5.005 ième article, l’immortalité éphémère d’un Hot Ford Coupe’32 !
C’est dingue ce que le temps passe vite, trop vite… A peine annoncé atteindre 5.000 articles, j’en suis à 5.005 avec ce Hot Rod… Ca pourrait même être 5.010 voire 5.020 et bien plus, car j’en ai beaucoup pré-préparés en coulisses… Waouwwww ! Ce coupé à 5 fenêtres au look “Brutal” n’a que 12.016 miles au compteur… C’est quoi donc un look “Brutal” ? Animal ?… Bestial ?… Grossier ?… Instinctif ?… Sauvage ?… Cruel ?… Inhumain ?… Violent ?… Irascible ?… Malin ?… Coléreux?… Emporté ?… Irritable ?… Ombrageux ?… Bilieux ?… Atrabilaire ?… Méchant ?… Dur ?… Malfaisant ?… Odieux ?… Démoniaque ?… Malveillant ?…
Waouwwww ! C’est Vipérin !… Nous sommes acharnés à une vie brutale, laquelle est pire que mille morts. Si on demande aux plus idiots ET aux plus brutaux du monde, pourquoi est-ce qu’ils vivent ainsi, ils n’oseront pas répondre sincèrement, quoi que ce soit pour pouvoir boire et manger et dormir et autres besoins… On ne peut donc pas discerner en quoi diffère le vipérin brutal d’autres hommes. Les philosophes en finissent écœurés de chercher… et, dépités, ils s’exercent à mourir d’avance (écrit avec un S pluriel, cela change le sens de la phrase) et ils sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort…
Fabriquer de la philosophie, même dans un article concernant un Hot Rod, c’est apprendre à se détacher de tout ce qui est éphémère, changeant, matériel, pour se concentrer sur l’essentiel : les idées, qui, elles, sont éternelles. Oui…C’est ainsi que Socrate, condamné injustement, explique à ses disciples, quelques minutes avant sa mort, qu’il s’est entraîné depuis longtemps à ne pas craindre la disparition de ce qui est physique. Même de celle de son corps. Cependant, pour avoir une attitude aussi sereine, il faut croire à la supériorité des idées sur les choses du monde… Ne devient pas Socrate qui voudrait l’être à nouveau !
Épicure, lui, pensait que tout l’univers (nous y compris) est composé d’atomes et de vide. Il promeut une attitude apaisée face à notre mort, en l’analysant d’un point de vue matérialiste et logique :“Tant que nous sommes vivants, nous pouvons encore vivre et avoir de bons moments, notamment grâce à l’affection des proches et des amis. Et quand nous sommes partis, les atomes de notre esprit se sont dispersés, et nous ne sommes donc plus là pour ressentir quoi que ce soit”. Il n’y a pour ce “philousophe” ni enfer, ni jugement, ni vie éternelle, donc, inutile de se gâcher la vie en craignant une hypothétique punition divine dans l’au-delà.
Donc, grâce à la connaissance que nous avons de la nature du réel, jouissons de l’existence et du Hot Rodding tant que tout est encore là ! Difficile de ne pas angoisser, pourtant, quand on aime tant la vie et qu’on sait qu’on ne sera un jour plus rien… Montaigne n’a de son coté pas la fermeté, qu’il juge presque inhumaine, des sages antiques, ni la foi inébranlable des croyants persuadés d’aller au paradis. Alors, au lieu de la nier il entreprend de se familiariser doucement avec cette idée. Dans notre vie, nous traversons les deuils d’êtres chers, nous vieillissons, avons parfois l’impression d’avoir bien vécu.
Le fond du problème, est plutôt d’ordre psychologique. Le moraliste La Rochefoucauld, qui aime découvrir derrière nos actes et nos déclarations les plus nobles des motifs pas toujours glorieux, considère que la mort nous terrorise trop pour que nous osions la regarder en face. Elle viendra effacer pour toujours nos petites victoires et nos grandes passions, elle nous fera disparaître dans un trou béant et nous vouera le plus souvent à l’oubli total. Comment accepter ce contraste entre l’intensité de notre existence et la disparition définitive ? C’est juste impossible : nous ne pouvons pas penser à notre mort.
La pulsion de vie qui nous anime est une force presque invincible. Elle est d’ailleurs parfois problématique, car elle se manifeste en désirs qui sont prohibés par la société ou nous sont insupportables. Alors nous les refoulons, même si cette pulsion vitale demeure au fond de nous. Freud découvre cependant que nous sommes également habités par une pulsion de mort, qui nous entraîne vers le mal ou la dépression. Notre psychisme est donc tiraillé entre Éros, la vie, et Thanatos, la mort. Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide, car jugeant que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue…
C’est là répondre à la question fondamentale de la philosophie. Puisque nous avons la possibilité de mettre un terme à notre vie, la mort est liée à la question de la liberté. Si nous trouvons le monde absurde et ne tenons à aucune consolation artificielle dans la promesse religieuse ou dans les idéologies, la question du suicide devient centrale. Pourquoi continuer à vivre si rien n’a de sens ? À moins que nous nous révoltions contre cette absurdité et décidions de vivre en agissant, en créant, en aimant, sans espoir ni illusions, mais à corps perdu. Le cri de l’homme révolté est encore une belle manifestation de vie !
Donc, pour moi écrire, tout comme pour d’autre fabriquer et construire, serait le secret d’une immortalité éphémère… Quelle définition extraordinaire que “L’immortalité éphémère”… C’est croire que alors que… Rien ne sert à rien mais tout sert à quelque chose… C’est en faits et réalités une citation de Pierre Dac (à ne pas confondre avec Pierre Desproges) qui exprime l’idée que chaque chose a sa propre utilité et ne peut pas forcément être adaptée à toutes les situations. Cependant, il souligne que même si quelque chose peut ne pas avoir d’utilité immédiate, elle peut tout de même avoir une certaine valeur…
Mon esprit satirique et absurde rejoint ainsi les penseurs dans leurs œuvres, reflétant ainsi un sens de l’humour et une façon de voir le monde de manière décalée… Quoi de plus décalé, en effet, que de sauter de cette philosophie à un raccord dérangeant le sens commun, telle que cette description débilitante : “Le pare-brise de ce Hot Rod s’incline vers l’extérieur comme l’original. Il possède un pare-feu lisse et un capot amovible pour accéder à l’électricité derrière le tableau de bord. Le coffre de son coté arrière est un couvercle amovible en 4 parties avec des persiennes… et la coque de la calandre est une reproduction en acier”… C’est crétin !
C’est dingue ! Avouez que c’est même délirant… On n’en nanananan strictement rien à foutre que ce Hot Rod à des feux arrière Ford de 48′ et des phares d’Autocar… et que le châssis à un empattement personnalisé de 106″… Mais moins que d’indiquer que le moteur V8 est un Chrysler HEMI 354ci alésé en .030 avec bielles K1, vilebrequin .010.010, arbre à cames Isky 505 C, un entraînement Milodon, des culasses 555, des soupapes et guides en bronze en inox, des culbuteurs réglables, des couvercles de distribution en aluminium, un balanceur SFI (power bond), et un collecteur d’admission AIU tunnel ram…
Un peu moins que d’indiquer que le double carburateur Holley 4 corps 660 dispose d’une pile de vitesse Mr. Gasket, une magnéto Vertex, et que la transmission est une boîte manuelle A-Body 23 cannelures à 4 rapports avec un carter et un plateau de bloc Quicktime, un volant d’inertie McLeod 426 Hemi à 130 dents, un embrayage à poignée assistée Ram 10,95 et un levier de vitesses Hurst Competiton Plus avec synchroniseurs Slick Shift de Passion Performance… et qu’il y a une pompe à eau électrique Proform, un ventilateur électrique, un différentiel arrière Ford 9″ avec essieux Strange Engineering !
Quoi donc, en sus, aller dire des engrenages Ford 4,71 m, de la suspension arrière à quatre bras avec amortisseurs et barres à roulettes QA1, du parachute Simpson, des collecteurs S & S avec déflecteurs homologués pour la route, des tuyaux latéraux, de la une suspension avant chromée, des compteurs VDO, du compte-tours Moroso à câble, du verrouillage de ligne Hurst, des sièges de course, des courroies Simpson, de la cage de sécurité, de la pile à combustible en aluminium de 10 gallons, de lapompe à carburant électrique Holley, des pédales CNC et de la colonne de direction Iditdit…
Rien à foutre, objectivement rien… Même qu’il y a des disques AV et des freins à tambour AR, que les jantes AV sont des Weld 15 x 4 avec des Firestone type F-560 125R-15 et que les jantes AR arrière sont des Weld Prostars avec des pneus Sportsman 33 x 21,5 x 15M/T. Rien à foutre non plus que ce Hot Rod dispose d’une inspection de sécurité en Pennsylvanie et que le Hot Rod dispose d’un dossier rempli de spécifications et de manuels que plus personne ne lira… Donc, que ce Hot Rod est un exemple exceptionnel pour faire les courses en Drag’Strio’s et pour la la conduite sur routes, on s’en tape les couilles…
































