Ardun Killer Rod 2025
“Ardun” est un nom qui a suscité un intérêt démesuré chez les passionnés de voitures performantes dont les Hot Rodders… Un intérêt plus puissant que pour n’importe quel autre kit de surpuissance moteur apparu aux USA depuis les fumeux “Offenhauser”…Le respect que suscite ce nom est quasi biblique, démesuré et s’est accru sans cesse alors que seulement 250 kits “Ardun” ont été construits en Angleterre par d’obscurs artisans bricoleurs et qu’une infime partie seulement a été importée aux Etats-Unis…
Lorsqu’on cause plus qu’on ne parle d’un moteur “Ardun”, c’est actuellement de même niveau qu’une discussion “Meuh-Meuh” de bricoleurs/garagistes illettrés qui font référence au kit “Ardun” qui pouvait être monté sur un moteur V8 à soupapes latérales Ford/Mercury… Le kit comprenait deux culasses en alliage d’aluminium coulé traité thermiquement, dotées de chambres de combustion hémisphériques, d’une bougie d’allumage centrale, de soupapes en tête à inclinaison radiale et de guides et sièges de soupapes en bronze d’aluminium, tous remplaçables…
Les kits d’origine fournissaient ces culasses avec des soupapes d’admission et d’échappement de 38 mm de diamètre, des doubles ressorts de soupapes, des culbuteurs réglables en acier au chrome-vanadium, des tiges de culbuteurs en acier forgé et des poussoirs spéciaux. On y trouvait aussi un collecteur d’admission en aluminium coulé, des collecteurs d’échappement en aluminium, des couvre-culbuteurs en aluminium, une plaque en aluminium pour recouvrir la chambre de combustion Ford/Mercury et des plaques pour obturer les orifices des soupapes d’échappement d’origine.
Avec toutes ces pièces en aluminium moulé de haute qualité et autres éléments mentionnés ci-dessus, on pourrait croire que quelqu’un a du consacrer beaucoup d’ingéniosité, de temps et d’efforts à la conception d’un kit de course à soupapes en tête pour Ford… Pourtant, la réalité est toute autre. L’histoire commence vers 1947 à New York, lorsque deux frères talentueux, Zora et Yura Arkus-Duntov, garagistes spécialisés en camions Ford/Mercury, décident de gagner un max de dollars en parvenant à résoudre un problème coûteux auquel étaient confrontés de nombreux conducteurs de camions Ford/Mercury…
Le moteur à soupapes latérales équipant ces camions était identique à celui des voitures particulières, et les exigences liées à leur utilisation mettaient les moteurs à rude épreuve. Les blocs-moteur fissurés étaient monnaie courante en raison de l’utilisation intensive et de la chaleur excessive qu’ils absorbaient et la puissance était bien inférieure à ce qu’un camion lourdement chargé devait fournir. Les coûts de remplacement des moteurs et l’immobilisation des équipements posaient problème aux frères garagistes Arkus-Duntov, qui comptaient bien le résoudre…
Et celà grâce à un moteur à soupapes en tête fonctionnant à basse température. Ils se mirent donc à travailler sur les plans et les gabarits d’un kit de soupapes en tête compatible avec les blocs Ford standard. Au moment où ils avaient déjà investi beaucoup de temps et d’argent dans ce projet, Ford lança le gros moteur V8 à soupapes latérales Lincoln, destiné lui aussi aux camions Ford de 1949. Face à la perspective d’un marché soudainement moribond, les frères Zora et Yura Arkus-Duntov durent réagir vite. Leurs kits étaient inadaptés aux camions et aux voitures de tourisme Ford/Mercury.
La taille des culasses et des sorties d’échappement empêchait leur utilisation sans modifications majeures du châssis… Ils s’associèrent alors à Sidney Allard, de la société Allard Motor Car Company en Angleterre, créant la société ARkus-DUNtov nommée ARDUN et décidèrent d’importer aux USA les kits de conversion normalement destinés aux voitures de sport Allard à moteur Ford, qu’ils destinaient aux camions… Les kits Ardun fabriqués en Angleterre étaient ainsi expédiés aux États-Unis à un coût bien inférieur à celui d’une production locale.
Et c’est ainsi que la société Ardun (Arkus-Duntov) prit le chemin des USA au départ de la bonne vieille Angleterre. Peu après que tout ait été mis en place en Angleterre pour les camions Ford aux USA, les gros moteurs américains à soupapes en tête devinrent la coqueluche des voitures Allard, et l’avenir d’Ardun bascula dans le passé… Environ 250 kits avaient été fabriqués, certains équipaient des camions Allard, d’autres étaient en stock et avaient été expédiés aux États-Unis… Un moteur d’essai d’usine de 239ci (Ford standard) avec un taux de compression de 7,1:1 développait 175cv à 5 200 tr/min.
Le couple était de 305 Nm à 2 500 tr/min, mais personne n’était parvenu à s’en approcher. C’est alors que quelques préparateurs de Hot Rods s’emparèrent du sujet et commencèrent à modifier ce kit de moteur de camion, en une récupération pour Hot Rod’s. Le premier à connaître un le succès fut Howard Johansen, le préparateur des arbres à cames Howard, lorsqu’il assembla un moteur kit Ardun sur un bloc V8 Mercury pour son Hot-Roadster de course de la côte ouest, suscitant un véritable engouement car il obtenait environ 270cv en utilisant de l’alcool et raflait ainsi toutes les courses…
C & T Automotive situé à North Hollywood, possédait une paire de culasses Ardun en stock et, voyant la voiture de Howard faire pâlir leur propre roadster, ils les ressortirent, les dépoussiérèrent et se lancèrent dans la construction d’un moteur performant… C’est ainsi qu’est née la légende du moteur Ardun et des frères Duntov… Lorsque Cody Walls gara son Hot Rod Ford Coupé trois fenêtres’32, qui est la STAR de cet article inédit sur le parking de l’hôtel Gathering at the Roc, c’était donc manifestement un Hot Rod radicalement différent des habitudes…
Il se porta à côté de la fameuse “Little Deuce Coupe” du film American Graffiti, qui venait d’être restaurée et coupa son moteur six cylindres en ligne au son rauque, les gens furent intrigués…. Bien que construites à près de 70 ans d’intervalle et radicalement différentes dans leurs modifications, les deux voitures semblaient parfaitement à leur place côte à côte, comme des jumelles issues de la brève mais électrisante époque des Shows-Rods des années ’50/’60…Ce n’était pas un hasard : “Je m’étais inspiré de la période 1958-1962 environ” a expliqué Walls, propriétaire de la “Ardun Killer” star de cet article inédit…
“J’adore la “Little Deuce Coupe”, surtout sa première version. Elle a été une grande source d’inspiration, tout comme une Ford de 1932 construite au Kansas dans les années 50, surnommée “Tuffy”. C’est avec en tête ces deux Hot-Rods aux couleurs chatoyantes… et une véritable obsession pour les six cylindres en ligne et le style épuré et sans modification caractéristique de ma côte Est natale, que mon Hot Rod que j’appelle “Ardun Killer” a vu le jour”... Voilà… Vous pouvez décrocher et allez voir et lire ailleurs, tout est écrit…
Beaucoup de Hot Rodders Américains connaissent Cody pour son atelier du Delaware dénommé “Traditional MetalCraft”, mais ce Hot Rod est antérieur à la création de son entreprise, puisqu’il collectionne tout ce qu’il peut du Hot Rodding depuis 2005… “Je voulais me construire un Hot Rod qui serait équipé d’un moteur Chevy en ligne et d’un carburateur Wayne à 12 ports” m’a-t-il expliqué… “Il m’avait alors fallu dix ans de recherche avant d’en trouver un sur eBay en 2015”… La carrosserie d’origine en acier a été retrouvée dans une grange de Sacramento mais le plancher avait disparu…
Mais pas que ça, le toit et la prise d’air du capot étaient bouchés et les ailes raccourcies étaient moulées à la carrosserie. Mais le Hot Rod était solide et, surtout, le toit non surbaissé était intact. Construire une voiture rabaissée à l’extrême, sans modification du châssis et équipée d’un six cylindres en ligne pouvait donner des proportions étranges. Cody Walls a donc fait appel à l’illustrateur Eric Black qui dessine tout à l’échelle… “C’est ça qui lui a permis de déterminer beaucoup de choses. Le rendu final comportait une grille, ce qui m’a permis de savoir exactement où placer le moteur, la carrosserie et l’empattement”.
Ils ont opté pour un châssis en U de 23 cm (9po) avec un empattement de 272 cm (107po), soit 2,5 cm (1po) de plus que la configuration d’origine. “Cody a commencé avec deux longerons d’origine, qu’il a allongés de 2,5 cm (1po) pour reculer la carrosserie et les roues arrière, puis qu’il a entaillés en C pour abaisser l’arrière. Des plaques de renfort et une traverse en X sur mesure ont été fabriquées en acier de 3 mm (1/8po)”. Vint ensuite le travail ardu de restauration de la carrosserie. Tout le bois fut retiré et remplacé par du métal, notamment les montants de porte, recréés en acier de 3 mm d’épaisseur.
De nouvelles tôles provenant de “Brookville Roadster” remplacèrent les ailes arrière d’origine, abîmées et la prise d’air du capot ainsi que l’ouverture du toit furent restaurées. Pour une touche de voiture d’exposition du début des années 60, les charnières furent moulées, de même que les enjoliveurs de feux arrière Pontiac et un support de plaque d’immatriculation personnalisé. Le plancher, fabriqué sur mesure, combinait de l’acier de 3 mm d’épaisseur avec une section de plancher de coffre de Ford 1932, utilisée pour créer un espace pour les jambes supplémentaire au niveau du strapontin.
Il était chanfreiné de 23 cm à l’avant et de 20 cm à l’arrière, puis la carrosserie entière a été soudée au châssis. La cloison pare-feu étant découpée en son centre, en veillant à conserver autant que possible les moulures d’origine, tout en dégageant soigneusement le long moteur six cylindres en ligne… Ce six-cylindres est basé sur un Chevy 261ci de 1958, choisi tel car il est environ 7,6 cm plus court qu’un GMC. Cody s’est tourné vers “Thunfield Rod & Custom” à Tacoma, dans l’État de Washington, pour sa reconstruction.
“Marshall Woolery” y a assemblé un moteur digne du surnom de “tueur d’Ardun” ce qui a donné le surnom de ce Hot Rod…. Alésé de 1,78 mm à 272po (6,9 mm), il développe 300cv et 441 Nm de couple. L’ensemble rotatif, parfaitement équilibré, utilise un vilebrequin Chevy avec des pistons Ross Racing 10,5:1 sur des bielles de GMC Jimmy 302. La société Woolery a préparé la rare culasse Wayne et installé des soupapes GMC à profil conique, des ressorts de soupapes LS et des culbuteurs à rouleaux, le tout actionné par un arbre à cames réalisé sur mesure.
Parmi les autres pièces rares, on trouve l’allumeur Spalding à double contact et double bobine, qui combine une base Chevrolet avec un distributeur et un rotor Nash “Twin 6”. Il est alimenté par un alternateur “Powermaster PowerGen” modifié qui, avec les câbles “American Autowire” gainés de tissu, préserve l’aspect traditionnel de l’ensemble. Le moteur est assemblé avec des vis “ARP” et surmonté de trois carburateurs Weber DCOE 42 provenant d’une Maserati de 1957, montés sur une admission “York Speed Equipment” sur mesure.
L’échappement passe par un magnifique ensemble de collecteurs “Cody” fabriqués à la main, qui descendent en cascade le long du moteur et sous le longeron du châssis. Les nombreuses pièces chromées sont signées “Jon Wright’s CustomChrome Plating”… Une boîte de vitesses “Top Loader” ancienne est couplée à une boîte “Cyclone” à changement rapide d’époque avec des engrenages “Winters”. Un essieu Ford de 1932, abaissé de 10 cm, modifie l’aplomb avant. Des amortisseurs “Columbus” et des ressorts à lames “Posies” sont montés à l’avant et à l’arrière.
Les jantes chromées inversées refabriquées par “Cody”, sont des jantes de Chevrolet 1956. À l’avant, elles sont chaussées de pneus “Firestone Coker 5.60” à carcasse diagonale, tandis qu’à l’arrière, les jantes de la même année sont équipées de jantes de Buick 1959 et de pneus slicks “Towel City”. Ensuite, “Diamond Back Classic” a ajouté les flancs blancs aux pneus slicks (à l’intérieur et à l’extérieur) ainsi qu’aux flancs intérieurs des “Firestone”. Les quatre roues sont équipées de freins à disque “Kinmont Walden Speed Shop”, alimentés par un maître-cylindre “Wilwood”.
Après quelques milliers de kilomètres d’essais, Cody a tout démonté pour la peinture finale et l’intérieur. Le plan initial prévoyait une seule couleur, mais il savait que la voiture avait besoin de quelque chose de plus : “J’adore les filets décoratifs sur les panneaux, et j’ai toujours été fasciné par la 1932 violet bonbon et argent de Larry Watson. Alors, avec Black, nous avons imaginé quelque chose d’un peu plus spectaculaire”. Le résultat est une finition délavée, à rayures apparentes et à effet toile d’araignée évoquant l’époque des voitures d’exposition. Cody a commencé par une sous-couche bleu métallisé “BASF Diamont”..
Il l’a rehaussée de dégradés plus foncés, de teintes Candy et d’une nacre Murano dorée. Les peintres légendaires “Art Himsl”, “Darryl Hollenbeck” et “Richard Glymph” lui ont prodigué de précieux conseils pour l’application de cette rare nacre Murano, et Cody a d’ailleurs utilisé le pistolet “Binks n° 7 Vintage Glymph” pour ce travail. “C’est celui avec lequel il peignait toutes les voitures à l’époque, alors ça m’a fait plaisir et il a vraiment fait ressortir tous les effets métallisés.”… Le dessous du plancher est recouvert d’une toile d’araignée dissimulée sous 30 couches de vernis de base et une couche de vernis de finition.
Pour la touche finale, “Ben Sellman” a réalisé des filets décoratifs sur chaque panneau de la carrosserie. Dans l’habitacle raccourci, “Mikey Seats Lippincott” a créé un intérieur luxueux qui semble tout droit sorti de 1962. “Je voulais des plis fins et des capitons. Je souhaitais un intérieur typique de l’époque, dans le style d’Eddie Martinez, et j’ai laissé carte blanche à Mikey”…Le résultat est un véritable chef-d’œuvre de finition, superposant du vinyle blanc nacré et bleu foncé à du tissu Mercury vintage, le tout orné de capitons généreux et de plis fins qui parcourent chaque surface.
Un tableau de bord de Simca de 1958 modifié a été recouvert d’une magnifique peinture nacrée, et un volant de Buick de 1952, refondu par “Steering Wheel Kris”, coiffe une colonne de direction chromée “LimeWorks”. Le coupé, une fois terminé, a été présenté en avant-première au “Grand National Roadster Show 2025”, où il a remporté le prix commémoratif “Blackie Gejeian”… “Compte tenu de l’histoire de Blackie et de son influence sur le hot rodding, c’était un véritable honneur”, m’a confié Cody. Depuis, il a été exposé dans de nombreux salons, du “SEMA Show” au “Speedway Motors Museum of American Speed”.
C’est là où Cody a été intronisé au “National Rod and Custom Car Hall of Fame of Darryl Starbird”. Il a même figuré parmi les cinq finalistes du concours “Goodguys Hot Rod of the Year 2025”. “C’était génial ! J’ai dû foncer sous une pluie torrentielle avec des pneus slicks, ce qui était un peu flippant, mais j’ai aussi pu dévaler les routes sinueuses de Nashville avec Bill Ganahl, Scott Bonowski, Ben York et toute la bande, et c’était tout simplement incroyable”… Rien de plus à en tapoter, j’ai de surcroit un problème de mauvaise qualité de photos qui me forcent à stopper cette histoire…
Voilà, elle se termine… Après tout, c’est pour ça que ces Hot Rod’s sont conçus, et c’est ce que Cody compte faire avec son Hot Rod, à la fois pour le spectacle et pour la route, maintenant que la saison des salons automobiles 2025 est terminée… Nous sommes en avril 2026, il n’y a plus de mag’s de Hot Rod’s en Europe en dehors de ChromesFlammes, c’est d’ailleurs au TOP puisque c’est le seul Webzine planétaire… et arrivera bien un moment ou je fatiguerai de tapoter tout cela…. A pluche… Abonnez-vous !!!


















































