5,4 L) de 1962, donc également venant des Sixties, richement détaillé et équipé en son cas (désespéré) d’un compresseur 6-71 dit “volumétrique”. Ce bloc moteur arbore des carburateurs “à tirage latéral” d’époque, des dorures et des chromes, ainsi que des gravures réalisées à la main.
Une boîte de vitesses avec tringlerie “Hurst” actionne la transmission. À l’extérieur, je vous remarque que la ligne de toit a été abaissée de 8 cm, que les ailes avant l’ont été de 13 cm, et les arrières de 7cm. Les passages des roues arrières ont été élargis et leurs extrémités prolongées de 15 cm avec l’installation de feux (arrière) d’une Cadillac’59. Le coffre étant également été abaissé, mais de 20 cm. Les phares angulaires ont été adaptés et allongés en conséquence.
La construction a été entièrement réalisée en métal, sans fibre de verre. Notez que la suspension arrière indépendante d’une Jaguar 1962 (élargie de 20 cm), a été utilisée, de même que la suspension avant et que diverses pièces sont plaquées or ont été chromées. Les conduites de frein et d’essence sont intégrées au châssis tubulaire carré modifié “maison”. Les teintes choisies pour la peinture sont aussi saisissantes que le “design” général.
Est ainsi visé l’intérieur personnalisé bleu poudré “Pompadour”… La modification la plus moderne étant un ensemble de jantes “Colorado Custom” montés avec des pneus BF Goodrich Radial T/A. Même si la veste du club automobile n’était pas incluse dans la vente de la “Legagy” pour un million de $ (via Mecum auction), mais proposée “à part” pour 50.000$, avec deux malles de pièces et documents de chez Georges Barris mélés à ceux de Jim Consumano…
Cette Chevy/Buick “Legagy” donnera à l’intrépide nouvel acquéreur, l’impression de faire partie d’un groupe restreint de propriétaires, typés, issus du folklore mexicain de l’époque des créations de Georges Barris… Quoi penser de cela sinon d’y faire une balade… Cela m’a presque rendu nostalgique des débuts du Kustomizing… Parce que je viens de la génération “Easy Riders” et “American Graffiti” qui m’a toujours donné envie de m’installer aux USA.
C’est ce que j’ai fait en créant la version américaine de Chromes&Flammes mixée à Calandres sous le nom de TopWheels, qui existe toujours… Il se fait que, incroyable : ChromesFlammes est devenu survivant de Hot Rod Magazine qui a été stoppé définitivement… Ce mag “papier” a créé les années Chromes de fin des sixties jusqu’à l’arrivée du nouveau siècle caractérisé par l’écroulement des tours de Manhattan un jour de septembre, fin d’un monde…
Autre moment fort, “Les Dragsters au Mans” qui ont attiré plus de 100.000 spectateurs qui sont devenus lecteurs de Chromes&Flammes… ce qui a été suivi du “Chromes&Flammes Show” porte de Versailles/Paris qui a attiré plus de 100.000 visiteurs en un week-end. Au volant de la fameuse “Old’s’48” d’abord enflammée puis peinte en Dragon j’étais le héros, pérennisé avec la création du Hot Rod Hi-Boy Traction que je pilotais dans Paris.
Quiconque ne se rabattait pas poliment sur la voie de gauche recevait un regard glacial quand je dépassais à toute allure. On m’entendait à des kilomètres à la ronde. Aux réunions de Paris, de centaines de lecteurs en Van’s et Kustom’s venaient célébrer C&F… “Qu’est-ce que vous faites avec vos bolides ?” avait un soir demandé la police… J’ai répondu : “Je vais vous le dire, on cherche toutes et tous le temps perdu. On a dû l’égarer quelque part”…
J’ai ajouté : “Il faut faire vite avant que, devenu un nouveau Proust, l’écrivain pas le coureur automobile, j’arrive à écrire 5.000 articles sur le Kustom et le Hot Rodding“. Alors oui, c’était du gâteau. Il m’est arrivé d’inviter un lecteur à bord de l’Old’s’48, il était fou de joie, les yeux embués, me remerciant sans cesse. À la fin du trajet, il m’a tendu les deux mains en remerciement, j’espère qu’il s’est abonné et fait partie des plus des 200.000 actuels.
Un p’tit résumé pour terminer : Acquise par Joe Cusumano en 1995 cette “Legagy” a été sacrée “Grand Champion ISCA en 1997”, puis “1er prix Barris roi des voitures customisées au salon Portland Roadster 1998”. Cette voiture a servi de promo pour ses matchs de boxe et a même fait le tour de la Suède, de la Finlande et de l’Australie. La construction utilisait une Chevrolet1957 et l’installation d’un moteur V8 Corvette 327 CI de 1962 avec un Blower GM 671.
Les passages des roues AV sont évasés avec des tubes en chromoly de 19 mm. Les feux arrière ont été prélevés d’une Cadillac 1959. La suspension arrière indépendante Jaguar 1962 a été élargie de 8po. Le système de suspension est plaqué or ou chromé. La construction est entièrement métallique, sans fibre de verre. les conduites de frein et d’essence sont enfermées dans un cadre tubulaire carré modifié. Les jantes sont des Colorado avec pneus BF Goodrich.
Qui est Joe Cusumano ? Dans un ton Chromes & Flammes, ce n’est plus seulement un boxeur : c’est un bloc moteur qui tourne au ralenti avant l’explosion, un V8 humain prêt à arracher le bitume du ring. Sa fiche technique (taille, portée, orthodoxe, 90,5 % de KO) devient soudain la carte grise d’une machine conçue pour la vitesse, la casse et la gloire. Son histoire se lit comme un road‑movie nocturne, éclairé par les néons des salles d’entraînement…

Il entrait dans l’arène comme cette “Legagy” dans un show… Il l’utilisait pour se donner une image hors normes, lourde, vibrante, qui fait trembler les murs avant même qu’il ne lève les poings. Ses 193 cm n’étaient pas une mesure, mais un empattement. Sa garde orthodoxe était comme un châssis rigide qui ne plie jamais pour mieux encaisser les poussées. Quand il frappait, ce n’était pas un coup : c’était une admission trop riche qui explosait.
Ses KO n’étaient pas des accidents, mais des détonations. On disait qu’il avait remplacé ses tendons par des bielles, ses épaules par des culasses, et qu’il laissait ses poings faire le travail comme un moteur/blower. Chaque impact était un backfire qui résonnait. Là où d’autres poids lourds encaissaient comme des camions-bennes, lui esquivait comme une GT qui change de voie à 200 km/h. Il glissait. Quand il revenait, c’était dans un angle mort style : “pas vu venir”.
Sa carrière fut comme une montée en régime. À 23 ans, il avait déjà le vécu d’un moteur qui a roulé trop vite, trop fort, trop loin. Ses victoires ont depuis lors toutes été des départs arrêtés réussis. Ses défaites, des surchauffes qui l’ont obligé à ouvrir le capot, à comprendre, à ajuster. Ce qui le distinguait, ce n’était pas seulement la puissance : c’était sa mécanique interne. Il observait, il apprenait, il réglait son timing comme on règle un allumage et avançait
Il avait la certitude tranquille des moteurs qui ne demandent qu’une ligne droite pour montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Joe Cusumano, version Chromes & Flammes, c’était un fauve mécanique lancé sur une HighWay où seuls les plus bruyants, les plus brillants et les plus dangereux survivent. Un champion qui roulait avec ses médailles, ses coupes, ses trophées et ses titres dans le coffre…. Il a vendu sa “Legagy” pour 1 million de $ chez Mecum ! (en plusde sa veste) !
































