63’Corvette Grand Sport LS6 Lingenfelter
Le pays qui ne s’intéressait autrefois qu’à l’avenir, ne songe désormais qu’à lui-même, errant dans sa propre chronologie mythique. C’est le cauchemar de la modernité… En 1986, il y a quarante ans, en plein milieu des années Chromes, lorsque en plus de “Chromes&Flammes” en Europe depuis les Seventies, j’ai lançé/édité “TopWheels” aux USA, spermettant l’éjaculation de 500.000 exemplaires mensuels, Jean Baudrillard lui, a publié “America”, un ouvrage qui ressemblait moins à une étude sociologique qu’à une série d’impressions chatoyantes et philosophiques au cœur d’une civilisation déjà au-delà de tout besoin de réflexion…Mais aussi de profondeur et de conscience historique.
Écrit avec la rapidité et le détachement d’un road trip à travers le désert du Nevada, “America” a su capturer l’étrange pureté d’une société qui s’était tellement approprié le rêve utopique de la modernité, qu’elle n’avait plus besoin d’imaginer quoi que ce soit au-delà d’elle-même : “L’Amérique n’est ni rêve ni réalité. C’est une hyperéalité”, écrivait Baudrillard… Pour ma part, en tête d’éditorial, j’écrivais : “Avec mes mag’s, j’accomplis une utopie”... Mais, pour Baudrillard, comme pour moi, les États-Unis étaient “la version originale de la modernité”... Alors que l’Europe était hantée par la mémoire et les contradictions, l’Amérique s’était libérée pour devenir un monde purement superficiel,…
C’était un univers d’images, d’autoroutes et de consommations diverses de tout et n’importe quoi générant des dollars à profusion, dans lequel circulaient des Hot Rod’s, des Van’s, des Kustom’s et des Néo-Classiques/répliques ainsi que des Chopper’s (symboles de liberté depuis le film “Easy Rider”)… Pour lui, comme pour moi, le désert ne symbolisait pas le vide, mais la quintessence même, un paysage dépouillé d’histoire et de profondeur, rayonnant par son indifférence. Mais Baudrillard voyait plus dans son immensité, dans sa vélocité et sa superficialité, il captait l’aboutissement du projet moderne d’un monde devenu image, d’un concept d’utopie devenu géographie.
Quarante ans plus tard, début 2026, Maintenant.., cette vision semble à la fois prophétique et imparfaite. L’Amérique que Baudrillard observait en 1986 vivait déjà une simulation d’elle-même, mais il sous-estimait à quel point cette simulation allait se métastaser lorsque la domination unipolaire de l’Amérique lui permettrait de remodeler le monde à son image hyperréelle. L’apothéose de la modernité portait en elle les germes de son propre déclin. Le moment prophétique étant l’hyperréalité comme empire… Baudrillard a eu la perspicacité de reconnaître que la puissance de l’Amérique ne résidait pas uniquement dans sa portée militaire ou économique, mais aussi dans son hégémonie sémiotique.
C’est et c-à-dire… sa capacité à produire et à diffuser les signes à travers lesquels la réalité elle-même était perçue. De nos jours, on appelle cela le “récit” ou le “soft power”. Baudrillard lui-même semblait parfois être victime de ce pouvoir sémiotique. À la lumière des néons de Las Vegas, dans le mouvement incessant des autoroutes et des motels, il discernait une culture où la frontière entre réel et imaginaire avait disparu. Disneyland, n’était pas un monde factice masquant le monde réel, mais le modèle même de la réalité, un paradigme de l’organisation de l’expérience américaine, sous forme de spectacle, de simulation et d’autoréférence.
Cette intuition préfigurait l’avènement de l’ère des plateformes que je nomme “les réseaux asociaux”. La logique décelée par Baudrillard dans les panneaux publicitaires et la télévision s’est d’ailleurs très vite concrétisée de manière exponentielle dans ces réseaux asociaux, qui ne sont que de la publicité numérique et les flux algorithmiques… Dans l’économie mondiale de l’attention, la représentation précède la réalité : maintenant il faut d’abord apparaître, publier et jouer un rôle pour exister : “Je poste, donc je suis”... L’extase de la communication qu’il décrivait est devenue la condition implicite de la vie sociale. L’empire sémiotique américain opère désormais à l’échelle planétaire dans une unipolarité et une boucle de rétroaction de la simulation.
Pourtant, ce que Baudrillard célébrait comme étant la “pureté de l’imaginaire américain”, est devenu, dans un contexte d’unipolarité, une boucle de rétroaction sans fin. Les États-Unis sont non seulement devenus une superpuissance mondiale, mais aussi quasi le seul producteur d’images, de récits et de codes moraux dominants dans le monde. Du moins pour un temps… Sans opposition extérieure, le simulacre américain s’est replié sur lui-même. Le spectacle, autrefois expansif, est devenu récursif, tel un système de miroirs qui s’auto-consomment. Le triomphe du signe, désormais privé de l’équilibre assuré par des visions du monde rivales ou des contrepoids matériels, s’est mis à se déliter de l’intérieur.
Baudrillard considérait l’Amérique comme “dépourvue d’idéologie”, pure fonctionnalité et apparence. Mais il n’a pas vécu assez longtemps pour voir comment cette apparence même, détachée de toute référence, allait éroder la cohérence symbolique de la culture elle-même. En effet, lorsque tout ne devient que des représentations, la croyance humaine se fragmente… La prolifération des signes ne produit pas l’unité, mais du bruit, c’est une civilisation noyée dans ses propres reflets et dans le vide de la réalité. Entre-temps, l’assise matérielle du rêve américain s’est dissoute discrètement à partir de mi des années 1980, voire un peu plus tôt, mais de manière imperceptible.
Le capital industriel américain a ainsi externalisé ses productions tout en préservant la circulation du capital fictif et des symboles en son sein. Des usines ont fermé, les filières d’approvisionnement se sont étirées, des régions entières ont été dépouillées de leur vie productive. Le désert métaphorique de ce cher prophète Baudrillard, est devenu littéral. Les villes se sont vidées de leur substance dénommée “La Rust Belt”… L’épidémie d’opioïdes et les paysages de délabrement des infrastructures ont ainsi marqué le déclin matériel d’une civilisation dont la vitalité a été canalisée vers une généralité d’abstractions financières et de performances culturelles consuméristes.
Le capital fictif a pris une dimension propre, s’accélérant et proliférant, tout en consommant tout ce qui se trouvait sur son passage. Les signes de prospérité tels les centres commerciaux rutilants, les maisons de banlieue financées par le crédit et la vision cinématographique du succès, ont persisté longtemps après que la réalité sous-jacente se soit décomposée avant de disparaître dans une généralité de délabrements de fin de monde… L’économie est alors devenue essentiellement spéculative, la politique un show et la citoyenneté un acte consumériste. Ce qui était autrefois une utopie n’était en fait qu’un épuisement du sens : un “mauvais rêve” dont les rêveurs et rêveuses ne pouvaient plus s’extraire.
Lorsque les Américains se sont lassés, le monde du capital fictif leur a tendu la perche du crédit personnel, avec la promesse tout aussi creuse, comme la réalité allait le révéler avec le temps, de libérer l’Américain moyen de la tyrannie du revenu gagné. La résurgence du passé, s’est avérée une totale illusion. Baudrillard estimait que le génie américain résidait dans sa liberté vis-à-vis du poids de l’histoire. Cependant, à mesure que les fondements matériels du rêve américain se délitaient, cette liberté s’est muée en nostalgie. La société qui avançait autrefois à toute vitesse sans réfléchir regardait désormais en arrière sans aucune mémoire. En conséquence, ce n’est pas l’histoire qui est revenue, mais une illusion.
Le slogan “Make America Great Again” de Donald Trump résume bien cette inversion. Le passé qu’il évoque est lui-même une création médiatique, un montage de prospérité, d’ordre et d’innocence qui n’a jamais existé, sauf dans l’imaginaire culturel. La puissance émotionnelle du MAGA ne vient absolument pas de la récupération d’un réel, mais de la redynamisation du simulacre : faire de la nostalgie un symbole d’appartenance. De sorte et qu’ainsi, même la réaction contre l’hyperréalité prend une forme hyperréelle… Le rêve de restauration est mis en scène dans le cadre de la même économie symbolique qui a généré le vide. La tentative d’échapper au simulacre ne fait que le renforcer.
L’Amérique, ayant épuisé l’avenir, se nourrit désormais de son passé, telle la Corvette mise en Star-position dans cet article… Ce tournant nostalgique ne constitue pas un réveil de la mémoire collective, mais un symptôme d’épuisement symbolique. Le “encore” [again] du slogan n’est pas une revendication historique, mais un geste affectif, une tentative de redonner un sens aux concepts vides de nation et d’identité. Le passé devient source d’énergie pour le désespoir du présent, une boucle virale d’affect sans référent… Baudrillard a un jour vanté les mérites de l’Amérique de ne pas s’attarder sur son passé. Mais au XXIè siècle, elle s’attarde de manière obsessionnelle sur un passé imaginaire.
La nostalgie est désormais la nouvelle frontière, sans territoire, où la vitalité perdue en production et découverte, est remplacée par la circulation sans fin d’images nostalgiques. Le pays, qui ne s’intéressait autrefois qu’à l’avenir, ne songe désormais qu’à lui-même, errant dans sa propre chronologie mythique. Du rêve au cauchemar : c’est la fin du paradis de l’hyperréel… Dans “America”, le ton de Baudrillard était étrangement affectueux, il admirait l’innocence du pays, son refus de voir au-delà des apparences. Mais cette innocence a disparu depuis longtemps. L’hyperréel américain est désormais conscient de lui-même. Il sait qu’il s’agit d’une mise en scène et se bat désespérément pour maintenir la croyance en multipliant les démonstrations spectaculaires.
Mais ces démonstrations quasi folkloriques se servant du rêve Américain désuet et faux, sont agrémentées de scandales et d’émotions. La scène politique est aujourd’hui une extension de l’industrie du divertissement. Le cycle de l’actualité, un genre de fiction à épisodes. La société qui vivait autrefois de l’exubérance de la simulation vit aujourd’hui dans la paranoïa de simulations concurrentes. Ce qui fut autrefois un rêve collectif de liberté et d’abondance s’est fracturé en récits polarisés, chacun prétendant représenter “le réel”. En ce sens, l’hyperréel est devenu cannibale. Il ne génère plus de sens, il le consomme. L’utopie réalisée est devenue un désert sémiotique.
Elle s’est affaissée en un empire de signes dévorant sa propre légitimité. La tragédie – ou peut-être l’ironie – est que l’effondrement de l’Amérique dans la décadence du simulacre s’est mondialisé. Grâce à la technologie, aux médias et à la finance, sa logique sémiotique a colonisé la planète. Toutes les sociétés sont désormais confrontées aux mêmes contradictions : le décalage entre l’apparence (de plus en plus numérique) et la vie réelle, entre la connectivité et l’aliénation, entre l’abondance des données et la rareté du sens. En ce sens, l’Amérique ne concernait pas seulement les États-Unis, mais aussi l’avenir de l’Occident et, par extension, l’avenir de la modernité occidentale elle-même.
Le monde construit à l’image de l’Amérique – instantané, médiatisé et autoréférentiel – découvre aujourd’hui ce que Baudrillard dans “América” et même moi-même dans mes articles publiés dans “Chromes&Flammes” et dérivés (“Calandres, AutoChromes”) ainsi que “TopWheels” aux USA, avons laissé entendre par la lecture, sans toutefois avoir le temps de le constater : “l’hyperréalité, livrée à elle-même, ne mène pas à la transcendance, mais à l’implosion”... C’est la fin du rêve… Quarante ans après le road trip de Baudrillard à travers le désert américain, et le mien en diffusion de presse, le paysage est toujours là, mais le mirage s’est estompé. Ce qu’on voyait comme le triomphe des apparences se révèle aujourd’hui n’être que l’épuisement de la substance.
La domination mondiale de l’Amérique en matière de culture, de finance et de médias a mis à nu la fragilité intrinsèque de la civilisation qui l’a produite. L’utopie réalisée ne marquait pas la fin de l’histoire, mais le début de l’entropie. Le rêve d’une simulation totale – un monde où tout n’est qu’image, flux et performance – est devenu le cauchemar du chaos informationnel, de la désintégration politique et du désespoir social. L’Amérique reste prophétique précisément parce qu’elle a confondu l’éclat du triomphe avec ses derniers soubresauts. Le cauchemar de la modernité ne résidait pas dans l’incapacité de l’Amérique à être à la hauteur de ses idéaux, mais dans sa réussite…
Ce faisant, elle a révélé que la pleine réalisation de tout projet moderne est indissociable de son déclin… Quoi de plus “parlant” que cette Corvette qui est fausse de A à Z et qui n’en représente que plus encore ce qu’est devenue l’Amérique… Ce coupé Chevrolet Corvette est défini comme étant de 1963, ce qui est faux mais vrai en son apparence, car cette Corvette n’a que le look exacerbé sur-modifié comme les statues antiques présentaient les dieux comme des surhommes beaux et hyper’s musclé’s, les femmes étant de même hyper belles et sexuelles, que de l’imaginaire statufié… Cette fausse Corvette a été créée pour être le clone d’une Corvette Grand Sport.
Elle est motorisée d’un V8 LS6 de 5,7 litres préparé par Lingenfelter, associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports. La voiture repose sur un châssis tubulaire réalisé sur mesure équipé d’éléments de suspension en hypers-modernes en alliage, d’une direction assistée, de freins à disque aux quatre roues et de jantes Halibrand de 17 pouces. La carrosserie a été recrée avec un capot ventilé, des phares carénés, des passages de roues élargis, un vrai coffre, une lunette arrière en acrylique, des prises d’air “partouzes” et un panneau arrière perforé. À l’intérieur, une sellerie rouge et argent personnalisée est complétée par la panoplie habituelle des trucs et machins qui créent des “Ohhhhhhh !” et des “Ahhhhhhhh !” débiles…
Vous en voulez une liste ? Ok ! Un siège conducteur à réglage électrique six positions, une colonne de direction Ididit, un pédalier MOMO, des instruments AutoMeter, une climatisation Vintage Air, une chaîne stéréo Custom Autosound et des vitres électriques… Je stoppe par fatigue… Elle est Américaine, donc consumériste, proposée à la vente pour 200.000 $ par un concessionnaire avec une carte grise “Floridienne” en règle. Comme c’est mon presque voisin, je n’en dirais que du bien d’autant que j’ai pu en jouir une semaine, ce qui est un double sens par le fait que les beautés lascives féminines sont attirées vers elle (et son conducteur intrépide direct catalogué Trumpiste et milliardaire), comme des chiennes sur une entrecôte Western/barbecue….
Arrrrrghhhhhhhhh ! Quelle engeance et que de folies ubuesques… La carrosserie en fibre de verre est peinte en gris métallisé avec une bande argentée soulignée de rouge. La trappe à carburant a été déplacée sur le montant B droit, et une trappe sur l’aile avant gauche donne accès au réservoir de liquide de frein. Parmi les autres détails, on note un capot ventilé, des phares quadruples carénés, des grilles d’aération polies sur le capot, des passages de roues élargis et des sorties d’échappement latérales. Le châssis sur mesure a été construit à partir de tubes d’acier de 4po et intègre des composants de suspension en alliage de type C4 avec des amortisseurs avant réglables, un ressort mono-lame arrière et des barres antiroulis (rouges).
Un couvercle de coffre a été ajouté (le coté pratique pour les “baiseries-en-ville”), ainsi qu’une lunette arrière en acrylique, un refroidisseur d’huile externe et des orifices (il y a trop de sexe dans ce texticule) de ventilation dans le panneau arrière ou des prises d’air alimentent les conduits de refroidissement des freins. Les jantes de 17 pouces de style Halibrand sont dotées d’enjoliveurs à trois ailettes factices et chaussées de pneus Nitto NT555 (255/40 à l’avant et 275/50 à l’arrière). La voiture est équipée d’une direction à crémaillère assistée, ainsi que de freins à disque aux quatre roues avec étriers rouges et disques perforés et rainurés… Ahhhhhhh ! Les pneus ! Les 2 AR sont des talons d’Achile….
Je rassure les candidats acquéreurs, les pneus arrière qui ne peuvent survivre plus de 1.000kms, ont été remplacés en vue de la vente. L’habitacle (comme déjà signalé) est garni de rouge avec des surpiqûres argentées en losange sur le tableau de bord et les portières. Des poignées de porte polies ont été ajoutées, ainsi qu’un siège conducteur à réglage électrique six positions, un pédalier MOMO (pas HOMO bande de dégénérés Français) en aluminium, un système de climatisation Vintage Air, un autoradio numérique Custom Autosound, des vitres électriques, un pommeau de levier de vitesses en forme de boule de billard et des harnais Sparco à trois points.
Le volant à branches dédoublées est monté sur une colonne de direction inclinable Ididit et se trouve devant un tableau de bord AutoMeter comprenant un compteur de vitesse gradué jusqu’à 260 km/h, un compte-tours gradué jusqu’à 10.000 tr/min et des jauges/compteurs auxiliaires le principal (en compagnie du compte-tours) est le kilométrique à cinq chiffres qui affiche 1.930 km, dont environ 480 km parcourus par…. Ben oui… Moi… Le V8 LS6 de 5,7 litres a été préparé par Lingenfelter Performance et est doté d’un collecteur d’admission Weiand en aluminium poli et de cache-culbuteurs polis. Les bobines d’allumage sont fixées au tablier… La fin de l’article est proche, accrochez-vous encore un peu…
Il y a aussi un double système d’échappement 4 en 1 a été installé, ainsi qu’un réservoir de carburant en acier inoxydable. Le radiateur en aluminium étant refroidi par deux ventilateurs électriques aspirants. La puissance est transmise aux roues arrière via une transmission manuelle à six vitesses et un différentiel de type Corvette C4. Le décodage de l’étiquette de finition révèle : Modèle : 63 837 (Coupé Corvette de 1963) – Carrosserie : 4909 (Numéro des sorties de chaine de l’usine de Saint-Louis) Garnitures : 490J (Revêtement en vinyle bleu foncé) – Peinture : 912 (Bleu argent) – Voilà, c’est fini… Reste à venir voir, ou a payer un correspondant de confiance et payer en un moyen “SECURE”... Puis, bon courage en Franchouille pour l’immatriculer “Safe”...










































