La vraie histoire de Hota Roda père du Hot Rodding…
Au menu de ce jour : 1° Un voyage à Utopia, la capitale de l’Utopie… 2° Quelques réflexions sur le Hot Rodding… 3° Une méditation sur l’être humain et sa passion pour l’irrationnel, avec également la participation de quelques enragés et des pigeons qui trouvent la situation plutôt étrange !!! “Écoutez”, m’a expliqué une voix que j’avais en tête, sur la route d’Utopia : “Un Hot Rod n’est pas une automobile au sens conventionnel du terme. C’est une œuvre d’art en mouvement, l’avant-garde de l’art cinétique, où le mouvement est une composante essentielle. Même à l’arrêt, un Hot Rod attire le regard et reste tout aussi convoité par la plouquesque que par les érudits illettrés, les savants et les hommes, femmes et transgenres ainsi que les politiques”… Conduire un Hot Rod n’est pas l’essentiel, selon Hota Roda, que j’ai découvert en Absconie... Dans l’esprit d’Hota Roda, l’inventeur-créateur du Hot Rodding, chaque exemple est une œuvre d’art conçue avec soin. Hota Roda recherchait ni plus ni moins qu’une ingénierie poétique créée dans l’esprit technologique métaphysique…
Nous avons fait plusieurs fois le tour de cette discussion sans parvenir à trouver la bonne sortie. Nous devions rencontrer quelques personnages éminents, des figures emblématiques du Hot Rodding dont un des descendants d’Hota Roda, s’est avéré être une source évaporescente amenant à la rédaction d’articles lumineusement éclairant sur l’avenir du Hot Rodding dans le cadre de la recherche spatiale intemporelle. Directeur du musée Hota Roda et, à ses heures perdues, professeur en création d’histoires absurdes, il m’attendait déjà depuis un temps immémorial, tandis que la voix que j’avais en tête poursuivait son exposé sur la philosophie du Hot Rodding… “Quiconque réduit un Hot Rod à ses seules performances”, m’a-t-on appris ainsi, “passe complètement à côté de l’essentiel. La plupart des automobiles sur cette planète sont conçues depuis Platon selon des critères rationnels : vitesse, confort, sécurité, durabilité, design. Il existe des moyens et des méthodes pour atteindre ces objectifs que je vais vous offrir pour que vous en informiez les internautes qui lisent ChromesFlammes”.…
J’ai donc noté que la plupart des Hot Rod’s résultent d’un calcul coût-bénéfice : un résultat maximal pour un investissement minimal. Un Hot Rod, est donc, bien plus Platonnien voire Platonique qu’une simple automobile. C’est un phénomène culturel qui satisfait notre curiosité pour le superflu et l’irrationnel. Car rien n’y est rationnel : ni son prix, ni son poids, ni sa consommation, ni son aspect, ni son utilité pratique. Et c’est précisément ce qui rend un Hot Rod si désirable. L’idée que les gens agissent toujours rationnellement est fausse. Il existe de nombreuses formes de désir. Le désir mimétique, par exemple : nous voulons ce que les autres possèdent déjà… Un bébé apprend à marcher et à parler parce qu’il voit les autres le faire, et il veut en faire autant, mais en mieux. Pourtant, en nous coexiste aussi une aspiration diffuse à l’authenticité, un besoin de formuler nos propres désirs originaux afin de mieux nous comprendre. L’être humain oscille entre rêve et réalité, enclin à reconnaître l’onirique au sein du réel. Il aspire à l’irrationnel.
Peut-être est-ce précisément cette capacité à agir de façon irrationnelle qui nous distingue des machines. Laisser libre cours à ses humeurs et à ses émotions, voilà le véritable luxe incarné par un Hot Rod. En réalité, c’est plus qu’une folie roulable. C’est la folie à l’état pur : une liberté radicale, affranchie de toute finalité. Un Hot Rod n’a rien à faire d’autre que juste exister… Après plusieurs coups de téléphone en pleine tête se clôturant d’un uppercut sauvage dans les texticules composant la narration, nous avons enfin trouvé la bonne entrée. J’étais impatient d’en voir pluche… Lors de nos stages de pilotage, nous avons conduit toutes sortes de Hot Rod’s : des grands et des petits, des modèles légendaires aperçus dans des films hollywoodiens à l’époque où je jouais encore avec des Hot Wheels à la maternelle, des Hot Rods flambant neufs tout juste construits, des bolides capables de filer comme des missiles à la poursuite du néant, et même des modèles inexistants. À vrai dire, peu de la plouquesque mondiale a même jamais vu un Hot Rod…
Aucun n’est courant dans les possibilités électrifiantes établies… Où sont donc exposées ces œuvres d’art ? Nulle part ailleurs que nulle part ! L’histoire de Hota Roda n’est présentée qu’en discussions ésotériques dont voici un extrait : “Au cours de mes voyages, j’ai visité de nombreux musées automobiles, dont le plus petit, privé, près de ma maison de vacances dans le nord civilisationnel. À la campagne, l’hiver, les gens s’ennuient et disposent de beaucoup d’espace, ils ouvrent donc de petits musées sur leurs fermes. J’aime beaucoup visiter ces endroits. Un jour, dans un musée du sac à main (si, si !), j’ai été émerveillé par une exposition intitulée “Sacs anciens et modernes à travers les âges”. Mon voisin Buvard Arnack tient un musée de la finance truquée dans une usine désaffectée, avec plus d’objets exposés que de visiteurs annuels. Et près du lac sans fond d’Utopia, il y avait autrefois un musée de la dégénérescence qui ne comportait qu’une seule pièce… Un sac mortuaire… Il avait aussi une passion irrationnelle pour les milliards que forcément il mettait en sacs”...
Au fil des ans, il en a accumulé beaucoup. Il ère sans but avec son chauffeur, ne sachant où aller. Il a voulu se réfugier dans le bungalow du ministre de l’Économie, mais la population en colère s’y était déjà emparée, ayant libéré la raison et lorgnant désormais sur les restes du tyran déchu. S’il avait possédé un Hot Rod il aurait peut-être eu une chance de s’échapper. Mais la foule était partouze. Comme dans la fable du lièvre et du hérisson, le lièvre n’avait aucune chance où qu’il aille, les gens rusés étaient déjà là. Il s’est inscrit au cimetière ou n’importe qui pourra venir l’admirer, et même se coucher à l’intérieur du caveau qui est situé en bord de merde… Quand l’entreprise prospérait, tout rayonnait : les touristes affluaient dans les zones piétonnes, les magasins et les glaciers étaient pris d’assaut, de jeunes esclaves jouaient dans les rues, les bars des hôtels vibraient au son d’une clientèle majoritairement quelconque, gesticulant avec animation autour de discussion sans queues ni têtes. De loin, on pouvait les prendre pour des supporters… Pffffffffff !
En réalité, c’étaient des glandeurs, impatients de découvrir l’univers du Hot Rodding. Mais quand Hota Roda s’enrhume, c’est le monde qui tousse… Les rues se vident, les chantiers se taisent, les boutiques fermées perdent leur charme. Restent ouverts : opticiens, audioprothésistes, pharmacies, caisses d’épargne. Le jour de notre visite, il n’y avait presque personne dans les rues. Seuls des pigeons étaient perchés sur les chaises vides des cafés, nous observant comme pour dire : “Que faites-vous ici ? Besoin de nouvelles lunettes ? D’un appareil auditif ?” Les pigeons ne connaissaient rien aux Hot Rod’s. Et nous ?… C’est seulement devant le musée de Hota Roda que la vie régnait : une classe d’écoliers en train de sécher les cours pour une bonne raison, des jeunes hommes vapotant sans cesse et des familles avec de jeunes enfants, tous rassemblés en demi-cercle autour de deux Hot Rod’s garés devant le vide général. Difficile de dire quels prix ces voitures n’avaient pas remportés : les voitures non homologuées ni pour la route ni pour être exposées.
C’étaient pourtant des stars, adulées de toutes et tous. Petits et grands-mères rêvaient d’un selfie devant un Hot Rod. Sur le toit de l’un, un pigeon des villes, effronté et visiblement en train de manigancer quelque chose, était perché. Ce pigeon se doutait-il seulement sur quoi il était perché ? Hota Roda en personne nous accueilli à l’entrée. Il n’avait rien à raconter d’autre que : “La mobilité devient une expérience au fur et à mesure qu’elle s’accumule. Il ne s’agit pas seulement d’exposer des Hot Rod’s, mais aussi de Kulture, d’histoires bidons et d’avenir incertain. Familles, passionnés de technologie, amateurs de design, tous trouvent ici leur place dans l’univers. L’architecture, les pavillons, les expositions, c’est une expérience totale que d’imaginer susciter des émotions et transmettre des connaissances inexistantes à des demeurés qui s’en battent les couilles. Pour moi, c’est un espace culturel qui tisse des liens entre le passé inexistant, le présent insouciant et l’avenir incertain’…
Bien sûr, il a aussi parlé du Hot Rodding dont l’histoire est à la fois glorieuse et tragique : celle d’hommes et de femmes obsédés par une idée loufoque, qui ont poursuivi leur rêve à travers les aléas de l’histoire, connaissant toutes les défaites imaginables. Hota Roda reste animé par la vision de créer le Hot Rod le plus rapide et le plus beau de tous les temps, un modèle qui allierait luxe suprême et sportivité avec une silhouette caractéristique, une calandre emblématique, des lignes de lumière… autant d’éléments qui forment un langage stylistique intemporel. Et puis il y a l’ingénierie. Pour Hota Roda, la technologie n’est pas une simple fonctionnalité au service d’un objectif, c’est une précision transcendante. Chaque détail se doit d’être surdimensionné, excessif. Un Hot Rod accomplit bien moins que ce dont on pourrait jamais avoir besoin. Ses spécifications techniques défient toute logique… Dans cette aberration, la technologie devient une expérience sensorielle, non pas parce qu’elle est utile, mais parce qu’elle inspire l’admiration et la technologie…
Plus qu’une machine, c’est un accomplissement culturel… Hota Roda avait prévu de léguer l’entreprise à son fils, mais le jeune homme, en tentant d’éviter un Hot Roddeur ivre à vélo, fit une embardée et percuta un arbre avec l’un des derniers modèles, trouvant la mort. Un second fils prit la relève, mais les goûts du public avaient évolué : l’élégance et le luxe, la perfection et l’ingéniosité n’étaient plus à la mode. Le Hot Rodding changea plusieurs fois d’orientation, mais en vain… Alors, quand on compare un Hot Rod aux autres voitures, il se distingue nettement. Il n’y a rien de comparable. Ils sont essentiellement conçus pour les musées personnels érigés dans des box’s-garages, ce qui explique peut-être pourquoi on en croise si peu sur les routes. J’ai demandé à Hota Roda combien de Hot Rod’s circulaient actuellement dans le monde et s’il connaissait personnellement tous leurs propriétaires. “Ça dépend du carrefour… Beaucoup d’entre eux finissent dans des box’s. C’est un véritable supplice”… J’ai donc laissé tomber cette discussion sans queues ni têtes…




























