Revology 1969 Boss 429 Mustang
Il est presque impossible de surestimer l’impact de la Ford Mustang sur la culture américaine et même mondiale, et les Mustang classiques (modèles de 1964 à 1973) occupent une place particulièrement importante dans l’imaginaire collectif. Pour preuve, il suffit de constater le virage audacieux de Ford vers un style rétro pour la Mustang et le succès qui en a résulté. Mais la réalité de posséder une Mustang classique a tendance à dissiper les illusions…
Libre à vous de vous offusquer, mais je peux vous l’affirmer sans hésiter… et j’en ai possédé suffisamment pour savoir de quoi je cause… Les premières Mustang n’ont jamais été exceptionnelles, même pour l’époque, et sont objectivement affreuses selon tous les critères actuels, sauf peut-être celui de l’esthétique. Leurs freins sont peu performants (circuit unique, du moins jusqu’en 1967), leur système de refroidissement est souvent insuffisant.
De plus, leur direction est aussi précise que celle d’un cargo. Tout vibre, grince, se déforme et leur direction est imprécise. Leurs capots et pare-brise laissent passer l’eau par temps humide, elles ont du mal à démarrer par temps froid et souffrent de “vapor lock” par chaud. De la puissance ? Certes, mais moins qu’on ne le croit. Et des vitres électriques ? La climatisation ? Un overdrive ? Une consommation à deux chiffres ? Une radio avec plusieurs haut-parleurs ? pfffff !
Vous plaisantez ! Y a rien !!! Mais malgré ses défauts, la Mustang de première génération est une véritable icône, un tout bien plus grand que la somme de ses parties, une beauté qui ne cesse de s’embellir. Elle a créé le segment des Pony-cars, contribué à l’avènement d’une nouvelle ère de performances et engendré des générations de passionnés. C’est pourquoi l’industrie de la modification de la Mustang est presque aussi ancienne que la Mustang elle-même.
Et pourquoi les restomods ? Parce que des voitures modifiées pour pallier les limitations de la technologie d’origine tout en conservant leur esthétique d’origine ont connu un tel essor ces dernières décennies. C’est la raison d’être de la Revology Boss 429 : Réviser la légende qui raconte que le fondateur de Revology, passionné de Ford et ancien employé de la marque, a voulu une Mustang restomod construite selon ses propres exigences… Waouwwwww !
Il s’est donc vite rendu compte que rien de tel n’existait. Il a donc décidé d’y remédier en fondant une entreprise pour donner vie à sa vision. Après plusieurs modèles, voici la Revology Boss 429, qui s’inspire de la légende des Ford Boss 429 homologuées pour la NASCAR et qui est une réussite impressionnante. Revology tient à préciser que sa Boss n’est pas un restomod, mais plutôt une réinterprétation complète de la Mustang Boss 429 de 1969…
Mais elle est conçue selon les normes actuelles tout en préservant le caractère de la voiture d’origine, une tentative de recréer la Mustang de 1969 que Ford aurait pu produire. De l’extérieur, c’est la Mustang classique dont vous avez toujours rêvé. Un succès dû, bien sûr, au design de Ford, mais aussi au souci du détail de Revology, avec des éléments comme les jantes en aluminium de 17 pouces de style GT500, deux pouces plus grandes que les jantes d’origine.
Mais elles sont chaussées de pneus Michelin Pilot Sport haute performance qui modernisent subtilement l’esthétique et réduisent le poids non suspendu. L’éclairage LED améliore la visibilité tout en respectant l’esprit du modèle original. En résumé, il faut vraiment scruter ces détails pour remarquer une différence… et c’est exactement ce que Revology avait prévu. Installez-vous à bord et les différences sautent aux yeux, sans pour autant être alarmantes !
Tous les éléments familiers de l’habitacle Mustang sont toujours présents, mais sublimés. Les sièges baquets modifiés proviennent d’une Mazda Miata, ils imitent à merveille les sièges baquets à dossier haut d’origine tout en offrant un confort et un maintien accrus (avec de véritables renforts latéraux !). Ils sont recouverts de cuir Nappa pleine fleur, bien plus luxueux que le vinyle d’origine. Les cadrans et l’horloge de tableau de bord côté passager sont là…
Tous reprennent le design des modèles d’origine, mais bénéficient de fonctions numériques modernes et d’un élégant entourage en placage de noyer noir américain. Ce dernier devient encore plus séduisant une fois le panneau escamotable déployé, dissimulant ainsi l’écran tactile 7 pouces basique monté au centre du tableau de bord. Cet écran tactile fait également office de caméra de recul et permet de contrôler les fonctions Bluetooth.
Notamment celles du système audio haut de gamme Harman-Kardon. Panneau déployé, on retrouve les commandes manuelles de climatisation, au charme vintage indéniable. Un vrai régal ! C’est “viande et pommes de terre” en sandwitch… C’est bien beau, mais qu’en est-il de ses performances ? Vous ne trouverez pas sous le capot le monstre de 7 litres semi-hémisphérique qui a donné son nom au modèle original, mais vous ne le regretterez pas…
La Boss 429 de Revology est équipée d’un V8 Coyote de 5 litres suralimenté, préparé par Roush, développant 710 chevaux avec un couple de 827 Nm, associé à une boîte manuelle Tremec T56XL à six rapports. La puissance est transmise à un essieu arrière à trois bras de 8,8po doté d’un différentiel autobloquant Traction-Lok au rapport de 3,73:1. Lors de mon essai, cette configuration a permis à la Boss de 1.800 kg d’atteindre 100 km/h en 4,2 secs !
Le quart de mile a été atteint en 12,1 secondes à presque 200 km/h. À titre de comparaison, c’est environ deux secondes plus rapide sur le quart de mile que l’ancienne Boss. En réalité, c’est plus de puissance que nécessaire, et parfois même plus que ce que les pneus arrière peuvent encaisser, un vrai “burn-out” ! Et le freinage ? La tenue de route ? La rigidité ? Le bruit ? N’y pensez même pas. Il n’y a pas photo.
Revology m’a expliqué que chacune de ses voitures est construite sur une authentique Mustang de 1969, à laquelle on applique une carrosserie Sports Roof flambant neuve et une multitude de procédés de fabrication modernes. Assemblage du châssis avec soudure automatisée, adhésifs structuraux et vitrage moderne collé au polyuréthane… Cela confère à cette Mustang un niveau de sérénité et de silence presque déconcertant pour une voiture d’époque.
La Boss de Revology est équipée de freins à disque Wilwood assistés aux quatre roues et d’un berceau avant en aluminium accueillant des bras de suspension tubulaires et une direction à crémaillère hydraulique. Tout cela contribue à une expérience de conduite d’une grande finesse, tout en conservant une super sensation mécanique . Mais aussi une connexion authentique. Ces détails distinguent une voiture d’apparat d’une véritable baroudeuse.
Revology maîtrise donc tout parfaitement. Sur l’autoroute, une fois les bruits de fond et les vibrations atténués, j’ai pu pleinement apprécier les nombreux atouts de la voiture. La précision de l’embrayage, le toucher agréable du levier de vitesses, la réactivité instantanée de l’accélérateur et le grondement feutré du V8 suralimenté. Même après des centaines de kilomètres d’essai, le plaisir est resté intact. Mais cela en vaut la peine en rapport avec les prix demandés ?
Alors là, plouf…, C’est la douche glacée… Oui, cette Mustang est vraiment excellente, mais êtes-vous capables de l’acheter ? Avec un prix de départ totalement fou de 395.000 $ (423.100 $ pour le modèle testé), la décision vous appartient, à vous et à votre banquier… Il vous sera toutefois difficile de trouver une Mustang Boss d’origine en état de marche à ce prix-là, et encore moins une en parfait état… Ouiiiiiiii tout a changé et les prix sont dingues !!!
Ce que je peux vous écrire, c’est que, prix et potentiel de collection mis à part, je préférerais posséder cette Mustang plutôt que n’importe quelle autre Mustang, aussi belle soit-elle. Je peux vous l’affirmer car j’ai vécu la scène ci-après que je vous invite à imaginer : Au terme d’une longue journée, vous vous retrouvez seul sur une route à deux voies rectiligne, en plein désert californien, le soleil n’est pas encore couché… Et tout est baigné d’une douce lumière…
Yeaahhhh ! Une rosée crépusculaire qui semble faire rayonner la carrosserie de la Mustang d’une lumière unique. À pleine vitesse, le nez pointé vers l’horizon, le vrombissement du pot d’échappement m’enveloppait et la large prise d’air du capot dominait mon champ de vision, je me croyais avoir 20 ans en 1969, l’année suivant la révolution estudiantine…. C’est un instant hors du temps pas prévu, mais je suis au volant d’une voiture qui le rend possible…
Une voiture qui, sous la bonne lumière et sur la bonne route est envoûtante. C’est ce que nous recherchent, les passionnés d’automobiles, mais c’est rarement atteint. C’est le fantasme de posséder une Mustang classique, sans les contraintes de la réalité, et il est accessible aux cesses qui peuvent la payer 425.000 $ plus les taxes et autres frais qui en Franchouille vont amener le bestiau à 650.000 €… Dingue… Mais, il n’est pas nécessaire que ce soit logique…
Spécifications de la Mustang Boss 429 Revology PRIX DE BASE : 395.000 $ / PRIX ESSAI : 423.100 $ / Moteur Ford V-8 5,0 L suralimenté à injection / Double arbre à cames en tête (DOHC) et 32 soupapes / Puissance : 710 cv à 7 310 tr/min / Couple : 610 lb-pi à 6 110 tr/min / Boîte manuelle à 6 vitesses POIDS 3 970 lb (53/47 %) / PNEUS Michelin Pilot Sport 275/40ZR17 98Y / 0-60 MPH en 4,2 secondes / 1/4 MILE 12,1 secondes et 197 km/h en finale !





































