Peut-on profiter des Ă©vènements d’Ukraine pour acheter une DeTomaso Pantera Ă un Oligarque Russe empĂŞtrĂ© dans les sanctions EuropĂ©ennes ?
Ce qui suit est une nouvelle tranche de ma vie dans l’instant prĂ©sent du passĂ© ! Depuis que Vladimir “Ă -les-boules” de s’ĂŞtre fait avoir bien profond avec l’Ukraine, les Ă©vènements ne cessent de se prĂ©cipiter et la menace d’une guerre atomique plombe toujours les affaires, mais personne ne comprend le pourquoi de cette menace. J’explique ! Depuis de nombreuses annĂ©es la Russie de Poutine a cessĂ© d’investir sur le sĂ©curitaire global par excellence Ă savoir “les Bons du TrĂ©sor amĂ©ricain”. Dans un souci Ă©vident de s’affranchir de la tutelle de l’Ouest, les Russes ne dĂ©tenaient plus que 3.7 milliards de dollars de dette US par rapport Ă leurs 177 milliards de 2010, ce qui Ă©tait encore trop lorsque Poutine a Ă©tĂ© poussĂ© Ă stopper la mainmise des USA via l’OTAN de l’Ukraine… La Banque centrale Russe, quant Ă elle, Ă©tait alors riche de 630 milliards de dollars en rĂ©serves, permettant ainsi au pays d’assumer le coĂ»t d’une annĂ©e entière d’importations ainsi que 75% de sa dette envers l’étranger. De fait, la Russie avait mis Ă profit les huit dernières annĂ©es afin de rĂ©duire sa dĂ©pendance Ă©conomique et financière en mĂŞme temps que sa vulnĂ©rabilitĂ© face aux sanctions. Pour ce faire, les Russes ont consenti Ă une baisse de leur niveau de vie, Ă une rĂ©vision drastique de leur consommation, Ă importer 30% de moins depuis 2014, Ă rĂ©gler substantiellement leurs endettements extĂ©rieurs pour ce qui est des entreprises privĂ©es, parvenant Ă sabrer d’un tiers la masse de ses endettements. C’Ă©tait une excellente gestion qui leur a permis de ne pas vaciller lorsqu’entrant dans le Donbass Ukrainien sauver les populations russophones martyrisĂ©es par les milices nazies Ukrainiennes, l’Occident a dĂ©crĂ©tĂ© la guerre Ă la Russie. En fait pas de manière officielle, mais “Ă l’israĂ©lienne”, sous couvert du drapeau Ukrainien. Sanction : saisie des avoirs financiers Russes aux USA soit 3 milliards gelĂ©s/volĂ©s ! (Ils ont finalement Ă©tĂ© “donnĂ©s” par les USA Ă l’Ukraine, qui comme d’habitude va en ristourner 50% au donateur Ă titre privĂ©).
Les Russes dans leur ensemble ont donc acceptĂ© de se serrer la ceinture depuis 2014 afin de se fortifier contre les armes Ă©conomiques utilisĂ©es par l’Ouest. Poutine n’avait toutefois pas prĂ©vu que le “Nouvel Ordre Mondial” serait capable d’ordonner l’exclusion de la Russie du système SWIFT en rĂ©torsion des agissements “des mĂ©chants Russes” en Ukraine. Ce Diktat qui dĂ©montrait que le monde en Ă©tait arrivĂ© Ă une dictatucratie gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă©tait destinĂ© Ă empĂŞcher la Russie d’utiliser leurs rĂ©serves gĂ©nĂ©rĂ©es aux USA pour payer les dettes Ă©chelonnĂ©es du commerce car de plus, quasiment plus aucun importateur ni exportateur n’Ă©taient en mesure de payer ou de recevoir des devises si industrieusement accumulĂ©es par l’Etat Russe ! Ce gel des avoirs de la banque centrale Russe dĂ©tenus auprès d’institutions Ă©trangères aura Ă©galement des consĂ©quences majeures sur l’équilibre macroĂ©conomique intĂ©rieur du pays. La banque de Russie, en confiance, avant que l’Otan dĂ©bute “l’annexion” de l’Ukraine, avait effectivement dĂ©posĂ© quelque 95 milliards de dollars auprès de ses consĹ“urs europĂ©ennes comme la Bundesbank, la Banque de France et au Fonds MonĂ©taire International entre autres. Il est rare, mais pas exceptionnel, de figer des comptes de banques centrales. Il faut se souvenir Ă cet Ă©gard du gel rĂ©cent des avoirs publics Afghans par les Etats-Unis, ou de celui de la Banque centrale du VĂ©nĂ©zuela par la Banque d’Angleterre, des pratiques de gangsters avalisĂ©es par les tribunaux britanniques considĂ©rant de manière unilatĂ©rale qu’Ă©taient soudain “illĂ©gitimes” les gouvernements en place. La combinaison de ces mesures financières qui sont en rĂ©alitĂ© des “armes de destructions massives” de n’importe quel pays dans le monde, rendait donc quasiment impossible le soutien sur les marchĂ©s financiers du Rouble-Russe qui devait dans l’esprit des “AmĂ©ricanoccidentaux” subir dès lors une liquĂ©faction pure et simple, entrainant la ruine, la faillite et la fin de la Russie.
Les réserves des banques centrales constituant une arme fondamentale à disposition d’un pays autorisant la préservation de ses intérêts et de sa puissance macroéconomique, la paralysie induite par le blocage SWIFT et de celui des réserves déposées à l’étranger, ne laissait à la Russie que deux options, l’une pire que l’autre, à savoir :
-1° Le contrôle des capitaux avec une hausse frénétique de ses taux d’intérêt, quoique la Russie pouvait appeler la Chine à l’aide car elle y détient quand même 15% de ses réserves.
-2° La Russie pouvait en outre chercher Ă vendre Ă la Chine une partie de ses stocks d’or de 2.300 tonnes constituant quand mĂŞme la 5ème rĂ©serve parmi les plus importantes du monde. Il n’était pourtant absolument pas acquis que la Chine accepte de prendre un tel risque, notamment vis-Ă -vis des Etats-Unis, sachant que son intĂ©rĂŞt Ă©vident serait que la puissance Russe atteigne un niveau d’affaiblissement tel que cela permettrait Ă la Chine de s’incruster, voire s’emparer durablement de la SibĂ©rie et d’enfin profiter des immenses rĂ©serves de cette rĂ©gion ! Les mesures occidentales contre la Russie avaient donc pour but non dissimulĂ© de dĂ©stabiliser l’économie Russe en la coupant pour de bon du système financier international. Pour massives que soient ses rĂ©serves, la Russie ne pouvait thĂ©oriquement en effet rien en faire si les chaĂ®nes de transmission Ă©taient bloquĂ©es et si la Russie en perdait le contrĂ´le.
Tous les ingrĂ©dients Ă©taient donc dĂ©sormais rĂ©unies pour un choc inflationniste mondial de taille, car le pendant de ces sanctions et de ces dĂ©cisions lourdes pouvait avoir naturellement un impact gigantesque sur l’économie mondiale, sur les chaĂ®nes de production, sur les prix de l’énergie et sur le fret maritime. Les multiples dĂ©fauts de paiement russes des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes ayant secouĂ© les fondements des marchĂ©s sont devaient dès-lors ĂŞtre sans commune mesure avec ce qui attendait dĂ©sormais l’économie mondiale. La solution ultime que reflĂ©tait le “coup de gueule” de Vladimir Poutine, Ă©tait le pendant de ce que subissait la Russie, l’atomisation gĂ©nĂ©rale. La mĂŞme politique de la terre brĂ»lĂ©e utilisĂ©e par Staline pour embourber les Nazis… Dans ce climat de fin du monde, il fallait “faire du fric” de tout et rapidement, pour espĂ©rer survivre Ă l’apocalypse ! Vladimir Poutine a donc clairement dit que tant qu’Ă faire les frais d’une escroquerie planĂ©taire, autant que tout le monde trinque ! Donc certains se sont mis Ă tout liquider Ă n’importe quel prix avant que Poutine ouvre les portes de l’enfer atomique… La fin du monde Ă©tait pour demain…
C’est le cas d’un oligarque Russe qui me propose une DeTomaso Pantera, et c’est de cette dĂ©marche qu’est nĂ©e le rĂ©cit ci-après…
Oligarque Russe – Ma Detomaso Pantera vaut 100.000 €uros. Elle est en plaque Russe mais se trouve dans ma RĂ©sidence des Parcs de Saint-Tropez, pas besoin d’aller la chercher en Russie. Vous me l’achetez ?
Moi – Comme la baise pour la baise, façon : hop-hop-hop-hop-hop, la DeTomaso Pantera est totalement surestimĂ©e !
Oligarque Russe – Pourquoi ?
Moi – Parce que ! Point ! Ce n’est pas qu’elle ne soit pas jouissive Ă utiliser, noooon, c’est tout simplement parce qu’elle n’est pas si agrĂ©able que ça. Il y a beaucoup de choses sur et dans lesquelles je prĂ©fère passer mon temps. Cela devient encore plus ridicule s’il faut me ruiner pour aboutir Ă mes fins, faims et soifs d’Ă©motions diverses. Tant de temps et d’efforts consacrĂ©s Ă quelque chose de si insignifiant, fatigue ! Ça ne dure mĂŞme pas si longtemps qu’on en rĂŞve et ça se termine souvent en dĂ©sastre. J’en cause en toute connaissance pour avoir consacrĂ© d’interminables heures de prĂ©paration et de travaux pratiques laborieux Ă enfin jouir dans le bonheur d’une Ă©jaculation de non-sens… avec en tĂŞte que ça en vaille la peine. Dès-lors, d’expĂ©riences espĂ©rĂ©es en dĂ©sespĂ©rances dĂ©sastreuses, je ne comprends vraiment pas l’obsession qu’elle suscite !
Oligarque Russe – Vous vous foutez de moi, lĂ ! Combien vous me l’achetez ? 50.000 €uros ?
Moi – C’est sympa, comme un massage voire une branlette, mais autant que j’aime les massages et les gratouillis de coucougnettes, je n’y pense pas constamment, ni ne mesure ma valeur en fonction du nombre de massages que je peux obtenir, et je ne passe pas des heures Ă me prĂ©parer en espĂ©rant le nirvana. Ne vous mĂ©prenez toutefois pas, la baise tout comme la jouissance extatique de conduire une DeTomaso Pantera peuvent ĂŞtre merveilleuses et très amusantes mais tout aussi Ă©prouvantes. Il y a d’autres dĂ©viances aussi amusantes et agrĂ©ables.
Oligarque Russe – Vous prenez des risques ! Je pourrais vous faire flinguer !
Moi – Je ne ferais donc plus jamais l’effort d’avoir des Ă©motions tragico-comiques. Notez que frĂ©quenter les milieux clubesques dĂ©diĂ©s Ă son usage, c’est Ă©galement plus oĂą moins pareil que “boire pour fĂŞter ça”! L’ambiance entre amateurs/amatrices y est gĂ©nĂ©ralement bordĂ©lique et je ne trouve pas agrĂ©able de traĂ®ner autour de gens devenu dĂ©biles. L’acte de faire la fĂŞte me semble dĂ©nuĂ© de sens. Il ne se passe jamais grand-chose, au-delĂ de la socialisation avec des personnes bourrĂ©es (de principes). La socialisation est beaucoup plus agrĂ©able dans d’autres circonstances, et, Ă mon avis, ça ne vaut pas la peine au vu des dommages qu’elle inflige au moral, au portefeuille, au corps, au cerveau. Dans l’ensemble, je considère que c’est une perte de temps totale. Je les Ă©vite toutes comme la peste. MĂŞme “At-Home”, en regardant un film ou un reportage y relatif ! Faut dire que j’ai trop d’humour et d’humeurs et pas seulement face Ă la mort. Pour vous faire une offre, je dois l’essayer, passez moi les clĂ©s !
Et me voilĂ parti en essai ! Si en sortir est capital pour survivre, entrer dans une DeTomaso Pantera, il faut le vouloir ! En ce cas, vu les circonstances Ă©conomiques, je devrais l’avoir pour 10.000 €uros ! Direct dès ma première Pantera, j’ai compris que ça allait ĂŞtre du sport. Après avoir Ă©tĂ© possĂ©dĂ© par une douzaine de spĂ©cimens, je peux tĂ©moigner qu’elles sont toutes abominables… Je garde “Ă vie” les souvenirs nausĂ©eux des multiples contorsions nĂ©cessaires pour pĂ©nĂ©trer dans la belle pute, mon corps tout entier crie pitiĂ© Ă mes souvenirs… A chaque tentative, convaincu que mes mauvais souvenirs Ă©taient le fait que j’Ă©tais “tombĂ©” sur un mauvais numĂ©ro, Ă force d’en acheter d’autres, force m’a Ă©tĂ© Ă la douzième de conclure qu’elles Ă©taient toutes des salopes. Elles m’ont toutes visĂ©es sous la ceinture ! Mes coucougnettes et mes jambes tout particulièrement, la gauche l’Ă©tant par l’outil de torture qu’est la pĂ©dale d’embrayage étrangement dĂ©placĂ©e contre le passage de roue, obligeant Ă un angle irrationnel du pied. La position de conduite du genre “simiesque” est la cause de crampes incessantes, les grandes tailles Ă©tant particulièrement meurtries, obligeant Ă conduire avec la tĂŞte inclinĂ©e. Toutes mes DeTomaso Pantera avaient des problèmes de chauffe et de climatisation en panne et pour ne pas changer les habitudes, ici, elle ne fonctionne pas. Par contre toutes les lampes-tĂ©moins clignotent ! Le gros V8 palpite Ă quelques centimètres derrière l’habitacle, donc mĂŞme par temps frais, le cockpit est un sauna. Je fais malgrĂ©-tout mon tour d’acclimatation traditionnel comme un pilote vĂ©rifie en tapant du poing et du pied sur tout ce qui est Ă portĂ©e et rassurĂ© que tout reste en place, je dĂ©bute mon test en fonçant droit devant… et après 100 mètres j’appuie sur la pĂ©dale de freins de toutes mes forces ! Surhumain ! Le volant Tout tremble surtout la pĂ©dale et le volant… Mais rien ne casse… (je note que le volant est d’un look quelconque, que rien n’est visible sur les cĂ´tĂ©s et que ma manĹ“uvre (devenue un classique) “en trois Ă©tapes” pour un “parcage” est toujours “quelque chose” entre une loterie itinĂ©rante et une moquerie. Bilan du test : “Elle est pareille aux autres”... Il est peu probable que cet Oligarque Russe rechigne sur 10.000 €uros, il n’aura pas d’autre malchance de rouler avec cette DeTomaso Pantera en Russie qui se prĂ©sentera maintenant que Vladimir a annoncĂ© que la Grande Russie dĂ©verrouillait les commandes d’une guerre atomique !
Moi – 10.000 €uros cash et c’est ok !
Oligarque Russe – Paye et fiche le camp avec elle !
Elle est ainsi apparue absolument soudainement dans Saint-Tropez, personne n’en croyait ses yeux. Mais le choc principal fut total ! J’ai expliquĂ© que cette supercar italienne rare m’avait Ă©tĂ© proposĂ©e pour d’obscures raisons d’amitiĂ© en souvenir de la version Russe de Chromes&Flammes… et que j’avais craquĂ©, car après tout, c’était une voiture de mon jeune-temps, fabriquĂ©e par une entreprise dont l’histoire pouvait ĂŞtre transfĂ©rĂ©e sur les Ă©crans de cinĂ©ma sans aucune adaptation. De la perspective d’une altĂ©ration imminente, un frisson alarmant s’est mis Ă couler le long de ma colonne vertĂ©brale, mais ce n’était plus le moment de rĂ©flĂ©chir Ă l’action dĂ©jĂ entreprise pour m’immerger Ă nouveau dans une des Ĺ“uvres d’Alejandro de Tomaso.
Si les choses avaient tournĂ© un peu diffĂ©remment, le nom de la marque De Tomaso aujourd’hui sonnerait aussi fier que Ferrari ou Lamborghini, surtout que l’usine, siège de l’entreprise, Ă©tait situĂ© Ă Modène, presque au milieu entre les chevaux et les taureaux. Alejandro lui-mĂŞme Ă©tait une personnalitĂ© non moins brillante (et contradictoire) qu’Enzo et Ferruccio. Sauf qu’il y avait moins de sang italien dedans, seulement un quart du cĂ´tĂ© du grand-père et donc le logo de l’entreprise a Ă©tĂ© peint aux couleurs du drapeau argentin natif de de Tomaso.
Toute l’histoire de cet homme est une combinaison d’ambition, de passion, de caractère complexe et d’épreuves sévères. Né dans une famille riche, Alejandro perd déjà son père à un âge précoce : à bas l’école, toutes ses forces sont mises dans le maintien de l’entreprise familiale, et, bientôt le jeune Argentin devient un entrepreneur prospère. En même temps, il aime la course automobile, et de Tomaso choisit la légendaire Bugatti Type 35 comme première voiture. Pas mal pour un jeune de 17 ans !
Il semblerait que la vie est un plaisir, mais Alejandro suit les traces de son père et pas seulement dans les affaires. Antonio de Tomaso Ă©tait Ă©galement un homme politique Ă©minent et peu de temps avant sa mort, il Ă©tait considĂ©rĂ© comme le principal candidat au poste de Premier ministre du pays. Cependant, le rĂ©gime dictatorial de Juan PerĂłn avait Ă©tĂ© Ă©tabli en Argentine et le jeune de Tomaso s’était plongĂ© dans la politique. Il publiait un journal d’opposition et a participĂ© Ă une tentative de coup d’État : le 16 juin 1955, le cĂ©lèbre attentat Ă la bombe contre la Plaza de Mayo Ă Buenos Aires a lieu. Le soulèvement Ă©choue : le rĂ©gime ne tombera qu’en septembre et Alejandro, 27 ans, est contraint de fuir vers la patrie de son grand-père, il n’y retournera pas !
Que feriez-vous si vous Ă©tiez sans argent dans un pays Ă©tranger ? Eh bien, vous ne vous enregistreriez pas dans l’hĂ´tel le plus cher de Modène tout d’abord ! Mais c’est exactement ce que de Tomaso a fait. Et après tout, il a tentĂ© d’y rester longtemps mais l’administration l’a mis dehors dans le froid seulement un mois plus tard. Avait-il honte ? Pas du tout ! Ce jeune homme habituĂ© au luxe, quelques annĂ©es plus tard, ayant accumulĂ© les premiers fonds sĂ©rieux, va acheter simplement tout l’hĂ´tel ! C’est une sorte de vengeance. Ă€ propos, l’hĂ´tel Canalgrande appartient toujours aux hĂ©ritiers de l’Argentin…
Mais plus encore que de l’argent et des actions excentriques, De Tomaso aimait les voitures de course. Presque immédiatement, il a obtenu un emploi de mécanicien chez O.S.C.A., l’équipe d’usine Maserati, pour laquelle un autre célèbre Argentin, Juan Manuel Fangio, a joué dans ces années-là . Alejandro ne pouvait pas se vanter d’un talent comparable, mais a tout de même gagné une place en tant que pilote primé et a même performé à plusieurs étapes de la Formule 1. Dans le même temps, il rencontre une Américaine Elizabeth Haskell, une fille d’une famille riche, qui aime aussi la course automobile. C’est le coup de foudre, très vite le couple devient mari et femme, et des fonds communs suffisent pour créer leur propre entreprise automobile. À ce stade, un autre talent est révélé : le design.
Pendant plusieurs annĂ©es, il a créé un Ă©parpillement de voitures pour les classes de formule plus jeunes, ainsi que quelques prototypes sportifs. On en vient au point que l’Argentin est abordĂ© par nul autre que Frank Williams, qui vient de lancer son Ă©quipe en Formule 1 ! Cependant, l’idĂ©e se transforme en cauchemar: la voiture conçue avec Gianpaolo Dallara s’avère lente et peu fiable, et au Grand Prix des Pays-Bas, le Français Pierre Courage a un accident mortel. On dit que c’est Ă cause de cette perte que Williams Ă©tait toujours prĂŞt Ă se rapprocher de ses coureurs et a gardĂ© ensuite ses distances avec eux. Cependant, tout cela n’arrivera qu’en 1970, et si vous remontez six ans en arrière, un autre grand nom apparaĂ®tra dans la biographie de l’Argentin – Carroll Shelby. ImpressionnĂ© par les voitures de course de de Tomaso, l’AmĂ©ricain ordonne le dĂ©veloppement d’un prototype sportif pour remplacer sa King Cobra dans le championnat Can-Am. Alejandro se met au travail et promet qu’il pourra augmenter le volume du V8 Ford, qui est utilisĂ© dans les Cobras, de 4,7 litres Ă sept exactement ! Comment cela a pu ĂŞtre mis en Ĺ“uvre, nous ne le saurons pas. On sait seulement que les travaux sur le projet De Tomaso-Shelby P70 ont Ă©tĂ© retardĂ©s et Carroll lui-mĂŞme a reçu une offre allĂ©chante de Ford. Oui, oui, la mĂŞme chose – transformer la GT40 du Mans Ă blanc en une arme redoutable contre Ferrari, sans regarder l’argent et les ressources. Shelby se retire de l’accord avec De Tomaso, le laissant avec une voiture inachevĂ©e et, encore une fois, avec un ego blessĂ©. Le projet P70 sera menĂ© Ă sa conclusion logique, mais plutĂ´t comme un geste dĂ©monstratif. Cette fois, Alejandro se venge Ă plus grande Ă©chelle. Avec le soutien financier de Rowan Industries, qui appartient Ă son beau-frère Emory Haskell, il rachète deux studios de carrosserie italiens : Ghia et Vignale. Le premier a un Giorgetto Giugiaro jeune, mais dĂ©jĂ bien connu, et le second a de bonnes installations de production. Il ne reste plus qu’à mĂ©langer tous les ingrĂ©dients dans un cocktail empoisonnĂ© : les rĂ©alisations du projet P70, le V8 Ford du volume original de 4,7 litres et la carrosserie incroyablement belle de Maestro Giugiaro se plient en une formidable supercar de route.
Elle s’appelle De Tomaso Mangusta, en l’honneur du seul animal qui a assez de vitesse pour tuer les cobras. De toute Ă©vidence, le plan n’était pas seulement de faire une brouette cool avec un nom de coup de fouet cervical. Par l’intermĂ©diaire de Mongoose, l’homme d’affaires argentin prĂ©voyait d’obtenir l’argent de Ford : alors que Shelby traitait avec Ferrari sur les pistes de course, de Tomaso a clairement indiquĂ© qu’une chose similaire pourrait ĂŞtre organisĂ©e dans le segment des voitures de route. Quoi ? Un design italien sensuel, un Ă©quipement amĂ©ricain Ă©prouvĂ© qui peut ĂŞtre entretenu chez n’importe quel concessionnaire, un prix humain… tout cela ressemblait Ă une option gagnant-gagnant. Le prĂ©sident de Ford, Lee Iacocca, a raisonnĂ© de la mĂŞme manière et a donnĂ© le feu vert (et l’argent) pour crĂ©er une nouvelle supercar. C’est ainsi que, de la fusion des Ă©motions et du pragmatisme, la Pantera est nĂ©e. Mais maintenant, je n’ai que des Ă©motions, tellement nombreuses que devant l’Oligarque Russe propriĂ©taire de la voiture, j’ai du les masquer par mon sang-froid lĂ©gendaire. En effet, qui d’autre parviendrait Ă obtenir pour 10.000 €uros une raretĂ© de 100.000 €uros qui appartenait Ă une Oligarque multimilliardaire qui est restĂ© sans voix de mon offre ? La Pantera hypnotise toujours, rend fou, et dans le contexte de l’entourage russe habituel, ses lignes acquièrent une sorte de pouvoir surnaturel… Tomber sous le charme de la Pantera ne coĂ»te rien. Je dirai mĂŞme que si rien ne s’agite en vous, c’est le premier symptĂ´me de l’impuissance de la voiture. Mais si l’excitation Ă un moment donnĂ© s’avère soudainement inappropriĂ©e, il suffit d’entrer Ă l’intĂ©rieur ! Non, n’y pensez pas, c’est une vraie pute ! Je jure que j’ai vu les mĂŞmes boutons et interrupteurs Ă bascule quand j’étais enfant dans un autobus des annĂ©es’50… Et la sellerie en vinyle de ses sièges n’était pas très diffĂ©rente du matĂ©riau qui tapissait les panneaux de la Pantera. MĂŞme l’indicateur de vitesse et le compte-tours se tiennent exactement de sorte que les secteurs les plus nĂ©cessaires sont cachĂ©s par la jante du volant!
Et ces pĂ©chĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© pardonnĂ©s par les clients. Oui, cela coĂ»tait la moitiĂ© du prix d’une Ferrari, mais en mĂŞme temps presque trois fois plus cher qu’une Corvette, ce qui signifie que les clients avaient le droit de compter sur une attitude dĂ©cente envers eux-mĂŞmes. En outre, les Pantera souffrent toutes d’un tas d’autres plaies : problèmes de refroidissement, de climatisation, de transmission et de câblages Ă©lectriques, des dĂ©fauts congĂ©nitaux ! C’est l’enfer, faut que j’arrĂŞte de pleurnicher ! Cette machine nĂ©cessite une main ferme. Le levier de transmission doit ĂŞtre littĂ©ralement enfoncĂ© dans les rainures des coulisses ouvertes et le “clank” du pistolet ajoute un entourage hĂ©roĂŻque. Les vibrations du moteur imprègnent chaque vertèbre, au ralenti, la cabine palpite d’un bourdonnement Ă basse frĂ©quence et en mĂŞme temps le son de l’échappement envahit tout ! C’est mĂŞme plus brutal que vous pourriez le penser en regardant les tuyaux Ă double canon tirĂ©s dans le ciel. “Si vous voulez la paix, prĂ©parez-vous Ă la guerre”… C’est avec cette pensĂ©e que j’ai finalement proposĂ© 10.000 €uros pour cette vieille voiture de sport Ă moteur central motorisĂ©e d’un V8 Cleveland 5L8 de 330chevaux (5,5 secondes pour atteindre 96 km/h sur les papiers… L’express pour l’enfer. Problème ! Alors que je rĂ©flĂ©chissait Ă ce piège et que je me demandais quoi en faire maintenant ? L’affaire de l’Ukaine repartait vers l’apocalypse… Deux mĂ©dias anglo-amĂ©ricains très Ă©tablis au Royaume-Uni ont finalement et amèrement admis, « Ă voix haute » que les sanctions contre la Russie avaient Ă©chouĂ©. The Spectator (autrefois dirigĂ© par Boris Johnson) Ă©crivant que l’Occident avait adoptĂ© une stratĂ©gie Ă deux volets, l’un Ă©tait un soutien militaire Ă l’Ukraine, l’autre Ă©tait le dĂ©clenchement d’un «Choc et Effroi» d’une ampleur inĂ©galĂ©e. La Russie devait ĂŞtre coupĂ©e presque entièrement… La Russie de Poutine devait, selon la thĂ©orie, s’appauvrir et se rendre. Peu de gens en Occident Ă©taient conscients de la gravitĂ© de cet aspect de la guerre. L’Europe avait elle-mĂŞme payĂ© le prix fort pour mettre en place un boycott partiel du pĂ©trole et du gaz russes.
Mais les limites éventuelles du boycott énergétique de l’UE n’expliquent pas l’ampleur de l’échec à endommager l’économie russe. Il est rapidement apparu que si l’Occident souhaitait une guerre économique, ce n’était pas le cas du reste du monde. Alors que ses exportations de pétrole et de gaz vers l’Europe chutaient, la Russie a rapidement augmenté ses exportations vers la Chine et l’Inde, deux pays qui préféraient acheter du pétrole au rabais plutôt que de s’opposer à l’invasion de l’Ukraine. »
« L’Occident s’est lancé dans la guerre des sanctions avec un sentiment exagéré de sa propre influence dans le monde… Les résultats de cette erreur de calcul sont visibles pour tous… L’économie russe n’a pas été détruite ; elle a simplement été reconfigurée, réorientée pour regarder vers l’est et le sud plutôt que vers l’ouest.
Allister Heath, dans le Telegraph, s’est lamentĂ© Ă©galement : La Russie Ă©tait censĂ©e s’être effondrĂ©e Ă ce jour. Le pari de la Grande-Bretagne, des États-Unis et de l’Europe Ă©tait que des sanctions commerciales, financières et technologiques drastiques, un plafonnement du prix du pĂ©trole russe transportĂ© par mer et une aide substantielle Ă l’Ukraine suffiraient Ă vaincre Moscou. Cela n’a pas fonctionnĂ©. La raison est que la Chine est intervenue discrètement, en renflouant l’économie brisĂ©e de Poutine Ă une Ă©chelle transformationnelle, en Ă©changeant de l’énergie et des matières premières contre des biens et de la technologie. Les sanctions sont une plaisanterie… Ă€ la lecture de ces mots, certains rĂ©agiront avec une stupĂ©faction totale : Comment se fait-il qu’il ait fallu autant de temps Ă l’establishment britannique pour se « rĂ©veiller » Ă ce que le monde entier savait ? The Spectator, en fait, nous a donnĂ© la rĂ©ponse : « Un sens exagĂ©rĂ© de l’influence occidentale dans le monde ». En d’autres termes, l’orgueil dĂ©lirant a placĂ© des Ĺ“illères sur les dĂ©cideurs politiques occidentaux ; ils ne pouvaient pas voir ce qu’ils avaient sous les yeux…
Les analystes des services de renseignement américains et britanniques, convaincus que l’économie russe était petite et fragile et qu’elle ne pourrait jamais supporter le poids total du système économique occidental, se sont dressés contre elle ; ils ont persuadé les Européens que l’effondrement de la Russie était une certitude absolue. L’effondrement financier de la Russie déstabiliserait les élites moscovites et le président Poutine serait « éliminé ». Et, sous l’hégémonie réaffirmée des États-Unis, les affaires économiques de la Russie redeviendraient ce qu’elles étaient : la Russie en tant que fournisseur de produits de base bon marché à l’Occident. Il s’agissait d’une erreur monumentale (du même ordre que les affirmations selon lesquelles la guerre contre l’Irak engendrerait un « nouveau Moyen-Orient »). Aujourd’hui, l’Europe en paie le prix. Et elle continuera à en payer le prix pendant longtemps.
Il serait toutefois difficile de sous-estimer l’effet de la percolation de ces « idées » à la surface de « l’esprit » de l’establishment occidental. Il est clair que quelqu’un, au sein de « l’État permanent » des États-Unis, souhaitait qu’elles fassent surface dans des véhicules « jumeaux » (les médias britanniques remplissent régulièrement cette fonction en diffusant des messages de manière non attribuable).
La guerre financière hybride ( depuis le conflit irakien ) a été le pilier de la stratégie occidentale pour étendre son hégémonie. Le fait de voir cette stratégie démentie de manière aussi emblématique en Russie, de voir le « reste du monde » dire que l’Ukraine est peut-être une préoccupation européenne, mais pas la sienne, de voir l’abandon généralisé du dollar pour le commerce devenir le mécanisme clé pour remplacer le monde unipolaire dirigé par les États-Unis par un monde multipolaire, explique en grande partie l’amertume exprimée dans les deux articles de réflexion de l’éditorial britannique.
Que The Spectator dise que cet épisode d’erreur stratégique provient d’une suffisance occidentale exagérée et représente un moment extraordinaire d’introspection, même s’il est empreint d’amertume face à ce que « le miroir » a renvoyé aux deux auteurs, voilà qui ne manque pas d’intérêt.
Mais ne nous laissons pas emporter. De telles illusions ne sont pas prêtes de s’évaporer. Les néocons occidentaux ne possèdent pas de « marche arrière » ; lorsqu’ils sont vaincus dans un domaine, ils ne s’excusent jamais ; ils passent simplement à la prochaine révolution des couleurs.
Au moment même où j’écris ces lignes, un projet de loi présenté par le représentant Wilson et le sénateur McCaul vise à empêcher le gouvernement des États-Unis de reconnaître le président Assad comme le président de la Syrie, et à avertir les autres pays qui envisagent de se normaliser avec le gouvernement du président Assad qu’ils pourraient subir de graves conséquences (c’est-à -dire des sanctions financières), en vertu de la loi César.
L’Occident se prĂ©pare Ă sanctionner la Turquie pour ses liens avec la Russie ; les États-Unis continuent de sanctionner l’Irak dans le cadre d’une tentative de Washington de faire pression sur ce pays pour qu’il Ă©vite toute coopĂ©ration Ă©nergĂ©tique avec la RĂ©publique islamique d’Iran ; et les États-Unis se prĂ©parent Ă renforcer leur « dispositif de dĂ©fense » dans le golfe Persique, des responsables affirmant que le Pentagone dĂ©ploiera des moyens supplĂ©mentaires dans la rĂ©gion pour patrouiller les voies de navigation commerciale et « protĂ©ger les navires privĂ©s » de l’Iran. La mentalitĂ© des sanctions ne s’estompera pas tant que l’Occident ne connaĂ®tra pas une catharsis suffisante pour transformer son zeitgest. La rĂ©vĂ©lation que les sanctions n’ont pas fonctionnĂ© et que le reste du monde considère dĂ©sormais l’émancipation de l’hĂ©gĂ©monie du dollar comme une Ă©mancipation de l’hĂ©gĂ©monie politique des États-Unis, a Ă©tĂ© une expĂ©rience traumatisante. Du coup, ma DeTomaso a repris valeur et je peux la revendre 160.000 euros sans soucis. Vladimir Poutine m’a fait gagner 150.000 euros en quelques mois ! Quel mec !!












